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Sur cette ancienne mine, plus rien ne pousse

Publié le par REVEL Stephane

Sur le terril vieux d’un demi-siècle de la mine de plomb du Rhun, à Plélauff dans les Côtes-d’Armor, la végétation ne repousse pas… Les opposants à une relance de l’exploitation minière en Centre-Bretagne y voient la preuve d’un danger écologique.
Plélauff, commune costarmoricaine de 700 habitants, nichée aux confins du Morbihan, appartient pour partie au Bro kost ar c’hoad, le « Pays à côté du bois » en breton. Ce bois, c’est la magnifique forêt de Quénecan. Un massif de 3 000 hectares que les brochures touristiques baptisent aussi « Petite suisse bretonne ».

Dans ces paysages très vallonnés et verdoyants du Centre-Bretagne, le site du Rhun, à Plélauff, ressemblerait à un petit morceau de Lune tombé sur la terre !

« Terril pas stérile »

Ici, en 1959, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) a ouvert une campagne de prospection sur un gisement de plomb. Mais dès 1963, le chantier est abandonné. Entre 80 et 130 mètres de profondeur, les mineurs sont en effet tombés sur une ancienne exploitation, datant de l’époque gallo-romaine. Cette mine de l’Antiquité aurait produit 3 000 tonnes de plomb. Jusqu’à l’épuisement du meilleur du filon, tout au moins dans les conditions d’extraction de l’époque.

Au Rhun, les stigmates de la prospection menée au début des années 1960, restent encore bien visibles. Le percement de puits et galeries a produit un imposant terril. Sur lequel, un demi-siècle plus tard, la végétation ne s’installe toujours pas, ou peu.

« Exposés à l’air et à l’eau, ces déchets s’oxydent et produisent des composés chimiques de la famille des sulfures. Très acides, ils empêchent la repousse des plantes », expliquent Claire Mériaux et Samuel Douarre, respectivement membres des collectifs Attention Mines et Mine de Rien, opposés aux permis de recherche minière sur quatorze communes, dites du « secteur de Silfiac ».

« Qu’ils nettoient d’abord »

À leurs yeux, le plus grave ne serait cependant pas dans ce qui est ici visible. « Le terril, qui n’a rien de stérile, ne fait l’objet d’aucune mesure de contrôle et de protection, notent les militants en désignant quelques bouts de vieux fils de fer barbelés sur le sol, vestiges d’une ancienne clôture. Le fossé censé recueillir les eaux de ruissellement s’est comblé avec le temps, tout se déverse donc directement en contrebas, dans le Crennard, affluent du Blavet. » Lequel Blavet, rappellent-ils, file vers le lac de Guerlédan, réserve d’eau potable du Pays de Pontivy.

L’agriculteur exploitant les terres jouxtant le terril a fait faire, à son compte, des analyses. Elles révéleraient la présence de traces de plomb dans le voisinage.

« Germinal, c’est terminé, aujourd’hui, on gère bien mieux les aspects liés à la pollution minière et à l’hydrogéologie », ont assuré les dirigeants de la société Variscan Mines, détentrice des permis de recherche. Pas suffisant pour convaincre les opposants à la relance d’une activité minière en Bretagne : « Que les exploitants nettoient d’abord ce qu’ils ont laissé dans l’environnement ! » clame Claire Mériaux, persuadée que « la mine propre n’existe pas ».

Quant aux perspectives de créations d’emplois, elles laissent aussi dubitatif Luc Carité, maire de Perret, où le conseil municipal a voté à l’unanimité contre les projets de Variscan : « L’avenir de notre territoire repose sur une l’agriculture et le tourisme vert, incompatibles avec des mines, même censées être moins polluantes. »

Perret, qui va bientôt intégrer la commune nouvelle de Bon-Repos-Sur-Blavet n’est pas prêt à échanger les emplois durables de ces deux activités contre « des travailleurs détachés » qui repartiraient sitôt le filon exploité.

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