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La Grand-Combe : c’était aussi la rentrée pour les Amis du musée du mineur

Publié le par REVEL Stephane

U ne minute de silence a été observée pour Edmond Wolniak.

Après une saison estivale bien remplie à la Maison du mineur, au cours de laquelle au moins trois Amis ont fait preuve d'assiduité, les deux Marcel Delhaye et Larguier, mais aussi Francis Aujoulat qui ont beaucoup donné dans leur fonction de guides, le président des Amis du musée du mineur, André Albérola avait décidé de sonner la rentrée. D'une part pour effectuer un point, mais également pour élire un nouveau trésorier, après la démission de Jean-Pierre Bouvier.

Le conseil d'administration avait été invité à siéger à l'étage des Anciens lavabos de Ricard, fief de l'association. Avant d'ouvrir la séance, le président demandait d'observer une minute de silence, à la mémoire d'Edmond Wolniak, "un ami" de la première heure, puisque grand artisan de l'envol de la Maison du mineur.

Élection et projets au menu de la réunion.

Au niveau de l'élection, Gil Robert a été désigné à l'unanimité au poste de trésorier, avec Francis comme adjoint, secrétaire Marc Jouve et Romain Pialat adjoint. Puis André Albérola est passé à la rubrique projets et a souhaité pouvoir aménager la vitrine récupérée voici deux années, rue d'Avéjean à Alès, ainsi que déplacer les presses à boulets. Il a aussi été proposé que deux berlines soient fixées en situation sur le plan incliné existant devant la Maison du mineur. De créer également face au chevalement du puits, un atelier dans lequel pourraient prendre place un immense tour et une perceuse à colonne.

Puis de s'étendre sur la prochaine exposition de lampes de mines les 27, 28 et 29 novembre, prévue dans le cadre de Charbon ardent et Sainte-Barbe. "Pour l'heure, cinq exposants se sont fait connaître et cela peut s'avérer suffisant. Et pourquoi alors ne pas en faire une bourse d'échanges, qui n'existe pas par ici et dans le Midi ? Seule celle de Saint-Etienne a fait ses preuves et fonctionne bien." Et de poursuivre en soumettant pour l'année prochaine, l'organisation de plusieurs expositions, de livres anciens, de santons, de trains miniatures, d'habits sacerdotaux.

Christian Brun, d'annoncer un grand après-midi festif dans le musée le 14 novembre prochain afin de venir en aide à la Ligue contre le cancer.

Midi Libre le 22 octobre 2015

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Musée de mine. Le Valct fait une halte

Publié le par REVEL Stephane

Passée la saison de l'été, l'attractivité du Musée de La mine mis en place et animé par les bénévoles de l'Asam (Association de sauvegarde de l'ancienne mine) ne faiblit guère. Ce lieu retrace l'histoire et le fonctionnement de l'ancienne mine de plomb argentifère mais son passé se lit aussi sur le terrain. L'espace muséal est le complément indispensable d'une visite du site et explicite en documents et maquettes ce que le visiteur découvre dans la forêt. Les visites, en effet, s'enchaînent et les bénévoles ne chôment guère. Ainsi, après les lycéens du Nivot puis Triskell Patrimoine, de Pleyber-Christ, ce sont les membres de l'association Véhicules anciens du Léon de Cornouaille et du Trégor (Valct) de Morlaix, qui, sur le parcours de leur balade, ont, à leur tour, fait halte, avec leurs véhicules de collection, pour découvrir le Musée de la mine, samedi matin.

Le 14 octobre 2015 Le Telegramme

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Il y a 50 ans Carmaux pleurait ses 12 mineurs disparus

Publié le par REVEL Stephane

Témoignage de Jean-Marie Bourgade

Il fait froid en ce mercredi de l'an 1965. Il est 5 h 15. Un groupe de 12 mineurs est descendu dans les entrailles de la terre, puits de la Tronquié, préparer le travail des équipes suivantes, par des tirs d'explosifs, pour extraire le charbon. Ce petit matin du 24 novembre, blafard comme un hiver sans fin, va rester à jamais dans les mémoires carmausines.

«Trop de mauvais souvenirs»

«Dès que j'ai vu un mineur livide rentrer dans l'école, j'ai su. Il s'était passé quelque chose de très grave» se souvient ému Pierre Santoul qui était alors maître d'école à l'école Jean-Jaurès. «Excusez-moi. Je ne peux pas parler de cet événement. Trop de mauvais souvenirs, d'images épouvantables.»

Un drame s'est produit. Un coup de grisou et de poussière (appelé poussier), fauche les douze hommes présents dans les galeries. Le nombre de morts aurait pu atteindre la centaine, si cette explosion s'était déroulée une demi-heure plus tard, avec l'arrivée des autres équipes.

Plus un bruit dans les cours d'école

Sale jour pour la cité minière. François avait 10 ans. Les mots, les silences, les émotions n'ont jamais quitté sa mémoire.

«J'étais en CM 2 à l'école Jean- Bastide-Calvignac. Rappelons qu'à cette époque, on avait classe le mercredi.» Tôt dans la matinée, une ambiance pesante avait envahi la ville. «La rumeur a très vite enflé. Les instituteurs étaient au courant. Et ce silence qui grandissait. Il n'y avait aucun mot, aucun cri dans la cour d'école. On savait qu'il s'était passé quelque chose de grave.»

À 11 h 30, François rentre chez lui, heureux de voir son père sain et sauf. «Heureusement, il était de l'équipe qui attaquait à 6 h 30.»

Le jeune garçon apprend que 12 mineurs sont décédés dans les galeries des puits de la Tronquié. «Les maîtres d'école nous ont incités à venir à l'enterrement le samedi. Toute l'école était présente. Il y avait une foule immense pour rendre un dernier hommage à ces mineurs.» Les jours passent. Le quotidien reprend le dessus pour le jeune François. Enfin presque : «A quelques pas de chez moi, je passais très souvent en vélo devant une maison aux volets semi-clos. Je savais que là, une famille était en deuil avec une veuve et des orphelins qui pleuraient l'absence.»

Pas un homme, une femme, un enfant qui n'a gravé dans sa mémoire, cet instant, ces lourds silences. C'est toute une ville en noir, une communauté accrochée à la mine qui pleure ses fils.

Une ville traumatisée

«En ce jour de novembre, j'étais en stage à l'école des mineurs pour évoluer dans ma vie professionnelle. Dès que l'on a appris le drame, tout s'est arrêté. On était tous sous le coup de l'émotion. Même si moi, je ne suis jamais descendu au fond, j'avais pas mal de copains qui sont morts ce jour-là», admet avec émotion Jean-Pierre Vignolles.

«Je me rappelle d'Aldo Dalla Riva, Robert Seyriès et tant d'autres. Quelle douleur de voir partir tous ces hommes, tous ces copains.» Jean-Pierre se souvient de l'enterrement. «Ces cercueils alignés. On ne peut oublier de telles images. Durant six mois, le drame alimentait toutes les conversations. Aujourd'hui, on en parle moins. Malheureusement, beaucoup ne sont plus là pour raconter ces jours sombres» conclut-il avec gravité. Ce mercredi matin 24 novembre 1965, jour de la plus terrible catastrophe minière de la cité tarnaise, chaque Carmausin se souvient où il était,le moment où il a appris que les entrailles de la terre avaient pris 12 de ses enfants. Terrible instant qui a rappelé à tous, la dangerosité du métier, le dur quotidien du mineur de fond.

Le grisou est un gaz invisible et inodore qui se dégage des couches de charbon. Le poussier est un ensemble de fines particules de poussières de carbone hautement inflammables.

«Mes copains sont morts à quelques mètres de moi»

Jean-Marie Bourgade est là, assis, mains croisées sur la table de sa cuisine.

«J'ai longtemps hésité à vous parler, vous savez. C'est un instant si douloureux que les mots ont du mal à sortir». Un long silence, une grande respiration pour cet ancien mineur qui était, en ce jour du 24 novembre 1965, dans une galerie voisine du puits de la Tronquié, quand le coup de grisou a fauché 12 de ses copains.

L'homme est taiseux, modeste. «Surtout pas de photos. Je ne suis pas là pour me mettre en avant.».

Encore un silence. «À 4 heures du matin, ce mercredi, je faisais partie des deux équipes de deux hommes et un responsable, descendus dans les galeries. Notre travail : extraire le charbon à coup d'explosifs.»

Quelques larmes coulent sur ses joues. «On avait fait près d'un kilomètre pour commencer l'extraction. L'autre équipe, celle qui a été fauchée par le coup de grisou et de poussière, car ce matin-là, il y a bien eu les deux, était plus proche de la sortie du puits.»

l Plus de ventilateurs ni téléphone

Vers 5 h 15, Jean-Marie et ses collègues s'aperçoivent que les ventilateurs présents dans la galerie, ne fonctionnent plus. «On ne s'est pas inquiété. Cela arrivait parfois quand les équipes de maintenance travaillaient sur les systèmes d'aération.»

Reste que le chef d'équipe se rend compte que le téléphone qui permet de relier le fond de la mine avec l'extérieur, est coupé. «On commençait à se demander quel était le problème. Mais nous étions tous des mineurs expérimentés. Il n'y avait aucune panique.»

Le responsable décide d'aller voir ce qu'il se passe. «Nous n'avions entendu aucun bruit particulier.» Très vite, il revient vers nous. «Ouvrez l'air comprimé. Vite. Il y a de la fumée dans la galerie centrale. Cela nous a sauvés de l'asphyxie. La puissance de l'air comprimé a permis de stopper l'avancée de la fumée.»

l Une attente interminable

Puis plus rien. Il faut patienter sans savoir dans une galerie à 230 mètres de profondeur. «Je ne sais pas combien de temps nous avons attendu. On perd très vite la notion du temps, dans ces galeries.» Enfin, ils entendent des bruits de pas libérateurs. Ce sont les sauveteurs venus les chercher. «On a juste entendu -eux, ils n'y ont pas eu droit-. Là, on a compris. Il s'était passé quelque chose de grave.» Au bout de quelques minutes, les mineurs arrivent à trouver un passage grâce aux masques à oxygène et se rapprocher du puits.

l « On m'a demandé de rester pour aider les sauveteurs»

«Quand on est arrivé sur le lieu de l'accident, on m'a demandé de rester avec un collègue, pour amener du matériel. La majorité des corps avait déjà été remontée par l'équipe de nuit». Pas tous. «Malheureusement, j'ai retrouvé un de mes copains mort dans la galerie». Le récit, les mots deviennent plus difficiles.

«Le coup de grisou a fait exploser la poudre qu'ils avaient descendue. Avec l'impact, cela a généré un coup de poussière.» Après avoir aidé les sauveteurs, Jean-Marie ne retrouvera la sortie et le ciel carmausin qu'à 9h30.

l 5 jours après, il a fallu retourner travailler au fond

«C'était très difficile à digérer. Ces mineurs morts, c'était mes copains, presque des frères. On travaillait ensemble. On prenait la douche ensemble. On allait au rugby ensemble. On vivait dans le même quartier. C'est terrible. Même aujourd'hui, cinquante ans après, je n'y arrive pas. C'est trop dur.» Quand on lui demande si la direction des mines lui a proposé un nouveau poste, en surface, après ce terrible drame. «Vous rigolez. Ce n'était pas le style de la maison. L'accident s'est déroulé un mercredi. Le lundi, il a fallu que l'on redescende au fond. Et que faire, quand vous avez une femme et trois enfants à charge ? Et bien vous redescendez.» Et ce coup de grisou ? «Il y avait du charbon à exploiter à 350 mètres. Mais on est jamais descendu aussi bas. Vous savez pourquoi ? Il y avait du grisou à cette profondeur. On comprend mieux dès lors ce dramatique accident.» Il est temps pour Jean-Marie de penser à ses travaux , ses enfants, ses petits-enfants. Le bonheur est là et non dans ces noires galeries, dans ce foutu coup de grisou qui lui a enlevé douze copains et noirci à jamais une partie de ses souvenirs d'homme, de sa joie de vivre.

Les douze victimes

Aldo Dalla Riva, Joseph Mattarozi, Paul Favier, Pierre Laborie, Joseph Fanjul, François Bauce, Richard Moreno, Robert Serieys, Jesus Munoz, Eleuterio Lopez, Petar Milunovic.

Ils étaient plus de dix mille massés autour de l'église Saint-Privat, pour rendre un dernier hommage à ces 12 mineurs. La profession évidemment, venue de toute la France. Mais c'est bien tout le Carmausin qui était là, recueilli, ému par la plus grande tragédie minière qu'a connue la ville.

Jean Vareilles, maire de Carmaux, prenait le poids de la tragédie lors de son discours durant les obsèques du 27 novembre : « Pour Carmaux, c'est une tragédie sans précédent qui, par son importance et sa brutalité, a non seulement endeuillé douze foyers mais semé la crainte et l'angoisse dans le cœur de tous les travailleurs de la mine et de tous les habitants de la région carmausine. En quelques secondes, par 280 mètres de profondeur, la mine a tué. Douze hommes sont tombés. Ils laissent 12 veuves et 27 orphelins. C'est trop, beaucoup trop. »

Vincent Vidal

Publié le 04/10/2015 La Depeche

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Le site de la mine de « Germinal » reconverti en centre de création cinématographique

Publié le par REVEL Stephane

C’est une seconde vie qui s’offre à l’ancien site minier de Wallers-Arenberg, près de Valenciennes (Nord), connu du public pour avoir servi de décor au film Germinal (1993) de Claude Berri. Alors que le lieu avait failli être rasé après l’arrêt en 1989 de la mine qui employait 4 000 personnes au pic de son activité, il accueille désormais le centre de création cinématographique Arenberg Creative Mine, qui vient d’être inauguré, vendredi 25 septembre.

Plusieurs caméras, un studio son, un plateau TV complété d’un système de motion capture (capture numérisée de mouvement), une halle d’essai : 5 300 m2 de locaux destinés aux professionnels du cinéma ont investi les bâtiments de brique rouge et à grandes fenêtres surplombés par trois chevalements.

« Les bulldozers arrivaient mais c’était sans compter les mineurs » qui se sont battus pour la conservation du site, s’est souvenu dans un discours évoquant l’époque où le site devait être rasé Alain Bocquet, président (PCF) de la communauté d’agglomération de la Porte du Hainaut, en présence du cinéaste franco-grec Costa-Gavras, notamment.

Suivront une quarantaine de tournages de films, clips et publicités. En 2001, le siège de la communauté d’agglomération s’est installé sur le site et a lancé les premières idées de sa reconversion.

Coût global de 49 millions d’euros

Douze ans plus tard a été signé un contrat de partenariat public-privé unissant l’agglomération à l’université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis (dont les étudiants bénéficieront des équipements), la Caisse des dépôts et consignations et Bouygues.

La première phase du projet a nécessité dix-sept mois de chantier pour un coût de 20,5 millions d’euros. Y succèderont deux autres phases avec entre autres la création d’un centre de culture scientifique, technique et industrielle, et d’un centre d’interprétation consacré à la télévision, au cinéma et aux médias numériques, pour un coût global de 49 millions d’euros.

Le site représente la troisième composante de Pictanovo, le pôle des images numériques et des industries créatives en Nord-Pas-de-Calais, venant s’ajouter à La Plaine images à Tourcoing (Nord) et à la Serre numérique à Valenciennes (Nord).


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/cinema/article/2015/09/25/le-site-de-la-mine-de-germinal-reconverti-en-centre-de-creation-cinematographique_4772233_3476.html#Dtz52s3zumeGLuGF.99

Le Monde.fr avec AFP | 25.09.2015

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Nœux-les-Mines : 265 élèves à la mine pour les Journées du patrimoine

Publié le par REVEL Stephane

Depuis lundi et jusqu’à vendredi, onze classes défilent aux pieds des anciens bâtiments de la fosse 1 avant de visiter les expositions et le musée de la mine, avenue Guillon. Objectif : comprendre ce qu’est le bassin minier ou encore l’UNESCO. On a suivi la classe de CM 1 de l’école Jules-Andrieu de Vermelles.

Hélène parle d’un temps où Nœux-les-Mines s’appelait Nœux-les-Béthune. À l’horizon, rien que des champs, pas un terril. Mardi matin, au pied des bâtiments de la fosse 1, les élèves de CM1 de l’école Jules-Andrieu de Vermelles suivent pas à pas la guide de l’office de tourisme de Béthune-Bruay dans son opération « on remonte le temps ».

Le curseur s’arrête en 1850-1851, « lorsqu’à Nœux, un certain M. de Bracquemont décide de creuser la terre pour chercher du charbon. » 165 ans plus tard, ce puits de mine, il est sous les pieds des enfants qui du haut de leurs 10 ans ont un peu de mal à imaginer qu’à plusieurs centaines de mètres sous terre, on trouvait des hommes et même des chevaux. Pas de panique, ce sera pour un peu plus tard dans la matinée, avenue Guillon, lorsqu’ils seront accueillis par les guides-anciens mineurs. Plus de 200 m de galeries souterraines modernes et anciennes reconstituées vont les « avaler » comme l’ont été plusieurs générations de jeune homme, à peine plus âgés qu’eux. Mais pour l’heure, la tête est encore dans les nuages à essayer de voir ce que veut dire « bassin minier » ou encore « UNESCO ». Les yeux des enfants sont ronds comme des billes : LUNESCO ? Non, l’UNESCO et ça n’a rien à voir avec une nouvelle pâte au chocolat à tartiner… Hélène arrive à la rescousse : « Il y a deux mots à retenir. Le premier est universel, la mine est universelle il y en a partout dans le monde, des mines de charbon, des mines d’or… Le deuxième, c’est exceptionnel. Notre territoire conserve pas mal de traces des mines, c’est exceptionnel ! », explique Hélène. « Et l’UNESCO sert à protéger notre territoire qui est une partie du bassin minier qui est long de 120 km », ajoute la guide.

À Nœux-les-Mines, 17 sites et éléments sont répertoriés et donc « protégés ». Et Hélène d’ajouter : « Tout comme l’UNESCO protège les pyramides, Versailles ou encore le Mont - Saint-Michel… c’est pas la classe ? » Trop fort LUNESCO ! Oups, l’UNESCO…

Publié le 22/09/2015

PAR DAVID CIERNIAK

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Arenberg devient Créative mine: «La fosse s’est arrêtée, mais le mouvement va revenir»

Publié le par REVEL Stephane

Dans deux jours, Arenberg va faire le grand saut. Le site minier… le restera. Mais inaugurera aussi les studios et les labos de Creative Mine, future fabrique d’images. Nous, on a voulu faire le tour des lieux avec René Lukasiewicz, l’ancien mineur qui ici a trimé dur. C’est simple : il est aux anges.

WALLERS. Un mineur, un vrai. Du pur jus de gaillette. 32 années durant, il est descendu au fond, ici, et qu’il a tout fait, à la mine : ajusteur, manœuvre, cadre au final. Là même où son père est mort. Chute de pierre, fracture du crâne. C’est d’ailleurs pour ça qu’il y est allé, René, à la mine. Pour que sa mère puisse garder la maison des Houillères. « Les tués par accident, il n’y avait qu’une petite prime ».

1989 qu’elle a fermé, la mine. Pas un jour depuis sans que René Lukasiewicz ne soit retourné sur le carreau. Là où aujourd’hui, dans certaines salles, un chef porion ne retrouverait pas son propre casque. Hall d’essais, caméras pilotées par ordinateurs, studios TV et moquette de première classe partout, n’en jetez plus. Il en perdrait presque le fil, René, qu’il connaît pourtant comme personne. « Ici, c’était le magasin. Pardon, l’atelier de réparation pour nos outils ». Maintenant la halle donne sur un… plateau TV. Direction la salle des compresseurs. L’ancienne machine d’extraction a été préservée dans son jus. Mais court à côté d’elle, aujourd’hui, la passerelle qui des bureaux mène aux labos des chercheurs du Mont-Houy. Les compresseurs ont été bichonnés par les équipes de nettoyage. Plus propres que des moteurs de formule 1. « Mais ne croyez pas qu’ils étaient sales avant » Un tour de son regard bleu outremer et le verdict tombe. « L’architecte a vraiment bien travaillé. Le carrelage, c’est le même, exactement. Et les murs étaient déjà comme ça ». René regarde encore les compresseurs, dans leur nouvel écrin. Se souvient : « Ils faisaient poum-poum toutes les nuits. Mais c’est quand ils se sont arrêtés que les gens d’ici n’ont plus pu dormir ».

C’est ça qui le touche, René. Les bâtiments du site minier ont été préservés à l’identique. « Mais ce sera plus qu’un musée, un lieu de travail, à nouveau ».

1989 donc, le carreau s’arrête. La loi d’airain des Houillères est sans espoir. Toute fosse arrêtée doit être rasée. Seul, avec Claude Larcanché, alors l’homme fort de Wallers, René se bat pour garder les chevalements. Six ans pour conjurer la friche. Avec un allié inattendu, Claude Berri et son Germinal, qui bloquent certaines démolitions. « Et Renaud qui nous a dit faites une association, vous serez plus forts ».

Alors non ; qu’on ne compte pas sur René pour opposer les cols noirs de jadis et les blancs de demain. Lui et ses 32 films au compteur, comme figurant, il met les points sur les i. « On croit que le cinéma c’est rien. Moi, j’ai vu. La scène ou Milo fout sur la gueule à Depardieu, on l’a tournée 11 fois. Il faisait -10º ». Alors voila, Creative Mine, il trouve ça « merveilleux » René. Clap de fin : « Ici un jour la fosse s’est arrêtée. Maintenant le mouvement va revenir ».

Publié le 22/09/2015

par THÉODORE TERSCHLUSEN

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