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La belle santé du musée de la mine de Neufchef (57)

Publié le par REVEL Stephane

Dans les années 50, plus de 30 000 mineurs travaillaient dans les mines en Lorraine.
C'est pour faire perdurer la mémoire cette activité importante qu'une amicale fait vivre le musée de la mine de Neufchef.

Ne pas oublier le dur travail de la mine...
C'est l'objectif que s'est fixé une amicale d'anciens mineurs.
Depuis 1990, la mine est ouverte au public à Neufchef.
Occasion de montrer et d'expliciter les techniques, les gestes, le rude labeur souterrain.

Le musée de la mine de Neufchef se porte bien.
Et depuis le début de l'année, il voit sa fréquentation augmenter.
Des visiteurs issus de tous les horizons : public familial, comités d'entreprises, groupes, et même organisation d'anniversaires pour enfants.
Une activité diversifiée qui fait vivre le site et la mémoire.
Comme Antoine Bach, ils sont tous passionnés et transmettent le patrimoine ouvrier de notre région, et cela marche, car le musée est fréquenté par une moyenne de 15 000 visiteurs chaque année.

  • Benoît Razimont
  • Publié le 18/03/2014
  • France 3 Lorraine

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Entre Escaudain et Arenberg, les femmes de mineurs, ces «fées du coron»

Publié le par REVEL Stephane

L’année dernière, une étudiante en journalisme a réalisé un reportage intitulé « Les fées du coron » sur les femmes des mineurs entre Escaudain et Arenberg. Pour cela, Charlotte Stiévenard a rencontré trois femmes qui vivent à Raismes et Arenberg, ainsi que Gilbert Dhenain, conservateur du musée d’Escaudain. La journaliste a voulu montrer le fonctionnement de la mine à travers les femmes.

Charlotte Stiévenard a grandi en Alsace. L’année dernière, alors qu’elle était étudiante à l’école de journalisme de Strasbourg (CUEJ), la jeune femme doit réaliser un reportage radio de vingt minutes. Son projet s’est porté sur les femmes de mineurs. Un choix qui n’est pas dû au hasard, puisque toute sa famille vit à Escaudain. « Mon grand-père maternel était mineur à Arenberg. Quand j’entendais parler des femmes du Nord, j’avais l’impression qu’elles étaient fortes de caractère. J’ai essayé de comprendre si c’était vrai. Cette réflexion m’a amené, de manière indirecte, à réfléchir sur le rôle des femmes dans la vie quotidienne des mineurs. »

Charlotte Stiévenard rencontre alors six femmes. Elle sélectionne trois témoignages pour son reportage. Ceux de Jeanine Lukaziewicz et de Nicole Joly qui vivent à Arenberg, et celui de Thérèse Bontemps, installée à Raismes depuis cinquante-sept ans. « J’ai choisi ces femmes parce qu’elles m’ont, chacune, parlé d’aspects différents de la mine », explique Charlotte Stiévenard.

« Noir de poussière »

Nicole Joly évoque l’école ménagère. « C’est le côté paternaliste de la mine, commente la journaliste. C’était très avantageux pour la mine que les femmes s’occupent de leurs maris. Ils travaillaient mieux je pense. » Nicole Joly raconte : « À l’école ménagère, on nous formait pour savoir gérer une maison ». Les femmes y apprenaient la couture, le nettoyage et la cuisine.

Charlotte Stiévenard a amené Nicole Joly, qui n’avait jamais quitté Arenberg, là où se trouvait, à l’époque, l’école ménagère. « Je n’y ai plus remis les pieds depuis 1956 », raconte-t-elle. Nicole Joly lui confie ensuite qu’elle ne voulait pas épouser un mineur. « Mon premier mari n’était pas mineur. Ma mère passait son week-end à nettoyer les bleus de travail de mon père. » Finalement, elle a fini par en épouser un pour faire comme tout le monde. « Lorsque l’on est dans un milieu, c’est difficile d’en sortir », souligne la journaliste.

Thérèse Bontemps raconte, quant à elle, le quotidien. La poussière qui s’incrustait partout lorsque les wagonnets, qui transportaient la terre du sous-sol, étaient culbutés. « Le soir, quand on se lavait, on était noir de poussière », témoigne-t-elle. Thérèse Bontemps avait également une multitude de produits de nettoyage. Elle se souvient de la mauvaise réputation qu’avaient les mineurs, les « gueules noires », après la guerre. « On était mal vu. »

Enfin, Jeanine Lukaziewicz évoque les obligations qu’avaient les femmes de nettoyer les caniveaux le mercredi et le samedi. « Un garde de la compagnie venait aussi vérifier que les maisons étaient propres, sous peine d’amende », poursuit Charlotte Stiévenard. « Pour ces femmes qui vivaient ça, ça leur paraissait normal. »

Au cœur de la mine

La journaliste, également à la recherche d’une personne parlant le rouchi (le patois du Valenciennois), a fait la connaissance de Gilbert Dhenain, le conservateur du musée d’Escaudain. Dans son reportage, on l’entend lire un poème et traduire des mots en rouchi, entrecoupés par les témoignages des trois femmes de mineurs.

Charlotte Stiévenard a voulu montrer le fonctionnement de la mine à travers les femmes. « Elles étaient au centre de la mine. En écoutant le reportage, certains ont eu l’impression que les femmes de mineurs avaient connu leurs vies. La fierté du mineur ne ressort pas forcément. » Ces femmes vivent toujours dans leurs maisons auxquelles elles sont profondément attachées.

Publié le 01/03/2014

PERRINE LEMIEUGRE

La Voix du Nord

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Imerys met fin à l’extraction d’ardoises en Anjou

Publié le par REVEL Stephane

Une étude confirme l’épuisement du gisement d’ardoises, marquant la fin d’une longue tradition minière. Foyer de pertes récurrentes pour Imerys, cette dernière mine angevine employait 153 salariés.

La fine ardoise angevine, c’est presque fini. A Trélazé (Maine-et-Loire), la fermeture de la dernière mine, celle des Ardoisières d’Angers (groupe Imerys), marquera fin mars l’épilogue de six siècles d’extraction de cette pierre schisteuse, un produit haut de gamme vanté pour son gris bleuté aux nuances satinées.

Lundi dernier, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), sollicité pour son indépendance, a confirmé, après étude, que l’exploitation de la mine n’était plus viable économiquement, en raison de l’épuisement du gisement. Cet avis confirme celui d’Imerys qui avait annoncé, le 25 novembre dernier, le projet de fermer ce site. La mine emploie 153 salariés. Ils étaient encore 2.000 au début des années 1980. Au delà du manque de réserve, le direction mentionne une baisse de la qualité de la pierre bleue restante, incompatible avec son positionnement haut de gamme.

L’audit n’a pas convaincu la CGT qui conteste l’épuisement du gisement et affirme qu’il a été réalisé essentiellement à partir de documents fournis par la société, sans investigations supplémentaires. Le syndicat a commandé une autre étude au cabinet Secafi pour qui le site serait viable à condition d’investir une vingtaine de millions d’euros.

De son côté la direction affirme que au cours des dix dernières années, « des moyens très significatifs pour l’exploration et la recherche de nouvelles ardoises », ont été mis en œuvre. 3.000 mètres de galeries ont été creusées et près de 10.500 sondages effectués près des gisements actuels, mais sans résultats. En dépit de ces investissements, la production est passé de 6.300 tonnes en 2012 à 3.500 tonnes l’année dernière. Depuis 2008, le rendement de la pierre abattue s’est réduit de moitié, à 2,8 %, tandis que le coût de production d’une tonne passait de 860 euros en 2005 à 2.000 euros aujourd’hui. Dans le même temps « la situation financière de l’entreprise s’est détériorée », expose Imerys. La perte d’exploitation approchait les 5 millions d’euros en 2013, sur un chiffre d’affaires de 12 millions d’euros. Sur les exercices 2011 et 2012, la perte nette cumulée atteignait à 7,5 millions d’euros.

Marc Goua, le maire PS de Trélazé déplorait récemment que les toitures du château de Fontainebleau et celles des Invalides avaient récemment été refaites avec de l’ardoise canadienne. Selon Imerys, 90 % de l’ardoise vendue en France provient de mines ouvertes en Espagne, alors qu’il fallait plonger à 400 mètres pour l’extraire du sous sol de Trélazé. Pour autant, l’audit du BRMG n’a pas convaincu la CGT qui conteste l’épuisement du gisement. Le syndicat estime que l’enquête dépend essentiellement de documents fournis par la société, sans investigations supplémentaires.

De son côté, la direction des Ardoisières indique qu’elle proposera à chacun des 153 salariés des mesures personnalisées et des reclassements en France au sein du groupe Imerys. La fin de la mine a cependant provoqué un certain émoi à Trélazé, faubourg populaire d’Angers. Dans certaines familles, on était mineur d’ardoise de père en fils, depuis des générations. La mine laisse en outre une vaste emprise de 130 hectares, propriété d’Imerys, qu’il faudra urbaniser ou réindustrialiser.

Photo ©Ardoisières d’Angers

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