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Salsigne. Quand la mine dort, la pollution veille

Publié le par REVEL Stephane

Ce n'est plus l'exploitation de l'or et l'économie productiviste qui occupent la vallée audoise de l'Orbiel. Depuis hier, à Montpellier, la mine de Salsigne est un sujet de réflexion globale sur le développement durable.

Son témoignage était inattendu. Entre 1950 et 1954, Magalie Bonnefoy, 80 ans, était employée comme secrétaire à la mine de Salsigne. Elle raconte : «C'était très polluant. J'habitais en face de la cheminée d'où s'échappaient les fumées d'arsenic que nous respirions et qui retombaient en neige blanche sur mes pots de fleurs. Depuis quelques années je vis sous assistance oxygène à cause de graves problèmes respiratoires».

Un siècle de nuisances et de litiges sont ainsi au cœur du colloque international, ouvert à Montpellier, sur le thème : «La mine dort, la pollution veille».

Le site aurifère audois, sur les reliefs du Cabardes dans la Montagne Noire, n'est plus exploité depuis bientôt 10 ans. Ouvriers et mineurs ont disparu dans cet environnement qui a reverdi, et qui est devenu une mine d'études et de recherches pour les archéologues, les scientifiques et les juristes.

Pendant un siècle le bassin minier de Salsigne a été un filon en or pour les générations qui se sont succédé au fond et dans les carrières à ciel ouvert. Elle est à présent un des sites industriels les plus pollués parmi 527 en France.

Si le prix de l'once d'or sur le marché mondial a atteint des niveaux qui suggèrent à des investisseurs allemands la relance, dans l'Aude, d'une production plafonnée à 110 tonnes de métal jaune pour 9 à 15 millions de tonnes traités au cours de l'histoire, c'est sur le terrain de la santé, du droit à la reconnaissance des maladies professionnelles (des cancers en majorité), et de la protection de l'environnement que se forgent de nos jours les solidarités pour Salsigne.

En écho à la voix affaiblie de Magalie Bonnefoy, à l'émotion de Max Brail : «L'arsenic, ça ressemble à la farine Francine mais ce n'en est pas», qui fut licencié de son poste aux commandes du four de la pyrométallurgie parce qu'il avait dénoncé les dérives d'une direction australienne brûlant par souci de rentabilité tous les déchets chimiques qui lui tombaient sous la main, la mine de Salsigne continue de faire parler d'elle au rythme des épisodes pluvieux et des crues qui font couler orange les ruisseaux affluents de la rivière Orbiel.

Ces pics d'arsenic entraînent avec eux des plaintes des habitants de la vallée contre l'État en charge de la dépollution, et des thèses en doctorat dont la dernière sous la direction de Joseph Lancelot, professeur émérite en géochimie isotopique, confirme dans cet environnement des teneurs naturelles normales en arsenic, et des concentrations beaucoup moins normales, dans les eaux de surface et dans la nappe phréatique, sur le site de Lassac causées par l'exploitation industrielle. Chaque année la montagne rejette dans la rivière Orbiel 3 650 kg d'arsenic. En début de cette semaine, le procureur de la République à Carcassonne a classé sans suite une plainte pour pollution qui avait été déposée par un vigneron contre l'État. Mille ans seront nécessaires pour faire tablerrase des scories. Il faudra moins de temps aux riverains de l'Orbiel pour demander réparations devant le parquet général.


Maladies sentinelles

En août 2012, Annie Thébeaud-Mony avait refusé la Légion d'Honneur «pour dénoncer les maladies professionnelles», notamment celles provoquées par l'amiante. À Montpellier, cette sociologue, directrice de recherches à l'Inserm, a réitéré ses critiques contre l'État et les pouvoirs publics qui «tuent en différé et en toute impunité», faute de protection des maladies professionnelles, de traçabilité et de suivi médical des personnels soumis à expositions. «Le cancer est une maladie sentinelle. Nous avons besoin en santé publique de registres départementaux qui soient des points de départ pour la prévention des risques», explique Annie Thebaud-Mony tout en indiquant que très peu de départements en France disposent de ces registres. Dans l'Aude, plusieurs associations de victimes et quelques scientifiques militent pour la reconnaissance de ce problème de santé publique.

Christian Aniort

 

La depeche Publié le 21/03/2013

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Blanzy. L’association La Mine et les Hommes a tenu, ce samedi, son assemblée générale.

Publié le par REVEL Stephane

La problématique est toujours la même à l’heure de l’assemblée générale. Comment faire vivre ce patrimoine minier avec une poignée de bénévoles ? Malgré tout, chaque année, le défi est relevé. Mais jusqu’à quand ?

Les assemblées générales se suivent et se ressemblent – malheureusement – pour le musée de la Mine de Blanzy, en manque de « sang neuf ». L’appel lancé depuis des années par l’équipe de l’association La Mine et les Hommes,autour de son président Frédéric Lagrange, ne semble pas être entendu. Le manque de bénévoles pourrait mettre en péril l’existence même des visites de ce vestige encore debout. Il est le dernier témoin de ce que furent les heures de gloire du passé industriel dans le Bassin minier. C’est le triste constat qui a été, une nouvelle fois, relaté lors de l’assemblée qui s’est tenue ce samedi matin.

25 adhérents

Créé en 1974, le musée de la Mine compte seulement 25 adhérents et vit grâce à l’investissement de sept guides, dont six bénévoles, aux côtés d’Emmanuelle Clerc, responsable du musée et salariée de la Ville. Le manque criant de bonnes volontés et « la disparition de compétences techniques » ont également des répercussions sur l’entretien des bâtiments et la réparation des machines.

Le musée est ouvert du 15 mars au 11 novembre (week-end, juillet-août et les groupes) avec des animations ponctuelles : remise en marche des machines le 15 août et pour les journées du patrimoine. Pour 2013, Frédéric Lagrange n’est pas en mesure d’annoncer la poursuite de ces animations : « Ce n’est pas gagné, il nous faut du monde et des compétences ».

La Ville de Blanzy derrière son musée

La crise se répercute sur les loisirs, premier poste du budget à se réduire en cas de coup dur. Ainsi, la fréquentation a baissé pour les individuels en 2012. Dans ce contexte, le musée de la Mine peut compter sur le soutien indéfectible de la Ville de Blanzy, comme devait le rappeler Guy Emorine, maire, qui a alloué, en 2012, un budget de 76 500 € (personnels, entretien et charges…).

Hervé Mazurek, adjoint chargé de la culture et des associations, a noté avec joie l’arrivée de deux nouveaux adhérents, soulignant l’importance « qu’un travail soit fait sur la transmission des savoirs ». Il souhaite engager une réflexion sur une offre de séjours clé en main à destination des scolaires, en concertation avec les partenaires institutionnels et acteurs locaux du tourisme, pour optimiser « cet outil pédagogique ».

« Malgré les difficultés liées au faible nombre de bénévoles, je suis fier du bilan de nos activités en 2012 », concluait Frédéric Lagrange, assurant que « nous continuerons dans la mesure de nos moyens à œuvrer en faveur du musée de la Mine et de la mémoire minière. Mais je suis aussi conscient de la précarité de notre situation ».

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Le barrage du Ternay

Publié le par REVEL Stephane

La construction du barrage du Ternay a commencé en 1862, par l'ingenieur Bouvier, l'inauguration aura lieu le 19 mai 1867.
Ce barrage fut construit sur l'idée de l’industriel papetier Etienne de Canson afin d'assurer une alimentation régulière en eau des usines papetières de Saint Marcel les Annonay.
Mais ce projet initial prendra d'autres proportions en effet la réserve d'eau devant servir à alimenter les fontaines de la ville d'Annonay en eau potable.
De plus le barrage devait servir à protéger la ville des inondations et ainsi réguler le cours de la Deume.
L'ouvrage finale à une hauteur de 41m est une capacitéde 2600000m3 d'eau s'etendant sur une superficie de 30 hectares.
Un chemin ombragé permet de faire le tour de la retenue.

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Renovation de la gare du Mastrou à Lamastre

Publié le par REVEL Stephane

25 octrobre 2012

La gare du Mastrou à Lamastre se refait une beauté en vue du retour du celebre Mastrou. Les toiures de la gare, de la pettie remiase mais aussi celle de la lampisterie sont remis à neuf. L'electricité des batiemnts est en cours de rfection. A la fin des travaux un logement sera atribué

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En Inde, des enfants travaillent à la mine pour survivre

Publié le par REVEL Stephane

L'État indien du Meghalaya n'est pas soumis à la loi indienne sur la mine. Les enfants les plus pauvres y travaillent

À 13 ans, Sanjay Chhetri se lève chaque jour avec la même peur : que la mine de charbon où il travaille s'effondre et l'ensevelisse à jamais. Comme des milliers d'enfants dans le nord-est de l'Inde, il gagne sa vie accroupi dans des tunnels si étroits que seuls des enfants peuvent s'y glisser. L'adolescent à la fine ossature est doté de la morphologie adéquate pour travailler dans la lucrative industrie minière de l'État du Meghalaya : l'entrée des galeries, sombres et humides, est bien trop petite pour une corpulence d'adulte.
Sanjay embauche au cœur de la nuit, descend le long d'échelles glissantes avec deux pioches et une minuscule lampe frontale, et s'enfonce dans les profondeurs du sous-sol, à 1 400 mètres sous terre. Il se déplace avec la même précaution qu'à ses débuts, il y a sept mois, de peur de rater un barreau et de tomber cinquante mètres plus bas. Une fois dans la mine, il s'accroupit tant qu'il peut et se glisse dans un trou à rat de 60 centimètres de hauteur, en traînant un wagon vide derrière lui. C'est là que son cauchemar commence : « C'est terrifiant d'imaginer que le plafond tombe sur moi quand je travaille », dit-il.
Douze heures plus tard, il aura empoché 200 roupies (2,80 euros). C'est plus que ce que gagnent ses parents, des manœuvres qui vivent dans la capitale de l'État, Shillong. Le travail des mineurs est pourtant illégal en Inde, avec des différences sur l'âge légal de la majorité en fonction des États. Et la loi sur les mines de 1952 interdit aux entreprises d'employer des jeunes de moins de 18 ans à l'intérieur des mines. Mais le Meghalaya n'est pas soumis à cette loi sur la mine en raison de son statut spécial d'État du nord-est, peuplé de nombreuses tribus, où s'exerce un droit coutumier qui l'emporte sur la législation nationale. Là-bas, n'importe quel propriétaire terrien peut ainsi creuser une mine à sa guise et les lois en vigueur ne l'obligent à aucune mesure de sécurité.
Dans ces mines artisanales, aucune technologie sophistiquée : les mineurs creusent eux-mêmes les galeries avec des pelles et des pioches. Aîné d'une famille de huit enfants, Sanjay a quitté l'école voici deux ans lorsque sa famille ne pouvait plus payer les factures. « C'est un travail très difficile, j'ai du mal à tirer le wagon quand je l'ai rempli de charbon », confie-t-il. Alors qu'il grelotte dans un jean maculé de charbon, chaussé de tongs qui dévoilent des pieds ridés comme s'ils appartenaient à un homme beaucoup plus âgé, il raconte que ses parents lui demandent constamment de rentrer à la maison pour travailler avec eux. Mais il n'est pas encore prêt à quitter la mine. « J'ai besoin d'économiser de l'argent pour retourner à l'école. Mes amis me manquent et je me souviens encore de l'école. J'ai encore mes vieux rêves. »
Le responsable de la mine, Kumar Subba, assure que des enfants comme Sanjay affluent en nombre devant la mine pour se faire embaucher. « Il s'en présente toujours de nouveaux. Ils mentent sur leur âge, disent qu'ils ont 20 ans alors qu'on voit bien sur leur visage qu'ils sont beaucoup, beaucoup plus jeunes. » Surya Limu, au visage poupin, est parmi les dernières recrues de l'équipe de Kumar Subba, dans le village de Rymbai. Il assure avoir 17 ans, et raconte avoir quitté son Népal natal lorsque son père est mort dans l'incendie de leur maison. « Bien sûr j'ai peur, mais qu'est-ce que je peux faire ? J'ai besoin d'argent, comment faire autrement pour rester en vie ? », avoue-t-il.

 

L'Est Eclair mercredi 13 mars 2013

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Les plaques de cocher

Publié le par REVEL Stephane

On désigne par plaque de cocher ces plaques directionnelles en fonte, placées à environ 3 mètres du sol sur des bâtiments privés ou publics.
Parfois sur des pyramidions en pierre, ou des poteaux métalliques, aux carrefours et aux entrées et sorties principales des agglomérations.
Leur nom et leur position élevée vient du fait qu’elles devaient être facilement visibles et lisibles par les cochers.
Il est encore possible d’en voir dans des nombreux villages de France.

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Luitré (35). Travaux en cours à la mine de Montbelleux

Publié le par REVEL Stephane

Le site de la mine de Montbelleux, à Luitré (Ille-et-Vilaine), était menacé de destruction mais Fougères communauté s’en est finalement porté acquéreur et des travaux de rénovation sont en cours avant qu’une association anime les lieux.

La Bretagne a failli perdre son dernier chevalement. Décision avait été prise de raser toutes les installations de la mine de Montbelleux, à Luitré. Une association s’était alors créée pour protester. La mobilisation de Mémoire de la mine de Montbelleux n’aura pas été vaine.

Depuis décembre, des travaux ont commencé. « On a sauvé le chevalement, le treuil et les deux bâtiments annexes », se réjouit Jean Hérisset, le président de l’association qui a tenu son assemblée générale, vendredi soir.

Le terrain va être racheté par Fougères communauté contre un euro symbolique au propriétaire du site. « Tout est en ordre. Mais pour pouvoir vendre le terrain, le propriétaire devait le remettre aux normes de sécurité, explique Jean-Claude Rault, vice-président de Fougères communauté délégué aux équipements à vocation culturelle. C’est la loi à chaque fois qu’une mine est cédée. » Et c’est donc Fougères communauté qui a décidé de prendre les travaux à sa charge.

Trois animations en 2013

Les premiers consistent en la réfection de la toiture des bâtiments. Puis viendra celle du chevalement. « C’est le plus complexe, révèle Jean-Claude Rault. Il faudra sabler le chevalement puis le repeindre de suite. Il faut donc attendre le beau temps. Peut-être en mars ou avril. »

Ce sera à Mémoire de la mine de Montbelleux de prendre le relais. Et d’animer les lieux. « On veut créer une signalétique permanente. Elle permettra d’avoir des informations sur le site où jusqu’à 300 mineurs ont travaillé, avance Jean Hérisset. On aimerait aussi l’inscrire sur les chemins de randonnée, l’inscrire sur la voie verte Fougères-Vitré… » Des animations plus ponctuelles auront aussi lieu. Trois dates sont ciblées pour 2013 : la journée du patrimoine rural en juin ; l’étape du Tour de France, en juillet, qui passera au pied de Montbelleux ; la journée des jeunes agriculteurs, en août, qui se tiendra aussi au pied du site. Mais on ne pourra toujours qu’observer l’endroit depuis la route. Car le site reste interdit au public.

Florent HÉLAINE.

 

Ouest France dimanche 03 mars 2013

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Blegny-Mine - Hausse de fréquentation depuis la reconnaissance du site comme Patrimoine mondial

Publié le par REVEL Stephane

 

La fréquentation touristique du site minier de Blegny-Mine a augmenté de 8,94 pc depuis qu'il a été reconnu au Patrimoine mondial de l'humanité avec trois autres sites miniers, le 1er juillet dernier.

93.203 personnes ont découvert le site minier proche de Liège en 2012, soit plus de 7.600 visiteurs de plus que l'année précédente. Les touristes viennent essentiellement de Belgique (80%) et des Pays-Bas (13%). "Une reconnaissance comme Patrimoine mondial de l'humanité n'apporte pas de moyens financiers supplémentaires aux sites qui en bénéficient, mais elle leur donne une notoriété et une visibilité supplémentaire qui se traduit par une augmentation de fréquentation", constatent les gestionnaires de Blegny-Mine, qui précisent que le nombre de visiteurs a augmenté dès le mois de juillet et que cette tendance tend à se confirmer. En 2013, une attention particulière sera portée à la qualité de l'accueil, des équipements et de l'offre. Ces projets se concrétiseront notamment par la construction d'un nouvel escalier d'accès au terril, le placement d'une nouvelle signalisation et l'organisation d'une exposition consacrée aux artistes wallons inspirés par la mine. Pour rappel, le 1er juillet 2012, le Comité du Patrimoine mondial a reconnu Blegny-Mine, conjointement aux trois autres sites miniers majeurs de Wallonie que sont le Bois du Cazier, Bois-du-Luc et le Grand-Hornu, comme Patrimoine mondial de l'humanité.
Le Soir

Belga
Vendredi 8 Mars 2013, 16h38

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LA GRAND-COMBE La Maison du mineur réouvre ses portes

Publié le par REVEL Stephane

Situé sur le site du puits Ricard, à la Grand-Combe la Maison du Mineur a ré-ouvert ses portes au public au 1er mars.

A coté du chevalement du puits (classé monument historique), la Maison du mineur présente un tableau complet du travail du mineur, les bâtiments des lavabos douches, la salle des machines (qui impressionnent toujours le public par leurs dimensions) ou encore les ateliers. Depuis deux ans les visiteurs peuvent également découvrir “La recette” à l’arrivée des cages sous le chevalement. A l’extérieur les derniers wagonnets récupérés ont été installés sur la chaîne releveuse. En effet la Maison du mineur s’enrichit en continu de nouvelles pièces, comme cette vitrine à l’enseigne de la compagnie des mines de la Grande Combe retrouvée rue d’Avejan à Alès et qui sera restaurée avant de pouvoir être présentée au public. Horaires d’ouvertures jusqu’au 31 mai : 9h00-12h00, 14h00-17h00. Dimanches et jours fériés 14h00-17h30. Fermé le lundi.

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Robert Mourer : l’union du peuple de la mine

Publié le par REVEL Stephane

Du 1er mars au 4 avril 1963, des revendications dans l’impasse et un ordre de réquisition ont conduit à la plus longue grève des mineurs du Bassin houiller. Secrétaire général de la fédération régionale des mineurs CFTC, Robert Mourer a été un acteur de premier plan. 50 ans après, ému, il se souvient.

La grève unitaire de 1963 qui fit plier le général de Gaulle au bout de 35 jours de lutte, Robert Mourer s’en souvient comme si c’était hier. « C’est une des plus belles pages de l’histoire ouvrière et de la mine. Le mouvement a été unique de par sa démonstration d’unité et la force morale qu’il a dégagée. L’opinion publique a compris que l’avenir d’une région minière était en jeu. »

Entre le 1er mars et le 4 avril 1963, le Bassin houiller tiendra comme un seul homme face à un pouvoir resté sourd aux revendications salariales et sociales exprimées entre 1957 et 1962. « On sortait de la bataille du charbon et d’une période de grand froid. Au nom du rendement, nos conditions de travail étaient dures. En 1959, les projets de réduction de la production ont brisé l’élan et le doute sur l’avenir de la profession s’est installé. »

La réquisition : l’affront

Début 1963, la tension sociale s’accentue, la menace d’un conflit se précise. Craignant une pénurie en charbon et l’installation de la grève, le Gouvernement commet une faute politique en faisant signer à De Gaulle un décret portant réquisition des mineurs, valable dès le 1er mars dans les cokeries et dès le 4 mars pour l’ensemble des bassins miniers. « On l’a vécu comme un affront et du mépris. Cette provocation a été une atteinte à notre dignité. Elle a créé une levée de boucliers et l’union sacrée entre organisations syn dicales et mineurs », se rappelle Robert Mourer.

Le 1er mars, l’intersyndicale CFTC, CGT et FO des HBL appelle à une grève générale sans en préciser la durée. Elle est suivie par 95 % du personnel fond et 60 % pour le jour. Le 3 mars, au café de la Mairie, le comité central de grève dont Robert Mourer est le fer de lance se constitue. Il prône une grève illimitée et demande aux mineurs de rester chez eux le lundi 4 mars. L’épreuve de force est engagée dès la veille avec plusieurs meetings.

Sur un muret du puits V

Le délégué syndical sait que le siège de Merlebach (6 000 salariés) est un lieu stratégique pour la réussite du conflit dans le Bassin houiller. Le 4 mars, à 4h30, il se rend au puits V. Un calme pesant règne sous l’œil des convois de gendarmes mobiles et de CRS. Vers 6h, les mineurs s’attroupent devant le carreau. « Je me suis rendu compte qu’on atteignait un point culminant », raconte Robert Mourer, en parlant avec la même fougue et passion qu’il y a 50 ans. « J’ai sauté sur un muret surélevé pour appeler les mineurs à la grève et à dire non à une réquisition qui bafouait notre dignité d’hommes et de travailleur s ». Les délégués CGT et FO se joignent au responsable CFTC. « Une onde de choc a traversé la foule. Elle a pris conscience de l’enjeu et qu’une limite avait été franchie ». Aucun mineur ne prendra la cordée. A 7h30, devant la direction des HBL, le personnel administratif est appelé à se joindre aux mineurs en colère. Sur les autres sièges, c’est le même scénario. Au poste du matin du lundi 4 mars, 300 mineurs (surtout les équipes de sécurité) au lieu de 9 000 sont présents.

« J’ai la chair de poule »

Avec la même flamme dans les yeux que celle qui le guidait dans les mines, Robert affirme : « Ce matin-là, les mineurs lorrains ont gagné une grande bataille, celle de la solidarité ouvrière ». L’après-midi, à Forbach, 10 000 personnes sont sur la place et scandent : « Nous ne nous laisserons pas faire ».

En se remémorant les faits, Robert est saisi par l’émotion et ferme ses yeux. « J’ai la chair de poule, rien que d’y penser. On a appelé à manifester dignement, en restant stoïques, soudés et sans déviation : ni violence ni politisation. La seule violence qu’il fallait gérer était d’ordre moral, elle était plus forte que toute forme de violence physique. Quand on s’attaque à la dignité humaine, il n’y a plus d’orientation politique. C’était une démonstration de démocratie et de respect du pluralisme syndical. Nous étions unis contre l’injustice ». La grève est unitaire, populaire, exemplaire. Le 16 mars, les discussions entre une commission des Sages nommée par le Gouvernement et les syndicats s’ouvrent. Le 4 avril 1963, le décret de réquisition est abrogé et un protocole d’accord sur les salaires et l’avenir de la profession est signé. « De cette mobilisation historique, je retiens la solidarité des mineurs et des syndicats, le soutien de l’opinion publique, l’union sacrée du peuple de la mine. Ce fut une démonstration d’humanisme où la fraternité ouvrière a pris tout son sens. Pour moi, le syndicalisme a été une école de vie ».

La preuve, à 85 ans, Robert paie toujours sa cotisation à la CFTC.

Fabien SIEGWART.

 

Le Republicain Lorrain
Publiée le 04/03/2013

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