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Voyage au centre de la terre : Quand Aubière était la capitale auvergnate du vin

Publié le par REVEL Stephane

On compte aujourd’hui encore près de 900 caves à Aubière, qui forment un ensemble unique en Europe. La plus célèbre est la cave à Madame, transformée en 1995 en un Musée de la vigne et du vin. Les autres, installées sur le puy d’Aubière, ou en face sur le plateau des Cézeaux, sont privées. Certaines sont très bien entretenues et perpétuent le passé vigneron de la commune.

La capitale auvergnate du vin n'est pas là où on l'imagine. En effet. D'aucun citeront d'abord Châteaugay, Saint-Pourçain, Chanturgue ou Corent. Pourtant c'est Aubière qui est restée pendant près d'un siècle la référence régionale en la matière, avec une densité de vigne sans doute unique en France : sur les 770 hectares de la petite commune en 1850, 550 étaient recouverts de vignes ! Et qui dit vignes, dit caves : on en dénombrait à la grande époque de la fin du XIX e 900 sur la commune (147 entrées), soit un ensemble unique en Europe !

Et en la matière, Aubière a longtemps cultivé son originalité due à la présence d'une nappe phréatique qui, dans le bourg, remonte à quelques mètres seulement de la surface. Du coup, après avoir creusé dans le village des caves… qui se remplissaient d'eau (un comble !), les premiers vignerons sont allés creuser les suivantes… sur les hauteurs dans le calcaire du puy d'Aubière ou dans le basalte du plateau des Cézeaux.

Les Aubiérois ont ainsi cultivé une originalité unique en Auvergne puisqu'alors que partout ailleurs on descendait aux caves. A Aubière, on y montait !

À la fin du XIX e siècle, l'âge d'or du vin d'Auvergne, les vignerons aubiérois ont fait, pendant quelques décennies, de belles affaires, d'autant qu'ils possédaient des vignes bien au-delà des limites de la commune. Une période bénie qui prendra fin au début du XX e siècle, avec l'arrivée du phylloxéra qui lance le déclin de la viticulture. Les caves aubiéroises vont alors cesser d'être exploitées à l'exception de certaines reconverties, tout comme les caves clermontoises, dans l'affinage du Saint-Nectaire.

Aujourd'hui, certaines d'entre elles, sont encore entretenues et utilisées par leurs propriétaires, notamment celle de l'association pour la sauvegarde des caves d'Aubière de la rue du Thieu. Une cave qui a encore une activité puisque l'association, possède au-dessus de la cave quelques rangées de vigne dont les fruits servent chaque automne à la confection des rares flacons de vin d'Aubière. Il faut donc avoir quelque contact avec l'ASCA pour pouvoir les visiter.

Mais la plus belle d'entre elles est heureusement ouverte à tous : la Cave à madame, ainsi nommée parce qu'elle appartenait à Gilberte de la Roche Briant de Chovence, a un passé qui remonte au moins à 1595. Il s'agit d'un ensemble de caves assez étendu, sur trois niveaux, racheté par la mairie d'Aubière et transformé depuis 1995 en musée de la vigne et du vin. Il permet de découvrir les produits, les paysages et le patrimoine architectural du vignoble de Basse-Auvergne.

Le musée met en scène les savoir-faire et les objets caractéristiques de la fin du XIX e siècle jusqu'au milieu du XX e siècle.

Un petit monument de fierté aubiéroise dans lequel sont organisés parfois de petits événements (concerts…).

Une cave qui a dû, elle aussi, prendre un peu de hauteur pour échapper à la nappe phréatique, et qui est située à un kilomètre de la place des Ramacles, en remontant l'avenue Jean-Noëllet. On n'y boit malheureusement pas de vin d'Aubière, mais on peut au moins s'en faire une idée.

Arnaud Vernet
arnaud.vernet@centrefrance.com

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