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La Grand-Combe : remonter le temps avec l’historien Laurent Aiglon

Publié le par REVEL Stephane

Une conférence sur l'immigration à la Compagnie des mines.

La conférence de l'historien Laurent Aiglon sur l'immigration au temps de la Compagnie des mines, devait tenir une large place dans le programme de la semaine bleue. Ce fut le cas. Remonter le temps jusqu'à la naissance de la ville, soit une manière de mieux comprendre et assimiler aujourd'hui ses différences.
Cette naissance coïncide avec l'arrivée du premier chemin de fer, grâce à Paulin Talabot, pour l'évacuation du charbon vers la vallée du Rhône en 1840 et la révolution industrielle, alors que P. Talabot s'inspire de l'essor technique anglais en avance de 5 ans. Tout ceci va changer la manière de vivre et il est fait appel à de la main-d'œuvre pour la mine, issue du monde rural qui a faim.
"Talabot (...) créeera son entreprise les Chemins de fer français entre Beaucaire, Alès et La Grand-Combe"  Laurent Aiglon, historien
Les Lozériens et Ardéchois sont concernés et le travail dans les mines des Cévennes offre des emplois. Il s'agira là d'une première immigration, celle des "gavots". Il sera cependant difficile de les fixer, car le travail est dur et un grand nombre d'entre eux retournent chez eux. Laurent Aiglon de faire référence à des notations relevées sur ces gavots dans les mines de Bessèges. Comment freiner cette population étrangère au métier de mineur ? Par le système de la retraite. "Quand un mineur retourne chez lui pour moissonner ou vendanger, il perd ses acquis. Une manière de fixer ces mains-d'œuvre, P. Talabot aidé par les Anglais, créera son entreprise les Chemins de fer français entre Beaucaire, Alès et La Grand-Combe. Le village de Ners sur cette ligne témoigne de l'ingérence anglaise en 1849. À cette époque, on notera l'arrivée massive en Cévennes de Piémontais, des ouvriers expérimentés et aptes à œuvrer sur les voies ferrées. Les premiers mineurs piémontais également, travaillent en famille, (père, fils, oncle) et bien souvent des familles entières se retrouvent décimées, suite à des accidents."
Ces familles ne sont pas toujours bien accueillies par la population locale. En 1852, des émeutes à caractères racistes se produiront. Puis 1914-1918, la Grande guerre vide les campagnes et les industries, (moins 400 ouvriers à La Grand-Combe). Il est fait appel par la suite à de la main d'œuvre déjà formée, Polonais, Espagnols, Italiens… Principalement d'obédience catholique. Mais les étrangers sont guettohisés, parqués dans des camps, Ravin, Nonnes, Fournier, Fougères. "L'arrivée massive d'Algériens au Camp des Nonnes pour casser la grande grève est mal venue." En 1930, un quart de l'effectif de mineurs est immigré, Tchèques, Polonais, Hongrois, Espagnols, Italiens, Algériens… la ville est considérée comme cosmopolite. Le témoignage de Maria Vayssade sur les mineurs Polonais sera édifiant.

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