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Piennes : l'histoire des objets de la mine

Publié le par REVEL Stephane

La lampe à carbure. « J’ai commencé à travailler au centre d’apprentissage de la mine dans les années 1950, se rappelle Stéphane Rog. À l’époque, on n’avait pas encore de lampes électriques, alors chacun avait "sa" lampe à carbure. On remplissait le réservoir le matin – le carbure ressemblait à des petits grains – et parfois, on refaisait le plein à la pause déjeuner. Chaque mineur devait toujours avoir dans sa poche un couteau et un briquet. Eh ben oui : si la lampe s’éteignait quand on était au fond, fallait bien se débrouiller ! »

Les forets. « Il faut soupeser pour s’imaginer un peu… , propose l’ancien mineur. Certains font entre 20 et 25 kg. On les fixait au "jumbo de forage". Quand j’ai commencé, on faisait tout à la main. Avec la mécanisation, il y a eu de moins en moins de monde au fond. À la fin, on était peut-être trois. Moi je suis resté jusqu’au bout, en 1985. »

Le casque de mineur. « En liège, relativement léger et assez résistant, décrit Stéphane Rog. Bon, évidemment, ça dépendait de ce qui nous tombait dessus ! Le reste de la tenue était complété par un tee-shirt rayé, un peu comme à Cayenne (au bagne, NDLR), et un bleu de travail. La plupart des mines avaient une "salle des pendus", où l’on suspendait ses affaires "de civil" quand on travaillait, et les bleus de travail en repartant. Mais à Bouligny, on avait des armoires. » Un ancien camarade le coupe, assurant qu’il y a bien eu une salle des pendus, mais au tout début de la mine (en 1907). « Oui, bah moi, je n’ai pas connu , tranche Stéphane Rog. Parfois, les habits n’avaient pas le temps de sécher pendant la nuit. Ils étaient encore un peu humides le matin. On n’a connu que ça au fond : toujours de la poussière, du bruit, de l’eau.»

La statue de sainte Barbe. En tant que patronne des mineurs, sainte Barbe a sa place à l’exposition de Piennes. À l’époque, elle faisait même l’objet d’une grande fête "au fond", le 4 décembre. « On s’arrêtait de travailler un peu plus tôt que d’habitude. Chacun ramenait un gâteau. À mes débuts, on était bien quarante, cinquante à se réunir. » L’occasion de partager du bon temps dans cette mine qui connut aussi des moments terribles. « On l’appelait "la mine rouge" , fait remarquer Stéphane Rog. Il y a eu des blessés graves. Des morts. Le premier, dès l’ouverture en 1908. Le dernier, c’était en 1976. »

Le vase de trempage. « On y mettait de l’oxygène liquide pour conserver les cartouches qui servaient à faire exploser le minerai. Il faut savoir que cet oxygène est à -190°. C’est un peu comme ce qu’utilisent les dermatologues pour traiter les verrues. Ça brûle ! Et on saisissait les cartouches à mains nues – avec des gants, ce n’était pas du tout pratique : ils se rigidifiaient tout de suite et on n’arrivait pas à plier les doigts. Il fallait faire très vite. On a fonctionné ainsi jusqu’au milieu des années 1970. Après, on est passé au "tir systématique" avec des charges explosives. »

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