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Chalmoux Le village face à l’après-mine

Publié le par REVEL Stephane

52 ans après la fermeture de la mine de Chizeuil, la question des résidus d’extraction reste prégnante, entre recyclage et enfouissement.

Non loin du hameau de Sauvigny, coule le ruisseau du même nom. À Chalmoux, on l’appelle le “ruisseau rouge”. À juste titre. Le cours d’eau borde le gisement de pyrite de fer qui, jusqu’en 1963, était exploité sur les hauteurs de Chizeuil. L’eau y est plutôt claire. Seulement, les dépôts ferreux accumulés au fond de son lit lui donnent cette apparence colorée qui a fait fuir poissons et grenouilles. « Même les bêtes ne boivent pas de cette eau, à cause du soufre », explique le maire de la commune, Guy Lavocat.

52 ans après l’exploitation de la dernière galerie, les traces de l’activité minière sont nombreuses. Il y a un quartier, hors du temps, où s’alignent les maisons construites sur le même modèle. La devanture d’un cinéma subsiste toujours, témoignant d’une vie alors débordante. Et puis, quasiment du jour au lendemain, la commune a perdu 400 habitants. Victime de la concurrence exercée par l’exploitation de gisements à ciel ouvert en Mauritanie, la mine de Chizeuil a fermé, car déclarée non rentable. Laissant derrière elle ses vestiges, ses galeries. Tout un héritage, lourd à assumer.

Vendredi après-midi, Guy Lavocat avait profité de la visite du sous-préfet, Philippe Saffrey, pour évoquer cette problématique. Pour les précisions d’ordre technique, deux experts géologues étaient également autour de la table, en mairie : Manuel Byrne et Pierre Colin. Aujourd’hui, c’est la société Solvay qui est chargée de la réhabilitation environnementale.

Près du hameau de Sauvigny, 200 000 à 300 000 m³ de résidus de traitement sont toujours là pour témoigner de l’ampleur des extractions d’antan. Le site, interdit au public, se situe au bout d’un chemin en terre longeant les vestiges d’une immense laverie. Ces sables blancs teintés de rouille ont été utilisés par des sociétés de cimenteries. Mais aujourd’hui, la question du recyclage semble plus problématique. « On peut utiliser cette silice dans les pneus, le verre… », explique Pierre Colin. Actuellement, des tests sont réalisés sur place afin de séparer le sable du minerai L’évacuation lointaine des résidus, elle, est désormais interdite. C’est aux abords de la mine de Chizeuil que la question devra être réglée.

Susceptible de s’étaler sur deux ans, le chantier pourrait se concrétiser par l’enfouissement des minerais dans les dernières galeries exploitées à Chizeuil, aux Roches-Gagneaux. De quoi poser de nouveaux problèmes environnementaux ? « De toute manière, la nature du sol est ferreux, l’eau est ferrugineuse », rassure Pierre Colin. Situé à la limite des communes de Chalmoux et de Neuvy-Grandchamp, le site des Roches Gagneaux laisse deviner une exploitation express, à une époque où la mort de la mine de Chizeuil était programmée. Les galeries y sont de diamètre plus important qu’ailleurs : en pleine forêt, des effondrements rappellent cette activité.

La menace d’un sol qui pourrait se dérober n’est d’ailleurs pas complètement isolée. Ainsi, il y a une dizaine d’années, la municipalité avait fait l’acquisition d’un imposant bâtiment construit vers 1950 pour les cadres de la mine. L’idée était alors d’y créer des logements sociaux, jusqu’à une injonction du sous-préfet n’interdise l’utilisation de ces locaux. La raison ? Des galeries souterraines auraient été susceptibles de menacer l’équilibre de la bâtisse. Depuis, de nouvelles études ont été réalisées : « la stabilité est assurée », indique Manuel Byrne.

« La voûte et la galerie sont intactes, poursuit Pierre Collin. On est loin d’un risque de rupture ». Ceux-ci basent leurs conclusions sur des forages et autres mesures géophysiques : la galerie en question se situe à 12 mètres de profondeur.

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