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Dix ans après l’ennoyage du bassin ferrifère nord, l’histoire continue

Publié le par REVEL Stephane

Effondrement brutal, inondations… L’ennoyage des galeries minières du sous bassin ferrifère nord, lancé le 30 novembre 2005, laissait craindre le pire. Dix ans après, les dégâts semblent limités mais les associations veillent.

C’était le 30 novembre 2005. Au fond des galeries de la mine de la Paix, à Fontoy, les ingénieurs de l’Arbed coupent les deux dernières pompes d’exhaure, ultime étape marquant la fin de l’exploitation minière du bassin ferrifère lorrain. Les eaux d’infiltration, jusqu’alors pompées par l’exploitant minier, vont peu à peu envahir les galeries.

Sur le carreau de la mine, visages graves, les opposants à l’ennoyage et les militants du Collectif des communes minières, déploient encore leurs banderoles. Tous ont en tête les conséquences dramatiques de l’ennoyage des bassins voisins et les effondrements successifs à Auboué, Moutiers…, qui ont fait des centaines de sinistrés. « Compte tenu de ces précédents, on devait empêcher l’ennoyage, se battre pour la consolidation », relate Daniel Benedetti, secrétaire de l’association de sauvegarde d’Ottange.

Dix ans de bataille collective, la reconnaissance de l’ennoyage comme facteur aggravant des désordres miniers, deux reports successifs, de nouvelles études… mais l’État confirme son choix. L’ennoyage est une solution moins coûteuse que le comblement des galeries ou le maintien de l’exhaure.

Sur le périmètre des neuf communes du sous-bassin nord (Fontoy, Havange, Ottange, Tressange, Angevillers, Rochonvillers, Aumetz, Audun-le-Tiche, Boulange), seul le secteur de la rue de Longwy à Fontoy est finalement classé en risque d’effondrement brutal. Dix-neuf familles seront expropriées et les bâtiments détruits par principe de précaution.

Mais le retour de l’eau dans les galeries inquiète aussi en amont, car une fois la cote maximale atteinte, le débord se fera dans la rivière Fensch. En partie canalisé par l’industrie, le cours d’eau au cœur de la vallée ne sera pas en mesure d’absorber ce surplus.

De lourds travaux d’aménagements devront être mis en œuvre pour éviter un scénario d’inondations catastrophe.

En mars 2008, ces premières inquiétudes vont s’estomper. Le débordement prévu dans le déversoir de Knutange marque la fin du processus d’ennoyage.

Dix ans après l’arrêt des pompes, « il ne s’est rien passé et c’est tant mieux , soufflent les membres de l’association d’Ottange. Mais le combat continue, on n’est pas au bout, on n’est pas à l’abri… »

De nouveaux affaissements ont été constatés en février 2008 à Rochonvillers, puis en 2009 à Angevillers, entraînant des dégâts apparents sur plusieurs maisons et routes. Des affaissements seulement « concomitants » à l’ennoyage, notent les experts. De nouvelles zones à risques ont encore été identifiées en 2013.

Aujourd’hui, pour les autorités, « la situation est stabilisée ». Si l’aléa minier reste – ennoyage ou pas – « la surveillance est adaptée et les études ont permis d’affiner les cartes. Notre objectif principal est la sécurité des personnes. Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de désordres, mais t outes les zones à risque d’effondrement brutal sous bâti ont été traitées [ soit par des travaux de consolidation soit par expropriation, N.D.L.R.] », relève Pascale Hanocq, responsable des risques miniers à la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal). Les militants ne sont pas aussi tranquilles. « On a le sentiment que les pouvoirs publics veulent lever le pied sur la surveillance », glisse Bernard Boczkowski. Mais, à 89 ans, le président de l’association Ottangeoise (forte de plus de 300 membres et toujours en progression), comme tous les membres du Collectif des communes minières, n’est pas prêt à se laisser oublier. « Notre bataille est aussi de pouvoir rassurer. Si, toutefois, il devait y avoir un désordre, il faut tout faire pour que les personnes et les collectivités puissent être indemnisées , insiste Colette Goeuriot, présidente fondatrice du Collectif. L’histoire continue… »

Lucie BOUVAREL.

Le Republicain Lorrain Le 29/11/2015

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Audun-le-Tiche : la démolition de la mine Saint-Michel est amorcée

Publié le par REVEL Stephane

Les ultimes vestiges audunois du carreau de la mine Saint-Michel partent en lambeaux. Une entreprise a commencé la démolition. Seule subsistera l’armature métallique du puits.

Ce jeudi 12 novembre 2015 restera gravé dans les mémoires des anciens mineurs des mines de fer de l’Arbed. C’est en effet à cette date que des engins de démolition ont entrepris de démonter le bâtiment entourant le puits Saint-Michel et ainsi débuter la renaturation du terrain.

Sitôt la nouvelle connue, les anciens étaient nombreux à venir constater ce « lynchage » comme l’appelaient certains, car pour nombre d’entre eux, cette démolition va complètement dénaturer le site.

Pour rappel, ce bâtiment était réservé à la recette et quand les mineurs descendaient, ils accrochaient leur jeton au panneau. Par la suite, il a également servi au stockage d’engins et ces derniers temps, c’est la toile du chapiteau qui y avait trouvé refuge.

Pour ceux qui étaient présents aux abords de ce chantier, la colère a vite remplacé l’incrédulité et les commentaires étaient plutôt virulents vis-à-vis de la mairie. Pour Jean-Baptiste Ferraï, membre de l’association des anciens mineurs, « c’est une destruction du patrimoine minier de la localité. Tout a été fait sans consultation. Personne n’était au courant que les travaux allaient commencer aujourd’hui ».

Lucien Piovano, le maire, rectifie : « La démolition était prévue de longue date mais on a appris ce jeudi matin que les travaux débuteraient aujourd’hui. Quant à dire que personne n’était au courant, c’est faux. Les anciens mineurs avaient même demandé que ces travaux débutent après la Sainte-Barbe ».

Le premier magistrat a également évoqué les problèmes de pollution qui concernent ce bâtiment et le site dans son intégralité.

En attendant, le nettoyage a déjà bien commencé et il est trop tard pour revenir en arrière. Du côté de la Ville, on évoque également le coût de l’entretien d’un tel bâtiment et les frais que cela occasionnerait pour le budget communal.

Seule subsistera l’armature métallique du puits. Et comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, les anciens mineurs ont appris que l’harmonie municipale serait absente du défilé de Sainte-Barbe. Cette dernière a, en effet, choisi de défiler contre rétribution dans une autre localité. À la décharge du groupe musical, le prix des partitions, qui grève sévèrement le budget de l’harmonie, oblige cette dernière à trouver de nouvelles ressources.

Une journée à oublier bien vite pour les mineurs. Leur patrimoine se résumera désormais dans les livres. Ceux déjà parus et ceux à venir.

Le Republicain Lorrain le 14/11/2015

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