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Les Ardoisières ferment : Trélazé sous le choc

Publié le par REVEL Stephane

Comme nous l'annoncions dans notre édition de samedi, ce site qui emploie 153 salariés va stopper son activité. Dans la ville ouvrière de Trélazé, on n'ose pas y croire.

l est 11 h 15, Hervé Sabba, le délégué syndical CGT, sort du comité d'entreprise. Qu'a annoncé la direction ? Mine renfrognée, il file son chemin. « Je réserve l'annonce à mes collègues », glisse-t-il. Quelques minutes plus tard, le communiqué de la direction tombe : c'est bel et bien la fin des Ardoisières d'Angers. Coup de massue au siège de l'entreprise.

A plusieurs centaines de mètres, dans le bourg de Trélazé, on peine à croire à cette annonce. Comme si cette mine, vieille de plusieurs siècles, ne pouvait fermer définitivement.

« Trois de mes oncles y ont travaillé et moi, même si je ne suis pas à la mine, je les pose sur les toits, ces ardoises ! », raconte Gilles Moreau. A 46 ans, cet homme a été témoin de la difficulté du métier. « Tu pouvais tout faire à l'Ardoisière, aller dans le fond, être à l'atelier rondir la pierre, la rouler, etc... » Aujourd'hui, il l'avoue, il installe des ardoises espagnoles, qui concurrence économiquement celle de chez lui. « Ça fait mal au coeur car celle de Trélazé est bien plus belle ! Bien sûr elle est plus chère, alors allez convaincre les clients... »

Sur l'avenue Jean-Jaurès, Alcide Da Costa, patron du bar Le Brillant, ancien des Ardoisières de l'Anjou, fermées en 1986. « Ce n'est pas tant la fermeture en elle-même, puisqu'ils ne sont plus que 153, mais c'est le mot fermeture qui est dur à accepter. On y était attaché aux Ardoisières. »

« Nous avons un contre-projet »

Début d'après-midi, les hommes affluent au réfectoire des Ardoisières d'Angers. Les délégués de la CGT ont convoqué les ouvriers. Hervé Sabba annonce le « projet » d'arrêt de l'activité. « Nous avons un contre-projet, on va démontrer que cette décision est complètement infondée », articule-t-il aussitôt avec force.

Face à lui, 72 visages tendus mais attentifs, presque la majorité de la centaine d'ouvriers du site. « Cinq sondages ont montré, qu'ici, en veine sud, à 250 mètres, il y a de la pierre de qualité. Une zone qui permettrait tout à fait de pérenniser l'entreprise », clame-t-il. Pour le syndicat, d'autres sites regorgent aussi de pierres de qualité, du côté du bourg, au n° 8 bis l'Hermitage, mais aussi « veine sud », sous La Daguenière, à 750 m, et sur le site des Fresnais.

Hervé Sabba l'affirme devant les salariés, la décision relève selon lui d'une tout autre stratégie. « Dans notre pays, la politique conduit à fermer toutes les mines ; d'ailleurs, aucune fermeture ne l'a été pour un manque de gisement. En 2012, sur les 320 millions d'euros de bénéfices de l'entreprise, 117 ont été reversés aux actionnaires. Un certain nombre aurait pu être mis dans la recherche pour les gisements ! Ensemble, on doit inverser la courbe de leurs projets ! »

« J'ai perdu une vie aux Ardoisières »

A l'issue de la réunion, des ouvriers du « fond » (la mine, NDLR) se confient. « Les dernières galeries qu'on a creusées, dans la veine nord, c'étaient les meilleures recherches que l'on ait jamais faites, mais voilà c'était du « charbon », de la mauvaise qualité, sort Michel Gérard. On a travaillé pour rien, alors qu'il y a de la pierre de bonne qualité ailleurs. » Dominique Barbot, lui, est entré dans l'entreprise en 1986. Quand son père est décédé sous un éboulement, il était dans la mine, il avait 23 ans. « Si j'ai continué c'était pour lui et maintenant ils veulent nous virer. J'ai perdu une vie aux Ardoisières. Aujourd'hui, je ne peux qu'y croire et aller jusqu'au bout. »

Les ouvriers se saluent, s'en vont. Ils foulent peut-être pour la dernière fois ce sol bleu. Ils se quittent en se rappelant le prochain rendez-vous, le conseil municipal de Trélazé, jeudi, pour aller à la rencontre des élus. L'espoir est maigre, mais ils iront. Ils n'ont « pas le choix »...

« La nature ne peut plus donner d'ardoises »

Entretien avec Philippe Dufour, directeur des Ardoisières d'Angers.

Quand les Ardoisières fermeront-elles exactement ?

Je ne peux pas communiquer de date car, comme tout plan social, nous rentrons dans un processus réglementaire. Cela prendra au minimum trois mois...

L'épuisement des gisements explique cette fermeture, dites-vous. Argument contesté par la CGT...

Toutes les zones où il pouvait potentiellement y avoir de l'ardoise exploitable ont fait l'objet de sondages. Nous avons investi plusieurs millions d'euros dans ces recherches. La nature a été généreuse. Aujourd'hui, elle ne peut plus donner ce qu'elle n'a plus... La réalité géologique est celle-ci. Nous n'avons plus de matières premières.

Vous travailliez pour les monuments historiques. Allez-vous conserver une micro-activité pour livrer quelques entreprises ?

Non. En revanche, nous allons continuer de valoriser les rebuts d'ardoise. Qu'on utilise sous forme de matériaux dans l'aménagement paysager. Cette activité marginale mais malgré tout importante pourra continuer d'employer sept personnes.

Que va devenir ce site de 130 hectares dont vous êtes propriétaire ?

Nous sommes en contact avec des aménageurs et des investis- seurs potentiels pour faire naître des projets concrets. Nous souhaitons la création d'une zone artisanale et un espace dédié aux loisirs. Nous allons travailler avec les collectivités pour donner un autre futur à ce site.

Les grandes dates des Ardoisières

1406. C'est l'année où apparaît la première ardoisière de Trélazé. Son nom ? Tire-poche ! Mais dès le IVe siècle, le schiste était employé pour les pierres tombales. Longtemps, les ardoisières ne sont que des trous de 4 m de profondeur. Les ouvriers bêchent l'ardoise et la remontent sur leur dos. Ce n'est qu'au XVIe qu'un grand tournant s'opère. Il faut couvrir de plus en plus d'églises, de châteaux et de maisons.

1765. Le premier rapport officiel fait état de 800 ouvriers qui produisent 25 millions d'ardoises. Peu à peu, l'activité s'organise. Les différentes sociétés exploitantes fusionnent, en 1891, pour créer la Commission des Ardoisières d'Angers. C'est l'ancêtre des Ardoisières d'Angers. Le chemin de fer et la construction boostent la production. Elle est à son apogée en 1911 et 1927 avec 175 000 tonnes. Plus de 3 000 ouvriers travaillent le schiste.

1855. Le 26 août, 600 ouvriers des Ardoisières armés et membres de la société secrète de La Marianne prennent d'assaut la gendarmerie de Trélazé et marchent sur Angers L'insurrection, vite réprimée, se solde par la condamnation de 150 insurgés dont 15 déportés au bagne de Cayenne.

1905. Un accident fait quinze victimes. En juillet 1883, la chute d'une voûte souterraine avait causé la mort de treize ouvriers à la Paperie.

1913. Le 10 septembre, c'est le début d'une grève de 80 jours. Léon Jouhaux, leader syndicaliste national de la CGT, vient apporter son soutien. L'armée intervient une nouvelle fois. 250 ouvriers sont licenciés.

1997. Avec près de 200 suppressions d'emplois, c'était le dernier plan social.

Aurélie ROPERCH.

Mardi 26 novembre 2013 ouest France entreprises

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Cinquante ans après, le passé minier d’Annequin reste vivace

Publié le par REVEL Stephane

Il y a cinquante ans, après soixante-dix ans d’exploitation, la fosse 9 d’Annequin fermait ses portes. Ce week-end, la commission culture du conseil municipal est revenue sur son histoire, qui la classe aujourd’hui au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Avec cette exposition, la commission culture a fait découvrir ou redécouvrir la richesse de la vie quotidienne et sociale ainsi que les loisirs des mineurs. La reconstitution d’un intérieur de maison, la présentation d’objets et de documents d’époque ont plongé les visiteurs dans l’épopée de l’exploitation minière. Une plongée dans un territoire fier de son passé et des acteurs qui y ont contribué.

Rien de tel qu’un guide passionné pour la visite. Ils sont nombreux dans la région et Michel Pillaert, d’Armentières, en fait partie, bien qu’il a travaillé dans le textile. Parmi les objets qu’il bichonne comme des reliques, on trouve peut-être deux cents outils, des revues de toutes époques et de toutes les compagnies, la reconstitution d’une galerie, des maquettes… Michel fait découvrir son matériel en tenue de mineur en drap de lin de la fin du XIXe siècle – comme dans l’adaptation cinématographique de Germinal –, coiffé d’une barrette avec une lampe à huile à flamme nue baptisée « astiquette ».

Attachement partagé

Pas avare d’explications, il détaille l’utilisation de chaque outil, du plus ancien au plus récent, comme le décimètre ou le crochet, utilisés par le porion ou le géomètre pour évaluer le salaire des mineurs à l’époque des compagnies. Il rectifie également quelques erreurs : ainsi, pour notre historien de la mine, l’expression « salle des pendus » n’a été employée que par des journalistes parisiens en reportage à la mine. Pour les mineurs, il a toujours été question de lavabo. Sa collection compte également beaucoup de revues d’époque, notamment des éditions du journal L’Assiette au beurre, qui relatent en dessins la catastrophe de Courrières en 1906.

La commission a également évoqué la vie dans la cité minière et ses composantes : l’habitat avec la reconstitution d’une cuisine et d’une chambre, l’éducation, les loisirs (colombophilie, harmonie, vacances coordonnées par les houillères…)… Cette omniprésence des houillères a participé à la création d’une véritable culture régionale, encore vivante aujourd’hui. La majorité des visiteurs rencontrés étaient attachés directement – ils avaient vécu la période d’exploitation – ou indirectement – ils avaient connu un mineur ou avaient eu un parent mineur – avec la mine.

Et la plupart possédaient au moins un objet rattaché à l’histoire de la mine. Il est vrai qu’il est difficile d’oublier un tel passé quand le paysage qui nous entoure en reste marqué. Cette forte appartenance a amené une foule de visiteurs à l’exposition. L’heure de fermeture a d’ailleurs été décalée pour satisfaire le public encore présent.

ROBERT MORELLO (CLP)

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Nœux-les-Mines : quarante ans de culture s’exposent au centre Georges-Brassens

Publié le par REVEL Stephane

Même si l’avenir de l’office municipal de la culture ne semble pas compromis, la nostalgie était au rendez-vous mercredi soir, lors de l’inauguration de l’exposition consacrée à ses quarante ans. Presque tous les piliers qui ont participé à ses différentes activités étaient présents.

Après le mot d’accueil de Chantal Urbanski, la nouvelle présidente, Alain Misto s’est chargé de retracer les grandes heures qui ont marqué ces quatre décennies. Il connaît le sujet sur le bout des doigts puisqu’il est le président fondateur de l’OMC. « À l’époque, j’étais jeune directeur de la MJC et nous avions organisé un printemps culturel. Cette manifestation a plu au maire de l’époque, André Fourdinier, qui a demandé au président Jean Loyer de prolonger l’événement. C’est ainsi qu’est né l’OMC. »

La structure est mise en place par un jeune conseiller, Jacques Villedary. Elle réunit une partie des élus et les membres du mode associatif. Son but : le développement, la démocratisation et la réalisation d’activités culturelles. Au fil des années, des invités aussi variés qu’Alain Bombard, Jean-Michel Caradec ou Anne Vanderlove occupent l’affiche. Des groupes folkloriques venus de Pologne, de Géorgie, de Macédoine, d’Ukraine se produisent. On y applaudit les Petits Chanteurs à la croix de bois, le concours national de clarinettes et du théâtre patoisant. Des manifestations récurrentes voient le jour, comme les Salons de l’artisanat et de la gastronomie.

Le musée de la Mine et ses guides bénévoles

Le musée de la Mine naît en 1977. Animé par d’anciens mineurs et restauré par un chantier école en 1980, il ouvre ses portes au public en 1986. Depuis, des milliers de visiteurs ont parcouru ses galeries, escortés par des guides bénévoles. Même si de nombreux fondateurs ont disparu, la relève est assurée par Alain Duty, Patrick Guillemant et Romuald. « Depuis l’ouverture du Louvre-Lens, nous recevons beaucoup de public », remarque ce dernier.

Radio Nœux, une bande FM de copains

En 1981, avec la libération des ondes, un groupe de jeunes emmené par Alain Matuszak crée Radio Nœux, qui émet des sous-sols de la MJC jusqu’en 1983, avant de migrer vers le centre Brassens. En 1987, plusieurs de ses dirigeants, attirés par les sirènes commerciales de ce moyen de communication, contribuent à la liquidation de cette radio locale et associative.

Cinémarilyn, le cinéma sous toutes ses formes

En 1983, avec la transformation du centre Lyautey en centre culturel, la ville se dote d’une salle de spectacle équipée d’un projecteur 35 mm. Une commission Cinémarilyn, dont fait partie Bernard Bollier, est chargée d’établir le programme. Après six mois, le concierge prend le relais des électriciens de la commune et en devient le projectionniste attitré. « J’ai dû projeter entre 800 et 1 000 films, se souvient Bernard Bollier. Malheureusement, nous tournons au ralenti depuis deux ans car le marché de la distribution ne fournit presque plus de copies 35 mm. Il faudrait s’équiper pour passer au numérique. » Cette salle obscure, la dernière depuis la fermeture de l’Éden en 1981, a connu de gros succès comme Germinal, Danton ou encore Rox et Rouky. Des réalisateurs comme René Ferret sont également venus présenter leurs films.

RICHARD ATTAGNANT (CLP)

L’exposition qui raconte ces quarante années propose plus d’un millier de documents et photos. Jusqu’au 27 novembre, tous les jours de 16 h 30 à 18 h 30. Entrée gratuite.

Publié le 22/11/2013

Par La Voix du Nord

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Grande grève des mineurs de 1963: Louis, Serge et André y étaient...

Publié le par REVEL Stephane

Le Centre historique minier de Lewarde a sélectionné quarante-deux clichés en noir et blanc, parmi des centaines d’archives, pour faire revivre la grande grève des mineurs de 1963. Une grève marquée, entre autres événements, par un défilé monstre à Lens : 80 000 manifestants ! Plongée dans un mouvement hors norme dont les témoins se souviennent avec vivacité.

Quarante-deux photos pour retracer un moment qui a marqué les esprits de toute une région: jusqu’au 31décembre, le Centre historique minier met en images la grève des mineurs de 1963. Des clichés noirs et blancs, témoins d’une époque ou plutôt de sa fin annoncée – en 1960, le plan Jeanneney prévoit de réduire la production de charbon au profit du pétrole –, piochés dans les archives de l’association Mémoires et cultures, et des témoins de cette grève de trente-cinq jours: Louis Bembenek, ancien mineur de la fosse Delloye à Lewarde, a participé aux collectes pour aider les mineurs et leur famille, André Brossard, ancien ingénieur des mines à la fosse Agache à Fenain, a soutenu ce mouvement, et Serge Barrois, président de Mémoires et cultures, voyait son père syndicaliste répéter ses discours.

Trois témoins de ce que chacun décrit comme « un moment fort de l’histoire des mines », aux souvenirs précis, riches de détails et d’anecdotes. « J’avais 24 ans à l’époque. J’étais jeune mineur (il a débuté en 1955). 1963, c’était ma première grande grève. » Louis Bembenek s’en souvient comme d’un moment « formidable ». « On dit que quand un peuple se met en marche, rien ne peut l’arrêter. C’est un peu ce qui s’est passé ici. »

La grève commence le 1er mars 1963. Les revendications portent sur les revenus, le passage à 40 heures et une quatrième semaine de congés payés. « Les salaires avaient diminué nettement. Il y avait un gros retard dans une période où l’inflation avait galopé. » Jeune ingénieur des mines, André Brossard connaît là « la première grève où les ingénieurs ont soutenu ouvertement le mouvement ». « On ne faisait pas grève physiquement car on était responsable du maintien de l’outil de travail mais on versait une journée de salaire dans une caisse réservée aux grévistes », poursuit-il.

Le mouvement devait durer deux jours mais le 2 mars, le général De Gaulle prend une décision qui met le feu aux poudres : il décrète la réquisition des mineurs. « C’est ce qui nous a boostés », raconte Louis Bembenek. C’est parti pour cinq semaines de grève. Au plus fort de la grogne, on compte près de 80 000 manifestants à Lens le 30 mars – et 10 000 dans les rues de Douai le 9 mars. « La grève devient une grosse machine : le bassin minier était bloqué, rien ne passait, décrit Serge Barrois. Il faut s’imaginer la dimension que ça prenait ! La résonance, l’ampleur de cette grève. Il ne fallait pas toucher aux mineurs ! Quand on est devant une masse si importante (il évoque la première photo de l’exposition, prise à Lens), on est petit… Toute déclaration (des syndicalistes) devait être calibrée, mesurée, il ne devait pas manquer un point d’exclamation ! » Il évoque son père. « À la maison, il répétait ses discours, il n’avait pas droit à l’erreur. »

1963 fait date par son ampleur mais aussi par son unité syndicale et sa solidarité. Désigné par l’intersyndicale, Louis Bembenek participe à des collectes, notamment à Cambrai. « On a été reçu par le sénateur-maire et l’évêque de Cambrai qui nous a assurés de toute sa solidarité. C’était un moment formidable. » Le soutien vient de toute la France et de l’étranger. « L’URSS, la RDA, la Pologne, l’Espagne nous ont aidés par des dons. » Des enfants de mineurs sont accueillis dans des familles, des commerçants baissent le rideau de leur vitrine en signe de soutien. « On avait une puissance de feu sensationnelle, reprend André Brossard, mais c’était aussi le chant du cygne. Je ressens ça comme la fin d’une époque qui m’a profondément marqué. On ne retrouvera plus cette puissance. Après, c’est une course en avant, une récession qui va durer trente ans. »

Les mineurs reprennent le travail le 8 avril après avoir obtenu satisfaction sur l’essentiel de leurs revendications. « Ça s’est bien passé, se souvient l’ancien ingénieur des mines. Cinq semaines de grève, c’était long. »

Publié le 04/11/2013

Par Nord Eclair

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Une exposition consacrée à la vie quotidienne des mineurs

Publié le par REVEL Stephane

Les 16 et 17 novembre prochains, la commission culturelle organise une nouvelle exposition sur le thème de la mine. Le programme s'annonce riche en événements.

Il ne laissera pas insensible la jeune génération invitée à rencontrer « Le mineur à s'baraque ».
Ils s'appellent Yves, Alain, Didier, Gérard, ou Gégé pour les intimes.
Il ne faut pas oublier les autres membres de l'équipe... Tous ont l'air de bien s'amuser, mais il ne faut s'y tromper. Ce qui se passe au sein de la commission, c'est du sérieux. Il est rare dans les communes rurales de voir autant de volonté pour mener à bien des actions culturelles. Annequin a son salon de l'orchidée avec 4 000 entrées, sa fête de la Pentecôte avec une célébrité de la chanson française, des expositions qui attirent toujours le grand public, et depuis peu, son "t-chot géant". Jules, pour ne pas le nommer. Il est né l'été dernier et mesure 2,40 m.
Il se sentait bien seul sans sa moitié. Cécile verra le jour pour l'exposition de novembre prochain. Elle fait la fierté de son créateur, Yves Marlière, qui rend un hommage à ses beaux-parents et à la mine.
« C'est un autre monde que les jeunes connaissent à peine », expliquent-ils. Il fallait y remédier. Mais pas de manière conventionnelle. Tout a été pensé, mais attention ! Pas question de demander une rallonge financière au maire, Yves Dupont. C'est la seule contrainte que l'édile impose : « petite commune, petits moyens, mais beaucoup d'imagination ». Le maire fait entièrement confiance à cette équipe de joyeux lurons. Ce sont les rois de la récup et des idées innovantes pour faire d'un bout de ficelle, une trame qui va tenir tout le décor.
Ils y travaillent déjà. « 70 % des décors sont préparés à l'avance. Il faut trois à quatre jours pour installer le reste », expliquent-ils. Sans gâcher l'effet de surprise, on peut s'attendre à une belle reconstitution de l'ambiance et de l'habitat minier des années cinquante. « La population a prêté du matériel : piqueur, casque, baquet en zinc, panier de pigeon... Tout ce qui touche à la vie quotidienne des mineurs, comme les coulonneux, le jardinage, les femmes et la lessive, les femmes, laveuses de charbon et les quolibets dont elles faisaient l'objet », racontent-ils.
Avant le public, les scolaires seront invités à découvrir l'exposition à l'aide d'un questionnaire. Des livres seront offerts en récompense. C'est une aubaine pour leur enseignant, qui a programmé la mine dans les sujets de l'année.
L'exposition sera ouverte au public dès le samedi 16 novembre avec Martial et Michel, et la participation de l'association Mémoire de Fond à Liévin.
Quarante mètres d'exposition de matériel, cartes postales et affiches ne manqueront pas d'attirer les anciens et collectionneurs du genre. Les rencontres promettent de beaux témoignages, à partager en dégustant un briquet confectionné sur place dans l'espace restauration.
Dimanche 17 novembre, place au conte avec Guy Dubois, qui se livrera durant deux heures face au public. Jean-Luc Lipscomb, natif d'Annequin sera à l'accordéon.

C. B.

- Samedi 16 et dimanche 17 novembre De 10h à 18h Salle Chavatte (cité 9) ;
ANNEQUIN

jeudi 31.10.2013 L'avenir de l'Artois

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Grande grève des mineurs de 1963: Louis, Serge et André y étaient...

Publié le par REVEL Stephane

Le Centre historique minier de Lewarde a sélectionné quarante-deux clichés en noir et blanc, parmi des centaines d’archives, pour faire revivre la grande grève des mineurs de 1963. Une grève marquée, entre autres événements, par un défilé monstre à Lens : 80 000 manifestants ! Plongée dans un mouvement hors norme dont les témoins se souviennent avec vivacité.

Quarante-deux photos pour retracer un moment qui a marqué les esprits de toute une région: jusqu’au 31décembre, le Centre historique minier met en images la grève des mineurs de 1963. Des clichés noirs et blancs, témoins d’une époque ou plutôt de sa fin annoncée – en 1960, le plan Jeanneney prévoit de réduire la production de charbon au profit du pétrole –, piochés dans les archives de l’association Mémoires et cultures, et des témoins de cette grève de trente-cinq jours: Louis Bembenek, ancien mineur de la fosse Delloye à Lewarde, a participé aux collectes pour aider les mineurs et leur famille, André Brossard, ancien ingénieur des mines à la fosse Agache à Fenain, a soutenu ce mouvement, et Serge Barrois, président de Mémoires et cultures, voyait son père syndicaliste répéter ses discours.

Trois témoins de ce que chacun décrit comme « un moment fort de l’histoire des mines », aux souvenirs précis, riches de détails et d’anecdotes. « J’avais 24 ans à l’époque. J’étais jeune mineur (il a débuté en 1955). 1963, c’était ma première grande grève. » Louis Bembenek s’en souvient comme d’un moment « formidable ». « On dit que quand un peuple se met en marche, rien ne peut l’arrêter. C’est un peu ce qui s’est passé ici. »

La grève commence le 1er mars 1963. Les revendications portent sur les revenus, le passage à 40 heures et une quatrième semaine de congés payés. « Les salaires avaient diminué nettement. Il y avait un gros retard dans une période où l’inflation avait galopé. » Jeune ingénieur des mines, André Brossard connaît là « la première grève où les ingénieurs ont soutenu ouvertement le mouvement ». « On ne faisait pas grève physiquement car on était responsable du maintien de l’outil de travail mais on versait une journée de salaire dans une caisse réservée aux grévistes », poursuit-il.

Le mouvement devait durer deux jours mais le 2 mars, le général De Gaulle prend une décision qui met le feu aux poudres : il décrète la réquisition des mineurs. « C’est ce qui nous a boostés », raconte Louis Bembenek. C’est parti pour cinq semaines de grève. Au plus fort de la grogne, on compte près de 80 000 manifestants à Lens le 30 mars – et 10 000 dans les rues de Douai le 9 mars. « La grève devient une grosse machine : le bassin minier était bloqué, rien ne passait, décrit Serge Barrois. Il faut s’imaginer la dimension que ça prenait ! La résonance, l’ampleur de cette grève. Il ne fallait pas toucher aux mineurs ! Quand on est devant une masse si importante (il évoque la première photo de l’exposition, prise à Lens), on est petit… Toute déclaration (des syndicalistes) devait être calibrée, mesurée, il ne devait pas manquer un point d’exclamation ! » Il évoque son père. « À la maison, il répétait ses discours, il n’avait pas droit à l’erreur. »

1963 fait date par son ampleur mais aussi par son unité syndicale et sa solidarité. Désigné par l’intersyndicale, Louis Bembenek participe à des collectes, notamment à Cambrai. « On a été reçu par le sénateur-maire et l’évêque de Cambrai qui nous a assurés de toute sa solidarité. C’était un moment formidable. » Le soutien vient de toute la France et de l’étranger. « L’URSS, la RDA, la Pologne, l’Espagne nous ont aidés par des dons. » Des enfants de mineurs sont accueillis dans des familles, des commerçants baissent le rideau de leur vitrine en signe de soutien. « On avait une puissance de feu sensationnelle, reprend André Brossard, mais c’était aussi le chant du cygne. Je ressens ça comme la fin d’une époque qui m’a profondément marqué. On ne retrouvera plus cette puissance. Après, c’est une course en avant, une récession qui va durer trente ans. »

Les mineurs reprennent le travail le 8 avril après avoir obtenu satisfaction sur l’essentiel de leurs revendications. « Ça s’est bien passé, se souvient l’ancien ingénieur des mines. Cinq semaines de grève, c’était long. »

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LA GRAND-COMBE Inauguration de la stèle des mineurs : Francis Iffernet interpelle le préfet

Publié le par REVEL Stephane

Le 15 novembre prochain, la ville de La Grand-Combe et la Communauté de communes du pays Grand’Combien organisent, sous la présidence du préfet du Gard, une cérémonie d’inauguration de “la stèle des gueules noires du bassin d’Alès” à la maison du mineur. À travers une lettre ouverte adressée au maire Patrick Malavieille, Francis Iffernet, l’ancien leader de l’Union locale de la CGT d’Alès, félicite l’initiative avant d’expliquer les raisons de son absence à cet événement.

“La Fédération Régionale des Mineurs et Retraités CGT des Cévennes et ses sections syndicales ne peuvent que se féliciter et se réjouir de l’initiative de la ville de la Grand’ Combe et de la Communauté de Communes du pays Grand’Combien, d’ériger une stèle à la mémoire des mineurs cévenols afin de rendre hommage à cette corporation qui a contribué au développement économique et social des Cévennes, ainsi qu’au redressement de la France au lendemain de la guerre”.

Remerciant Patrick Malavieille de l’invitation à cette inauguration, il précise ensuite que cette cérémonie présidée par le Préfet du Gard interpelle ses “convictions syndicales, et principalement pour deux raisons : premièrement, la lettre en date du 2 juin du Préfet du Gard à l’encontre de l’Union Locale d’Alès est pour moi inacceptable, voire choquante [...] celui-ci accuse la CGT de contribuer à la destruction d’emploi sur le bassin, n’hésitant pas à citer Shelbox, Tamaris, Richard Ducros…. A l’évidence pour mieux taire, voire protéger les vrais responsables que sont le patronat et les pouvoirs publics dans la liquidation de ces entreprises. Le comble, lorsque l’on connaît la situation actuelle de Call Expert [...] Sur ce dossier plusieurs questions se posent, notamment l’utilisation et le contrôle des fonds publics…”

Deuxièmement, Francis Iffernet enchaîne sur l’hommage “poignant” qui sera rendu aux Mineurs lors de cette cérémonie, “y compris de la part du Préfet” soulignant que “les retraités et les veuves de mineurs attendent autre chose que des hommages qui ne coûtent pas bien chers. Ils attendent des actes bien plus que des paroles [...] C’est pourquoi, j’interpelle d’ores et déjà Monsieur le Préfet [...] que la meilleure reconnaissance qui puisse être faite à la corporation minière est de mettre fin à l’injustice crée en 2002 sur le rattrapage des pensions minières qui leur était dû [...] ; que l’on indemnise les révoqués 1948 et 1952 dont le jugement [...] avait fixé le préjudice à 30 000 euros et fut remis en cause par le gouvernement Sarkozy [...] ; que l’on assure l’avenir du régime minier, que l’on donne les moyens nécessaires [...] pour qu’il garde sa qualité, sa proximité et la gratuité des soins, et qu’il puisse aussi par ses structures apporter efficacement sa part à l’offre des soins à l’ensemble de la population”.

L’ancien leader de la CGT assure néanmois qu’il sera “présent par la pensée et par le coeur” à l’occasion de cette cérémonie.

Publié le 1 novembre 2013 Objectif Gard

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Nœux-les-Mines: la Chance aux Enfants mesure sa chance au musée de la mine

Publié le par REVEL Stephane

La vie des enfants n’était pas de tout repos à l’époque des premiers galibots. Des jeunes en ont pris conscience dans les galeries du musée de la mine.

Mercredi, la Chance aux Enfants, présidée par Jacques Switalski a invité trois associations pour découvrir la vie des mineurs.

Après avoir regardé une vidéo, garçons et filles pris en charge par le Secours populaire d’Hersin-Coupigny, Pour le sourire d’un enfant de Barlin et les Alizés de Nœux ont pu emprunter les galeries que les membres du musée de la mine ont reconstituées. Les différents modes d’extraction de la houille ont été expliqués aux visiteurs.

Les jeunes ont été surpris de constater que pour retirer le charbon, les mineurs étaient parfois allongés dans des galeries de 80 cm de haut avec un pic.

Cet après-midi instructif a permis de faire connaître aux 50 enfants qu’au milieu du siècle dernier, les Houillères du Bassin Nord Pas de Calais étaient une industrie florissante.

Publié le 02/11/2013

Par La Voix du Nord

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Roost-Warendin : Fermeture de la fosse 9, Roger se souvient

Publié le par REVEL Stephane

Le 29 octobre 1990, la fosse 9 de l'Escarpelle de Roost-Warendin fermait ses portes, sonnant la fin de l'exploitation minière dans le Nord. Roger Demarthe a été l'un des derniers à descendre au fond de cette mine de charbon.

A 14 ans alors que les enfants sont aujourd’hui sur les bancs du collège, Roger Demarthe à ce même âge en 1950, descendait pour la première fois au fond de la mine. 63 ans plus tard, lui qui a connu la fosse 9 de l’Escarpelle de Roost-Warendin, se rappelle très bien sa vie de mineur dans le Douaisis.

En arrivant dans le Douaisis, ce qui m’a frappé, c’est que l’exploitation minière était beaucoup moins modernisée. À Roost-Warendin, c’était comme dans Germinal</em>?», ironise le retraité.

Roger commence par être ouvrier mineur à l’abattage du charbon. À l’aide d’un piqueur, son rôle était de détacher le charbon de la roche. Un travail pénible qu’il a vécu pendant 20 ans au quotidien. « <em>J’en ai manié des tonnes de charbon. Chaque jour, je me levais vers 5h15. On prenait le café et on partait avec le briquet, des tartines très souvent en direction de la fosse. Il fallait être là-bas pour 6h, sinon la cage descendait sans nous.?

Chaque jour, je me levais vers 5h15. On prenait le café et on partait avec le briquet, des tartines très souvent en direction de la fosse. Il fallait être là-bas pour 6h, sinon la cage descendait sans nous..

Une fois sous terre, le travail durait 8 heures, sans voir la lumière du jour.?Seule une lampe frontale permettait d’éclairer l’obscurité noire du fond de la mine. « <em>Parfois on faisait des doubles postes parce qu’il le fallait pour la production. Certains de mes collègues disaient que j’étais un fou de travail.

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Rome: des "spéléo-archéologues" mettent à jour le plan des antiques aqueducs

Publié le par REVEL Stephane

Munis de GPS, de télémètres à laser et d'un scanner 3D, des "spéléo-archéologues" plongent dans les aqueducs de Rome pour mettre à jour le plan de ces monuments d'une importance cruciale dans l'Antiquité.

Onze aqueducs ceinturent Rome, sur des centaines de kilomètres. Un seul fonctionne encore: géré par la compagnie publique locale Acea, il continue à apporter l'eau - l'Acqua Virgo - jusqu'à la célèbre Fontaine de Trevi, après 20 km de parcours jusqu'au centre de la capitale.

C'est un archéologue britannique, Thomas Ashby, directeur de l'Ecole britannique de Rome de 1906 à 1925, qui a élaboré le premier plan des aqueducs de Rome.

"Il était en avance sur son temps", explique à l'AFP Alfonso Diaz Boj, membre de l'association "Sotterranei di Roma" (Souterrains de Rome), qui travaille sur ce projet en liaison avec la Surintendance archéologique de Rome.

"Il a parcouru la campagne romaine, il est allé dans les villages, dans les trattorias, il a parlé aux fermiers, aux chasseurs. Ce n'était pas un simple relevé typographique. Il a pu établir ce plan grâce à sa connaissance de la culture locale", selon une "méthode que nous utilisons toujours aujourd'hui", ajoute M. Diaz Boj.

La signature de Thomas Ashby est d'ailleurs encore visible sur l'un des murs d'une section de l'aqueduc de l'Acqua Marcia, qui passe par le village de Vicovaro, près de Tivoli, aux côtés de graffitis et de poèmes, dont certains datent du XVIIe siècle, laissés par les innombrables promeneurs aux cours des siècles.

Mais ce plan, si nouveau soit-il pour l'époque, est désormais un peu dépassé et l'association, qui est en train de gagner une réputation internationale - elle a notamment participé à l'étude des ruines d'Ephèse (Turquie) - a décidé de l'actualiser en passant par les puits invisibles en surface.

Descendant dans les entrailles d'une section préservée de l'ancien aqueduc de l'Acqua Claudia, débuté en 38 après JC sur l'ordre de l'empereur Claude, situés sur les terres d'un couvent franciscain à Vicovaro, M. Diaz Boj, coiffé d'un casque-torche et vêtu d'une combinaison bleue, souligne combien il est "fier" de participer à ces recherches.

"Notre travail mélange ce que fut l'archéologie en tant que science à ses débuts, avec les capacités des instruments scientifiques les plus récents", se réjouit-il.

Pour lui, ces monuments de pierre ne "sont peut-être pas aussi beaux qu'une statue - même si je pense le contraire. En tous les cas, ils sont aussi importants".

Selon les chercheurs, la capacité combinée des aqueducs atteignait à l'époque de l'empire romain plus d'un million de mètres cubes d'eau par jour (soit théoriquement plus de mille litres par habitants). Des édifices vitaux que les Wisigoths détruisirent lorsqu'ils mirent la ville à sac en 410.

Leur accès est difficile. L'un d'eux, celui de l'Acqua Virgo, est ainsi caché par un escalier en colimaçon datant de la Renaissance et situé à proximité de la villa Médicis.

"Rome est devenue ce qu'elle est grâce à trois facteurs essentiels: les routes, l'eau et les égouts", estime un autre spéléo-archéologue, Riccardo Paolucci, en étudiant un viaduc situé dans un coin perdu d'une vallée d'où sont partis pendant des siècles des mètres et des mètres cubes d'eau pour Rome.

Pour M. Paolucci, "l'eau était primordiale pour l'hygiène. Dans une ville comme Rome, où vivait un million d'habitants, il y a finalement eu très peu d'épidémies".

Tout ça grâce à ce système d'aqueducs et parce que le concept de "service public" était quelque chose de très ancré dans la société romaine, note-t-il avant d'ajouter avec un sourire... "contrairement à aujourd'hui".

Voila.fr 28 septembre 2013

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