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Les Fêtes du patrimoine à Blegny-Mine

Publié le par REVEL Stephane

Depuis juillet 2012 Blegny-Mine est reconnu comme Patrimoine Mondial de l’Unesco. Ce lieu de mémoire minière se devait de fêter dignement les Fêtes du Patrimoine 2012

Cette année, l’équipe de Blegny-Mine invite le visiteur à découvrir, à travers la visite du musée du Puits-Marie, les personnalités liégeoises dont le travail fut prépondérant pour le monde minier.

Ils furent nombreux les natifs de cette terre minière à marquer de leurs réalisations le monde du charbonnage.

En parcourant les salles du Puits-Marie et en s’arrêtant devant ses vitrines richement garnies de témoignages et d’objets racontant l’histoire du monde de la mine, les guides de Blegny évoqueront, en situation, ces figures marquantes et leurs contribution au progrès minier :

  • Le premier Liégeois évoqué sera le prince-Evêque Ernest de Bavière. En promulguant son édit dit de Conquête  il stimulera les recherches des ingénieurs et le perfectionnement des machines d’exhaure (pompage de l’eau dans les mines). Cet édit de Conquête donnait le droit d’extraire le charbon à celui qui serait capable de drainer les fosses inondées.
  • La lampe de sureté minière de l’ingénieur liégeois Mathieu Mueseler permettra de montrer l’évolution, au fil des ans et des inventions, de la sécurité dans les mines.
  • Toujours dans ce domaine de la sécurité minière, la visite de la salle consacrée aux techniques de sauvetage est impressionnante. On y découvre les premiers appareils respiratoires permettant de vivre en atmosphère irrespirable inventés pour les sauveteurs notamment par Théodore Schwann, professeur à l’Ulg.
  • Qui dit sauvetage dit danger. La salle consacrée aux catastrophes minières permettra d’évoquer l’héroïsme du maître ouvrier Hubert Goffin, premier mineur à avoir reçu la Légion d’honneur en 1812. Il sauvera 70 de ses camarades bloqués sous terre avec lui et son fils de 12 ans après  la rupture d’une digue de retenue d’eau. Pendant 5 jours et 5 nuits il maintiendra le moral de ses compagnons et creusera avec eux un tunnel qui les ramènera sains et saufs à la surface.
  • La visite de l’infirmerie reconstituée à l’authentique permettra de saluer les progrès réalisés dans le bien-être et la santé des mineurs par des personnalités comme notamment les docteurs Stassen  et le docteur Ernest Malvoz.

Voilà quelques pistes à suivre lors de ces journées du patrimoine

Les journées du patrimoine à Blegny-Mine c’est

  • Samedi 8 et dimanche 9 septembre de 11h à 17h
  • Visites guidées en groupe à 11h, 13h30 et 15h30 (durée 1h30)
  • Plus d’infos au 02/387.43.33 ou sur le site www.blegnymine.be

Philippe Jacquemin

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SAINT-VERAN (HAUTES-ALPES) Une mine, 3 000 ans d’histoire

Publié le par REVEL Stephane

A 79 ans, Pierre Marrou se souvient des journées travaillées à la mine comme si c’était hier. Cheminant entre les rails des wagons, le concasseur et l’entrée de la poudrière, il se revoit tout jeune, âgé de 22 ans à peine, s’enfonçant dans les travers-bancs pour en extraire le filon de cuivre. Il raconte son histoire, au fil de la visite, au milieu des ruines du site.

Au retour de son service militaire, ce jeune Saint-Véranais doit trouver du travail. C’est à la mine qu’il en trouvera, comme son père, son oncle, et son grand-père avant lui. « Je n’avais pas de compétence particulière. J’ai été engagé comme simple ouvrier, en mai 1955, se remémore-t-il humblement. J’habitais à Saint-Véran. Je montais tous les matins en vélo. » À la fin du printemps, Pierre Marrou commençait par casser la glace, « plus de 80 cm qui bouchaient l’entrée de la galerie », selon ses souvenirs. Puis il a occupé tous les postes, et exécuté toutes les tâches. « Je faisais un peu tout. J’étais manuel. »

“De très bons souvenirs”

Si le dernier bâtiment a été emporté par une avalanche il y a quelques hivers, les vestiges de la mine sont suffisamment importants pour comprendre le fonctionnement de l’exploitation minière. « Les travers-bancs étaient reliés par des galeries, se rappelle Pierre Marrou, en regardant l’entrée du “TB4” (ndlr, travers-banc numéro 4). Il fallait emprunter une cheminée pour aller au “TB3”. Des piliers supportaient la voûte. On avait parfois peur qu’ils s’effondrent. Au fond des galeries, il y avait une laverie pour nettoyer le filon, qui était sacrément riche : le minerai était composé à plus de 60  % de cuivre. »

Une fois extraite, la roche passait dans un concasseur, puis tombait dans une goulotte jusqu’au broyeur. « Trois moteurs diesel faisaient fonctionner tout ça. On a dû creuser un canal pour acheminer l’eau du torrent de l’Aigue Blanche pour la laverie. » À son époque, ils étaient une vingtaine à travailler à la mine. Lui y a été employé deux ans, jusqu’en 1957, date des inondations ravageuses qui avaient dévasté le Queyras, et provoqué la fermeture de l’exploitation.

Quand la mine a rouvert, Pierre Marrou n’y est pas retourné. « Entre-temps j’avais trouvé du travail chez les douaniers », explique-t-il. S’il n’y a travaillé que deux étés, l’octogénaire garde pourtant « de très bons souvenirs de ces années passées à la mine », et retourne sur les lieux de temps à autre, car « on est loin d’imaginer toutes les richesses qui se trouvent sous nos pieds ».

 

Le Dauphine Liberée par J.P. le 28/08/2012

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Perrecy-les-Forges. Dans les années 1950, les mineurs ont construit leur chapelle.

Publié le par REVEL Stephane

Rozelay, chapelle des mineurs

Toujours en activité, la chapelle de Rozelay a été érigée dans les années 1950 par le concours des mineurs de la cité.

En août 1940 commence le fonçage du puits de Rozelay. Afin que la population ne soit pas incommodée par les abords du puits, ce dernier est érigé à quelques centaines de mètres de la cité, dont la construction s’étale de 1940 à 1950. C’est surtout en 1947, 1948,1949 que sont bâties par les houillères les maisons. La cité de Rozelay compte à cette époque près de 2000 habitants comprenant, pour la plupart, des familles nombreuses. En effet, on compte beaucoup d’enfants d’âge scolaire qui empruntent le tacot des houillères pour se rendre aux écoles voisines. La cité de Rozelay est à cheval sur Perrecy-les-Forges et Ciry-le-Noble et il arrive qu’une maison se trouve sur une commune alors que son jardin est sur l’autre. Avec la cité s’est implanté un commerce sédentaire très bien achalandé qui avec l’appoint de commerçants ambulants donne toute satisfaction à la population.

À cette cité, il faudrait un clocher. Le père Digoy, curé de la cité voisine, venait de temps en temps voir les mineurs. Il leur propose d’acheter aux enchères une vieille baraque en bois. L’achat se concrétise, et la baraque est démontée, transportée et remontée bénévolement sur un terrain prêté par les houillères au coin des rues François-Villon et Ronsard. La baraque servira pour les messes, et de salles de réunions.

Des mineurs quêteurs bénévoles

À la fin des années 1950, il parut nécessaire au père Digoy de construire une église. Mais il fallait trouver le financement, c’est pourquoi après concertation avec les habitants, le projet ayant fait l’unanimité, le 10 novembre 1951 naissait le comité des Bâtisseurs de la chapelle. Elle sera érigée sur la vaste place de 1 600 m² à Perrecy-les-Forges, où se déroule le marché. Des tournées de quêteurs bénévoles avec l’abbé Digoy sont organisées auprès de la population locale qui se montre très généreuse, mais aussi dans toute la France, auprès d’autres paroisses et même à l’étranger. Partout c’est avec gentillesse, bienveillance, et compréhension que les bénévoles ont été accueillis. Pièce par pièce, billets par billets les sommes s’ajoutent et la première pierre est posée le 5 juillet 1953. Les mineurs ne ménagent pas leurs peines et travaillent avec ardeur, surtout qu’ils n’abandonnent pas la mine et espèrent une réalisation complète pour fin 1954. Une chapelle aussi modeste soit-elle ne sort pas de terre comme un champignon.

Cinq années d’efforts tenaces et de persévérance ont permis la construction de la chapelle qui a été inaugurée le 8 avril 1956. Un clocher qui a une histoire bien à lui où s’inscrivent des milliers de noms qui, par leur générosité, ont répondu à l’appel du comité des bâtisseurs, des mineurs et de leur curé.

 

Le Journal de Saone et Loire le le 26/08/2012

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Mine d'or à Saint-Magloire: Des perspectives intéressantes

Publié le par REVEL Stephane

L’entreprise Golden Hope, qui effectue de l’exploration minière principalement à Saint-Magloire dans la MRC des Etchemins, vient de procéder à l’embauche d’un imminent géologue en la personne de Jim Franklin. M. Franklin, qui a effectué une visite dans ce secteur en novembre dernier, reviendra en sol etcheminois la semaine prochaine. Celui-ci dirigera un comité consultatif technique dont l’objectif est de cibler les recherches de l’entreprise, affirme le président de Golden Hope Frank Candido.

En entrevue téléphonique, celui-ci a précisé que M. Franklin est l’un des meilleurs de sa profession dans le monde, plus principalement dans le type d’exploration qu’effectue l’entreprise.

À quand l’exploitation d’une mine?
« On n’est pas encore rendu là. Cependant, le rapport technique que l’on a publié au début du mois est très révélateur », ajoute M. Candido. La firme SGS Canada estime, en utilisant des composites non plafonnés, que la ressource varie entre 102 000 et 313 900 onces d’or selon la teneur de coupure utilisée.

D’ailleurs, la firme estime que bien que le projet soit à un stade initial le site présente des perspectives raisonnables d’extraction souterraine et à ciel ouvert économique.

Bien que l’entreprise détient des claims sur une centaine de kilomètres entre Saint-Magloire et Saint-Victor, les recherches se concentrent principalement dans le secteur est des Etchemins.

 

En Beauce le 17 Août 2012

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La mémoire « Net » de Noeux et du webmaster Guy Desbiens

Publié le par REVEL Stephane

Dix ans qu'il s'investit dans la ville de son enfance. Cet habitant du Douaisis gère le site Internet de Noeux mémoire. Une façon pour lui de retrouver ses racines, pour les autres de connaître l'histoire de la commune. Guy Desbiens est le deuxième visage de notre série sur les passeurs de mémoire.

PAR CHARLES-OLIVIER BOURGEOT

bethune@info-artois.fr

Ancien presbytère de Faumont. L'homme qui nous amène dans ce village du Douaisis, à 50 km de Noeux, est le même qui a fait se déplacer le musée de la Mine lors de la Sainte-Barbe de la commune. Cet homme, c'est Guy Desbiens. Au premier abord, on ne l'imagine pas forcément webmaster du site Internet de Noeux mémoire. Un a priori vite balayé par l'enthousiasme qu'il affiche à activer la mémoire vive de Noeux-les-Mines.

Guy Desbiens a quitté la commune à 20 ans. Il a regardé derrière beaucoup plus tard. « Cinquante ans, c'est l'âge où l'on commence à s'intéresser au passé. Il me reste quelques cousins ici. Sinon toute ma famille - mon père, ma mère, ma soeur - est au cimetière. C'est une façon pour moi de retrouver mes racines. »

Cent abonnés

Il se tourne d'abord vers le passé de son patelin. « Mon premier film, c'était sur Faumont, en 1995, j'avais 50 ans », rappelle celui qui réalise des courts métrages. « Mais j'ai toujours gardé des liens avec Noeux. Un beau jour, j'ai su qu'une association s'était créée, Noeux mémoire. On a commencé à travailler ensemble. » S'ensuivent diverses collaborations dont un petit film sur les vacances des mineurs présenté cet hiver. Il en prépare un autre Arrêt sur image en sol mineur. « L'idée, c'est de faire un re portage sur la vie des gens de ma génération qui ont vécu dans les mines mais ne sont pas forcément mineurs. » Surtout, à 67 ans, Guy cherche à transmettre la mémoire par un biais différent. Dépoussiérer les archives pour les numériser et les insérer au site Internet de Noeux mémoire. Il l'a relancé l'an dernier au moment où il adhérait à l'association dont il est aujourd'hui le secrétaire adjoint. Il n'est pas malheureux d'annoncer 100 abonnés à sa lettre d'informations, de chiffrer à 7 000 le nombre de visiteurs depuis le lancement et d'attirer des gens de toute la France. « Il y en a une trentaine qui ne sont pas (ou plus) à Noeux. Les anciens propriétaires du café du stade qui ont quitté la ville depuis longtemps se sont par exemple inscrits à la lettre d'informations. » Sans compter cette dame, originaire de Noeux qui vit dans l'Est, mais a retrouvé son père, un jour en surfant sur le Net. « Elle a repris contact avec lui grâce au site de Noeux mémoire. Maintenant, ils se voient régulièrement. » Mieux que Jacques Pradel et Perdu de vue , Guy Desbiens et noeuxmemoire.fr !

En tout cas, lui ne s'est pas mis au surf du jour au lendemain. Ancien informaticien, il a pris la vague lorsqu'il travaillait chez PSA et se souvient encore de ce jour de 1996 où il a montré son site intranet. « Quand j'ai fait la démonstration, tout le monde m'a pris pour un fou  », se marre un homme pas mécontent d'avoir été en avance sur son temps.

Prendra-t-il à son tour la vague facebook ? Guy sourit. Il passe son tour. Sa mémoire vive a des limites que les réseaux sociaux ont un peu dépassé.

D'autant qu'il a déjà le sentiment du devoir (de mémoire) accompli. « On passe l'histoire. Ce que nos parents nous ont appris, on le redonne aux gens. » •  

www.noeuxmemoire.fr

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Visite exceptionnelle au musée de la Mine

Publié le par REVEL Stephane

Mercredi 15 août, de 14 à 17 heures, les machines se remettront à fonctionner.

Les visiteurs pourront revivre quelques moments phares de la journée du mineur : le passage à la lampisterie, l’arrivée sur le carreau dominé par le chevalement : les bennes remontant du fond, manœuvre rendue possible par la mise en marche de la machine d’extraction du XIX e siècle, aux bruits et à l’odeur si caractéristiques. Puis, c’est l’entrée dans les galeries, un cheminement de 200 mètres dans les travaux souterrains, de la galerie en bois à celle avec soutènement métallique, sans oublier le soutènement marchant équipé du plateau-rabot, machine ultra moderne qui a été mise en service au puits Darcy jusqu’à la fin de l’exploitation et que le musée de la Mine de Blanzy est le seul en France à posséder. Les anciens mineurs feront fonctionner différents matériels.

Témoignage de l’âge d’or du charbon

Témoignages d’anciens mineurs, gestes techniques d’une autre époque, celle de l’âge d’or du charbon, tableau vivant de mémoire technique et sociale, seront offert aux visiteurs. Ce sera aussi l’occasion de découvrir le plan sur verre installé depuis quelques semaines au musée.

Une journée emblématique de l’action de l’association La Mine et les hommes au service de la mémoire technique et humaine du Bassin minier.

Prix d’entrée : adultes : 5 €, 10-18 ans, 2,50 €. Renseignements : 03.85.68.22.85.

 

Le Journal de Saone et Loire le 14/08/2012

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Blanzy : vivre l’aventure de la mine

Publié le par REVEL Stephane

De la première année de maternelle à la fin des études supérieures, les jeunes peuvent extraire du musée de Blanzy un gisement de culture inépuisable. Géologie, histoire, mécanique, sciences physiques… Chaque matière est abordée.

Afin que les enfants puisent par eux-mêmes les informations, un petit livret leur est remis à l’entrée. « Découvre l’univers des gueules noires ! » Un dossier pédagogique à l’intention des professeurs est également téléchargeable sur Internet. Tout au long de leur visite, des salles d’exposition jusqu’au fin fond des galeries, les enfants piochent les détails qui ponctuaient la vie des mineurs tout en s’amusant. Au final, ils sauront entre autres, dessiner une lampe poulet, que le charbon ne se casse pas avec une scie égoïne, ce qu’est un plateau rabot ou encore remplir le livret individuel pour aller au charbon.

Une découverte ludique

Les petits mineurs en herbe mènent l’enquête afin de mieux connaître les lieux de vie, les outils, les différents métiers ou encore les animaux.

Cependant, outre les informations délivrées par l’exposition, le film d’introduction ou encore les anciens mineurs présents sur le site, ils entrent dans l’aventure à l’entrée du parcours qui les mènera des cages d’extractions à la salle des machines, des galeries souterraines à la salle des pendus. Les ventilateurs sont actionnés, des moteurs tournent, l’éclairage est d’époque et partout l’odeur de la houille emplit l’air.

Le label Aventures Mômes

En 2002, l’agence de développement touristique et de promotion du territoire, Bourgogne Sud Saône-et-Loire, afin de répertorier tous les sites proposant des activités adaptées aux enfants, a créé le label Aventures Mômes.

« Nous n’avons pas eu de mal à obtenir ce label car nous répondions déjà aux critères demandés. Nos visites ne se font pas comme dans les musées traditionnels. Nous proposons une immersion dans la mine », explique Emmanuelle Clerc, responsable du musée.

Le Musée de la mine de Blanzy est donc l’endroit idéal pour passer un après-midi en famille, que ce soit pour partager les souvenirs de ses grands-parents anciens mineurs ou tout simplement pour découvrir ce patrimoine qui fait partie intégrante de l’histoire du bassin minier.

Contact : Musée de la Mine, 34, rue du Bois Clair – 71450 Blanzy – 03 85 68 22 85 – www.blanzy71.fr

Ouverture : toute l’année sur rendez-vous pour les groupes et du 15 mars au 11 novembre pour les autres. Visites guidées de 14 h à 17 h.


Le 15 août, une journée exceptionnelle

Chaque année, le 15 août et au cours des journées du patrimoine, l’association de la Mine et des Hommes regroupe d’anciens mineurs pour remettre en action tous les appareils du site. À cette occasion, vous pourrez voir la seule machine d’extraction du XIX e encore en état de fonctionner. Vous pourrez également faire un tour dans les wagons au gré des galeries. Vous revivrez le temps d’une visite quelques moments phares de la journée du mineur : le passage à la lampisterie, l’arrivée sur le carreau dominé par le chevalement : les bennes remontant du fond… D’anciens mineurs vous expliqueront les gestes et techniques de l’époque mais vous raconteront aussi quelques anecdotes. Un voyage des débuts de la mine jusqu’à sa fin dans les années 90.

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Des machines et des hommes, à Lewarde : les douze verbes qui vont au charbon

Publié le par REVEL Stephane

Dans le Nord - Pas-de-Calais, les veines de houille sont minces, plissées, profondes... Alors, pendant 270 ans d'exploitation, les hommes ont essayé de surmonter ces contraintes naturelles.

Pour raconter cette histoire, pour la rendre accessible et complète, l'équipe du Centre historique minier - en lien avec d'excellents spécialistes - a mené un travail remarquable. Clarté des explications, qualité et beauté des documents (quel soin apporté à la reproduction des systèmes mis en oeuvre  !), renvois vers le site de la fosse Delloye : on a vraiment l'impression de se trouver au coeur des multiples processus engagés dans un immense paysage industriel (600 puits, 120 kilomètres, 100 000 kilomètres de galeries, 2 milliards de tonnes extraites).

Car pour faire fonctionner une mine, il faut :
- Prospecter. Après les tâtonnements initiaux, les travaux de sondage permettent de prélever des échantillons ou des carottes pour confirmer la présence des veines.

- Foncer. Creuser un puits, c'est traverser des terrains gorgés d'eau, atteindre des profondeurs considérables, construire des cuvelages de bois, de fonte puis de béton.

- Épuiser. La lutte contre l'eau se mène grâce aux réservoirs de décantation sur lesquels sont installées les salles des pompes.

- Aménager. D'abord la force musculaire, puis l'air comprimé et enfin l'électricité : on divise le sous-sol en étages à partir desquels sont tracées les galeries principales (ou bowettes) qui rejoignent le gisement. Ingénieurs et géomètres préparent le travail.

- Aérer. Il faut instaurer et maintenir des conditions de température, d'humidité et de composition de l'air en adéquation avec le travail des hommes (et en évacuant le grisou). L'aérage naturel étant insuffisant, on recourt aux foyers d'aérage puis aux ventilateurs.

- Éclairer. La flamme est dangereuse. La lampe Davy résout ce risque mais diminue la visibilité. L'éclairage collectif s'impose grâce aux lampes à turbine ou à l'électrification.

- Abattre. Le développement des moyens mécaniques (marteau piqueur) change la pratique du métier avant que les machines n'interviennent.

- Rouler. D'abord réservé aux enfants, le transport se modernise : berlines et rails composent un véritable réseau de chemin de fer. Les chevaux feront place au moteur diesel.

- Extraire. Dans des puits élargis et plus profonds, les tonneaux font place aux berlines chargées dans les cages d'ascenseur.

- Trier. Souvent sali par les fragments de schistes ou de grès, le charbon est trié manuellement puis par des procédés de lavage.

- Transformer. Briquettes, boulets... Mais aussi coke pour l'acier et carbochimie, applications dans l'agriculture ou la pharmacie...
- Acheminer. Le chemin de fer est né du charbon et pour le charbon. Les stériles sont évacués vers les terrils. Pour les longues distances, la voie d'eau est longtemps privilégiée.

Décidément, la mine, c'est tout un monde, et l'exposition organisée pour marquer les trente ans du Centre historique minier ouvre de multiples perspectives joliment illustrées.

Un guide réédité par La Voix du Nord

À l'occasion de ce trentième anniversaire, La Voix du Nord Éditions vous propose une version rénovée du Guide du centre historique minier, un ouvrage d'une cinquantaine de pages (7 euros) qui plonge au coeur de la grande histoire de la mine, de la première veine de charbon maigre à Anzin au classement du bassin minier au patrimoine mondial de l'UNESCO. Souci de la précision documentaire, clarté du texte, intérêt des illustrations : Virginie Debrabant et Karine Sprimont ont vraiment joué la transmission.  •  

Exposition jusqu'au 31 décembre, de 9 h à 19 h 30 (attention, la billetterie ferme deux heures avant) jusqu'au 15 novembre, puis de 13 h à 19 h. 9 et 4,70 euros. www.chm-lewarde.com Pour se procurer le guide :Voix du Nord Éditions, 03 20 78 42 49.

 

PAR BRUNO VOUTERS

La Voix du Nord le 12/08/2012

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Musée de la mine : Mise en marche des machines dimanche 16 septembre

Publié le par REVEL Stephane

Musée de la Mine : les machines en marche dimanche 16 septembre            
14h-17h (départ de la dernière visite)
34 rue du Bois Clair - entrée 5 €, enfants 2.50 €,
gratuit – de 10 ans - Tél. 03 85 68 22 85
 
 
En 1992, l’extraction souterraine cessait dans le bassin de Blanzy ; l’année suivante, les chevalements des puits Darcy étaient abattus. A la fin de l’année 2000, la dernière tonne de charbon était extraite de la découverte de Saint-Amédée, mettant fin à près de deux siècles d’exploitation du charbon dans le bassin de Blanzy.
 Un seul chevalement est encore debout dans le Bassin Minier, c’est celui du puits Saint-Claude, siège du Musée de la Mine de Blanzy. Quelques anciens mineurs, tous bénévoles, ont décidé de faire à nouveau tourner les molettes, symbole vivant du travail de la mine.
 
 Ils accueilleront les visiteurs, le dimanche 16 septembre 2012, de 14 h  à 17 h, pour leur faire revivre, le temps d’une visite, quelques moments phares de la journée du mineur : le passage à la lampisterie, l’arrivée sur le carreau, dominé par le chevalement : les bennes remontant du fond, manœuvre rendue possible par la mise en marche de la machine d’extraction du 19e siècle, aux bruits et à l’odeur si caractéristiques. Puis c’est l’entrée dans les galeries : un cheminement de 200 m dans les travaux souterrains, de la galerie en bois à celle avec soutènement métallique, sans oublier le soutènement marchant équipé du plateau-rabot, machine ultramoderne qui a été en service au puits Darcy jusqu’à la fin de l’exploitation et que le Musée de la Mine de Blanzy est le seul en France à posséder. Les anciens mineurs feront fonctionner différents matériels.
 
 Témoignages d’anciens mineurs, gestes techniques d’une autre époque, celle de l’âge d’or du charbon, tableau vivant de mémoire technique et sociale offert aux visiteurs.
 
 Enfin, ce sera aussi l’occasion de découvrir le « plan sur verre », installé depuis un an au Musée de la Mine.

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Corse : la plaie encore vive de l'amiante

Publié le par REVEL Stephane

L'activité humaine mais aussi les phénomènes naturels ont souvent abîmé nos paysages. Notre nouvelle série de reportages raconte l'histoire de quelques-unes de ces plaies plus ou moins refermées. Aujourd'hui, la mine d'amiante à ciel ouvert du Cap corse est en cours de nettoyage, près de 50 ans après l'arrêt de son exploitation.

Une gigantesque verrue grise avec vue imprenable sur la mer. Sur le versant ouest du Cap corse, dans une micro-région sauvage encore préservée des touristes, la mine d'amiante à ciel ouvert de Canari renvoie à la mémoire collective insulaire des flots de souvenirs de prospérité et de souffrance. En cours de réhabilitation, le gisement, dont l'exploitation est née avec le début du siècle dernier, a cessé de fonctionner le 12 juin 1965. De l'énergie laborieuse des travailleurs et de leurs interminables journées de peine ne subsistent qu'un enchevêtrement de terrains vagues dévalant en terrasses jusqu'à la mer, des rails déchiquetés, des silos éventrés, les galeries sinistres. Un paysage lunaire d'où émerge le bâtiment de l'usine de traitement avec ses cloisons en lambeaux, ses portes grinçantes de rouille et ses monceaux de vitres brisées. Brisées comme les familles qui ont perdu un mari, un frère, un enfant à une époque où l'on ne portait ni masques ni combinaisons. « Les ouvriers avaient la même couleur de la terre qu'ils soulevaient. On les appelait les pères Noël blancs », se souvient un habitant de Canari.

C'est en 1898 qu'un forgeron du nom de Ange-Antoine Lombardi déclare la découverte d'un filon d'amiante. Il procède aux premières explorations et exporte sa production à Marseille. Vingt ans plus tard, Eternit y aménage une carrière qu'elle exploite de manière quasi artisanale avec une production annuelle de 145 tonnes. En 1945, l'exploitation est rachetée par plusieurs entreprises européennes spécialisées dans ce minerai. Elles s'unissent pour fonder la Société Minière de l'Amiante. À son apogée, en 1961, le site emploie 350 ouvriers et produit jusqu'à 30.000 tonnes d'amiante par an, permettant ainsi de couvrir 50 % des besoins industriels de la France avec même un marché jusqu'en Extrême-Orient.

Mais les premiers dégâts sanitaires, l'épuisement de la ressource et la baisse de rentabilité ont raison de la mine qui avait été florissante avec un chiffre d'affaires de 10 millions de francs.

Aujourd'hui encore, l'Ardeva, l'association régionale de défense des victimes de l'amiante, y tient des permanences régulières. Le 22 juin 2010, René Giusti, décédé il y a quarante-cinq ans après quinze années comme magasinier à Canari, reçoit des indemnités posthumes de 120.000 euros. Fait inédit : son épouse, également décédée, se voit accorder la somme de 40.000 euros. « Canari fut le seul site industriel d'amiante de la métropole, et sa réhabilitation constitue donc une première nationale », explique Antoine Jeanneret, directeur régional de l'Ademe.

Bouffée d'oxygène

Vinci a remporté le marché de 10 millions d'euros pour la réhabilitation du site. Entamé en 2009, le chantier a été programmé pour s'achever avant l'été 2013. Les travaux sont suspendus chaque été pour ne pas nuire à la saison touristique. Les techniciens sont soumis aux règles draconiennes de protection individuelle, l'accès au site se fait par un sas de décontamination et un dispositif d'arrosage automatique d'eau de mer, pompée sur place et stockée en permanence dans des cuves de 2.000 m 3, permet de plaquer au sol les fibres d'amiante. Chaque jour, plusieurs prélèvements de l'air sont analysés en laboratoire. « L'objectif du projet est de stabiliser les verses de la mine, d'en sécuriser l'accès, d'empêcher définitivement les filaments de polluer l'air et l'eau des plages environnantes », poursuit Antoine Jeanneret.

Une fois le travail achevé, se sera une grosse bouffée d'oxygène pour les villages authentiques du bout du Cap, dont Canari bien sûr, qui a récemment reçu le label de l'association « Hommage aux villages de France » pour avoir caché pendant la guerre des familles juives dont les hommes étaient recrutés à la mine. Une partie du site fera l'objet d'essais de végétalisation. Le bâtiment de l'usine, assaini, restera debout. Il sera peut-être reconverti en musée. La ministre de l'Ecologie a le dossier sur son bureau, mais il n'est pas en haut de la pile...

Jean-Marc Raffaelli, Les Echos Le 13/08/2012

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