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Phosphatières de Bach : une mine d'or inestimable

Publié le par REVEL Stephane

C'est un site exceptionnel encore méconnu : les phosphatières de Bach situées dans le sud du Lot constituent pourtant un patrimoine unique au monde. Une visite s'impose.

Les causses du Quercy sont pleins de surprises. Réputée pour ses paysages contrastés, jalonnée de trésors de pierre, cazelles et dolmens, cette terre d'exception se caractérise aussi par son incroyable sous-sol marqué par de nombreux gouffres et grottes remarquables. L'une des plus grandes richesses géologiques du Parc lotois est sans conteste nichée au creux de ses phosphatières. Situées au sud du territoire, sur la petite commune de Bach, entre les vallées de l'Aveyron et du Lot, plus de 300 cavités constituent un site unique à l'intérêt paléontologique majeur et à l'histoire exceptionnelle.

Avec deux autres spéléologues lotois, Guy Bariviera et Philippe Valette, le géologue Thierry Pélissié s'est passionné pour ces sites naturels extraordinaires. En 1999, ils décident d'ouvrir le site de Bach au lieu-dit Cloup d'Aural au public. «On a ici un gisement de fossiles très riches, très bien conservés. Ça s'étend sur une période très longue de 35 millions d'années. En milieu continental, c'est la séquence la plus longue au monde qui permet de suivre l'évolution biologique, des climats, de l'environnement», souligne le scientifique. Des dinosaures à l'apparition de la vie de l'Homme, les phosphatières de Bach sont une mine d'or inestimable à explorer, un patrimoine quasiment unique au niveau mondial. Pour les chercheurs du CNRS, il s'agit tout simplement d'un «laboratoire naturel de l'évolution».

Autre originalité du site : au XIXe siècle, ces cavités du sud du Lot ont été exploitées pour l'extraction du minerai de phosphate, utilisé à l'époque comme engrais pour l'agriculture. Découverts en 1865, ces gisements ont été en activité de 1870 à 1886 : 2 500 mineurs extrayaient annuellement 30 000 tonnes de phosphate pour une valeur d'un million de francs de l'époque. Par la suite, l'exploitation a continué de façon saisonnière jusqu'à la Première Guerre mondiale puis a été totalement abandonnée.

À la fin des années 1990, l'aménagement du site sur 4 hectares a suscité de vives réactions aux alentours. «La population locale avait une image très négative des phosphatières. Notre objectif était aussi la protection du site qui avait subi des pillages. Mais pour les locaux, quand on a aménagé les lieux, on clôturait le terrain de jeux de leur enfance», se souvient Thierry Pelissié. Seize ans après l'ouverture, les phosphatières de Bach ont été classées en réserve naturelle nationale d'intérêt géologique. Outre l'intérêt paléontologique et archéologique, la grande richesse du site réside aussi dans l'incroyable biodiversité qui s'y développe.

La Depeche.fr

Audrey Lecomte

Publié le 08/06/2016

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