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DIFFERDANGE La mine commence à faire son trou

Publié le par REVEL Stephane

Ouverte depuis le début du mois, la mine Grôven se présente déjà comme une attraction touristique incontournable dans la commune. Les visiteurs commencent à affluer.
L'échevin Roberto Traversini (à g.) a improvisé ici un petit cour d'histoire en compagnie d'un groupe de visiteurs partis à la découverte de leur patrimoine local. Ouvert depuis quelques jours, ce musée dans la pierre attirera les touristes durant tout l'été.

Pour la section locale du CIGL, à qui l'on doit la renaissance de l'ancienne mine Grôven, et pour la Ville de Differdange, il s'agit sans doute du principal projet de mise en valeur du patrimoine historique local. La Ville souhaite faire de cette galerie un lieu d'expositions temporaires dans un cadre unique. Explications.
De notre journaliste Bruno Muller
Pour l'échevin Roberto Traversini, la seconde vie de l'ancienne mine Grôven représente l'un des plus beaux exemples d'un patrimoine à valoriser dans les esprits de nos jeunes et moins jeunes concitoyens.
Car n'oublions pas que la dernière mine du pays, précisément celle du Thillenberg, a fermé en 1984. Les mémoires n'échappant pas à l'érosion du temps, il apparaissait comme d'utilité publique de redonner vie à un certain passé. Celui de milliers de mineurs qui ont travaillé dans ce souterrain aujourd'hui transformé en musée. Pour la commune, il ne s'agit peut-être que d'un autre projet de restauration doit être dévoilé aujourd'hui en conseil communal.
Dans l'immédiat, les visiteurs sont déjà bien accaparés avec cette nouvelle attraction. Pour le moment, les visites ne sont possibles que sur réservation mais la Ville réfléchit à la création d'une permanence sur le site. Les détails relatifs à la mise en place de cette permanence font l'objet d'une discussion.
Des expositions temporaires
Même s'ils n'ont pas réservé pour une visite, les promeneurs du chemin de la mine pourront se consoler des grilles closes en pressant sur l'un des trois boutons déclenchant un système sonore qui permettra d'écouter un historique de la mine sur une bande son d'une durée de cinq minutes. Il suffit de faire le choix de sa langue entre allemand, français et luxembourgeois. Environ 80 000 euros ont été nécessaires pour l'ensemble de la restauration. Une somme relativement modeste au regard des aménagements réalisés au cours d'une année de travail. Avec une longueur de 107 mètres, la galerie abrite 46 panneaux réalisés à partir de photographies d'époque. La galerie est divisée en deux parties grâce à la vieille grille anciennement placée à l'entrée de la mine et restaurée elle aussi. La municipalité a l'idée de consacrer cet endroit en un lieu pouvant accueillir des expositions temporaires, un peu sur l'exemple du bâtiment H20 à Oberkorn! «Une partie de l'exposition, soit 14 panneaux, restera en tant qu'exposition permanente. Le reste sera utilisé pour des expositions temporaires. Quasiment tous les panneaux ont pu être réalisés grâce à des particuliers», précise l'échevin. Les archives de l'association des Amis de l'Histoire de Differdange y sont pour beaucoup.
Tout ce travail n'aurait pas pu être réalisé sans les compétences des ouvriers du CIGL, lesquels ont été formés sur le chantier. «Il ont appris sur place toutes sortes de techniques comme la taille et l'assemblage des pierres par exemple. Les membres du CIGL bénéficient par ailleurs de 6 000 heures annuelles de formation», ajoute Roberto Traversini. Tout un pan de mur a notamment été restauré selon ces techniques. À l'avenir, il risque bien d'y avoir encore du pain sur la planche.
Informations pour les visites au 26 58 00 20

 

Le Quotidien 23/07/2010

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Des mines wallonnes au patrimoine de l'Unesco ?

Publié le par REVEL Stephane

Les candidatures de sites miniers wallons, dont le Bois du Cazier, sont examinées en ce moment même par le jury de l'Unesco, en vue de leur éventuel classement au titre de patrimoine mondial. D'après ce que l'on sait, c'est plutôt mal parti.

Quel est le point commun entre les îles Bikini, les bagnes d'Australie et les anciens sites miniers de Wallonie ? Le Bois du Cazier, Bois-du-Luc, le Grand-Hornu et Blégny-Mine figurent, comme une trentaine d'autres sites, sur la liste qu'examine en ce moment le jury de l'Unesco, en vue de leur éventuel classement au titre de patrimoine mondial. Le comité du patrimoine de l'Unesco est en ce moment réuni au Brésil pour examiner ces candidatures. Mais les charbonnages wallons ont peu de chances d'être classés cette fois-ci.

Le jury de l'Unesco n'attribue pas le titre de patrimoine mondial à la légère. Il y a quelques mois, des experts de l'Icomos, International council for Monuments and Sites, sont venus visiter les quatre sites miniers wallons. Ils ont été séduits par les lieux mais il manquait encore quelques petites choses pour que tout soit parfait. Daisy van Steene, directrice de l'Ecomusée de bois du Luc : "Il y a une demande d'étendre la zone tampon - sorte de zone de protection définie autour du site. Pour Blégny par exemple, il s'agit de prévoir l'affectation d'un responsable technique en permanence à l'exploitation touristique du site."

L'Icomos a donc recommandé aux sites wallons d'apporter ces améliorations d'ici la prochaine session de classement en 2012. Pourtant, leur candidature figure toujours sur la liste examinée en ce moment par le jury. Est-ce à dire que ces sites ont quand même une petite chance d'être classés ? Daisy van Steene : "Non, nous ne pensons vraiment pas que l'Unesco ira contre l'avis des experts de l'Icomos. Ce que veut l'Unesco, c'est vraiment garantir la sauvegarde des sites qu'elle reprend sur sa liste."

Le dernier monument belge à avoir été classé par l'Unesco est le palais Stoclet, à Bruxelles.

 

Stéphanie Vandreck

RTBF.BE info le 26.07.10

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Aubin Un musée en mémoire des gueules noires

Publié le par REVEL Stephane

Insolite, inédite et émouvante , en trois mots tout est dit sur la visite guidée au cœur de l'univers des mineurs, surnommés ici les «gueules noires», et plus largement sur l'épopée minière et industrielle du Bassin.

Au hasard de la balade agrémentée par Isabelle Usanos, incollable dans son job de guide,

les visiteurs appréhendent la vie et les conditions de travail dans les entrailles de la terre.

A travers une collection extrèmement riche et variée de documunts anciens, pas moins de deux siècles d'exploitation du minerai de charbon, et de fer, se dévoilent au fil des trois niveaux du musée.

Récits de dur labeur, de tragédies saisissantes constellées de nombreuses victimes ou de glorieuses conquêtes sociales acquises à force de courage et de ténacité, tout est relaté avec moult détails et photos de l'époque.

Avec, en guise de dénouement , une plongée dans une galerie de mine reconstituée à l'identique par d'anciens mineurs, « pour vivre, l'espace d'une heure, le temps de la visite, le quotidien de ces travailleurs de la pénombre qui évoluaient à des dizaines de mètres sous la surface de la terre», explique Isabelle.

A l'extrémité de la galerie, la reconstitution, à grands renforts d'effets scéniques et de planchers vibrants, d'une terrible explosion surnommée ici , «le coup de grisou» , rappelle le difficile, et dangereux, métier de mineur de fond.

 

La Depeche 27/07/10

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Sites miniers belges deux cents ans d'histoire attendent le verdict

Publié le par REVEL Stephane

En attendant la décision du Comité du patrimoine mondial, le Grand Hornu, un des quatre sites miniers de Wallonie candidats à une inscription au patrimoine mondial de l'Unesco, prépare les célébrations de son bicentenaire.

Début juillet, Icomos, consultant de l'Unesco pour l'inscription au patrimoine mondial, rendait son rapport sur la candidature des quatre sites miniers wallons de Blegny-Mine, Le Grand-Hornu, Bois-du-Luc et Bois du Cazier en préconisant le report de leur inscription. Un report qui devrait être confirmé par le Comité du patrimoine mondial, réuni à Brasília pour sa 34e session (voir ci-dessus).
Il devrait demander à ces sites, dont Icomos a reconnu la « valeur universelle exceptionnelle », des efforts supplémentaires de préservation des lieux, notamment pour le site de Blegny-Mine.


La candidature des sites miniers wallons pourrait alors être réexaminée lors de la 35e session prévue en 2012 et pour laquelle le Bassin Minier du Nord - Pas-de-Calais postule également (lire ci-dessus). Loin d'entrer en concurrence, les dossiers belge pour les sites miniers et nordiste pour le « paysage culturel évolutif » du Bassin Minier, souligneraient, estime-t-on côté belge, la dimension universelle du charbon comme catalyseur d'activité dans ces deux régions et dans l'histoire de l'Humanité.
Classé ou non dès cette année à l'Unesco, le patrimoine belge sera de toute façon mis à l'honneur lors des célébrations du bicentenaire du Grand Hornu, prévu pour le week-end des 11 et 12 septembre 2010. Au programme, parution d'un livre sur l'histoire du site, lancement du projet de rénovation des 450 maisons du coron et journée portes ouvertes avec visites guidées des expositions, conférences, performances musicales et un programme dédié à Ludwig Van Beethoven, exécuté par les solistes du Conservatoire Royal de Mons.
MAUD DEMO
N Renseignements : www.grand-hornu.be

 

La Depeche 24 juillet 2010

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« Héros ou martyrs » au Centre historique minier de Lewarde : après l'expo, le livre

Publié le par REVEL Stephane

Le Centre historique minier de Lewarde vient de publier « Héros ou martyrs ». ...

 

Il s'agit du 10e numéro de sa collectionMémoires de Gaillette.

Héros ou martyrs : identités, conditions et statuts des mineurs du Nord - Pas-de-Calais. Cet ouvrage reprend l'intégralité du contenu de l'exposition du même nom qui est proposée au centre jusqu'au 31 décembre, ainsi que la reproduction de la plupart des documents présentés.

Dans sa préface, André Dubuc, directeur général du CHM, évoque la caractéristique du travail des mineurs : leur descente dans les entrailles de la terre, et leur confrontation aux dangers permanents. Cette descente dans les enfers distingue les héros des simples mortels et fait du mineur cet ouvrier hors du commun. Victime aussi de ces dangers parfois plus forts que lui, le mineur devient alors martyr, celui qui risque sa vie pour le bien des autres.

Ainsi, la condition des mineurs a toujours beaucoup marqué l'opinion. L'histoire de l'extraction du charbon débute en 1720 dans le Nord - Pas-de-Calais.

Leurs conditions sociales vont beaucoup évoluer selon les époques, les lieux et les métiers : compagnies privées ou entreprise nationalisée, travail au jour ou au fond, hommes, femmes, enfants ou cadres de l'entreprise... Elles dépendent de rapports complexes entre patronat et ouvriers, rapports bientôt régulés par les interventions de l'État et des syndicats. Le statut du mineur, obtenu en 1946 par l'ensemble de la corporation, fixe les droits des ouvriers : embauche, licenciement, durée du travail, rémunération, droit syndical, sécurité sociale et avantages acquis.

Des ateliers pour les enfants

Grâce à ce hors-série des Mémoires de Gaillette, tous les aspects de la question sociale dans les mines du Nord - Pas-de-Calais, abordés dans l'exposition temporaire, sont donc désormais conservés intégralement et de façon pérenne.

Le Centre historique minier propose en outre un site Internet dédié à cette exposition (www.heros-ou-martyrs.com). Il a aussi mis en place des ateliers pour enfants sur le thème de la question sociale. Ils auront lieu au CHM les 4 et 25 août. Pour les Journées du patrimoine, le dimanche 19 septembre, des visites commentées et gratuites de l'exposition auront lieu à 11 h, 14 h 30, 15 h 30 et 16 h 30 (sur réservation). •

« Héros ou martyrs », 116 pages, 18 E, en vente à la boutique du Centre historique minier.

 

La voix du nord le 20/07/10

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Aubin. Un film sur la tragédie du Gua

Publié le par REVEL Stephane

Le film documentaire commandité par l'ASPIBD (Association de sauvegarde du patrimoine industriel du Bassin de Decazeville) se construit petit à petit.

Rappelons qu'il consiste à retracer les grands moments du riche passé humain et industriel du Bassin. Il débutera avec la formation du charbon en des temps très reculés et s'achèvera avec la fermeture des mines.

L'équipe de tournage, dirigée par Jérôme Gardes et assistée par Albertine Baeza, s'est récemment focalisée sur la fusillade tragique de 1869, au plateau des Forges, au Gua. Le tout sous le regard expert de Francis Mazars, du musée de la mine d'Aubin, pour éviter les anachronismes.

Situons rapidement le contexte socio-historique : les salaires trop bas accordés aux mineurs et une rivalité entre forçats de la houille et forgerons, pourtant voisins, mettent le feu aux poudres. L'excitation atteint son paroxysme le 8 octobre lorsque les mineurs appellent les employés des forges et des ateliers à la grève. Les soldats, appelés à séparer les deux entités professionnelles, ne résistent pas à la pression d'environ 1 500 personnes, femmes et enfants compris. La troupe est « arrosée » de boulons, cailloux, etc. Les mouvements de foule et les cris font peur aux soldats, que des révoltés tentent de désarmer. Soudain, un officier, sans doute inexpérimenté, autorise l'utilisation des armes. Les coups de feu partent et la cohue est indescriptible. Cet événement fera 17 morts et 41 orphelins.

Les scènes ont été rejouées à plusieurs reprises, cherchant le meilleur angle, la lumière naturelle la plus appropriée, avec en fond un mur d'époque et ses briques rouges.

 

La Depeche 19/07/10

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Dans les pas des mineurs de la Rodde

Publié le par REVEL Stephane

Entre Lavoûte-Chilhac et Ally, à la mine de la Rodde, les visiteurs peuvent avancer dans les pas des mineurs, équipés de la tête aux pieds.

 

Cindy Bochard

«ici ce n'est pas un musée, mais une vraie galerie », précise d'emblée Sébastien Bénistant, animateur de l'association Action Ally 2000. Une précision qui justifie l'équipement nécessaire à la visite, qui n'a rien à voir avec du folklore, même s'il plonge rapidement les visiteurs dans l'ambiance. Ainsi, casques vissés sur la tête, bottes en caoutchouc aux pieds, K-Way sur le dos et lampe torche à la main, voilà le petit groupe de dix personnes, accompagnées d'un guide, prêt à découvrir la mine de la Rodde, entre Ally et Lavoûte-Chilhac.

En l'occurrence, 250 mètres de boyaux creusés dans la roche, une portion réhabilitée et mise en sécurité d'un réseau de 4 kilomètres, et qui plongent à 14 mètres de profondeur. Mais si les visiteurs descendent dans les entrailles de la terre, c'est pour mieux remonter le temps ! D'abord jusqu'à celui des gallo-romains, les premiers à avoir gratté la montagne pour en extraire de l'argent. Les traces trouvées sur les parois, ainsi que des objets récoltés à l'extérieur (céramiques, tuiles, mortier, lampes à huile, etc.) le prouvent. « Durant les visites, nous partons à la recherche de ces traces vieilles de plus de 2.000 ans, explique Sébastien Bénistant. Par exemple, ces petites niches dans les parois où se logeaient les lampes à huiles pour faire office d'éclairage ».

Puis, plus la visite s'enfonce au coeur de la colline, plus le temps s'écoule pour s'arrêter au XIXe siècle. L'ère industrielle a profité à la mine de la Rodde, qui s'est alors développée jusque dans les années 20. Et l'antimoine a remplacé le plomb argentifère sous la pointe des pioches des mineurs.

L'association Action Ally 2000 a d'ailleurs choisi de mettre un peu plus l'accent sur ce métal, si caractéristique de la région, lors d'une spéciale « nocturne » cet été (*). « Il y a encore cent ans, la France était le premier producteur au monde d'antimoine et l'essentiel de l'activité se concentrait dans un triangle entre Brioude, Langeac et Massiac », rappelle l'animateur.

Les quelques vestiges qui restent de cette ère industrielle ont donc été illuminés pour la nocturne. « Une fois dans la mine, qu'il fasse jour ou nuit ne change pas grand-chose, admet Sébastien Bénistant. Mais nous voulions profiter de l'ambiance qui règne à l'extérieur ». Chaque espace sert alors de décor pour revenir de façon différente sur l'histoire de la mine de Rodde. Autour du puits, les visiteurs revivent la chute d'un mineur avec la lecture d'un procès verbal d'accident de l'époque, tandis que les souvenirs d'une petite fille de 10 ans, enfant de mineur, sont racontés un peu plus loin au milieu des arbres. Enfin, l'intérieur de l'ancienne laverie accueille des contes, vantant les vertus (sans doute imaginaires !) de l'antimoine.

Une autre façon de s'immerger dans l'histoire et les galeries, en gardant la tête au grand air !

(*) La première visite nocturne de la mine de la Rodde s'est déroulée jeudi 17 juillet. D'autres pourraient être organisées pendant l'été.

 

La Montagne le 18/07/2010

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Au coeur de la dernière mine de France

Publié le par REVEL Stephane

VARANGÉVILLE (MEURTHE-ET-MOSELLE)

VALÉRIE HACOT | 15.07.2010, 07h00

 

on doit rouler en camion- nette pendant quinze minutes pour atteindre le front de taille (NDLR : la zone où la roche est en train d’être exploitée), qui est à 5 km d’ici. »
Christian Imbert s’esclaffe.

Depuis près de trente-sept ans, ce mineur emprunte chaque jour, sans frémir, l’étroit et vétuste ascenseur qui parcourt en une quarantaine de secondes les 160m séparant la surface du fond de la mine de sel de Varangéville (Meurthe-et-Moselle).
Ce site, qui appartient à la Compagnie des Salins du Midi, est aujourd’hui la dernière mine encore en activité en . Un sacré pied de nez. Ouverte en 1855, Varangéville a en effet longtemps fait figure de Petit Poucet. Loin, très loin du gigantisme des mines de charbon, de potasse et de fer qui, des décennies durant, ont constitué le poumon économique de la Lorraine.

Les 60 mineurs de l’exploitation s’affairent sans relâche

Mais alors que ces géants ont tous disparu, Varangéville a poursuivi son petit bonhomme de chemin. Spécialisée dans l’extraction de sel destiné au déneigement des routes, la mine a même enregistré cette année une activité record. « L’hiver a été tellement rigoureux que nous n’avons pas eu un moment de répit. On a remonté 5 000 t de sel chaque jour, et tout notre stock, soit 300 000 t, a été utilisé », souligne Didier Casanova, le responsable de la mine.
Les 60 mineurs de l’exploitation s’affairent depuis sans relâche, huit heures par jour, pour reconstituer les stocks. Pas de gueules noires ni d’hommes courbés dans des galeries trop étroites. La mine de sel ne ressemble en rien aux clichés de « Germinal » et des houillères du Nord.
A 160 m sous la surface de la terre, les murs sont constitués d’une solide roche noire où brillent ça et là des éclats de sodium. D’imposants piliers garantissent la stabilité du site et la hauteur sous plafond dépasse les 4,50 m. Le goût piquant du sel s’accroche, tenace, aux papilles des visiteurs. L’air est vif, la température stable à 15 oC.
Didier Casanova manoeuvre son Trafic sans avoir recours à un plan dans le dédale des galeries plongées dans le noir. Chaque jour, il descend pour superviser l’avancement de la taille. « On parcourt 160 m par an. En cent cinquante ans, 200 km de galeries ont déjà été exploitées », explique-t-il.
Soudain, devant les feux de la camionnette, surgit une étrange et imposante machine : la haveuse, sorte d’immense tracteur orné d’une lame de près de 5 m. Pour descendre cet engin, il a fallu au préalable le découper en morceaux.
Toutes les machines ont subi le même sort : à peine achetées, elles ont toutes été méthodiquement passées à la disqueuse et leurs pneus ont été compressés pour pouvoir rentrer dans la petite cage de l’ascenseur qui constitue le seul accès à la mine. « Il faut compter trois mois pour remonter les machines au fond. Les fabricants s’en chargent. Cela augmente le coût de 10 % », précise Didier Casanova.
Seul dans sa galerie sombre, Patrice Poussier couve du regard la progression lente de la lame dans le mur. Durant les prochaines heures, elle va effectuer une saignée de 13 m de large. « On se sent un peu seul », lâche en souriant ce trentenaire.
A quelques mètres de là, deux artificiers minent sans échanger une parole une paroi à l’aide d’un mélange d’ammonium et de fioul. Ils déclencheront l’explosion le soir.
Dans la galerie voisine, les mineurs extraient des blocs de sel explosés la veille. Ils sont ensuite acheminés sur d’immense tapis roulant — les convoyeurs — vers l’entrée de la mine. « On vient de déplacer les ta- pis. Tous les six mois, on est obligés de les bouger parce que le chantier avance », constate Didier Casanova. Et la mine devrait continuer sa progression. Les Salins viennent de dé- crocher l’autorisation de continuer à exploiter le gisement jusqu’en 2025.

 

Le Parisien

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Visites de Carmaux: La Grillatié-L'Endrevié

Publié le par REVEL Stephane

La 2e ballade emmènera aujourd'hui les visiteurs du côté de Blaye les Mines, Pierrot Santoul, guide chevronné et érudit, ayant concocté un parcours chargé d'une histoire chère aux gens du Carmausin, celle de la mine et des mineurs. Après le départ au croisement de l'av.Pélissou et de la rue St-Just, arrêt devant la maison Pélissou, où Pierrot ne manquera pas de rappeler qu'en 1946, Marcel Pélissou, fils de Blanche et Léon, fut élu député, le 1er parlementaire communiste du Tarn.

La promenade se poursuivra à la cité de la Grillatié puis le puits du même nom, creusé de 1833 à 1839, la maison de l'ingénieur principal, avant d'atteindre l'Endrevié et son étang artificiel, qui fut un temps une piscine d'été.

Après l'étang, passage à l'Etablissement et Service d'Aide par le Travail (ESAT), au CMPRO Bellevue, où naguère étaient formés les apprentis mineurs.

Enfin, la cité des Calmettes et ses maisons doubles, créée dans les années 60 pour les mineurs et certains employés

 

La Depeche 15 07 2010.

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Le temps d'une visite nocturne du musée, les anciens mineurs ont fait revivre le passé

Publié le par REVEL Stephane

| AUCHEL |

Vendredi soir, les bénévoles du musée de la mine d'Auchel ont fait plonger les visiteurs dans leur passé. Celui du temps des Houillères. Lentement et la passion chevillée au corps, ils ont ressuscité les gestes, les mots, les bruits, bref, la vie d'antan. Passionnant.

 

PAR CÉLINE BARDY

bruay@info-artois.fr

Le musée de la mine d'Auchel ? « C'est le plus beau ! » Ils sont fiers de leur musée les bénévoles qui accueillaient les visiteurs vendredi soir. Et on les comprend.

D'abord, il y a la galerie. Longue de 250 mètres, elle met tout de suite dans l'ambiance. Il y fait sombre et un peu frais. Le petit groupe suit à la trace Jean-Yves Beauchamp, ancien mineur et guide. « On est dans l'ancien centre d'apprentissage des Houillères, c'est ici qu'on apprenait le métier de mineur et qu'on passait notre CAP. » Son récit, qui sent le vécu, est truffé d'anecdotes. À côté du faux cheval du musée, il lance : « Au fond, les chevaux savaient compter. Ils ne tiraient jamais plus de 12 berlines de 600 litres. » On chemine et puis on s'arrête devant une imposante machine. « Vous allez entendre le bruit qu'on avait pendant huit heures dans les oreilles », prévient Jean-Yves. Silence dans l'assemblée. La ferraille se met en branle dans un vacarme entêtant. On pense à La Bête humainede Zola. Fin de la démonstration, tout le monde a compris. Jean-Yves enchaîne.

À l'occasion de la visite nocturne, Marie-Paule et Joëlle, deux bénévoles, servent le « briquet ». Pas de quoi en griller une, mais un peu de saindoux sur du pain et une tasse de café. Le casse-croûte des mineurs. « Parfois, ils l'accompagnaient avec une échalote ou un oignon cru », explique Philibert Berrier, un autre bénévole. Parmi les visiteurs, Léon Markwitz, 76 ans, acquiesce. À 14 ans, lui aussi était au fond. « Mais au bout de quatre ans, j'ai pu en sortir, je suis rentré dans l'armée de l'air. » Que ressent-il aujourd'hui, dans cette galerie musée ? Ses yeux brillent. « Ça fait drôle, si j'avais dû continuer, je serai moins en forme aujourd'hui. » Jean-Yves s'est remis en marche, la visite traîne, pour le plus grand plaisir des visiteurs. Notre guide hausse les épaules : « On n'est pas à un quart d'heure près.

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