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«Les mangeuses d'hommes»

Publié le par REVEL Stephane

L'archéologue Claude Dubois fait appel au financement participatif pour publier «Les mangeuses d'hommes», un ouvrage qui raconte la véritable épopée que fut l'exploitation des mines de zinc de Bentaillou et de Bulard dans le Couserans pendant les XIX et XXe siècle.

Perchés à 2350 M. d'altitude, les bâtiments, littéralement incrustés dans un piton rocheux écrasé par le Mail de Bulard, sont les derniers vestiges de ce que fut la plus haute mine d'Europe.

C'est là qu'entre 1901 et 1918, une centaine de mineurs se sont relayés pour arracher près de 40 000 tonnes de minerai de zinc à la montagne. «Cette mine, la plus haute d'Europe, a été surnommée la reine des Pyrénées mais aussi la mangeuse d'hommes eu égard aux conditions de travail extrêmes. Il y a eu de nombreux accidents, des morts» explique Claude Dubois, archéologue.

Le minerai était très réputé alors pour sa pureté exceptionnelle. «L'un des filons s'appelle le filon du berger. La légende dit que c'est un berger descendant chercher l'une de ses brebis tombée, a retrouvé l'animal et remonter un caillou à l'éclat métallique un peu sombre, du zinc» détaille Claude Dubois. L'un des plus fous épisodes de l'industrie minière en Ariège pouvait commencer, «le pari d'une audace incroyable.»

Cette histoire et l'histoire de la mine voisine de Bentaillou, Claude Dubois, auteur d'une thèse sur les mines de zinc en France, la raconte dans son livre «Les mangeuses d'hommes.» Ce n'était pas Germinal, non, c'était pire. Les six puits de la mine de Bulard s'étageaient entre 2500 et 2700 mètres d'altitude !

Ils ont taillé leur empreinte dans le roc comme ce chemin de 400 à 500 mètres dans la paroi. «Le sentier allant aux travaux, taillé dans le roc à pic, était, en temps ordinaire, assez dangereux pour qui n'avait pas le pied très sûr, impossible pour quiconque avait la moindre prédisposition au vertige. Quand il était couvert d'une épaisse couche de neige et de verglas, il devenait franchement inquiétant» rapportait en 1910 l'ingénieur Tréfois cité par Claude Dubois.

Sur le site de Bentaillou au-dessus de Sentein, 110 000 tonnes de zinc furent extraites de la mine exploitée entre 1853 et 1953. Là encore, cela a été «une sacrée aventure» rapporte Claude Dubois. Une aventure qui allait structurer la vallée. Près de 500 personnes travaillaient pour la mine, des galeries jusqu'aux bocards où l'on broyait le minerai. Qui se souvient que jusqu'en 1937, un tramway électrique reliait Saint-Girons à Sentein ? Aujourd'hui, il reste tant à Bentaillou qu'au pied du mail de Bulard (2 750 mètres d'altitude) un patrimoine industriel incroyable. Le découvrir se mérite. Cheminer vers ces mines d'altitude permet de prendre conscience de l'audace des ouvriers de l'époque capables d'affronter la montagne sauvage quand ce n'était pas les spéculateurs anglais, français attirés par la perspective de faire beaucoup d'argent en peu de temps.

Mais c'est une autre histoire à découvrir dans «Les mangeuses d'hommes» à paraître.

Le financement à moitié acquis

L'association Pyrène et Claude Dubois font appel à Ulule la plateforme de financement participatif pour boucler le projet du livre «Les mangeuses d'hommes» édité chez Privat. Le principe est simple : sur une somme de 4 500 € nécessaire au financement de pre-achat d'ouvrages jusqu'à concurrence des frais d'imprimerie, 2 062 € sont d'ores et déjà acquis grâce aux dons de cinquante contributeurs. Les personnes intéressées peuvent donner de 10 € à 100 € et plus. Selon le montant du don, on peut obtenir une contrepartie qui va d'une photo extraite du livre commentée par Claude Dubois à un exemplaire dédicacé en passant par une randonnée conférence sur le site des mines. On peut aussi choisir de ne pas réclamer de contrepartie.

http ://fr.ulule.com/epopee-mines

Publié le 09/02/2015 La Depeche.fr

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