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Sur les traces des mines de Buxières et Saint-Hilaire

Publié le par REVEL Stephane

Les communes de Buxières-les-Mines et de Saint-Hilaire ont longtemps été le berceau de surfaces minières. L’une d’entre elles a même connu le XXIe siècle.

Elles ont fait vivre des milliers de personnes pendant des années. Les mines de Buxières-les-mines et de Saint-Hilaire ont aujourd'hui disparu mais certains de leurs stigmates sont encore visibles dans le bocage bourbonnais, où la nature a repris ses droits.

Un record français avec vingt tonnes de charbon par heure et par ouvrier

Ils sont descendus jusqu'à 250 mètres de profondeur. Les mineurs de Buxières-les-mines et de Saint-Hilaire étaient des milliers à travailler pendant une époque d'or aujourd'hui révolue. C'est à partir de la seconde moitié du XIX e siècle, en pleine révolution industrielle et sous le Second empire, que les premiers puits apparaissent dans le bocage bourbonnais.

Dans les premiers temps, ce sont essentiellement les schistes bitumineux (roche racine du pétrole) que les hommes retirent des puits. Le charbon, ils s'en servent pour chauffer les appareils de distillation qui fournissent l'huile d'éclairage.

L'arrivée du pétrole depuis les États-Unis, à partir de 1910, fait s'écrouler l'exploitation du schiste bitumineux.

« Après 1914, l'exploitation de charbon est devenue la principale activité des mines. C'est un charbon dur, de moyenne qualité et pratiquement pas lavable. Heureusement pour les mineurs, le bassin d'Aumance est un espace où les conditions d'extraction sont favorables. C'est ainsi que pendant la Première Guerre mondiale, la production de charbon ne cesse de croître pour atteindre, en 1918, 172.000 tonnes. Après ce boom et malgré un sursaut dû à la crise en Angleterre, la production ira en décroissant jusqu'en 1939 », explique l'historien et géologue, Pierre Debriette.

Dans les années 1960, les mineurs du bassin d'Aumance décrochent un record français d'exploitation avec vingt tonnes de charbon par heure et par ouvrier. « Pour l'époque, c'était un chiffre démentiel. Personne n'a cru les mineurs pourtant grâce à l'évolution des techniques, notamment avec des engins motorisés, les mineurs ont pu accomplir des miracles ».

Une mine à ciel ouvert jusqu'en 2001

Les dernières heures minières du bassin d'Aumance ont été marquées par d'énormes phases de licenciements et par les fermetures des différentes mines de la région. Un coup de massue pour les "gueules noires".

« L'exploitation souterraine de Buxières-les-mines a pris fin entre juillet et août 1993. En suite, les hommes ont travaillé dans des mines à ciel ouvert et ce jusqu'en 2001. C'est alors la dernière mine de charbon du Massif central qui ferme ses portes », détaille Pierre Debriette.

Cette mine ouverte a été transformée, en 2007, en plan d'eau avec la participation de l'association "les gueules noires". L'étang communal de la Chassagne est entouré par des points d'informations parlant de l'ancienne zone minière.

Quand on se promène dans le village qui compte aujourd'hui moins de mille habitants, on aperçoit les logements construits pour les mineurs durant la seconde guerre mondiale. On distingue aussi l'ancienne maison du directeur de la mine de Saint-Hilaire qui a été la première maison de la commune à être électrifiée le 11 avril 1919. Les restes d'un âge légendaire.

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