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Annezin: dans les pas du mineur de fond, on pousse la porte de sa maison

Publié le par REVEL Stephane

Il était le fer de lance de nos cités, l’incarnation du courage. Le mineur demeure ce socle autour duquel se sont forgés l’identité et les paysages emblématiques du bassin minier. Patrick Honoré, responsable de la Maison du mineur, nous fait revivre un quotidien rude mais heureux, d’une figure que nous avons tous côtoyé celui d’un grand-père, c’était certainement le vôtre.

Son ombre plane encore au dessus de cette authentique maison de mineur datant de 1880. Faite de briques rouges épaisses, la petite maison de quatre pièces se fondrait à la perfection dans ce qu’il nous reste des Corons. La maison du mineur est un maillon de l’histoire des mines et semble toujours habitée par son âme. « Grâce aux dons d’objets, n ous avons reconstitué un habitat minier typique », précise Patrick Honoré.

Loin de tout misérabilisme, le logement du mineur était à son époque très envié. « Les journaliers agricoles ou les pêcheurs avaient des conditions de vie bien plus difficiles que celles du mineur » Ces hommes constituaient les premiers effectifs de la mine car ils voulaient acquérir un certain niveau de vie.

La maison, témoignage intemporel de vie

Tout est là, le savon et le blaireau posé au-dessus du bassin. Avant de prendre son poste du soir de 14 heures à 22 heures, le mineur se plaisait à s’acquitter d’une hygiène correcte. Les logements de mineurs n’étaient pas pour les gens de mauvaise vie, « le mineur devait se montrer docile, car il dépendait du bon vouloir des compagnies des mines. »

Dans la cuisine, des verres et des assiettes trônent sur l’épaisse table de bois, ils ne craignent pas la poussière. Il y a cent ou cinquante ans en arrière, il était assis là, les mains encore noircies par le charbon, la mine ça lui collait à la peau. Il abandonnait ses galoches et se réchauffait près du poêle, le crapaud. Le mineur passait du temps en famille. Même si à la sortie de son poste, il aimait dépenser quelques sous de sa quinzaine à l’Estaminet du coin. Puis il rentrait engloutir son rassacache, le plat typique du mineur, cuisiné sur la charbonnière.

La cuisinière, aussi pour les prématurés

Cette cuisinière au charbon promettait également une santé de fer : « Ils mettaient les enfants prématurés dans une boîte à chaussures remplie de coton hydrophile et l’installait sur la porte ouverte de la charbonnière pour le réchauffer. » Pour augmenter ses chances, le mineur priait la Sainte-Barbe, la protection des mineurs.

Dans la rue, c’est la solidarité et l’atmosphère d’un coron. Les cris des enfants résonnent et les hommes assis sur leurs chaises devant la maison, leur prêtaient une surveillance furtive.

Mais l’innocence de ces moments partagés en famille et entre amis, sera bientôt chassée « la cadence infernale de la mécanisation des Mines et l’avènement des mines nationalisés et son rendement infernal ».

Musée du mineur, 11, rue Deguesclin à Annezin, 0321567774, ouvert le premier samedi du mois de 10h à 12h, entrée gratuite.

Ces objets qui peuplent un musée pas comme les autres

En entrant dans la maison, l’authenticité des lieux est frappante, et grâce notamment à la présence de tous ces petits riens, grand héritage des cités minières. C’est à travers ces différents objets que l’on perçoit mieux comment vivaient le mineur et sa famille.

Les galoches sont les chaussures de travail du mineur, elles sont faites en cuir avec une semelle de bois.

La brique réfractaire, l’ancêtre de la bouillote. La brique était chauffée sur la charbonnière et disposée sous les couvertures en bout de lit.

Un crapaud, c’est un poêle flamand qui chauffait toute la maison et pouvait également servir pour la cuisine.

La charbonnière ou la cuisinière que l’on remplissait avec le charbon et des morceaux de bois. Elle permettait de cuisiner, de faire chauffer l’eau du bain et de la lessive et de faire sécher le linge tendu sur la corde au-dessus du foyer.

La barrette du mineur, c’est un casque plat en cuir bouilli faisant office de casque pour protéger le mineur de la chute de cailloux.

Le béguin c’est la coiffe en tissu portée par le mineur sous la barette.

Le bout’lot c’est un bidon métallique contenant la boisson du mineur.

Le briquet c’est le casse-croûte du mineur.

Une raccource c’est un petit morceau de bois que l’on mettait dans la charbonnière.

Le genièvre, c’est une boisson typique du mineur qui dégageait les voies pulmonaires et digestives, il en buvait avant de prendre son poste à la mine.

La rassacache, c’est le plat typique du mineur fait de légumes retirés de la soupe.

La musette, c’est le sac à casse- croûte du mineur.

Les corons, c’est un alignement de maisons semblables.

Publié le 31/07/2014

PAR AICHA NOUI

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