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Conférence sur la mine d’hier: Jacques Fédiaczko, un véritable puits de science

Publié le par REVEL Stephane

Samedi, à l’occasion du 10e anniversaire de l’association des Amis de la fosse Boca et pour rendre hommage à l’ancien président Stanis Soloch, décédé en juin 2012, le comité a organisé une conférence ayant comme thème, la mine d’hier.

Pour mener les débats : Jacques Fédiaczko, 67 ans, d’origine ukrainienne, il a travaillé 20 ans comme mineur de fond à Sin-le-Noble, puis il fut chef d’équipe à Wallers-Arenberg, avant de finir sa carrière en sécurisant les puits de mine. Pendant presque deux heures, il a expliqué et répondu aux questions de façon précise et intelligente. Sa première explication a été d’indiquer qu’un puits de mine, comme par exemple celui de la fosse Boca, est contrôlé tous les six mois, tout en ajoutant qu’une fosse n’est jamais seule.

Les dangers de la mine

Pour respecter le phénomène d’aération, il y a obligatoirement un second puits, il peut se trouver sur le site ou à quelques kilomètres. Il a aussitôt abordé les dangers de la mine et le grisou, composé principalement de méthane, un gaz invisible et inodore, qui se dégage des couches de charbon. Il a relaté l’accident de Courrières du 10 mars 1906 qui a fait 1 099 morts. Un coup de grisou qui a soulevé la poussière de charbon, cette dernière, beaucoup plus explosive que le grisou, s’est mis en auto combustion et la flamme a parcouru 110 kilomètres de galeries en moins de deux minutes. Suite à cette catastrophe, Jacques Taffanel, ingénieur, travaille au centre de recherche des charbonnages, à Liévin, avec comme unique objectif d’éviter qu’une telle catastrophe puisse se reproduire. Il va préconiser les arrêts-barrages contre les poussières, ils furent dénommés taffanels, du nom de leur inventeur.

Malgré cela, en 1974 un coup de grisou fait 42 morts à la fosse de Liévin, mais pour Jacques Fédiaczko, la chaux des arrêts-barrages n’avait pas été changée, et la chaux ainsi humidifiée, n’a pas joué son rôle de protection. Autre indication intéressante, jusqu’en 1947, pour qu’une famille puisse jouir du logement gratuit, un de ses membres devait absolument travailler à la mine : « Voilà pourquoi dans le film Germinal, Miou Miou décide de se rendre à la mine, après la mort de son mari ». Il a terminé par plusieurs autres renseignements : le 22 février 1880, Émile Zola est descendu à la fosse Renard et c’est suite à cette visite qu’il a décidé d’écrire Germinal. Entre 1925 et 1930, les mines ont vu l’arrivée de Polonais, et à partir de 1950, d’Italiens, de Marocains et d’Algériens.

Quelques avancées

En 1948, la grève a permis quelques avancées, mais, celle d’avril 1963, qui a duré deux mois a contribué à baisser les heures de travail et à améliorer les salaires. Enfin pour lui, l’avenir c’est Gazonor, une société française basée et opérant dans la région Nord – Pas-de-Calais, consacrée à la recherche, à l’extraction, à la purification, à la préparation et à la vente de gaz de mine et gaz de couche récupérés dans le sous-sol de l’ancien Bassin minier de la région. Suite à cette conférence passionnante, les membres de l’association ont rendu hommage à leur ancien président, autour d’une exposition photographique et en présence de sa veuve et de plusieurs de ses enfants.

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