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L’église où d’abord les mineurs sont descendus au fond

Publié le par REVEL Stephane

A priori, elle serait presque modeste. Et sa seule particularité visible, c’est un clocher étrange avec ses airs de campanile romain. Mais c’est un trésor. L’église de la Sentinelle est un puits de mine reconverti en lieu de culte et inscrit au patrimoine mondial. Grâce à la mairie, on peut la visiter en août.

LA SENTINELLE. L’élu Patrick Watiau pilote le petit groupe de visiteurs à travers le chœur, orné de jolis vitraux qui par miracle ont résisté à deux guerres. Direction la vraie rareté, qui fait tout le sel du lieu. Juste à l’entrée de la nef, un carreau de pierre bleue a été descellé, remplacé par une plaque mentionnant ce qui a été la première raison d’être de l’église. «Puits de mine de la Sentinelle, 1818-1852 ». Ici, avant que de prier, on a d’abord bossé dur. « Un cas unique au monde », selon l’élu sentinellois, de puits de mine de la première époque charbonnière repris par le diocèse de Cambrai, et reconverti par l’exploitant lui-même, la toute-puissante (à l’époque) Compagnie des mines d’Anzin.

Il y a d’autres perles à découvrir dans l’édifice. Un tableau de Sainte-Barbe, forcément, à qui l’église est dédiée, délicieusement naïf. Un joli chemin de croix, inscrit à l’inventaire des Monuments historiques. Et pile au-dessus de l’autel… un blason qui accueillait sans doute des armoiries (en hommage à la Compagnie ?) aujourd’hui effacées. Pas banal au fronton d’un tel lieu. Car toute l’église a été conservée dans son jus, jusqu’au détail, la main courante en fer forgé qui sert à grimper les marches hautes menant dans la nef.

Cet été-ci, l’église, qui sort de travaux mais en connaîtra d’autres encore, peut être visitée, sur rendez-vous. Derrière le bâtiment, dans une extension jouxtant l’actuelle église, une première salle était équipée d’un puits pour l’eau. Les mineurs s’y lavaient dans des baquets. Plus bas, une magnifique pièce voûtée avec des piliers en pierre bleue servait-elle de vestiaire. Car ce qui est aujourd’hui l’église de la Sentinelle témoigne aussi des premiers pas… de la mine. La fosse n’a été en exploitation que durant une trentaine d’années, jusqu’en 1852, deux années avant sa réaffectation. Pas encore de salle des pendus, ici. C’est dans de simples coffres en bois que les mineurs laissaient leurs affaires.

Rdv pour visite au 03 27 28 22

22. Tous les jours de 14 h à 17 h.

par Théodore TERSCHLUSEN

valenciennes@lavoixdunord.fr

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