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Cinquante ans après, le passé minier d’Annequin reste vivace

Publié le par REVEL Stephane

Il y a cinquante ans, après soixante-dix ans d’exploitation, la fosse 9 d’Annequin fermait ses portes. Ce week-end, la commission culture du conseil municipal est revenue sur son histoire, qui la classe aujourd’hui au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Avec cette exposition, la commission culture a fait découvrir ou redécouvrir la richesse de la vie quotidienne et sociale ainsi que les loisirs des mineurs. La reconstitution d’un intérieur de maison, la présentation d’objets et de documents d’époque ont plongé les visiteurs dans l’épopée de l’exploitation minière. Une plongée dans un territoire fier de son passé et des acteurs qui y ont contribué.

Rien de tel qu’un guide passionné pour la visite. Ils sont nombreux dans la région et Michel Pillaert, d’Armentières, en fait partie, bien qu’il a travaillé dans le textile. Parmi les objets qu’il bichonne comme des reliques, on trouve peut-être deux cents outils, des revues de toutes époques et de toutes les compagnies, la reconstitution d’une galerie, des maquettes… Michel fait découvrir son matériel en tenue de mineur en drap de lin de la fin du XIXe siècle – comme dans l’adaptation cinématographique de Germinal –, coiffé d’une barrette avec une lampe à huile à flamme nue baptisée « astiquette ».

Attachement partagé

Pas avare d’explications, il détaille l’utilisation de chaque outil, du plus ancien au plus récent, comme le décimètre ou le crochet, utilisés par le porion ou le géomètre pour évaluer le salaire des mineurs à l’époque des compagnies. Il rectifie également quelques erreurs : ainsi, pour notre historien de la mine, l’expression « salle des pendus » n’a été employée que par des journalistes parisiens en reportage à la mine. Pour les mineurs, il a toujours été question de lavabo. Sa collection compte également beaucoup de revues d’époque, notamment des éditions du journal L’Assiette au beurre, qui relatent en dessins la catastrophe de Courrières en 1906.

La commission a également évoqué la vie dans la cité minière et ses composantes : l’habitat avec la reconstitution d’une cuisine et d’une chambre, l’éducation, les loisirs (colombophilie, harmonie, vacances coordonnées par les houillères…)… Cette omniprésence des houillères a participé à la création d’une véritable culture régionale, encore vivante aujourd’hui. La majorité des visiteurs rencontrés étaient attachés directement – ils avaient vécu la période d’exploitation – ou indirectement – ils avaient connu un mineur ou avaient eu un parent mineur – avec la mine.

Et la plupart possédaient au moins un objet rattaché à l’histoire de la mine. Il est vrai qu’il est difficile d’oublier un tel passé quand le paysage qui nous entoure en reste marqué. Cette forte appartenance a amené une foule de visiteurs à l’exposition. L’heure de fermeture a d’ailleurs été décalée pour satisfaire le public encore présent.

ROBERT MORELLO (CLP)

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