Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Thil : la mine accueillera un musée

Publié le par REVEL Stephane

Il n’aura fallu que deux ans à la mairie de Thil pour imaginer et concrétiser ce projet. Un musée et un mémorial vont être créés au cœur de la mine du syndicat de Tiercelet. Ils seront accessibles au public en septembre prochain.

C’est un livre, publié en Russie, qui est à l’origine de ce lieu de mémoire. L’ouvrage retraçait l’histoire « extraordinaire » de 37 femmes russes qui travaillaient dans la mine, pour en extraire le minerai de fer. Elles étaient prisonnières du camp de concentration thilois. « On a appris il y a deux ans que ces femmes avaient réussi à s’évader le 8 mai 1944. Elles ont alors formé un bataillon de femmes résistantes », raconte Annie Silvestri, maire de Thil.

L’année dernière, l’élue est allée à la rencontre de la dernière survivante, alors âgée de 100 ans, et l’a nommée citoyenne d’honneur. « Nous avons souhaité créer un musée à la mémoire de ces femmes russes mais aussi de l’histoire de la mine. »

Le Republicain Lorrain le 23/04/2015

Voir les commentaires

Hussigny-Godbrange : plongée historique au fond d'une mine de fer

Publié le par REVEL Stephane

Fermée en 1978 après un siècle d'exploitation, la mine de fer d'Hussigny-Godbrange est de nouveau accessible mais désormais aux visiteurs. L'occasion de découvrir "le fond" grâce aux bénévoles de l'association d'Histoire Industrielle de Hussigny.

Exploitée pendant un siècle, la mine de fer d'Hussigny-Godbrange dans le Pays-Haut lorrain (54) a fermé en 1978. Et dans ce secteur, les Terres Rouges, à Audun-le-Tiche, dernière mine d'où était tirée la minette lorraine a cessé son activité en 1997 clôturant ainsi l'exploitation du minerai de fer dans le sous-sol lorrain.

Un passé que des passionnés ont choisi de ne pas oublier en transformant la mine de fer d'Hussigny-Godbrange en musée.

L'occasion pendant deux heures de découvrir la mine en activité, en situation réelle, à 30 mètres sous terre. Une évocation historique en grandeur réelle pour faire revivre la mémoire des gueules jaunes. Une découverte qui complète celles proposées par les mines voisines de Neufchef (Moselle) et Aumetz.

Toutes les informations sur la page Facebook de l'association d'Histoire Industrielle de Hussigny.

Les dates des prochaines visites et les contacts sur le site internet de l'association.

  • Par Jean-Christophe Dupuis-Remond
  • Publié le 14/04/2015
  • France 3 Lorraine

Voir les commentaires

Sur les sentiers des mines du Val d'Azun

Publié le par REVEL Stephane

Après de longues et méticuleuses recherches, Jean-Marc Poudevigne s'est lancé à la découverte de ces secteurs de labeur, qu'il a sillonnés et répertoriés dans un livre.

«Lucky Luke et les Daltons assis dans une berline, traversant une mine mystérieuse», une scène parmi tant d'autres ? Pas tout à fait. Si les aventures de ce célèbre personnage ont bercé les générations, pour Jean-Marc Poudevigne, cette image aura été l'élément déclencheur d'un rêve devenu réalité. Quoi de plus beau que la vue de câbles rouillés, de vieux pylônes ou de haldes, derniers vestiges d'un passé actif aujourd'hui figé par le temps ? Pour percer les secrets des mines du Val d'Azun, il ne s'agissait pas de «tirer plus vite que son ombre» mais de faire preuve de patience. Ainsi, notre aventurier du XXIe siècle, à la curiosité attisée par le rêve, a entamé une véritable enquête. La lecture des rapports des géologues, en particulier De Dietrich, ainsi que des annales des mines et d'anciens rapports de la préfecture ont permis à Jean-Marc de localiser les secteurs. Mis à jour au fil d'une recherche minutieuse, les indices se sont accumulés pour enfin laisser apparaître des chemins jadis empruntés par des mineurs. Tortueux pour certains, réguliers pour ceux menant aux mines les plus récentes, ces sentiers ont pris un air de randonnée avec à la clé la découverte d'un joyau. Faute d'être la «mine d'or de Dick Digger», c'est un pan de l'histoire de la vallée qui s'offre aux amoureux de la nature. C'est sans berline mais équipé de matériel de spéléologie que Jean-Marc et «Véro», sa complice aventurière et expérimentée, ont pénétré dans le ventre de ces anciennes «usines» à extraction de minerais. Au terme des prospections et comme tout bon spéléologue, il a commencé à topographier les différentes mines, puis à les étudier. Pour mener à bien ce projet passionnant, Jean-Marc a développé de nombreux contacts avec les institutionnels et bénéficié du soutien d'une société de développement des logiciels de cartographie. Ce fastidieux travail a duré une année. Aujourd'hui, ces recherches peuvent profiter au grand public par le biais d'un livre. «Randonnées vers les mines du Val d'Azun», de Jean-Marc Poudevigne, est sorti aux éditions Cépaduès. Il répertorie une vingtaine de sentiers de randonnées pittoresques ou insolites à parcourir à pied ou à VTT vers l'entrée des mines. À noter deux recommandations importantes : ne pas entrer dans les mines sans être accompagné d'un spéléologue et comme toute sortie en montagne, ne pas suivre la célèbre phrase de Lucky Luke : «I'm a poor lonesome cow-boy» !.

Sandrine Le Lay

Voir les commentaires

Fournes: la mine dans tous ses états chez les Apprentis d’Auteuil

Publié le par REVEL Stephane

Inspirée par Gaëtan et Matteo, deux jeunes éducateurs de l’établissement, une exposition sur le thème « La mine et ses outils » se tient dans les locaux de la Fondation des Apprentis d’Auteuil jusqu’au 25 mars

Encouragés par Jean-Michel Nguyen, le directeur, ils se sont rapprochés de Michel Pillaert, un ancien de l’école entré en 1955 un an après sa création, qui y est resté durant quatre années avant de partir en Argentine puis de rentrer en France au moment de la Guerre d’Algérie et de poursuivre sa carrière dans l’Hexagone.

Ce dernier, grand passionné de la mine et des mineurs, a confié sa collection personnelle amassée durant des années et qui s’avère être d’une grande richesse. Tout ce qui a trait à cette période, si importante de notre patrimoine, y est représenté. « Une façon d’ouvrir le collège vers l’extérieur et de se poser la question d’où on vient », commente le directeur qui y voit aussi l’aspect culturel. L’exposition bénéficie du partenariat des associations Mémoire du fond de Liévin et des Gueules noires.

L’exposition « La mine et ses outils » est visible jusqu’au mercredi 25 mars, de 10 h à 18 h, dans les locaux de l’institution Saint-Jacques des Apprentis d’Auteuil à Fournes-en-Weppes (suivre les flèches à l’intérieur de l’établissement). Ouverte au public et aux écoles du secteur.

Voir les commentaires

Ils étaient les gueules noires du Tarn

Publié le par REVEL Stephane

Elisée et San ont commencé à travailler à la mine de Cagnac à l'âge de 16 ans. Au moment de la fermeture du bassin, ils ont décidé de créer un musée. Lequel accueille actuellement une exposition de photos d'Aimé Malphettes, un autre mineur. Rencontres.

Avec le temps, Elisée et Stan sont devenus «frères» de mine. Même après la fermeture de sites houillers de Gagnac-les-Mines en 1979 et de Carmaux en 1987 où ils ont travaillé, les deux hommes, aujourd'hui âgés respectivement de 79 ans et 76 ans, partagent toujours la même complicité. C'est à croire qu'être mineur de fond crée des liens indéfectibles.

Elisée, 33 ans de mine

Elisée Roumegoux est entré à la mine de Cagnac en 1952. «J'ai commencé à l'âge de 16 ans par une formation de piqueur qui m'a donné à la sortie un CAP», annonce-t-il. Le piqueur ? C'est celui qui abat le charbon, autrement dit qui arrache le minerai à la veine. En 1952, les mineurs travaillent encore à l'ancienne avec le marteau-piqueur. «On était par deux, un ancien qui faisait le soutènement et un jeune qui chargeait. Il fallait remplir des wagonnets de 500 kg, on était payé au rendement, les meilleurs pouvaient tripler leur journée. » Elisée a interrompu sa carrière à la mine pour aller «faire» l'Algérie. «Je suis parti en 1955 et j'ai été rappelé par les Mines en 1956 car on manquait de charbon pour les industries.» Elisée retrouve alors son poste de piqueur. Puis, dans les années 60, il suit une formation d'électromécanicien et devient mineur de jour. Il assure la surveillance, l'entretien et le dépannage des machines et les installations au fond de la mine. «C'est ce qui m'a sauvé. J'ai arrêté de manger le bruit et la poussière apportés par la mécanisation folle des années 50. J'ai échappé aussi à la silicose, la maladie du mineur», reconnaît Elisée, plutôt fringant à l'orée de ses 80 ans. Mais il confie qu'à cause des nuisances sonores, ses «oreilles sont restées dans le noir.» Elisée a pris sa retraite en 1987, «après 33 ans de mine».

Une école pour les Polonais

La vie à proximité des bassins houillers du Tarn dans les années 50-60, c'était quelque chose ! En 1951, on comptait 3 850 mineurs de fond sur les sites de Carmaux et Cagnac. «Ici, à Cagnac, on avait neuf puits. Moi, j'étais au puits numéro 3, je travaillais avec des collègues qui étaient déjà mes copains à l'école. Du primaire à la mine, on se suivait. Il y avait une grande camaraderie entre nous.»

Tout cela produisait de la vie dans le village : «On avait cinq ou six bistrots, cinq épiceries, quatre coiffeurs, et une école polonaise prise en charge par la Mine».

Car après la Première Guerre mondiale, les mines manquant de main-d'œuvre font appel aux Polonais. C'est ainsi que le père de Stanislas Swiatek, dit «Stan» est arrivé à Cagnac en 1929, et sa mère en 1937. «Ils se sont mariés ici.» Le couple vivait dans la cité des Homps, constituée de maisonnettes identiques. Stan est né à Cagnac, en 1939, et comme Elisée, il est devenu mineur à 16 ans.

«Nos amis les rats»

Les mineurs de fond descendaient le matin et remontaient le soir. A midi, ils tiraient deux planches à même le charbon pour casser la croûte. Leurs musettes étaient en fer pour éviter que les rats ne les grignotent. «Oui, des rats il y en avait au fond et c'était nos amis», explique Stan. Ils mangeaient nos déchets et nous avertissaient des dangers. La mine pouvait se montrer redoutable : éboulements, accidents avec les machines, coups de grisou – comme celui du 22 juin 1965 à Carmaux qui a fait 13 morts – pouvaient frapper à tout moment. «Je n'ai jamais perdu de copains à la mine, au contraire j'en ai gagné ! Cinq d'entre eux m'ont aidé à faire le musée», se réjouit Elisée. En effet, après la fermeture de Cagnac, il propose à ses camarades de reconstituer une galerie, «puis on s'est pris au jeu, on a fait un musée. On voulait sauvegarder notre patrimoine minier !»

Comme tous les mineurs, Elisée et Stan avaient un matricule, 25 881 pour le premier et 28 663 pour le second, «comme au bagne», plaisante Stan. La comparaison s'arrête là. «Redonnez-moi mes 20 ans et je retourne à la mine», conclut Elisée, sans l'ombre d'un regret.

«Je travaillais avec des collègues qui étaient déjà mes copains à l'école. Du primaire à la mine, on se suivait.»

le charbon, une histoire en noir et blanc

À quand remonte l'exploitation du charbon ?. «En France, au Moyen-Âge, au début du XIIIe siècle plus précisément. L'exploitation du charbon a commencé avec les paysans qui se sont mis à le glaner quand il affleurait dans les champs. Dans le Tarn, on a exploité le charbon au milieu du XIIIe. Un document de 1295 atteste du fait que les paysans du Ségala venaient vendre leurs charretées de charbon aux habitants d'Albi. Pour cela, ils devaient obtenir un droit de passage sur le Vieux Pont d'Albi. Jusque dans les années 30, les mineurs étaient aussi paysans. La mine venait en complément de revenus.»

Où se trouvaient les veines de charbon dans le Grand Sud et en France ? «A Carmaux et Cagnac pour le Tarn ; à Decazeville et Cransac pour l'Aveyron. Dans le Gard, on trouve du charbon à Alès. Puis, il y a aussi Saint-Étienne, Forbach et Lewarde pour le Nord.»

À quoi servait le charbon ? «Il avait un usage domestique, il servait à se chauffer. Il fournissait aussi de l'énergie pour les usines et les locomotives. On transformait aussi le charbon dans les cokeries pour obtenir de l'huile, du minerai brut, de la houille…» .

Quels sont les différents types de charbon ? «Ce qui différencie les différents bassins, c'est la teneur en houille. Dans le Tarn et l'Aveyron, on avait un charbon moyen de gamme. Les meilleurs charbons, les plus gras, se trouvaient dans le Nord de la France, mais ils étaient difficiles à exploiter car les veines étaient très profondes. On pouvait descendre jusqu'à 3 kilomètres, les galeries étaient très dangereuses. Tandis qu'ici à Cagnac, les veines de charbon étaient assez superficielles peu profondes. Le puits le plus profond était à 283 mètres.

Quelles sont les causes du déclin du charbon français ? «L'arrivée sur le marché de charbons plus compétitifs notamment d'Europe de l'Est. De plus, c'est une énergie très polluante. Dans les années 60, le plan Jeanneney (1964) vise à abandonner les énergies traditionnelles.»

Le charbon a-t-il fait naître une identité ouvrière ? «Oui, puisque les bassins houillers en manque de main-d'œuvre ont dû faire appel à différentes nationalités : Polonais, Espagnols, Italiens. Pour loger ces ouvriers, on a construit des cités ouvrières dont celle de Homps à Cagnac, celle de Bellevue à Carmaux, celle de Fontgrande à Saint-Benoît-de-Carmaux. Le fait de loger toutes ces personnes ensemble a contribué à tisser des liens. De même que le fait de descendre ensemble au fond de la mine a fait naître des solidarités ouvrières.»

Qu'est-ce qui change par rapport aux solidarités des bassins du Nord ? «La taille simplement. Dans le Nord, il y avait des communautés plus importantes. Les corons s'étendaient à perte de vue.»

l'experte

Voir la mine avec Aimé Malphettes

Le musée-mine départemental de Cagnac, près d'Albi, dans le Tarn, propose jusqu'au 4 décembre, une exposition de clichés inédits pris par Aimé Malphettes, photographe des houillères. Mineur de fond jusqu'en 1958, Aimé Malphettes se fera ensuite le témoin privilégié de la vie des mineurs du bassin tarnais jusqu'à sa retraite en 1987. Il nous livre un très beau travail de mémoire !

Le musée-mine de Cagnac, c‘est aussi : 350 m de galeries reconstituées où machines et outils sont présentés en situation afin de mieux comprendre le travail du mineur et ses conditions de vie ; une exposition permanente sur l'histoire du bassin, des films, etc.

En ce moment, le musée est ouvert du mardi au samedi de 10 h à 12 h et de 14 h à 17h . Tel. 05.63.53.91.70.

zoom

Amoureux de la mine

Voici un autre amoureux de la mine ! Fils et petit-fils de mineurs, Patrick Garcia est né dans la cité ouvrière de Bellevue à Blaye-les-Mines. A 58 ans, il se définit comme «pur produit charbonnage». Patrick commence à travailler à Carmaux en 1976. Il y restera jusqu'à la fermeture, en 1987. Puis, il est parti en Inde pour vendre la méthode des chambres sous-tirées inventée à Cagnac. Il est aujourd'hui détaché à Cap Découverte. Quand il parle de la mine, c'est avec les tripes. «La mine, c'est plus qu'un métier, c'est une vie. Je nous compare souvent à des marins. On est tous dans la même barque. Le mot fraternité est très important . On remet sa vie dans les mains de l'autre. Certes, les machines ont simplifié le travailleur des mineurs mais la mine sans l'homme n'est rien.» Comme Elisée et Stan, Patrick Garcia essaie de réhabiliter l'image du mineur et il préside l'ASPICC, l'association de sauvegarde du patrimoine industriel Carmaux-Cagnac.

La Depeche lundi 30 mars 2015

Voir les commentaires