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Tourisme : Sur les traces des mineurs d'ardoise de la Mine bleue

Publié le par REVEL Stephane

Depuis le début de l’année, le site touristique de Noyant-la-Gravoyère a retrouvé un nouveau souffle. L’occasion de descendre au fond de la mine.

Installé dans le funiculaire, le groupe s'agrippe aux barres de fer, encouragé par la guide, Vannessa. Juste avant de descendre, une date gravée face aux visiteurs, sur le mur : 1916. « La mine d'ardoise a fonctionné pendant vingt ans, jusqu'en 1936. Mais le krach boursier de 1929 a signé la fin de la Gatelière. »

Arrivée au fond, la vingtaine de visiteurs s'engouffre dans le petit train, le fameux TGV, ou « train à grande vibration ». Tout au long des parois de schiste, luisantes, des conduits électriques, des lanternes, et certains mannequins retraçant des scènes de l'époque.

« Les mineurs travaillaient le dos au nord, sur les blocs côté sud. Car sinon, l'ardoise tombait du plafond », explique Vannessa. Pour beaucoup, se replonger dans l'univers des années vingt demande de l'imagination. Alors, la guide plante le décor : « Au début du XXe siècle, un mineur sur quatre seulement atteignait l'âge de 45 ans. Et la tradition interdisait aux femmes de descendre au fond, ça portait malheur ! »

Pendant les vacances de la Toussaint, en semaine jusqu'au vendredi 31 octobre, de 14 heures à 18 heures (descente à 14 h 30), le week-end jusqu'au dimanche 2 novembre, de 10 heures à 19 heures Réservation conseillée : www.laminebleue.com, Tél. 02 41 94 39 69.

Ouest-France Jeudi 23 octobre 2014

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En hommage aux mineurs

Publié le par REVEL Stephane

Saint-Léger-du-Bois

Dernièrement, une plaque souvenir a été posée au-dessus du site du puits des Barbottes, à l’entrée du Grand Moloy, en souvenir d’un dramatique accident survenu il y a 160 ans.

On parle d’Épinac-les-Mines et de ses anciens puits, mais il ne faut pas oublier que les communes environnantes – à l’instar de Saint-Léger-du-Bois – ont également eu leur épopée minière et leur cortège d’épisodes douloureux.

C’est celui survenu le 3 janvier 1855 que remémore la plaque souvenir fabriquée, offerte et installée à l’entrée du Grand Moloy par l’association Sauvegarde du patrimoine industriel d’Épinac. Un événement dramatique raconté par Monique Boisseau, habitante de Saint-Léger-du-Bois, qui s’est longuement penchée sur l’histoire de sa commune.

« Le 3 janvier 1855, durant des travaux, six hommes sont bloqués dans une galerie, surpris par l’invasion subite des eaux. Malgré les secours apportés de tous côtés pendant 26 jours par les habitants de la commune, les directeurs, les ingénieurs, les mineurs d’Épinac et de Marvelay, l’ingénieur en chef des mines, le garde-mine, le sous-préfet et le procureur impérial d’Autun, rien n’y fait pour arriver à sauver les malheureux demeurant tous au Petit et au Grand Moloy. Il s’agit de : Philippe Berthault, époux Jeannin, 44 ans ; Jacques Chauveau, époux Repiquet, 30 ans ; Antoine Jeannin, époux Muzard, 45 ans ; François Lafouge, époux Bélorgey, 41 ans ; Laurent Laroue, époux Guillaud, 36 ans ; Jean Rousseau, époux Bergeret, 40 ans.

Ces six ouvriers ont péri dans l’accident et sont enfermés dans une galerie dont l’entrée est rendue impossible par une masse d’eau. À l’effet de suppléer à l’acte de décès, un procès-verbal de jugement du Tribunal d’instance d’Autun est dressé et annexé au registre de l’État-civil le 30 janvier 1855. »

Aujourd’hui, cette plaque souvenir leur rend hommage, venant enrichir l’histoire des mines locales et le circuit des Gueules noires.

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Blanzy Nécessité de produire plus

Publié le par REVEL Stephane

Une très intéressante conférence sur la mobilisation industrielle dans les mines de houille a réuni mercredi, près d’une centaine de personnes au musée de la Mine.

La mobilisation industrielle dans les mines de houille est un sujet que Jean-Philippe Passaqui, docteur en histoire contemporaine, et Frédéric Lagrange, président de l’association La Mine et les hommes, connaissent très bien. Mercredi 24 septembre, au Musée de la mine, ils ont su captiver leur auditoire.

Jean-Philippe Passaqui a tout d’abord, fait un large tour d’horizon en décrivant les différentes exploitations minières de la région, que ce soit les mines de charbon des différents bassins ou de l’exploitation des schistes bitumineux à Autun. L’exploitation de ces schistes a été rendue nécessaire par la raréfaction du pétrole venant des États-Unis du fait de la guerre 14/18. Le développement du transport routier pour l’acheminement des troupes sur les lignes de front et leur ravitaillement a créé d’énormes besoins en carburant.

De son côté, Frédéric Lagrange a parlé des mines de Blanzy pendant la Grande Guerre, la production de charbon étant vitale pendant ce conflit. Il faut savoir que les mines de Blanzy étaient avant le début des hostilités, la 9e production française de charbon. La nécessité de produire davantage a été vite confrontée au manque de main-d’œuvre consécutif à la mobilisation des mineurs qu’il a fallu remplacer. Des mineurs retraités ont repris alors du service, des réfugiés du nord ont été embauchés, et des mineurs sont revenus du front pour redescendre à la mine.

Lors de cette conférence, les deux intervenants ont parlé des effets positifs liés à la destruction des mines du nord sur la modernisation des mines des différents bassins régionaux dont celui de Blanzy, devant tous répondre en augmentant leurs productions pendant et après la guerre pour répondre aux besoins en énergie.

le 28/09/2014 à 05:00 | Mathias Chaidat (CLP)

Le Journal de Saone et Loire

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Pétrole, gaz, minéraux... notre sous-sol est une vraie mine

Publié le par REVEL Stephane

Réunis en congrès à Toulouse, les experts géologues poussent les pouvoirs publics à réexploiter nos gisements historiques. Comme le gouvernement, ils croient à un «renouveau minier».

Il existe dans le sous-sol du Grand Sud des gisements suffisamment riches pour être à nouveau exploités. C'est en substance le message que feront passer les géologues réunis à partir de demain au Museum d'histoire naturelle de Toulouse à l'occasion du cinquantenaire de l'Association des géologues du Sud-Ouest (Agso).

Voilà rassemblés pour trois jours la plupart des métiers des sciences de la Terre, de l'industrie, des mines et des universités, avec un objectif très clair : persuader les instances de tous poils qu'il faut valoriser les géoressources du Grand Sud-Ouest face aux défis du XXIe siècle. Sont concernés le pétrole, le gaz, les minéraux, mais aussi les granulats… Le message des spécialistes fait écho aux déclarations de l'ex-ministre de l'Économie Montebourg qui, en février, prônait un “renouveau minier” avec une refonte du Code minier.

On importe les métaux

«Notre potentiel énergétique n'est pas que dans l'éolien, le solaire ou la biomasse. Il est encore sous nos pieds, là où, il y a quelques années on exploitait des mines progressivement abandonnées parce qu'elles étaient jugées non rentables et que les cours des métaux s'effondraient. Les dernières exploitations ont cessé leurs activités au début des années 2000. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. «Le but n'est pas de rouvrir les mines de charbon, initiative à laquelle plus personne ne croit, mais de valoriser les métaux stratégiques comme l'or, le tungstène, l'antimoine ou les terres rares», souligne Joseph Canérot, géologue, professeur à l'université Paul-Sabatier de Toulouse et un des organisateurs de ce colloque.

En 2011, l'Union européenne dressait la liste de 14 minéraux “critiques”, que nous sommes obligés d'importer pour répondre à nos besoins industriels.

Si les géologues eux-mêmes veulent relancer les recherches, c'est parce que les techniques d'exploration ont évolué et se révèlent plus “propres”. Le congrès de l'Agso tombe à point nommé après que le gouvernement a voulu réveiller notre mémoire industrielle et minière.

Inventaire minier

La France redécouvre son sous-sol, et envisage de l'exploiter à nouveau avec l'obligation réglementaire de respecter l'environnement. Pas facile quand on sait le débat suscité par la seule question de l'exploration du gaz de schiste. D'ailleurs, les organisateurs du congrès n'ont pas obtenu le feu vert des autorités et du Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM) pour identifier sur une carte les sites potentiels. Trop polémique.

Cet intérêt nouveau pour notre patrimoine minier passe par la remise à plat progressive de l'inventaire de notre sous-sol, le dernier datant de 1992. Le moment n'a jamais été aussi opportun dans un contexte général de tension sur les approvisionnements en métaux. Si on excepte le nickel, tous les métaux utilisés en France sont importés : fer, aluminium, cuivre, tout comme les métaux pour alliage ou d'autres usages (dont le tungstène). Sans oublier bien sûr l'or et l'argent.

«De nombreux gisements mériteraient de nouvelles évaluations, comme Montredon-Labessonié ou la Fumade dans le Tarn, comme Salau dans le Couserans. «On ne peut tourner le dos au développement. Qui n'avance pas régresse», poursuit Joseph Canérot.

Lors de ce congrès, les participants feront aussi le point sur les activités pétrolières et gazières, notamment en Aquitaine. Certes, les sites de Saint-Marcet et Lacq ont été stoppés parce que jugés non rentables par les grands groupes, mais d'autres sociétés, plus petites, s'y sont intéressées. Ainsi, le canadien Vermilion a-t-il racheté ces puits avec des moyens qui impliquent des dépenses moindres. Il n'empêche : en Aquitaine, la société réalise 65 % de la production française, soit 11 000 barils par jour à partir d'une centaine de sites répartis entre les départements de la Gironde et des Landes.

Dans le Couserans, le gisement de Salau exploité à nouveau ?

Il est sur ce projet depuis plus d'un an et espère bien être attendu des pouvoirs publics. L'Ariégeois Michel Bonnemaison mise sur la réouverture prochaine des mines de Couflens Salau, un gisement stratégique créé en 1971 et qui disparut en 1986 du fait de l'effondrement des cours et du terrible dumping sur les prix que pratiquaient alors les concurrents chinois.

La disparition de la mine fut vécue douloureusement à l'époque : 150 mineurs travaillaient sur ce site qui faisait vivre le village. La commune s'était même lancée dans un programme de construction d' HLM pour loger les salariés arrivés de Lorraine et du Maroc. En 1976, grâce au filon baptisé Véronique, les réserves étaient de 6 500 tonnes d'oxyde de tungstène contenues dans 350 000 tonnes de minerai.

En 1985, de nouvelles prospections décrivent un potentiel géologique d'1 million de tonnes de minerai…

Ancien du BRGM, Michel Bonnemaison croit dur comme fer à son idée. Présent dès demain au congrès de géologie, il est un de ceux qui se battent tous les jours pour la réhabilitation de sites miniers. «J'ai déposé plusieurs demandes de permis. Huit licences sont en cours d'instruction, deux sont déjà acquises», explique l'ingénieur originaire de Dun, près de Pamiers, directeur général de Variscan Mines, une société basée à Orléans qui aide les sociétés minières dans l'instruction de leurs dossiers. Variscan Mines avance son slogan, parfois contesté par les riverains et les écologistes : «être un des acteurs principaux de la revitalisation des industries minérales françaises et des mines du futur». En juin 2013, Michel Bonnemaison a obtenu un permis minier, dit permis de Tennie, dans quinze communes de la Sarthe et de Mayenne. Objectif ? Trouver du cuivre, du plomb, du zinc, de l'or et de l'argent.

En février, Arnaud Montebourg lui a accordé un autre permis exclusif de recherches de mines d'or et d'argent dans le Maine-et-Loire. Le périmètre d'exploration en question couvre 33 communes de La Bellière à Saint-Pierre-Montlimart.

«Nous attendons de manière imminente le feu vert de l'État pour un autre site situé cette fois à Merléac, dans le Finstère, où se trouve du zinc, du cuivre, plomb, argent, et peut-être de l'or», indiquait hier encore l'ingénieur qui oppose une persévérance sans faille dans la conduite de ses projets nombreux et variés.

Le Tungstène stratégique

Salau, Montredon- Labessonie, la Fumade… Le tungstène appartient à ces métaux high-tech, qualifiés de stratégiques ou de critiques car leur chaîne d'approvisionnement est menacée en Europe. Or leurs propriétés catalytiques, électriques, magnétiques, chimiques ou encore optiques en font des matériaux indispensables pour certaines filières de l'économie. C'est le cas pour l'aéronautique et le spatial. La question de la sécurisation de leur approvisionnement est primordiale.

Par ailleurs, les géologues en congrès poseront la question des gisements de granulats sous-exploités dans le Grand Sud alors qu'il y a des réserves dans les vallées alluviales. La faute aux réglementations environnementales rigides ? «Pour l'autoroute Pau-Langon, on a fait venir des matériaux de Norvège par bateau», rappellent les géologues qui ne comprennent pas cette hérésie.

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Les anciens mineurs retournent au charbon

Publié le par REVEL Stephane

Le cheval de mine reprend du service à Cagnac-les-mines.

L'Association de sauvegarde du patrimoine minier de Carmaux-Cagnac (ASPICC) et les Gueules Noires d'Inde (LGNI) fêtent les Journées européennes du Patrimoine. En collaboration avec l'équipe du musée-mine de Cagnac, les enfants du primaire et les collégiens seront les premiers à revivre les événements spectaculaires de la mine. Le public est invité gratuitement samedi 20 et dimanche 21 de 10h à 18h.

Les anciens mineurs retournent au charbon pour vous surprendre et vous guider dans le cadre de l'extraordinaire musée-mine départemental.

Les expositions des quatre précédentes journées du patrimoine seront représentées ainsi que les très belles collections d'objets de mine et en particulier la démonstration du fonctionnement des lampes de mine.

Programme :

Sur le carreau de mine de Camp-Grand à Cagnac, un cheval de labeur, descendant des valeureux chevaux de mine conduit par M. Malgouyres, va tracter des wagonnets de charbon sur une voie provisoire de 60 m. Les enfants pourront pousser ces mêmes wagonnets dans l'autre sens ou enfourcher le fameux vélo de mine. Exceptionnellement, le dernier conducteur de chevaux à Carmaux sera l'invité de ces journées.

Des camions chargeurs transporteurs diesel spécialement dessinés pour se faufiler dans les galeries feront des démonstrations de chargement autour du puits de Camp-Grand.

Les anciens mineurs de l'ASPICC vous feront visiter des galeries du musée aménagées spécialement pour l'événement avec des effets lumineux et sonores et des petits films de mine diffusés en différents points des galeries.

Pour la première fois, une galerie située à côté de la grande cheminée servira pour la reconstitution de la fameuse technique minière d'exploitation par chambres soutirées inventée à Carmaux-Cagnac et exportée dans les mines d'Inde dès 1987.

Le clou de ces journées sera la reconstitution du coup de poussier si destructeur à l'époque des mines de charbon. A voir depuis le nouveau belvédère du musée, à 10h-15h et 17h, les effets de la terrible explosion de poussière de charbon tirée depuis une nouvelle galerie aménagée elle aussi par l'ASPICC.

Samedi 20 et dimanche 21 septembre, de 10 h à 18h.

La Dépêche du Midi

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Simulations de coup de grisou au Musée-Mine

Publié le par REVEL Stephane

Dans le cadre des journées européennes du Patrimoine qui ont lieu les 20 et 21 septembre, le Musée-Mine départemental, en partenariat avec l'ASPICC, vous propose des animations gratuites. Au programme, une demi-heure de visite-découverte des galeries, diverses expositions dont une collection privée de 120 lampes de mineurs. L'exposition «Jean Jaurès et les Mineurs» visible jusqu'au 4 décembre explore le thème du héros. En effet, comment Jaurès devient-il dans le carmausin une figure illustre de son vivant et après sa mort ? De nombreux documents d'archives et dessins de presse-caricatures vous permettront de le découvrir. Enfin, des simulations (11h, 15h, 17h) de coup de poussier réalisées grâce à des effets pyrotechniques par les membres de l'ASPICC qui ont aménagé les lieux pour recréer ce que les mineurs appelaient autrefois, le coup de grisou. Les membres de l'ASPICC, présidée par Patrick Garcia, ont travaillé plusieurs mois afin d'aménager une plateforme en contrebas du Musée et reconstituer ainsi une galerie de mine en extérieur. Le belvédère qui surplombe le lieu d'animation permettra aux visiteurs d'assister à cette simulation. Il a été créé avec l'aide de 7 jeunes de l'Association de Jeunesse du Carmausin. Ce centre de loisirs accueille des adolescents de 13 à 17 ans qui, chaque été, participent à des chantiers.

Au mois de juillet, durant une semaine, les jeunes du centre ont déboisé, désherbé, débroussaillé et nettoyé les abords du Musée-Mine. «Au contact de personnes plus expérimentées, ils ont pu découvrir le monde du travail avec ses contraintes, horaires et pénibilité. Ils ont utilisé du matériel spécialisé pour la première fois» explique Florian Alujas, ancien mineur, qui a supervisé ce chantier. Une expérience très enrichissante pour eux dont ils se souviendront. «Le président Thierry Carcenac se félicité de cette démarche et de l'implication de ces jeunes. Il a souhaité d'ailleurs qu'un petit film soit créé afin de valoriser cet échange» précise Véronique Malfettes, directrice du Musée. Une vidéo de ce travail commun sera diffusée lors de ces deux jours.

L'entrée au musée, les expositions et les animations sont gratuites.

Marie-Gabrielle Alcouffe

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Faut-il rouvrir la mine d’or de Salsigne ?

Publié le par REVEL Stephane

05.09.2014, par

Hervé Pujol

Il y a dix ans, la plus grande mine d’or d’Europe, située dans l’Aude, cessait d’être exploitée. Malgré d’importants problèmes sanitaires et environnementaux, sa réouverture est envisagée. Décryptage d’Hervé Pujol, spécialiste du droit du travail et de l’environnement.

Il y a dix ans, la conjugaison de problèmes économiques, environnementaux et sanitaires précipitait la fin de l’exploitation du district aurifère de Salsigne (Aude) et, avec elle, la fermeture de ce qui était alors la plus grande mine d’or d’Europe, et la dernière de France métropolitaine. Deux ans auparavant, le dynamitage de la cheminée de l’usine de traitement du minerai avait déjà marqué le début des opérations de démantèlement du complexe métallurgique.

Une mine fermée en 2004 pour raisons de santé publique

Après plus d’un siècle d’activité, ce dénouement n’avait rien de surprenant : il sanctionnait une exploitation menée de façon souvent chaotique et une gestion erratique des déchets, génératrices, l’une et l’autre, d’une pollution par des métaux lourds et des métalloïdes (notamment l’arsenic) affectant le milieu et, par voie de conséquence, la santé publique. Si, à partir des années 1990, plusieurs missions spécialisées de l’environnement (Mise) ont souligné, auprès de l’État, les risques attachés aux activités industrielles, l’étude des sources archivistiques récemment menée par les chercheurs du laboratoire Dynamiques du droit1, révèle que les nuisances ont toujours accompagné l’histoire du site et qu’elles ont été à l’origine de nombreux litiges et des plus vives controverses.

Il a pourtant fallu attendre 2003 pour que la Cour des comptes, dans un rapport très critique, stigmatise enfin les dysfonctionnements révélés par l’analyse des politiques publiques mises en œuvre à Salsigne et la difficulté de l’État à arbitrer impératifs sociaux de soutien à l’emploi et nécessaire prise en compte des coûts environnementaux associés à la poursuite d’une entreprise polluante.

Concernant le risque sanitaire, l’excès de cancers bronchiques provoqués par l’arsenic chez les ouvriers du site fut identifié dès les années 1970. De façon plus générale, l’exposition des populations riveraines aux polluants industriels fit l’objet, en 2001, d’une étude de l’Institut de veille sanitaire concluant (InSV), notamment, à un excès de 80 % de la mortalité par cancer du poumon et de 110 % pour celui du pharynx. Les auteurs de l’enquête, publiée en 2005, admettaient alors que ces résultats pouvaient être dus, en partie, à une contamination environnementale.

Des sols toujours très pollués dix ans après

Aujourd’hui, en dépit des importants efforts entrepris par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) dans le cadre de ce qui fut considéré comme l’un des plus importants chantiers de réhabilitation d’un site industriel en France, la gestion du passif environnemental reste préoccupante. Si la question atmosphérique ne se pose plus, que dire de la qualité des sols et des eaux, sinon que l’on trouve encore des « zones de dépôts de déchets mal confinées, mal réhabilitées et instables, ou traversées par des sources qui contribuent à maintenir un fond de pollution résiduelle non négligeable dans la rivière Orbiel » 2. Sur ce dernier point, de récentes études présentées à l’occasion d’un colloque international3 ont révélé qu’au niveau de la zone réhabilitée, environ 90 % de la contamination des eaux de surface en arsenic dissous est un héritage de l’ancienne activité industrielle.

Les autorités locales n’ignorent rien du problème : au motif que les légumes feuilles, les légumes racines, les poireaux cultivés, le thym et les escargots ramassés dans la vallée présentent des concentrations en métaux lourds supérieures aux teneurs « au-delà desquelles la sécurité des populations ne peut être garantie » 4, des arrêtés préfectoraux interdisent d’année en année, depuis 1997, leur mise sur le marché sur le territoire de plusieurs communes.

À ce bilan préoccupant, il faut ajouter la fréquence des incidents : ici, la rupture d’une digue d’un bassin de décantation ; là, la découverte d’enfouissements sauvages d’arsenic ; en 2011, la survenance d’explosions mystérieuses dans la mine souterraine ; en 2013, la pollution d’un canal d’irrigation dont les eaux présentent un taux d’arsenic 450 fois supérieur au seuil de potabilité fixé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Autant de faits qui ne sont pas pour rassurer les associations locales de protection de l’environnement, lesquelles, à l’instar de certains particuliers, ont déposé plainte pour mise en danger d’autrui.

L’approvisionnement en métaux : un problème pour l’industrie française

L’actualité de Salsigne pourrait en rester là, mais la volonté déclarée d’Arnaud Montebourg, ancien ministre du Redressement productif, de créer une Compagnie nationale des mines afin de réengager le pays dans « la bataille mondiale qui est menée par les États pour accéder aux ressources naturelles » amène à se demander si le dernier chapitre de l’aventure extractive du lieu ne reste pas à écrire…

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Musée Wendel : les mineurs vous guident

Publié le par REVEL Stephane

Par Arnaud STOERKLER • Journaliste de La Semaine • 06/09/2014

Comme plusieurs grands sites touristiques de Moselle, le musée « Les mineurs Wendel » propose en septembre des visites insolites de son espace d'exposition. Le public est amené dans les premiers pas d'un jeune mineur pris en charge par un chef « porion ». Une aventure théâtralisée, orchestrée par d'anciens ouvriers du charbon.

Les origines du projet
L'histoire
De vrais mineurs à la barre
Le réel nourrit la fiction
Un parcours dans le passé

Visites théâtralisées du musée Les mineurs Wendel à Petite-Rosselle, les 6, 7, 13, 14, 27 et 28 septembre à 15h. Durée : 1h. Tarif : prix d'entrée classique au musée, 8 euros pour les adultes et 4 euros pour les enfantsde 6 à 18 ans.

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