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L’épopée des mines de charbon

Publié le par REVEL Stephane

2001 marque la fin de l’extraction du charbon à la Mine Wendel en Lorraine, près de Forbach (trois ans plus tard, la dernière mine de charbon française ferme à La Houve). En arrivant sur le site minier à la Petite-Rosselle, un vaste parc accueille le visiteur. La reconversion n’en est qu’à ses débuts. Mais un bâtiment parfaitement rénové, l’ancien siège administratif de Wendel, invite à pénétrer dans cet univers si particulier que celui des mineurs de fond. Un bloc monumental de charbon indique d’emblée la thématique de ce musée.

Objets et maquettes, documents audiovisuels, photos et documents retracent l’histoire du charbon en Lorraine, la vie quotidienne du mineur et de sa famille. D’anciens mineurs apportent leurs témoignages via des bornes sonores. Au fil de la visite, on découvre la chaufferie des bains douches, les bancs de charge des lampes, l’infirmerie, le local des géomètres, l’atelier de lampisterie, le vestiaire des porions ou encore les douches.

Après cette découverte « théorique », direction les entrailles de la mine. Une curieuse construction rouge ressemblant à un immense livre ouvert, attire les regards et les pas des visiteurs.

En descendant quelques marches, le salut des mineurs est inscrit au-dessus de la porte : Glück auf. Comme des générations de mineurs avant eux, les visiteurs pénètrent dans une cage pour descendre au fond de la mine où sainte Barbe, la patronne des mineurs, les accueille.

L’illusion est parfaite (car en réalité la cage n’est pas descendue sous terre) : en débouchant dans les galeries, on s’y croirait ! Sauf que tout est propre, l’air est sec et ne résonne pas du bruit infernal des machines. Le circuit est parfaitement aménagé. Mais les guides, en grande partie d’anciens mineurs, savent retracer le quotidien des gueules noires, leurs conditions pénibles de travail et de vie… Certains savent si bien raconter, car ils l’ont vécu, qu’on oublie l’environnement muséographique si parfait !

Les engins impressionnants – machines de creusement, d’abattage, haveuses – sont impeccablement entretenus et en état de marche. Si une partie du matériel a été vendu lors de la cessation de l’activité minière, d’autres sont tellement immenses qu’ils resteront au fond. Quelques machines proviennent d’autres sites afin que toutes les différentes techniques d’exploitation du charbon utilisées jusqu’à la fermeture de la dernière mine française soient illustrées à la mine Wendel.

De nombreux outils complètent cet univers sous terre. Machine de creusement, chargeuse électrohydraulique, haveuse et piles ; en tout, des agents de charbonnages de France ont installé l’équivalent de 1500 tonnes en machines, de façon à reproduire fidèlement le travail dans la mine.

Entre les différentes galeries, un espace spécifique permet de mieux comprendre les différentes techniques utilisées. Un film en 3D permet de plonger définitivement dans la journée de travail d’un mineur au fond.

La transformation du site n’en est qu’à ses débuts. Après l’ouverture au public du musée « Les Mineurs Wendel », des projets sont en cours de réalisation afin de sauvegarder les bâtiments et d’ouvrir le site à d’autres activités.

En attendant, l’extérieur du carreau de la mine est accessible gratuitement. Un parcours qui va du parvis du musée jusqu’à la mine, explique l’histoire et l’évolution du site, la fonction des différents bâtiments, la remontée du charbon et son traitement dans le lavoir. De temps à autre, des visites insolites et autres manifestations sont proposées.

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