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Bertholène miné par son charbon

Publié le par REVEL Stephane

La municipalité de Bertholène mène un combat judiciaire depuis plusieurs années pour empêcher toute exploitation de la houille présente sur son territoire. Une lutte désormais du ressort du Conseil d'état, auprès duquel la commune vient de former un pourvoi en cassation.

Tout commence en 2003, lorsque, cinquante ans après la fermeture de sa mine, Bertholène apprend qu'une société écossaise vient d'acquérir le titre de la concession. La Société de ressources minières du Massif central (SRMMC) souhaite relancer une exploitation de houille en lieu et place de l'ancienne mine de charbon, dont le filon s'étend dans le sous-sol de six communes (Bertholène, Gages, Agen-d'Aveyron, Laissac, La Loubière, Sainte-Radegonde). Le projet évoqué à l'époque consiste à créer une mine à ciel ouvert afin d'extraire 250 000 tonnes de charbon par an durant sept à dix ans pour une réserve estimée de 2 à 4 millions de tonnes.

La commune déboutée

Très vite, une opposition en masse s'élève depuis les villages concernés avec en tête Bertholène qui entend « éviter une catastrophe environnementale » sur sa commune. L'exploitation de charbon s'est arrêtée il y a longtemps et le site d'uranium, lui, est toujours en phase de dépollution… Le village en a soupé de ces énergies fossiles et entend se tourner vers un avenir plus vert.

S'engage alors une lutte indéfectible de la municipalité pour faire reconnaître le titre minier comme illégal car illimité - de 1820, date de création de la concession, jusqu'au 31 décembre 2018, date d'expiration du titre - tout comme la « mutation de la concession » (son acquisition par la SRMMC). L'argumentation de Bertholème repose ici sur le fait que la mine n'étant plus active depuis 1956, « au bout de dix ans de non-exploitation, l'état aurait dû récupérer le titre minier », explique Jacques Maisonable, actuel maire de la commune. Avant toute mutation de la concession, une enquête publique préalable aurait alors été réalisée, ce qui n'a pas été le cas en l'occurrence. Jusqu'à présent, la plaidoirie a été rejetée par les juges administratifs. D'abord par le tribunal de Toulouse en avril 2010 puis par la cour d'appel de Bordeaux, le 18 octobre 2011.

Les sondages en stand-by

Seul réconfort pour la seconde équipe municipale en charge aujourd'hui du dossier : la Société minière n'a jamais pu effectuer de sondage afin de déterminer la faisabilité de son projet. Car cette lutte s'est menée sur un deuxième front : le foncier.

Une fois le titre minier en poche, encore fallait-il à la SRMMC le droit de faire ses sondages sur des terrains appartenant à des particuliers. Or, en 2007 (confirmé en 2008), la préfecture rend un arrêté refusant les servitudes demandées. « Pour contourner cette décision, la société a tenté d'acheter un bout de terrain en 2008, relate Isabelle Poirier, première adjointe municipale. Mais le propriétaire est resté solidaire et a refusé ».

Et depuis c'est le silence radio du côté de la SRMMC : « Nous n'avons plus de nouvelles depuis quatre ans », commente Jacques Maisonable. La rédaction a d'ailleurs tenté de joindre le PDG de la société, en vain. Un manque de sollicitation qui est plutôt une bonne chose pour Bertholène qui aurait tout à gagner à ce que l'affaire traîne jusqu'en 2018.

C'est pourquoi, malgré l'énergie et le coût de la procédure judiciaire restée infructueuse jusque-là, la commune a formé un pourvoi en cassation auprès du Conseil d'État, en décembre dernier, afin d'invalider les arrêts précédents. Étant donné les délais de traitement de la justice, peu importe le contenu de cette future décision : Bertholène aura encore grappillé quelques années de répit, peut-être même suffisamment pour ne plus jamais être inquiétée par cette concession de houille.

 

Publié le 14/05/2012 07:44 | Julie Polizzi

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Montoulieu. La porcelaine de Seignaux

Publié le par REVEL Stephane

 

L'histoire de leur village, certains la cherchent dans les livres, d'autres sur le terrain. Trois amis du hameau de Seignaux ont décidé d'aller à la mine rechercher l'histoire des anciens. Guy Freixes, Bernard Sanchez et Gérard Cathala connaissaient l'existence de la mine de kaolin située au-dessus du chemin perpendiculaire au chemin du Sarat. Bernard et sa sœur Marie-Carmen (l'épouse de Gérard) se souviennent de ces godets de kaolin suspendus à un câble de 2 km qui descendaient de la colline, passaient le pylône du roc du Pujol, plongeaient vers le pylône d'Amplaing, traversaient l'Ariège, après un dénivelé de 350 m, pour se vider sur l'autre rive, à Mercus, avant d'être chargés dans des wagons. Mais pour extraire le kaolin, les mineurs utilisaient des chariots sur rails qu'ils poussaient jusqu'à la plate-forme de la trémie, où étaient remplis les godets. Un chariot abandonné au fond de la vieille mine intriguait nos trois compères et malgré la difficulté, ils l'ont extrait du site et descendu. Puis vint la phase de remise en état : récupération de rails, d'un châssis avec roues qu'il fallut découper, adapter et souder. Afin qu'il soit visible, rien n'arrêtant ces trois amis, le chariot fut monté sur le roc de Pujol, à l'emplacement de l'ancien pylône, au-dessus du belvédère.

La curiosité aidant, quelques recherches dans les annales de chimie et de physique de MM. Gai-Lussac et Arago (tome 62, édition de 1836), nous éclairent sur cette mine. Extrait : « L'Ariège est très riche en kaolin, on en exploite en plusieurs lieux pour l'usage de la manufacture de porcelaine de Valentine, près Saint-Gaudens. La carrière qui se trouve dans la commune de Seignaux, à peu de distance de Tarascon, paraît être celle qui fournit le kaolin de la meilleure qualité. M. l'ingénieur François a eu la complaisance d'en recueillir… Ce kaolin est en masses friables, tachant les doigts, d'un blanc parfait ». Un panneau explicatif sur place est prévu prochainement.

 

ublié le 14/05/2012 08:29 | La Dépêche du Midi

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Decazeville. Le patrimoine minier et mécanique à l'unisson

Publié le par REVEL Stephane

La 9e édition d'expo-mine a tenu toutes ses promesses. Le public est venu nombreux, hier, se replonger dans le monde particulier de la mine. Les stands ont vu défiler les collectionneurs tout comme les curieux, qui à la recherche d'une lampe rare, qui à l'affût d'un minéral particulier, etc. Les anciens mineurs, eux, ont plutôt prêté attention à la collection de vieilles photos, qui mettaient au grand jour les protagonistes de la vallée de l'Enne. Les gens se reconnaissaient, se remémoraient des surnoms donnés à un tel ou un tel. Même chose pour les passionnés de vieilles mécaniques. Nombreux sont les personnes qui ont dévoré des yeux la Renault AX de 1912, la cabriolet Peugeot 302 de 1936, la Rolls 1928 ou encore la Delage 1928. à côté des tacots grandeur nature et rutilants, un stand de modèles réduits a retenu l'attention des jeunes et moins jeunes : tous les véhicules utilisés par le cirque Pinder, un régal. Pour Michel Herranz, président de l'ASPIBD, l'attrait de l'expo-mine démontre que l'intérêt pour le monde minier demeure intact. Pour Alain Cantournet, président des Bols du Bassin, une telle expo ne peut que faire mieux connaître son association. Enfin, la députée Marie-Lou Marcel s'est félicitée de cette manifestation commune.

 

Publié le 14/05/2012 07:46 | La Dépêche du Midi

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Au temps des mineurs et des tacots

Publié le par REVEL Stephane

Ce dimanche 13 mai, se déroulera l'expo-mine de l'ASPIBD, en l'espace du Laminoir, à Decazeville. C'est la 9e édition et elle se déroule pour la 5e fois dans le Bassin (en alternance avec le Tarn). Pour le visiteur, c'est l'occasion de plonger dans un monde qui s'est évanoui il y a près de 50 ans, et d'en découvrir toutes les facettes.

Les « gueules noires » constituaient une corporation singulière et leur travail s'apparentait, d'une certaine manière, à celles des marins, bravant les éléments et des dangers multiples. De nombreux exposants proposeront du matériel minier, divers produits tournant autour de la mine ainsi que des minéraux, des livres, des photos d'époque, des cartes postales, etc.

Les fameuses lampes de mineur, symboles parmi les symboles, en seront les produits phares. Un Carmausin montrera aussi une superbe et étonnante collection de photos sur Aubin, au temps où la mine et les usines rythmaient la vie des habitants.

En parallèle, les amateurs du patrimoine, à l'égal des curieux, pourront découvrir des vieux véhicules : voitures, motos, mobylettes ainsi qu'un car, un camion, une ambulance, une machine à vapeur (exposés par les Bols du Bassin, la Dynamo cantalienne de Montsavlvay et l'ASPIBD). Histoire d'entreprendre un deuxième voyage, dans l'univers de la vieille mécanique celui-là. Voilà une idée de sortie originale pour ce dimanche, franchement dépaysante et débordante de nostalgie.

Au Laminoir (sous la mairie), entrée et tombola : 1.50 € (premier prix, une lampe de mineur). Ouverture de 9 h à 12 h 30 et de 13 h 45 à 18 h 30.

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Les moulinages dans les Boutieres

Publié le par REVEL Stephane

Les Boutieres furent une terre de moulinage, la présence de cours d'eau favorisant l'implantation de cette industrie.
Celle-ci emploiera au maximum 4 000 ouvriers essentiellement des femmes en 1860
Le premier moulinage sera crée en 1670 dans la région à Dornas.
Le canton de St Pierreville comptait pas moins de 37 moulinages, dont 16 étaient situés à Marcol les Eaux.
La vallée de la Dorne jusqu'au Cheylard en compte elle une dizaine, le canton de Saitn Martin Valamas en comptait une vingtaine.
Mais la course à la productivité fera taire ces moulinages dont il ne subsistent aujourd'hui que quelques cheminées pointées vers le ciel.

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Expo-mine est devenue un rendez-vous incontournable du Bassin. Retour vers le monde minier, nostalgie, idée de sortie, pédagogie, autant de bonnes raisons pour se rendre au Laminoir.

Publié le par REVEL Stephane

Expo-mine est devenue un rendez-vous incontournable du Bassin. Retour vers le monde minier, nostalgie, idée de sortie, pédagogie, autant de bonnes raisons pour se rendre au Laminoir.

Ce dimanche 13 mai, aura lieu la neuvième édition d'Expo-mine. Rappelons que cette animation se déroule en alternance entre le Tarn et notre Bassin. L'organisation en revient à l'ASPIBD (Association de sauvegarde du patrimoine industriel du bassin de Decazeville-Aubin), qui a mis sur pied celles de 2004 (la première, à Cransac), 2006, 2008, 2010, et donc celle-ci.

Le visiteur aura à sa disposition une trentaine de stands, proposant divers produits et matériaux miniers, des minéraux, des livres, des cartes postales, etc. Un exposant vient même d'Allemagne et les lampes de mineurs illumineront les regards des anciens comme ceux des plus jeunes.

D'ailleurs, la lampe de mineur est un objet hautement symbolique, perpétuant le souvenir des « gueules noires ».

En outre, le Carmausin Bernard Chambosses proposera de nombreuses photos d'époque d'Aubin, sur panneaux, qui seront également projetées sur écran géant.

Voitures anciennes et autres vieilles mécaniques

En parallèle, dans la grande salle du Laminoir II, se tiendra une exposition de vieux véhicules, présentée conjointement par l'association Les Bols du Bassin et la Dynamo cantalienne de Montsalvy. Les amoureux de vieilles mécaniques découvriront des voitures d'avant-guerre, dont des tractions, des motos, des mobylettes, un vieux car Bousquet, un vieux camion du transporteur Fabre. S'y ajouteront l'ambulance 203, le camion Euclid et la machine à vapeur de l'ASPIBD. À proximité, des stands de véhicules miniatures compléteront une offre qui se veut dense et plurielle.

Des profondeurs du monde minier, avec ses dangers, sa pénibilité mais aussi avec sa fraternité hors normes, à l'univers fascinant de la belle mécanique de grand-papa, il n'y aura qu'un pas. Le passé n'aura jamais été aussi présent.

Ouverture de 9heures à 12h30 et de 13h45 à 18h30. Entrée et tombola: 1,50€, gratuit pour les enfants (1er prix : une lampe de mineur). Tél. 0565430918.

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Rignac. La mine de fond et la Découverte en débat

Publié le par REVEL Stephane

Nouvelle soirée proposée par l'association Rencontres citoyennes, vendredi 11 mai, à 20 h 30, à l'espace culturel, avec une conférence sur l'histoire de la mine et la découverte du bassin houiller. Cette conférence sera animée par Francis Mazars, président du musée de la Mine d'Aubin ; Eugène Garcia et Jean-Michel Bricard, anciens mineurs. Petite région de campagnes à l'origine, cette partie de l'Aveyron s'est transformée en enclave d'un capitalisme industriel : le pays Noir, le Bassin. La volonté du duc de Decazes et de l'ingénieur François Cabrol fit voler en éclats l'ordre éternel des champs d'une petite région. Le temps occulte lentement ce que fut le Bassin de la mine, de la sidérurgie, de la chimie, des coups de grisou, des luttes, des drames, et ce que fut la vie quotidienne des travailleurs, parfois digne de Germinal à certaines époques. Aujourd'hui, la nature s'efforce de faire oublier cent cinquante années d'industrie lourde et de vie minière. Les intervenants feront revivre ce bouleversement que constitua l'industrialisation massive d'autrefois jusqu'à la tendance à l'oubli aujourd'hui de ce pays Noir.

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Retour du Mastrou en 2013

Publié le par REVEL Stephane

Le Mastrou devrait revenir sur les rails en 2013 avec les premiers panaches des locomotives à vapeur.
Actuellement un atelier de 1 000m2 sort de terre celui-ci servira à l'entretien et la réparation des autorails.
Un renouveau pour la ligne ainsi que pour la commune de Lamastre.

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La fontaine ardente de le Gua

Publié le par REVEL Stephane

Nous voici parti aujourd'hui pour aller visiter la Fontaine Ardente du Gua situé au hameau de la Pierre.
Cela faisait déjà bien longtemps que nous voulions nous y rendre.
Il est fait de nombreuses références au cours des ages a cette fontaine d'ailleurs le premier témoignage remonterait à Saint Augustin (354-430) qui, dans son "Traité de la Cité de Dieu", mentionne la Fontaine Ardente pour mettre en évidence le toute puissance du seigneur".
Mais il est probable que l'ont ait dès l'Antiquité vénéré Vulcain en ce lieu; D’ailleurs une légende rattachée au paganisme auréole ce phénomène naturel en contant les amours malheureuses de la nymphe Chloris pour le Dieu du Feu. A ce mythe païen, la tradition orale a préféré la légende de Bayanne, d'inspiration chrétienne.
La forme actuelle de la fontaine est fondamentalement différente de ce qu'elle a était par le passé.
Ainsi dans les textes on parle de flammes s’élevant au dessus d'une nappe d'eau.
Ces flammes dégageait de la chaleur par contre elles corrompaient toutes nourritures qu'on y faisait chauffer les rendant impropres à la consommation à cause d'un fort goût d’œuf pourri.
Un éboulement de terrain engloutira la source d’où jaillissait les flammes situé dans une cuvette naturelle laissant place à un terrain ardent.
Au XIX siècles on a compris d’où venait ces flammes liés à la combustion de gaz méthane.
Une tentative d'exploitation de ce gaz aura même lieu par l’ingénieur M Piret, croyant y mettre à jour une source de pétrole, fit faire en 1884 des travaux considérable, bouleversant le sol, tarissant la source des gaz et engloutissant l'argent de ses actionnaires.
Après cela il y a aura plusieurs réhabilitations du lieu.
De nos jours le gaz est collecté dans un tuyau métallique puis il brûle au ras du sol protégé par des pierres.
Une question se pose quand à l’origine de cette source de méthane provient il d'une nappe pétrolifère d'origine profonde ou bien est ce une poche de gaz formée par la transformation du houiller du plateau matheysin car il ne faut pas oublier que la couche plonge profondément dans le sol ai niveau du Drac.
Voilà nous ne pouvons que vous inviter a faire cette ballade familiale un petit parking situé juste après le hameau de la Pierre ainsi qu'un chemin vous emmène à cette source.

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Une seconde jeunesse pour les mines

Publié le par REVEL Stephane

L’Union européenne est un gros importateur de ressources minières. Son sol est pourtant encore riche en métaux. Pour répondre à ce paradoxe, des chercheurs se creusent les méninges. Une chasse aux trésors pour laquelle ils ne manquent pas d’idées.
 
Bienvenue en Finlande dans la mine de métaux la plus profonde d’Europe. Le puits principal descend à 1430 mètres de profondeur. Riche en cuivre, en zinc et en pyrite, la mine de Pyhäsalmi est exploitée depuis quarante ans. Mais le compte à rebours vers une fermeture est déjà enclenché.
 
“Nous produisons actuellement environ 1,4 million de tonnes par an. Mais si le prix des métaux se maintient au niveau actuel, nous ne pourrons pas poursuivre l’exploitation de la mine au-delà de 2018”, explique Jaakko Pihlaja, ingénieur des mines.
 
Cette mine représente un bon exemple des défis à relever en Europe. Aussi reçoit-elle régulièrement la visite de scientifiques qui travaillent sur un projet de recherche de l’Union européenne et dont l’objectif est d’offrir aux mines une seconde jeunesse. Explications de Juha Kaija, géologue : “Les ressources minières existent en Europe, mais leur exploitation se heurte à des défis sociaux et économiques. Nos recherches visent à developper des techniques d’exploration plus efficaces et aussi à imaginer de nouvelles manières de réutiliser les déchets miniers afin de donner à l’activité minière européenne un nouvel élan.”
 
Découvrir de nouveaux filons dans des mines toujours actives ou abandonnées, voilà l’objectif numéro un des chercheurs. Cette chasse aux trésors est particulièrement difficile dans les gisements anciens et profonds comme celui-ci : “Ici en Finland comme en Suède, le substrat rocheux est très vieux, deux milliards d’années ou même davantage. Et donc les couches rocheuses se sont pliées, pliées encore, se sont faillées, ont bougé. Et donc ce que vous comptez trouver à un endroit peut avoir été déplacé ailleurs. Il est très difficile de suivre les structures géologiques, les types rocheux à des profondeurs de deux kilomètres”, explique Timo Mäki, géologue en chef à la mine de Pyhäsalmi.
 
Les chercheurs ont donc mis au point des modèles sophistiqués en trois dimensions pour les aider à mieux comprendre la complexité de la géologie qui enveloppe les filons.
 
“Ce que vous voyez ici en rouge c’est ce qu’on appelle les ‘zones réfléchissantes’, les régions souterraines dans lesquelles les matériaux ont des densités différentes du substrat rocheux environnant. Cette différence de densité est l’une des caractéristiques du filon que nous recherchons. Donc ces cartes en 3D nous aident à repérer avec précision ces régions et calculer les angles et les distances pour des forages d’exploration plus précis”, détaille Marcello Imaña Osorio, lui aussi géologue à Pyhäsalmi.
 
Les chercheurs ont des idées encore plus audacieuses pour affiner davantage encore le minage. Des idées qu’ils n’hésitent pas à partager dans des forums comme celui-ci en Pologne. Des géologues suédois ont développé une nouvelle cartographie souterraine en 3D, un outil complémentaire au forage à proprement parler. Pär
Weihed est géologue à l’Université de Lulea : “Utiliser des foreuses à diamant coûte très cher. Donc si l’on peut avoir des modèles informatiques plus fiables, alors on a moins besoin de forer pour atteindre le minerai ciblé, et on réduit ainsi les dépenses pour ces forages profonds. Dans un modèle en 3D comme celui-ci, ce que l’on peut décrire ce sont les unités rocheuses, les structures qui peuvent être importantes pour le guidage vers les zones de la croûte où se trouvent les filons. En fait tout se résume aux propriétés chimiques et physiques des roches.”
 
Un peu plus loin, la première base de données interactive en ligne des ressources minières d’Europe est présentée pour la première fois par Daniel Cassard, géologue au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), un organisme public français : “Chaque gisement est représenté par un peu plus de quarante champs dans une base de données. Donc il est décrit extrêmement en détail : sa typologie, sa formation géologique, mais aussi la production, les réserves, les ressources, les teneurs aussi. Et puis on fait la même chose pour les déchets miniers. Pourquoi des déchets ? Et bien parce que les déchets peuvent contenir des substances qui ont été rejetées à l‘époque - parce qu’on ne savait pas quoi faire avec ou qu’on n’avait pas la technologie pour les extraire. Et maintenant on se rend compte que ces substances (des déchets, ndlr) entrent dans la composition de votre smartphone par exemple. Donc ce sont des substances dites ‘critiques’ à l‘échelle européenne. Certains les décrivent comment ‘stratégiques’ ; on parle aussi de ‘métaux verts’ parce qu’ils contribuent à réduire la consommation d‘énergie.”
 
Les déchets miniers, c’est exactement ce qui intéresse Eberhard Janneck, chimiste travaillant pour l’entreprise allemande G.E.O.S, spécialisée dans les domaines de la géologie et de l’exploitation minière. Il a développé une technique pour transformer des déchets miniers contenant du fer en matériaux de construction et de peinture : “Dans cette bouteille il y a un échantillon type d’une eau provenant d’un puits minier, pleine d’acides et de sulfates. Les seules créatures capables de vivre dans cet environnement sont les bactéries qui peuvent oxyder le fer. L’idée était d’utiliser la bactérie dans un réacteur isolé pour créer l’environnement permettant de contrôler ce processus. A la fin du processus on obtient cette matière que l’on utilise pour plusieurs choses utiles. On peut par exemple produire des briques. On peut aussi utiliser cette matière pour produire de la peinture anti-rouille.”
 
Des scientifiques polonais ont mis au point une technique qui permet de transformer les nanoparticules de minerai présentes dans les déchets miniers en rhénium, un métal résistant qui, allié à d’autres métaux, offre de multiples utilisations. Explications de Witold Kurylak, de l’Institut polonais des métaux non-ferreux : “En mélangeant du rhénium à du cobalt et à du nickel on peut produire des super alliages, qui peuvent être utilisés pour des choses très sophistiquées comme dans l’industrie aérospatiale par exemple. On peut les utiliser pour la production de moteurs d’avions ou de turbines fonctionnant dans des environnements très exigeants.”
 
Enfin, et surtout, les chercheurs veulent développer de nouvelles méthodes de minage, plus vertes.  
Direction la plus importante mine de métaux d’Europe à Polkowice, en Pologne. Onze millions de tonnes en sont extraits chaque année, notamment du cuivre, de l’argent et de l’or. Plus de 2000 mineurs travaillent ici quotidiennement.
 
Ici sont testées de nouvelles manières d’exploiter la mine, à la fois plus efficaces et plus écologiques. Pour les scientifiques comme Gabor Gaál, coordinateur du projet ProMine, les premiers résultats sont encourageants : “Nous utilisons désormais des techniques bactériologiques pour éliminer les eaux des déchets miniers qui sont très riches en métaux. Nous sommes désormais capables d’extraire ces métaux et de purifier l’eau suffisamment pour permettre de l’utiliser peut-être pour l’irrigation. Et nous sommes également capables de réutiliser les déchets miniers et dans le même temps nettoyer l’environnement autour de la mine. Bien sûr ce n’est qu’un début, mais j’espère que ce sera le futur.”
 
Un futur que les scientifiques rêvent plein de richesses minières et dont l’exploitation rimerait avec écologie et recyclage.
 
 
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