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Quand les houillères de Ronchamp exploitaient les mines de charbon

Publié le par REVEL Stephane

Le Musée de la mine Marcel-Maulini, ouvert en 1976 à Ronchamp, retrace toute l’histoire de l’exploitation du charbon. Retour sur ce passé industriel qui a façonné la commune.

Liliane Frahier, adjointe au patrimoine de Ronchamp, travaille au Musée de la mine depuis 1992, c’est-à-dire depuis l’intégration au réseau des Musées techniques et cultures comtoises. Petite-fille de mineur, elle est la mémoire de l’histoire des houillères à Ronchamp. Elle est chargée également des visites guidées du musée. La mine a fermé en 1958, mais son grand-père, chef mineur appelé « porion », lui racontait tout ce qui se passait au fond du trou.

À Ronchamp, les houillères exploitaient le charbon, notamment pour les locomotives à vapeur et pour le chauffage. À la belle époque, les mines employaient 1500 personnes et les mineurs sortaient 200 000 tonnes de charbon par an. Pendant deux siècles, l’exploitation des mines de charbon a façonné le paysage et rythmé la vie de Ronchamp et de ses environs. Dès 1906, des difficultés techniques et la baisse de la rentabilité -le charbon était moins cher dans les pays de l’Est, précise Liliane Frahier- affectent l’avenir de l’exploitation des houillères.

En 1958, les houillères et la centrale électrique s’arrêtent définitivement. C’est durant cette période que le Dr Marcel Maulini, médecin des mineurs de 1946 jusqu’à la fermeture des houillères, qui a mené de nombreux travaux sur la silicose, décide de construire une « maison de la mine » pour conserver la mémoire de cette époque en retraçant les 200 ans d’activité minière. En septembre 1976, le musée devient la propriété de la municipalité de Ronchamp.

La visite du musée s’effectue sur trois niveaux. Selon Liliane Frahier, « le musée abrite des collections uniques au monde, comme les coupes de poumons de mineurs décédés des suites de la silicose », ou encore une remarquable collection de lampes de mineurs. Compagne indispensable du mineur, la lampe de mine lui assure la lumière artificielle et lui garantit la sécurité en repérant la présence du grisou. Le matériel exposé permet de comprendre l’évolution, depuis les chandelles de suif jusqu’aux lampes en fer ou en bronze. À partir de 1920, les lampes à flamme sont progressivement remplacées par la lampe électrique à accumulation ou à pile. La plupart des objets exposés proviennent de dons des mineurs eux-mêmes. La salle du 1 er étage contient des témoignages de la présence d’une communauté polonaise à Ronchamp et, plus largement, évoque la vie quotidienne des mineurs des XIX e et XX e siècles.

Aujourd’hui encore, Ronchamp célèbre la Sainte-Barbe, patronne des mineurs, qui rassemble les amis du Musée de la mine et les anciens mineurs, en général ceux qui travaillaient dans les bureaux, car les mineurs de fonds sont pour la plupart décédés. Liliane Frahier espère que dans les années à venir, les salles d’exposition seront restructurées et que des vitrines modernes permettront de mieux mettre en valeurs les outils utilisés par des générations de mineurs.

le 12/07/2012 à 05:00 par Jean Becker

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Reconversion en mode mineur

Publié le par REVEL Stephane

Le classement du Nord-Pas-de-Calais au patrimoine mondial de l’humanité met en lumière l’exemple d’une reconversion industrielle réussie. Qu’en pensent les anciens mineurs du bassin montcellien ?

«Si le classement du Nord-Pas-de Calais à l’Unesco peut nous aider à faire reconnaître l’importance du patrimoine industriel, tant mieux ! » Pour René Janniaud, membre de l’association La Mine et les Hommes et cofondateur du musée de la Mine à Blanzy, cet exemple de reconversion industrielle pourrait, dans une moindre mesure, être un modèle à suivre.

« Dans notre région, les pouvoirs publics n’ont pas toujours pris les bonnes décisions après les fermetures successives des différents sites, explique l’ancien mineur. Beaucoup de structures ont été rasées après 1992 (année de fermeture du puits Darcy, Ndlr), alors qu’il y avait des choses intéressantes à faire.

À Montceau, dans le quartier des Chavannes notamment, il existait une petite station de traction, qui était le cœur du chemin de fer électrique de la mine. Deux locomotives, classées Monument historique en 1999, y sont aujourd’hui laissées à l’abandon, livrées à la végétation et au vandalisme, alors qu’on pourrait les entretenir, restaurer quelques rails et, sans trop de frais, créer un petit lieu de mémoire industrielle », illustre René Janniaud.

« Des projets coûteux de trains touristiques ont été évoqués à l’époque, mais des idées plus simples n’ont jamais été retenues », regrette l’ancien travailleur de la mine.

Les cités minières

Autre exemple, les cités minières : « Montceau dispose d’un patrimoine intéressant dans le quartier du Bois-du-Verne, avec toutes ces maisons qu’il serait judicieux de protéger, afin qu’on n’y fasse pas n’importe quoi et qu’elles gardent les traces de leur histoire », estime-t-il.

« En 1992, les chevalements du puits Darcy avaient été mis en instance de classement, et faute de repreneur, l’arrêté a pris fin et ils ont été rasés. Si les élus s’étaient mobilisés, on ne les aurait pas perdus », regrette René Janniaud, pour qui l’une des solutions, pour que des projets de reconversion puissent voir le jour, serait que les sites miniers relèvent d’une compétence communautaire : « Aujourd’hui, chaque commune agit dans son coin. Ce serait tellement plus judicieux que toutes les idées soient regroupées… »

L’Unesco a inscrit samedi, au patrimoine mondial de l’humanité, le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais (soit 87 communes, 17 fosses, 21 chevalements, 51 terrils et 4 000 ha de paysages).

La décision récompense la seule candidature française pour cette région qui a connu une reconversion difficile après trois siècles d’exploitation du charbon. C’est le 38 e bien français inscrit dans la catégorie « paysage culturel évolutif et vivant ».

 

le 03/07/2012 à 05:00 par nicolas bretaudeau JSL

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Saint-Etienne et ses mines au patrimoine mondial de l’humanité ?

Publié le par REVEL Stephane

"La mine fût l’activité principale de Saint-­‐Etienne, à tel point qu’au XIXème siècle, le bassin houiller stéphanois fût le plus important de France (comptant pas moins de 200 puits de mine). La mine, le charbon ont contribué à l’essor de notre ville des siècles durant. Qui n’a pas dans son entourage un ancien mineur et cette fierté si particulière d’avoir un ancêtre ayant travaillé durement pour subvenir aux besoins de sa famille, au péril de sa propre vie ? Le multiculturalisme est une des richesses de notre ville, dont les vagues d’immigrés venus d’Europe de l’Est, du Maghreb, d’Italie, du Portugal, d’Espagne... ont façonné l’identité stéphanoise. Pourquoi ne pas soumettre alors au ministère de la Culture la candidature de bassin minier stéphanois au patrimoine mondial de l’humanité ?" Pierre Guillot, responsable des Jeunes Radicaux de la Loire

 

Zommdici.fr

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Une mine d'archives à gérer

Publié le par REVEL Stephane

Le grand-père de Virginie Debrabant a passé sa vie au fond de la mine. Elle, sa vie, elle la passe dans son fonds d'archives, au Centre historique minier de Lewarde qui cache au creux de son ventre pas moins de 15 000 objets.

Un archiviste peut-il rêver mieux qu'un stock de pièces conservées avant même la fin de l'histoire ? Avant 1982 et la création du centre historique minier de Lewarde, plusieurs années donc avant l'arrêt des mines dans la région en 1990, la compagnie des Houillères avait commencé un travail d'archivage de ses données.
Dès 1973, elle eut le pressentiment que la culture minière serait un ancrage mémoriel pour le Nord-Pas-de-Calais du futur. Résultat : le musée conserve une collection de 15 000 objets, 12 000 machines, 15 000 plans et 300 000 photos... De quoi nourrir un fonds d'archives exceptionnel. Une mémoire gérée par Virginie Debrabant, archiviste en chef du centre historique minier.

« Les mines,
laboratoire social »

Elle ouvre d'abord les portes de la salle de lecture. Seul endroit des archives ouvert au public. Un public hétéroclite, d'ailleurs.
« Nous avons ici une centaine de chercheurs qui viennent régulièrement consulter les livres, les données qui sont à leur disposition. Des étudiants de tous niveaux et de tous pays aussi. La semaine dernière, nous avions une étudiante venue des États-Unis. Elle faisait un zoom, dans son mémoire, sur la réquisition des chevaux des mines durant la guerre. Elle a trouvé ici ce qu'il lui fallait... Nous avons aussi des particuliers, passionnés d'histoire locale ou habitants de cités minières qui veulent connaître le passé de leur maison... » Des spécialistes de disciplines extrêmement diverses peuvent être intéressés par cette mémoire : « L'économie, le droit... Les mines furent un véritable laboratoire social, les grandes lois de la fin du XIXe siècle sont nées dans les mines. L'ethnologie, la géologie... Mais aussi le sport : les compagnies minières avaient développé les associations sportives. » Virginie Debrabant laisse vibrer sa passion quand elle ressort des plans de puits, explique le fonctionnement d'un ascenseur ou déplie une affiche vantant les vacances à La Napoule, entreposée dans la « salle de tri, le premier lieu de stockage ». Elle se dirige vers les sous-sols.
Effleure les armoires coulissantes. « Nous avons ici 2 500 m linéaires d'archives... » Toute cette mémoire commune, Virginie Debrabant pourrait la faire sienne. Si elle a commencé à travailler au Centre historique minier en 2000, forte d'une spécialisation en archives d'entreprise, son histoire y a commencé bien avant. « Je suis originaire de Roost-Warendin. Je suis petite-fille et arrière-petite-fille de mineurs d'origine polonaise... » Pas étonnant que ces mémoires, elle veuille les faire vivre. Alors, pas question de laisser dormir ces trésors ou de ne les réserver qu'aux chercheurs. Au gré des expositions temporaires, les fonds sont retournés, triés, rendus à la lumière selon les thèmes du moment. Pour Des machines et des hommes, ouverte au public depuis avant-hier, Virginie Debrabant a ressorti tous les objets, outils, plans retraçant l'évolution technique que connurent les mines de la région. Mais l'équipe de Lewarde est même allée plus loin, en reconstituant de toutes pièces, à partir de plans découverts dans le fonds d'archives, une « esclitte » : « C'est un contenant en chêne, qui reposait sur des patins et qu'on traînait et poussait au fond », explique l'archiviste. À l'inverse, certains objets mystérieux, retrouvés intacts, trouvent leur explication dans ce fonds... « À partir de l'objet qu'on récupère dans le parc à matériel, on va aux archives et on retrouve le sens de l'objet...

 

BÉRANGÈRE BARRET Publié le dimanche 01 juillet 2012 Nord Eclair

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Sites miniers wallons: Blegny-Mine, le seul site liégeois à obtenir reconnaissance

Publié le par REVEL Stephane

Blegny-Mine est le premier site liégeois à figurer sur la liste du Patrimoine mondial par l'Unesco. En effet, d'autres sites wallons tels que les ascenseurs du Canal du Centre, la Cathédrale Notre-Dame de Tournai sont déjà inscrits sur cette liste mais la province de Liège n'y figurait pas encore
Pour Paul-Emile Mottard, président de la Fédération du Tourisme de la province de Liège, "c'est toute l'histoire d'une région qui est ainsi reconnue". "Blegny-Mine est le seul des quatre sites à n'avoir pas connu le démantèlement et l'abandon. La valorisation de ce patrimoine va permettre au site de rayonner de façon internationale", explique-t-il. Blegny-Mine est le dernier charbonnage du bassin liégeois, il s'arrête en 1980 pour devenir ensuite un domaine touristique. Depuis lors, de nombreuses activités y sont organisées comme notamment la journée italienne, Blegny-Mine en fleurs, Mine Gourmande, des expositions, des activités sportives. "La fréquentation du site est de plus de 150.000 personnes par an grâce à toutes ces manifestations et aux visiteurs de la mine", précise Jacques Crul, directeur du site. (DEF)

 

Belga | 01 Juillet 2012 18h00 RTL Info BE

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Jean-Marie Minot, la passion de la mine

Publié le par REVEL Stephane

Ce retraité fait partie des bénévoles qui ont réparé et entretiennent les machines des anciennes installations minières d’Oignies, dans le Pas-de-Calais, un site entré samedi 30 juin au patrimoine mondial de l’Unesco.

Quand Jean-Marie Minot fait visiter la salle des machines du « 9-9 bis », le carreau de fosse d’Oignies (Pas-de-Calais), il parle d’« œuvres d’art ». « Cette spire a été faite à la main », insiste-t-il en montrant un énorme bloc de métal noir, une pièce du treuil qui servait à remonter les mineurs et le charbon du fond de la mine. « Et toutes les machines sont en état de marche, elles peuvent tourner, précise-t-il. Cela représente des années de travail. » Des années à nettoyer, réparer, graisser, vernir…

Le guide bénévole fait partie des membres de l’association « Acccurso Seci » qui se sont investis pour restaurer ces mécanismes datant des années 1930 dans un site fortement symbolique : c’est par ce puits que fut extraite la dernière berline chargée de houille dans le Nord-Pas-de-Calais, en 1990. 

« On l’a fait pour sauver les installations »

« À l’époque, il était question de tout raser, rappelle-t-il. La majorité des gens disaient ‘la mine, cela a fait mourir des gens’. Mais cela en a aussi fait vivre et, sans le charbon, on aurait été un pays pauvre », estime-t-il.

Jean-Marie Minot n’est pas lui-même un ancien mineur. C’est un ex-responsable d’une entreprise de chaudronnerie, installé dans la région, qui se décrit comme un « passionné des mines », depuis toujours. 

Sa passion est telle qu’il est descendu au fond une bonne vingtaine de fois en visiteur avec ses « copains », à partir de 1970, avant de participer à l’élan de mobilisation qui a abouti au sauvetage d’un carreau de fosse finalement classé monument historique en 1994.

Le « 9-9 bis » d’Oignies est maintenant entré dans la liste de l’Unesco du patrimoine mondial de l’humanité, en même temps qu’une grande partie du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. 

« C’est une reconnaissance. Mais on n’a pas fait tout ça pour être reconnus universellement. On l’a fait pour sauver les installations. Et quand on organise des visites, quand on rencontre des gens passionnés, on est payé de tous nos efforts. »

PASCAL CHARRIER (à Oignies) le 1/7/12 La Croix

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"La mine inscrite dans les gènes des Wallons"

Publié le par REVEL Stephane

La décision de l'Unesco d'inscrire les sites miniers du Bois du Cazier, du Grand-Hornu, du Bois-du-Luc et de Blegny-Mine au Patrimoine mondial est importante pour la Wallonie car "les Wallons ont la mine inscrite dans leurs gènes", a affirmé dimanche matin Eric Massin, le bourgmestre de Charleroi.

Pour Charleroi, cette décision coïncide, selon le maïeur carolo, avec d'importants efforts de mise en valeur du site du Bois du Cazier, frappé le 8 août 1956 par une tragédie qui avait fait 262 victimes. "Des moyens importants ont été investis pour faire du site un lieu de mémoire", a rappelé Eric Massin. L'inscription du Bois du Cazier au Patrimoine mondial devrait permettre d'attirer davantage de visiteurs sur le site et il est possible d'intensifier la politique touristique en lien avec l'aéroport de Charleroi (BSCA), a encore souligné Eric Massin. Un parcours touristique de deux heures au départ de l'aéroport de Charleroi pourrait notamment être mis en place, selon le bourgmestre.

"Du côté de Charleroi, nous espérons maintenant que l'Unesco puisse également reconnaître les marches folkloriques de la région, et notamment celle de la Madeleine à Jumet, comme Patrimoine immatériel de l'Humanité", a enfin déclaré Eric Massin.

 

RTL INFO BE le 01 Juillet 2012

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Le Bassin minier à l'Unesco, une victoire pour le Nord/Pas-de-Calais désindustrialisé

Publié le par REVEL Stephane

La décision prise samedi par l'Unesco d'inscrire le Bassin minier du Nord/Pas-de-Calais au patrimoine mondial de l'humanité récompense la seule candidature française mais surtout une région ayant connu une reconversion difficile après trois siècles d'exploitation du charbon.

Quand en 2010 la France avait officiellement déposé la candidature du bassin minier, le ministre de la Culture de l'époque Frédéric Mitterrand en avait souligné le caractère "exceptionnel par son sujet et son ampleur, qui, en outre, est portée avec passion et émotion par toute une région".

Son successeur, Aurélie Filippetti, a salué cette inscription par le comité du patrimoine mondial - la 38e en France - qui "reconnaît la valeur universelle et exceptionnelle de ce paysage tout à la fois culturel, industriel et social qui rend hommage au monde disparu de la mine", ajoutant qu'elle entendait faire de la valorisation du patrimoine industriel "l'une de ses priorités".

Le maire de Lille, Martine Aubry, a évoqué une "formidable nouvelle pour le bassin minier, pour le Pas-de-Calais, et pour notre région toute entière".

"C'est un hommage rendu à tous ceux qui ont travaillé pour développer notre économie, notre industrie, qui ont souvent laissé leur santé et leur vie (...), un hommage à tous ceux, qu'ils soient nés ici ou qu'ils soient venus d'ailleurs, qui ont mis leurs forces, leur intelligence, au service de notre pays", a-t-elle écrit dans un communiqué.

Placer le bassin minier, ses terrils ou ses cités sur une liste qui comprend le Taj Mahal, la Grande barrière de corail ou encore le Mont Saint-Michel, n'était pourtant pas forcément évident.

Mais le BMU (Bassin minier uni), organisme porteur du projet, au bout de sept ans de travail et avec un dossier de 1.450 pages, pesant 15 kilos, est parvenu à convaincre les 21 Etats membres de la commission de l'Unesco réunis à Saint-Pétersbourg (Russie).

"C'est une énorme émotion parce que cette inscription élève au rang d'exceptionnelle et d'universelle la vie ordinaire de milliers de mineurs... On ne parle pas ici d'un monument, cette inscription, c'est une affaire collective, elle appartient à tous et en même temps provoque un sentiment de fierté simple", a réagi dans un communiqué Jean-François Caron, maire de Loos-en-Gohelle (Pas-de-Calais) et président de BMU.

Se félicitant d'un succès qui concrétise un travail de dix ans, le président du conseil général du Nord Patrick Kanner y voit "à la fois la reconnaissance d'une histoire humaine, celle de la mine, et d'une culture riche de ses multiples apports, que la région, qui a su prendre par ailleurs de grands tournants industriels et tertiaires, n'a jamais reniées".

"Un héritage pas banal"

"Pour certains, gommer le paysage sinistre de vieille industrie était une nécessité. Mais aujourd'hui les choses ont changé (...). L'héritage que l'on a, il n'est pas banal, pas répétitif", souligne Frédéric Kowalski, chargé d'études sur les bassins miniers au sein de l'association Chaîne des terrils.

Aux yeux de l'Unesco, le bassin minier est désormais reconnu en tant que "paysage culturel évolutif".

Sur 120 kilomètres de long, 87 communes, 17 fosses, 21 chevalements, 51 terrils, 3 gares, 124 cités, 38 écoles, 26 édifices religieux, des salles des fêtes ou encore 4.000 hectares de paysage vont porter les couleurs d'un héritage patrimonial de trois siècles d'exploitation du charbon.

La conservation de ce patrimoine, qui n'a pas laissé que de bons souvenirs à la région, n'a pas fait l'unanimité.

"On disait, il faut passer du noir au vert, cela s'est fait de manière assez forte et du coup on a aseptisé beaucoup de choses, on a perdu un peu notre âme. C'était une industrie du 18e siècle qui n'avait plus lieu d'être", explique Frédéric Kowalski.

Mais selon lui une grande majorité est désormais favorable à la conservation. Certains voient dans l'inscription au patrimoine de l'Unesco de nouvelles retombées touristiques, une attractivité économique.

"Ce patrimoine est vivant. Les maisons des mines sont encore habitées. Les terrils sont aménagés, ce sont des espaces où les gens vont se promener, font du sport. Le côté évolutif est là", poursuit M. Kowalski.

François Cerjak est ancien mineur. Dès l'âge de 14 ans, et pendant plus de trente ans, il a exploré les entrailles du nord de la France.

"On ne regrette pas, parce que c'était vraiment une école de solidarité. On était là, tous unis. Il y a une notion de solidarité et de courage extraordinaire", se rappelle-t-il.

L'histoire du Bassin minier, c'est aussi l'histoire de tous les mineurs, anciens ou actuels encore dans certains pays. "Il y a eu 29 nationalités dans les mines, c'est quand même formidable", souligne l'ancien mineur de 78 ans.

 

Publié le samedi 30 juin 2012 à 22H50 L'est Eclair

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Les mines du Nord/Pas-de-Calais inscrites au Patrimoine mondial de l'Unesco

Publié le par REVEL Stephane

L'Unesco a inscrit aujourd'hui le bassin minier du Nord/Pas-de-Calais au Patrimoine mondial lors d'une réunion à Saint-Pétersbourg, dans le Nord-Ouest de la Russie. La décision d'inscrire ce territoire marqué économiquement et culturellement par l'exploitation intensive de la houille présente dans son sous-sol a été prise par le comité du patrimoine réuni dans l'ex-capitale impériale russe.

Avant la réunion de Saint-Pétersbourg, au cours de laquelle 36 dossiers seront étudiés, un groupe d'experts d'organes consultatifs de l'Unesco avaient recommandé l'inscription du bassin minier du Nord/Pas-de-Calais au Patrimoine mondial. Le Conseil international des monuments et des sites (Icomos) avait mis en exergue "la valeur universelle exceptionnelle des paysages culturels évolutifs vivants apportés par les 109 éléments formant le bien en série du Bassin minier du Nord-Pas de Calais, ainsi que sa place exceptionnelle dans l'histoire événementielle et sociale du monde de la mine". C'est la première fois qu'un bassin industriel obtient cette distinction de la part de l'Unesco.

"Avec cette inscription, le Comité du patrimoine mondial reconnait la valeur universelle et exceptionnelle de ce paysage tout à la fois culturel, industriel et social qui rend hommage au monde disparu de la mine", a relevé la ministre de la Culture et la Communication Aurélie Filippetti dans un communiqué.

"Le Nord-Pas-de-Calais est un territoire qui souffre"

Afin de soutenir la candidature, l'État avait classé, en 2009, 69 sites miniers à l'inventaire des Monuments historiques. Des sites évoquant l'ère minière de la région, entre 1841 et 1990. Parmi eux, 17 fosses, dont celles de Loos-en-Gohelle, d'Oignies, de Wallers et de Lewarde, où est installé le Centre historique minier. Figurent aussi 124 cités ouvrières, 38 écoles, 3 gares, 26 églises, 4000 hectares de paysage et 51 terrils.

Interviewé par le Figaro le 21 juin dernier, Jean-François Caron, maire de Loos-en-Gohelle, président régional du groupe EELV et président de l'association Bassin minier uni (BMU) estimait que si le dossier était retenu, "cela serait une porte d'entrée pour le tourisme, à la veille de l'inauguration du Louvre-Lens, mais aussi un moyen de changer l'image de notre territoire. Le Nord-Pas-de-Calais est un territoire qui souffre. Si l'on reconnaissait la richesse de son patrimoine, cela lui redonnerait espoir et une confiance en soi dont il aurait bien besoin pour entreprendre."

 

AFP Mis à jour le 30/06/2012 à 18:58

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Dernière remonte dans les mines de Sarre

Publié le par REVEL Stephane

Samedi la mine de charbon d’Ensdorf ferme. C’est la fin de l’exploitation minière qui pendant 250 ans a contribué à l’essor de la Sarre.

Huit ans après la fermeture de la Houve, à Creutzwald, dernier puits d’extraction de charbon en France, la Sarre dit adieu à l’exploitation de ce minerai. Samedi, la mine d’Ensdorf (cinq puits) cessera son activité. La fin de l’exploitation charbonnière dans ce land était prévue pour 2018, sur décision politique, l’État allemand n’accordant plus son soutien financier. Mais le tremblement de terre du 23 février 2008 sur le secteur de Saarwellingen, lié à l’activité minière, a occasionné des dégâts considérables et de grosses frayeurs. Pendant des mois, il y a eu des actions de protestations anticipant la fermeture au 30 juin prochain.

La RAG Deutsche Steinkohle (société d’exploitation minière allemande) comptant en 2008, encore 5 000 salariés, dont 3 000 mineurs, a pris des mesures : mutations sur d’autres sites, départs en préretraite. Actuellement, 1 300 salariés, dont environ 900 mineurs, parmi eux une cinquantaine de Français, sont concernés par cette fermeture.

Ces derniers ont déjà été ou seront mutés à Ibbenbüren (Rhénanie du Nord/Wesphalie ou dans la Ruhr) avec des mesures d’accompagnement social. 150 mineurs procèderont jusqu‘en décembre au démontage des machines du fond qui seront réutilisées sur d’autres sites, à la mise en sécurité et la dépollution des galeries. En mai 2013, les puits seront bouchés avec du béton.

Jusqu’en février 2008, 4 Mt de minerai ont été extraits chaque année en Sarre. Mais depuis cette date, la production annuelle est descendue jusqu’à 1,4 Mt. En 2012, 400 000 t auront été produites.

Les activités (administration, immobilier, prestations de services) resteront centralisées au siège de la RAG, à Ensdorf.

E. K.

 

jeudi 28 juin 2012 Le Republicaine Lorrain

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