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Voyage au centre de la terre : les secrets de l'ancienne mine de Dallet

Publié le par REVEL Stephane

Qui se souvient de la mine des Rois de Dallet ? Pendant un siècle, des mineurs creusaient là de larges galeries, à la recherche du bitume. Aujourd’hui on n’y rencontre plus que d’intrépides spéléologues venus réveiller le passé… à leurs risques et périls.

Il y a quelques années, à Pont-du-Château, tout près de Dallet, une maison a disparu, comme aspirée sous terre. Un phénomène dû à l'effondrement d'une galerie de la mine des Rois, exploitée un siècle durant à Dallet.

Un siècle durant, de 1884 à 1984, sur une surface de 8 hectares, la Société des mines d'asphalte et de bitume du Centre (Smac) a creusé là plus de 5 kilomètres de galeries de 4 mètres de large, pour en extraire du bitume dont elle fabriquait dans son usine de Pont-du-Château, des pavés à la fois souples et étanches, qui ont servi, entre autres, pour les trottoirs parisiens. Au total, 830.000 tonnes de calcaire bitumineux ont été extraites de la mine des Rois de Dallet, dont on a tiré 58.000 tonnes de bitume pur.

La Smac, un temps rebaptisée Smac Aciéroïd, puis redevenue Smac, existe encore aujourd'hui. Passée un temps sous le giron de Bouygues, puis en 1999 du groupe Colas, elle est aujourd'hui le leader français du revêtement et de l'étanchéité de qualité. Mais la mine des Rois de Dallet en revanche a définitivement fermé ses portes en 1984. Toutes les entrées ont été condamnées, par le procédé du foudroyage. Normalement, plus personne ne devrait pouvoir revenir à la mine.

Un spectacle dantesque

Pourtant ils sont encore quelques-uns à y retourner… comme en témoignent ces photos publiées sur la toile, et qui nous rappellent que le monde souterrain de Dallet est toujours là. De grosses machines abandonnées, qui rouillent inexorablement depuis 30 ans, des traces innombrables de la présence de l'homme, et le bitume qui continue de couler quand bien même son exploitation a cessé d'être rentable.

Dans la lumière des projecteurs, le calcaire jaune, zébré de filaments de bitume prend un aspect effrayant, comme s'il avait été le théâtre de milliers de crimes laissant la trace d'un sang noir qui continue à couler des parois. Plus loin, ce sont les strates marneuses, parallèles, quasi parfaites, qui dessinent sur les parois d'immenses traits noirs réguliers, comme tracés à la règle. Et puis voilà les machines, d'énormes pièces métalliques déformées par le temps et l'humidité, des rails tordus, de vieux engrenages qui n'entraînent plus rien… un spectacle dantesque avec ces ombres démesurées que les lampes font danser sur les murs. Le train, qui faisait la liaison entre la mine et l'usine de Pont-du-Château, a été abandonné à l'intérieur. Les wagonnets, encore alignés dans une galerie, continuent à y rouiller lentement dans un silence sépulcral.

Dangers

Compte tenu des dangers d'effondrement, toute visite est en effet interdite et à l'exception du petit rhinolophe, une espèce protégée de chauve-souris qui dispose encore de minuscules accès, plus personne ne parcourt ses somptueuses galeries.

Le bitume qui continue de couler semble pour sa part n'avoir plus comme objectif… que de recouvrir du voile de l'oubli une histoire qui n'intéresse plus personne.

Demain. La grotte du Sarcouy.

Arnaud VERNET

arnaud.vernet@centrefrance.com

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