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Douaisis : « Charbon : c’est la fin... », vingt-cinq ans après, les mineurs racontent

Publié le par REVEL Stephane

« Charbon : c’est la fin... place à l’avenir », titrait « La Voix du Nord » le 22 décembre 1990 pour annoncer la fermeture des Houillères du Nord - Pas-de-Calais. La fin d’une industrie et d’une époque. Trois mineurs du Douaisis racontent leur reconversion professionnelle, l’après et l’empreinte indélébile laissée par les mines.

Montigny-en-Ostrevent : mineur de fond, porion, restaurateur, guide… le choix d’une vie

Daniel Francke est descendu au fond pour la dernière fois en 1987, c’était à la fosse Ledoux de Condé-sur-Escaut. L’extraction y a été stoppée le 30 décembre 1988 et les Houillères du Nord - Pas-de-Calais ont fermé leur dernier puits deux ans plus tard. « Aujourd’hui, je continue mon métier de mineur », assure le retraité rieur. Tous les ans de février à novembre, Daniel « descend » au fond de la fosse Delloye de Lewarde. Depuis 1999, il est guide au Centre historique minier. Tout sourire, il raconte la joie ressentie à son retour au fond onze ans après son départ de Condé. Mais se souvient de la claque qu’il a prise : « J’étais mis devant le fait accompli, j’ai réalisé le travail qu’on effectuait et dans quelles conditions. Toute la journée à genoux à soulever du matériel de 50 kilos. » Un travail usant et dangereux, « j’essayais de ne pas y penser ».

Fils de mineur, Daniel Francke a grandi entre les cités de Montigny et de Pecquencourt. «J’avais pas 15 ans quand j’ai rejoint la fosse Barrois (Pecquencourt). C’était un choix, pas une obligation. Je voulais faire comme tout le monde. » En 1964, il signe un contrat d’apprentissage de trois ans au terme duquel il obtient son CAP. Plus de cinquante ans après, il revit sa première descente au fond : « On était tous dans une cage et soudain, ça part. Il mime la scène. J’ai le cœur qui remonte et les oreilles qui sifflent tellement ça va vite. J’ai cru que j’allais mourir. » À Barrois, la cage descend à 16 m par seconde, à 480 m de profondeur. Il fait ses preuves à l’abattage et devient chef d’équipe.

En 1980, il suit une formation pour devenir agent de maîtrise, « porion, en langage familier », sourit Daniel. Un an après il est muté à Condé-sur-Escaut. À l’époque, les fermetures des puits ont déjà commencé dans la région. « Dès le milieu des années 60, on embauchait moins de jeunes. Après le premier choc pétrolier de 1971, on a voulu relancer une campagne d’embauches. En 1974, les patrons disaient : si on embauche un jeune aujourd’hui, il aura fait ses vingt-cinq ans de service à la fermeture des mines. Ils se sont trompés. » Daniel Francke se souvient d’une nouvelle jeunesse qui avait fait des études et rêvé d’autre chose. « Allez dire à un jeune qui a fait mai 68 de venir travailler dans les mines… »

Avant la fermeture de la fosse Ledoux en 1988, Daniel anticipe sa reconversion et en septembre 1987, il devient patron d’un hôtel-café-restaurant à Valenciennes. En 1999, il revend son commerce et apprend le métier de guide qu’il exerce depuis au CHM. Il y anime des visites plusieurs fois par semaine lors desquelles il porte son casque d‘éternel mineur.

Masny : « Les mines ont eu mon père, elles ne m’auront pas moi »

À le voir porter son casque, on pourrait croire que Jean Jedrejewski dit Jeannot (photo ci-contre), est un mineur dans l’âme. Il n’en est rien. Ce fils d’immigré polonais, élevé dans les cités minières, ne voulait pas travailler dans les mines. « Je me disais, elles ont eu mon père(mort de la silicose), elles ne m’auront pas moi. »

En 1959, il rejoint pourtant la fosse Delloye de Lewarde. Il se souvient de sa première journée. « J’étais un petit galibot. Un ancien m’a dit : C’est ton premier jour ? T’en as pour trente ans. » Avant, Jeannot a suivi des cours complémentaires dirigés par les Houillères. « C’était le plein-emploi. Pour intégrer une entreprise, il fallait se faire parrainer. Les employeurs me disaient :Votre père travaillait aux mines, alors vous aussi. » À la fosse Delloye, il devient électro-mécanicien. On parle de plus en plus de la fin des mines. « Dès 1962 j’ai préparé ma reconversion. » Comme d’autres qui sentent le vent tourner, il suit des cours au lycée technique de Douai et au lycée Baggio de Lille.

Après onze ans à Lewarde et trois à Dechy, il quitte les mines. « En 1974, les Houillères ont stoppé les reconversions en arrêtant de fournir du personnel. Elles espéraient relancer l’exploitation. » Cette même année, il intègre l’imprimerie nationale à Flers-en-Escrebieux et les Houillères n’évitent pas la fermeture progressive des puits. Jeannot retrouve finalement la fosse de ses débuts, en 1995, à l’ouverture du Centre historique minier. « J’ai quitté ce milieu pendant vingt-cinq ans et à mon retour, la culture minière n’avait pas changé », confie l’ancien guide. Toujours attaché à l’environnement dans lequel il a grandi, il organise plusieurs fois par an des expositions. « J’ai emprunté les plans de la fosse Delloye et j’ai fabriqué une maquette avec de la récup’. »

Écaillon : mineur jusqu’au dernier jour

Pierre Pietrucha a passé toute sa carrière dans les mines du Douaisis. En 1962, il a 17 ans et intègre la fosse Barrois de Pecquencourt comme apprenti. Il se prépare à devenir géomètre lorsqu’il est victime d’un accident au fond. « J’ai vu passer le film de ma vie », assure l’ancien mineur en décrivant l’événement le plus marquant de sa carrière. Pierre Pietrucha a passé toute sa jeunesse à la cité minière De Sessevalle à Somain. « À l’époque, je dirais qu’on était environ 5 000 à y vivre. »

Il reste marqué par l’esprit de camaraderie qui a bercé son enfance. « On se connaissait tous, on s’invitait au mariage des enfants. C’était magnifique. » Travailler dans les mines ? « Ça ne m’a jamais dérangé. » L’apprenti boucle son cursus et devient géomètre. En 1978, il rejoint la fosse 9 de l’Escarpelle à Roost-Warendin. « Je devais remettre le fond au jour sur des plans, notamment pour gérer les courants d’air qui provoquent des coups de grisou. Notre fond était classé franchement grisouteux. » Il reste à Roost-Warendin jusqu’à sa fermeture le 26 octobre 1990. « En 1981, François Mitterrand a voulu relancer le charbon mais ça n’a pas marché. » Les mines ne sont plus rentables. « Le but était de faire fonctionner les mines encore une dizaine d’années. »

Les fermetures de puits sont inévitables et Roost-Warendin n’y échappe pas. La fosse 9 ferme quelques semaines avant les Houillères du Nord – Pas-de-Calais, le 21 décembre 1990. Pierre Pietrucha doit encore travailler deux ans pour toucher une retraite complète. Il rejoint alors Billy-Montigny et est chargé de rechercher les anciennes fosses du bassin. « Nous devions créer des liaisons pour les dégazer. » Pierre Pietrucha aurait pu, comme Daniel Francke et Jean Jedrejewski, devenir guide au CHM, mais il a décliné l’offre. « J’ai travaillé trente ans dans les mines, c’est suffisant. »

Les puits dans le Douaisis

Les premiers puits creusés sont ceux de Fressain en 1773, ils appartenaient à la concession d’Aniche. L’année suivante, le puits de Monchecourt est à son tour creusé. Le plus récent est le puits du midi à Sin-le-Noble, dont le creusement s’est effectué à 1947.

Sa fermeture a été prononcée en octobre 1972. Le dernier puits en activité dans le Douaisis était celui de Roost-Warendin, qui a fermé le 26 octobre 1990.

Les échos de la mine

La mer, repère des mineurs

Tous les puits sont creusés au même niveau, peu importe la mine : celui de la mer. «Comme ça, lorsqu’il fallait creuser une galerie entre deux puits, on savait exactement à quel niveau travailler. Et on ne s’est jamais trompé », confie Daniel Francke.

Big Brother

Dans les cités minières, le paternalisme était roi. « Le porion surveillait même la vie des mineurs chez eux », se souvient Jean Jedrejewski. Il raconte que le dimanche matin, l’ingénieur de la mine et ses porions se trouvaient sur le parvis de l’église et pointaient les mineurs qui assistaient à la messe.

À chaque maison sa lettre

Sur les portes des maisons de mineurs, on trouvait des lettres pour indiquer au porteur quel journal déposer. Un « L » pour Liberté, un « N » pour Nord matin et un « V » pour La Voix du Nord.

270

C’est le nombre d’années qu’a duré l’aventure des Houillères du Nord et du Pas-de-Calais. Le premier puits a ouvert à Anzin en 1720 jusqu’à la fermeture du dernier puits à Oignies en 1990.

PUBLIÉ LE 22/12/2015 PAR AMÉLIE LAROZE La Voix Du Nord

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Les mines de sel de Wieliczka

Publié le par REVEL Stephane

Cette extraordinaire cathédrale de sel souterraine, exploitée depuis le XIIIe siècle, regorge de chapelles, de scènes religieuses, de sculptures — saints, gnomes et Polonais célèbres —, taillées par les mineurs. Spectaculaire !

Durant 400 ans, les mineurs n’extrayaient de la mine de Wieliczka que le sel gemme.

Puis, un beau jour, ces ouvriers de père en fils sont devenus des artistes, créant dans les entrailles de la mine profonde de 327 mètres un fabuleux monde souterrain, entièrement sculpté dans le sel.

L’itinéraire de 2,5 kilomètres mène du niveau 1, à 64 mètres de profondeur, jusqu’au niveau 3, à 135 mètres, où sont sculptés des autels, des statues, des bas-reliefs et des figurines qui racontent l’histoire de la mine, célèbrent ses légendes et rendent un hommage patriotique à la Pologne.

La chapelle Sainte-Kinga, à 101,4 mètres de profondeur, est stupéfiante. Longue de 54 mètres, large de 15 à 18 mètres et haute de 12 mètres, elle a été fondée en 1896 dans un endroit formé après l’extraction d’un énorme bloc de sel vert. La riche décoration a été complétée sur 70 ans.

Le 24 décembre 2015 |Hélène Clément

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La dernière mine de charbon britannique va fermer

Publié le par REVEL Stephane

Vendredi 18 décembre, le Royaume-Uni fermera sa dernière mine de charbon. Retour sur une industrie qui a marqué l'histoire économique et politique du pays.

C'est une page de l'histoire britannique qui se tourne. Vendredi 18 décembre, la dernière mine de charbon du Royaume-Uni fermera. Avec elle, s'en va un secteur industriel qui a longtemps été le plus important du pays.

Celui-ci avait donné naissance au mouvement syndicaliste et inspiré l'idéologie marxiste. Retour sur cette industrie, qui a également été, dans les années 1980, le symbole de l'opposition à l'ultra-libéralisme de la Première ministre Margaret Thatcher.

Localisation



Les veines de charbon couraient à travers le pays de l'Ecosse (nord) au Pays de Galles (ouest), avec des poches dans les Cornouailles (sud-ouest) et le Kent (sud-est). Une grande partie de l'histoire minière du pays s'est déroulée dans les comtés de Yorkshire, Lancashire, Northumberland et Durham, dans le nord de l'Angleterre.

Emplois



Les mines de charbon faisaient travailler jusqu'à 1,2 million de personnes en 1920, quand le secteur était à son apogée. Les effectifs ont ensuite chuté dans la deuxième partie du XXe siècle, pour finalement tomber à 4.000 employés en 2014, alors que la consommation de houille a atteint des bas niveaux records, finissant par être dépassée par les énergies renouvelables.

Production



L'extraction de charbon est montée jusqu'à 292 millions de tonnes en 1913, tandis que 1.330 mines étaient exploitées dans les années 1950.

Bouleversements



Le secteur a été nationalisé après la Deuxième Guerre mondiale, avant de subir une grave crise pendant les années Thatcher. La Dame de Fer ferme de nombreuses mines, les mineurs se lancent dans une grève longue d'une année en 1984-85 et la production s'effondre.

Le secteur surmonte malgré tout ses difficultés, sans toutefois parvenir à enrayer un déclin inéluctable, et de nombreux sites miniers restent sinistrés par le chômage.

Les mines dans la culture

«Billy Elliot», une des plus célèbres comédies musicales à l'affiche à Londres, a pour toile de fond les mines de charbon. La houille est également évoquée dans la série télévisée "Poldark" (2015) ou le film "Les virtuoses" (1996). Les conditions de travail dans les mines ont inspiré les auteurs allemands Friedrich Engels et Karl Marx.

Histoire



Le charbon alimentait les nouveaux moteurs à vapeur qui équipaient trains et bateaux de la révolution industrielle et les innovations technologiques du secteur minier britannique ont essaimé dans le monde entier.

La mine est également liée au droit du travail. Après un accident meurtrier qui tua 26 enfants en 1838 dans le Yorkshire, la reine Victoria ordonna une enquête dont les conclusions aboutirent en 1842 à l'interdiction du travail des femmes et des enfants de moins de dix ans dans les mines de charbon.

Le Parisien le 17/12/2015

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Une cavité de 44 mètres de profondeur et des galeries souterraines

Publié le par REVEL Stephane

La cavité qui s'est formée dans le jardin d'une maison de Beaune-Les-mines est bien plus importante qu'on ne le pensait : 44 mètres de profondeur. Des galeries adjacentes passent sous les maisons du lotissement, d'où l'inquiétude des riverains.

Le 21 Novembre dernier au petit matin, un trou béant s’est formé dans le jardin de cette maison de Beaune-Les-Mines. Il correspond à l’entrée d’une mine d’or qui a étéexploitée jusqu’en 1932.

La bonne nouvelle est que les expertises ont conclu qu'il existait des solutions techniques pour le reboucher et stabiliser la maison toute proche.

Mais, un puits de mine sert à accéder à des galeries souterraines. L'une d'entre elles passerait sous les maisons du lotissement. Elle mesurerait 100 mètres de long, 2 mètres de haut et se situerait à 44 mètres de profondeur. Le risque semble donc tout relatif.

Principe de précaution

La mairie de Limoges appliquera désormais un principe de précaution quand on lui demandera un permis de construire dans ce secteur tant qu'un plan de prévention des risques miniers n'aura pas été établi par les services de l'état. Elle n’envisage pas l’évacuation des habitants.

La semaine prochaine, le bureau de recherche et géologie minière (BRGM) examinera la cavité pour la reboucher au mieux.
Restera ensuite à répertorier précisément tous les tunnels ou entrées de puits.

  • Par Franck Petit
  • Publié le 11/12/2015 France 3 Limousin

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Mazicou : une grosse maison de la mine va être rasée

Publié le par REVEL Stephane

Avouons-le franchement : l'esthétique de l'avenue de Pélissier a tout à y gagner. Formant un bloc cubique, cette grosse maison est une des plus moches de cet axe au nord d'Albi, qui relie la gare de la Madeleine à la déchetterie de Gaillaguès. «C'est votre avis. Il est vrai qu'il y en a des plus belles dans l'avenue», répond sans s'engager la représentante de Neolia à Carmaux. Ce n'est bien sûr pas pour des raisons d'agrément que cette société qui a repris le patrimoine immobilier des Houillères de bassin du Centre et du Midi (HBCM) va raser cet immeuble, sis au 41, 43, avenue de Pélissier. «Un des deux logements s'est retrouvé vacant. Il y avait trop de travaux pour remettre la bâtisse aux normes de confort, par rapport à ce qui se fait aujourd'hui. Rien n'avait été fait dessus, depuis la construction à la fin des années 50 je suppose. Mais ce qui l'a emporté, c'est l'écueil de l'amiante, en particulier sur la toiture.»

Néolia a préféré carrément démolir cette maison de 200 m2 au sol. A priori confiée à Bénezech TP, l'opération devrait être menée début 2016. Des travaux eux-mêmes «compliqués» par la présence de l'amiante et la nécessité de tout trier. «Cela se prévoit longtemps à l'avance.»

Ce sera une «démolition sèche» : Néolia n'a rien prévu pour l'heure sur ce grand terrain de 2000 m2 qui se prolonge vers la voie de chemin de fer Toulouse-Rodez.

Encore fois, insiste-t-on chez Néolia, «on le fait à contrecœur. Ce n'est pas par plaisir. Surtout àAlbi, où il y a une forte demande locative.»

Publié le 11/12/2015 La Depeche

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Sainte-Barbe : plongée au cœur de la mine à Rumelange

Publié le par REVEL Stephane

Pour la Sainte-Barbe, la commune de Rumelange et le musée national des Mines de fer luxembourgeoises (MNM) ont décidé de faire (re)découvrir leur passé minier en proposant des visites au cœur même des entrailles de la ville, à la mine de Rumelange.

Sainte Barbe est une sainte de l’Église catholique romaine et de l’Église orthodoxe que l’on fête le 4 décembre, mais c’est également la patronne des mineurs (ainsi que des pompiers, des architectes et des géologues). Pour l’occasion, la commune de Rumelange, qui a un important passé dans le secteur minier, a proposé une série d’évènements invitant à découvrir les centaines de galeries souterraines où nos aïeux gagnaient quelques francs en récoltant du minerai de fer.

Déjà le week-end passé, les 28 et 29 novembre, il était possible de participer à des randonnées souterraines de la mine Walert qui compte pas loin de 40 kilomètres de galeries sur les 40 000 km du bassin minier de la région, le tout éclairé comme au début des années 1900, aux lampes à carbure. Dimanche, plusieurs groupes ont pu prendre le petit train jaune de la mine de Rumelange pour s’engouffrer dans la mine. Le début de la visite commence par une vue sur l’inquiétante porte ouvrant sur un dénivelé de 600 mètres.

« On va travailler à la mine », s’exclame une fillette équipée de son casque jaune en prenant place dans ce petit train. Par groupe d’une petite trentaine de personnes, dont beaucoup d’enfants accompagnés de leurs parents, les visiteurs se sont installés dans les deux wagons les emmenant 200 mètres sous terre avant d’arpenter à pied les galeries intactes de la mine.

Presque unique en Europe

« Le tour normal dure habituellement deux heures, mais aujourd’hui, ce sera un petit tour », explique Alain, le guide, avant de montrer le premier geste que les mineurs de l’époque faisaient, « vérifier le toit de la mine, c’est-à-dire le plafond, à l’aide d’une tige de fer ». Entre explication de la vie quotidienne des anciens mineurs, qui passaient pas moins de douze heures par jour à la mine pour un salaire de 30 francs par an (on estime à 40 francs l’ensemble des dépenses pour vivre une année peu avant 1900), et anecdotes, les visiteurs, petits et grands, sont intrigués. « Au début, il n’y avait pas de toilettes dans les galeries et les mineurs faisaient leurs besoins dans des coins », explique Alain, devant une poignée d’enfants, avant d’expliquer : « Cela faisait le bonheur des mineurs, car cela attirait les rats qui, tous les jours, mangeaient tout et faisant office de police de l’hygiène. »

« Ce n’est pas tous les jours que l’on peut se rendre compte de la difficulté du travail de mineur il y a plus de 100 ans, et en même temps, cela permet à nos enfants de découvrir un métier qu’ils ne feront sûrement jamais de leur vie », souligne une maman présente dans le groupe avec sa famille. Le côté éducatif est présent par le fait que la mine est présentée dans le même état qu’à l’époque, avec les machines, les wagons, les poutres. « C’est une des seules mines en Europe qui a gardé son aspect d’antan », souligne après la visite George Putz, frère d’Alain et également guide. Grâce aux visiteurs, la mine retrouve une certaine vie, elle qui a vu défiler des milliers de mineurs jusqu’en 1963.

Un aperçu d’une expérience enrichissante et marquante, surtout lorsque l’on voit les conditions de travail de l’époque, dans la mesure où la visite complète du site se fait en train, qui traverse le carreau de la mine à ciel ouvert, puis entre sous la terre par la galerie Langengrund, et une partie à pied dans la galerie Walert. Petit détail important, la température moyenne dans la mine est de 10 °C et ce toute l’année, donc si le casque est obligatoire, des vêtements chauds le sont tout autant.

Jeremy Zabatta

Le Quotidien le 07/12/2015

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La ville a rendu hommage aux victimes de la mine

Publié le par REVEL Stephane

La ville de Carmaux a rendu un vibrant hommage aux 12 mineurs victimes d'un «coup de poussier», au puits de la Tronquié, le 24 novembre 1965 (notre édition du 25 novembre).

Elus de Carmaux, du département et de la région, le député, les représentants d'associations, dont l'ASPICC (association de sauvegarde du patrimoine industriel de Carmaux-Cagnac), LGNI (Les Gueules Noires d'Inde), le syndicat des mineurs du Carmausin, les familles des mineurs et de nombreux habitants, étaient présents devant la stèle du mineur pour se souvenir et rendre hommage.

«50 ans après, Carmaux se souvient, et rend hommage aux 12 victimes de cette catastrophe, sans oublier les autres victimes, qui doivent être elles aussi reconnues dans cette journée de commémoration et de souvenir», soulignait Alain Espié, maire de Carmaux, après avoir rappelé l'Histoire.

Le jour de cette tragédie, Patrick Garcia, ex-mineur et président de l'ASPICC, avait 8 ans : «J'étais à l'école, on nous a libérés à 10h. Mon père travaillait à la Tronquié. C'est un bel hommage rendu à tous les mineurs victimes de la mine, car il y a eu d'autres victimes, avant, et après, 2 en Inde, et 4 en 1983, à ste-Marie et à la Tronquié. Mais à l'époque, on ne parlait jamais de l'accident, car on savait qu'on allait y retourner. Les mineurs sont pudiques et modestes».

Après lecture des noms des 12 victimes, Alain Espié rappelait l'allocution du maire Jean-Vareilles et des secrétaires des syndicats des mineurs, dont Jean Coutouly, délégué mineur du puits de la Tronquié, lors des obsèques le 27 novembre 1965.

Et concluait avec la lecture du témoignage d'Eric Serieys, qui avait 3 ans en 1965. Son père, Robert Serieys, 28 ans, aide-piqueur, était le plus jeune de l'équipe de nuit (extrait) : «Dans le souvenir, restera le sacrifice de douze copains, morts par la trahison d'un sous-sol que l'on croyait pourtant paisible.

Pour cette profession, trop souvent endeuillée, mais qui par son travail au milieu des ténèbres croyait à la lumière, à la justice, à la fraternité, mais aussi pour toutes les victimes du travail, le souvenir doit demeurer. Car rien ne vaut que le respect de la dignité de l'homme».

La Depeche publié le 06/12/2015

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Sallaumines: hommage aux 304 mineurs sallauminois disparus à Courrières

Publié le par REVEL Stephane

C’est place Ferrer, au mausolée dédié aux victimes de la catastrophe de Courrières, que le maire Christian Pedowski, accompagné des élus et sympathisants, a retracé la catastrophe minière du 10 mars 1906 qui a fait 1 099 victimes, dont 304 mineurs sallauminois.

À l’époque, un coup de grisou suivi d’un coup de poussier dévaste 110 kilomètres de galeries. Le souffle est si fort qu’un cheval est projeté en l’air, le chevalet a été soulevé et le moulinage a été ravagé. C’est est la plus importante catastrophe minière d’Europe.

Trois jours après l’explosion, les recherches pour retrouver les survivants sont abandonnées et une partie de la mine est condamnée, pour étouffer l’incendie et préserver le gisement. Cette gestion de la crise par la compagnie minière a été particulièrement mal vécue par les mineurs et par leurs familles. Le 30 mars, soit vingt jours après l’explosion, treize rescapés réussissent à retrouver le puits par leurs propres moyens après avoir erré dans le noir total sur des kilomètres, un quatorzième fut retrouvé quatre jours plus tard.

La catastrophe provoque une crise politique et un mouvement social qui débouchent sur l’instauration du repos hebdomadaire.

Hommage à Jaurès Cambray et Jules Tell

À l’occasion de la Sainte-Barbe, patronne des mineurs, une minute de silence a été observée en mémoire des mineurs disparus. La délégation sallauminoise s’est ensuite rendue au cimetière pour se recueillir sur la stèle de Jaurès Cambray, ancien mineur de fond de 1952 à 1984, conseiller municipal de 1965 à 1971 et adjoint au maire de 1977 à 2008.

Un hommage fut également rendu à Jules Tell, maire de 1953 à 1986, conseiller général de 1966 à 1988. Jules Tell, qui nous a quittés en 2001, est à l’origine de nombreuses avancées : création de la coopérative centrale du pays minier, construction de plus de deux cents logements sociaux dans le quartier de l’Epinette, restructuration du centre ville et des équipements publics, etc.

Publié le 05/12/2015

La Voix du Nord

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Mines de lignite : les contradictions du modèle écologique allemand

Publié le par REVEL Stephane

Dans l’est de l’Allemagne, des pelleteuses grignotent maisons et villages entiers. Christian Penk, habitant de la commune de Rohne, se désespère de voir disparaître des pans de culture sorabe, du nom de la minorité slave qui vit sur ces terres. Des destructions causées par l’essor d’une industrie qui semble d’un autre temps : non loin de là, des mines de lignite – un type de charbon – continuent de s‘étendre.

La famille Penk est entrée en résistance ; elle refuse de quitter les lieux. “Dans le secteur, ils veulent déplacer 1 700 personnes, avec ces forages et excavations à grande échelle. Nous perdons nos habitations, notre histoire, nos paysages,“ déplore Edith Penk. Dans la forêt à proximité, le petit cimetière où est enterrée la grand-mère de Christian sera-t-il détruit lui aussi pour permettre l’exploitation du lignite qui se trouve à quelques mètres sous terre ? Les villageois craignent pour leurs morts, mais aussi pour leur vie. “On vit entouré de trois centrales électriques alimentées au lignite, explique Christian Penk avant d’ajouter : ce qui est le plus important dans la vie, c’est la santé ; mais dans le secteur, beaucoup de gens ont un cancer.“ C’est le cas du père de Christian.

Des villages et des vies brisées

Mais y a-t-il un lien entre le nombre de cas de cancers dans la région et l’exploitation à ciel ouvert du lignite, un minerai très polluant ? Alors que les chiffres suscitent la controverse, les familles réclament la réalisation d‘études approfondies.

Empêcher la destruction imminente d’autres villages du fait de nouveaux projets d’exploitation ou de l’agrandissement de sites existants, c’est le combat de la population sur place. A Proschim, nous nous rendons dans l’entreprise d’Hagen Rösch qui mêle agriculture et énergies renouvelables. Ironie du sort : des installations d‘électricité verte sont ici menacées par l’extension d’une mine de lignite. La société même pourrait devoir mettre la clé sous la porte, laissant 80 salariés sans emploi. “Ces dernières décennies, on a perdu énormément de surfaces agricoles utiles et environ 200 emplois sur notre exploitation avec l’agrandissement de la mine, souligne Hagen Rösch. Aujourd’hui en Allemagne, près de 30% de l‘énergie est issue de sources renouvelables ; on n’a plus besoin du lignite. On a une surproduction d‘électricité ; le prix de l‘électricité est très faible et donc, on n’a plus besoin d’extraire le lignite, ni de détruire l’environnement,“ insiste-t-il.

Le village d’Horno détruit à cause de l’exploitation minière a été reconstruit à quelques kilomètres de là il y a quelques années. Les rues ont retrouvé leur signalétique en allemand et en sorabe et une nouvelle église a été bâtie. A l’intérieur, nous découvrons avec un militant associatif, les maquettes de huit églises qui ont été démolies ces dernières décennies. Jusqu‘à présent, l’essor minier a entraîné la destruction de 29 édifices religieux dans la région.

“J’ai vu le village d’Horno mourir : quand les travaux de démolition ont commencé, ils ont arraché les arbres dans les rues ; ensuite, ils ont cassé la chaussée, les trottoirs, ils ont démembré le village, c’est quelque chose qui touche vraiment, confie Thomas Burchardt, de l’ONG Klinger Runde. On n’a pas besoin de cela : l’Allemagne exporte massivement son électricité ; notre région ne doit pas disparaître à cause des exportations et en plus, cela nuit au climat : le lignite est la source d‘énergie la plus polluante qui soit,“ renchérit-il.

Dans le musée local, une installation interactive permet d’entretenir la mémoire des villages disparus.Thomas Burchardt, lui-même sorabe, siège au comité régional du lignite. “Sur les 136 villages qui ont été dévastés, un grand nombre étaient des villages sorabes : sur place, des trésors uniques ont été perdus à jamais, fait-il remarquer.
Deuxièmement, les zones de peuplement sorabe sont protégées par le droit constitutionnel : chaque fois qu’on attaque ces zones, le gouvernement régional porte atteinte à la Constitution,“ assure le militant.

“La production de lignite et d‘électricité va continuer après 2020”

Les mines et les centrales sont détenues par Vattenfall. Cette entreprise publique suédoise veut se désengager de l’exploitation du lignite et essaie de vendre ses installations. En attendant, ses représentants assurent qu’on a encore besoin de ce minerai, au moins pour une période transitoire.

“Qui va produire de l‘électricité quand il n’y a pas de vent, pas de soleil ? Comment stocker les énergies renouvelables ? On n’a pas encore vraiment répondu à toutes ces questions selon moi, indique
Thoralf Schirmer, porte-parole de Vattenfall à Cottbus. Donc on tient pour acquis, poursuit-il, que la production de lignite et d‘électricité à partir de ce minerai va très probablement continuer après 2020, jusqu’en 2030 ou peut-être même jusqu’en 2050.“

L’Allemagne s’est donné pour objectif de réduire ses émissions de CO2 de 40% d’ici à 2020 par rapport à 1990. Sous la pression des énergéticiens et des syndicats, le gouvernement fédéral a renoncé à surtaxer la production des centrales au lignite et décidé d’injecter des fonds publics pour mettre quelques sites à l’arrêt. Une attitude que dénoncent les spécialistes du climat tels que Claudia Kemfert, responsable du département énergie à l’Institut allemand de recherche sur l‘économie et experte indépendante auprès du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l‘évolution du climat). “L’Allemagne a un problème : l’influence du lobby du charbon est très forte, affirme-t-elle, il se pourrait que l’accord sur le charbon implique des subventions déguisées et ce serait en contradiction avec la législation européenne.“

En Pologne aussi…

De l’autre côté de la frontière, en Pologne, nous découvrons des lieux où c’est la même désolation : il y a quelques années, un château aujourd’hui en ruines accueillait un jardin d’enfants dans lequel Anna Dziadek travaillait. Des investisseurs avaient voulu l’acquérir pour le transformer en hôtel, mais les autorités les en ont empêché en raison de projets miniers. “Cela fait des années que le bâtiment est abandonné, indique Anna Dziadek, d’une association locale opposée aux mines de lignite. L’agence de l’Etat qui en a la charge a refusé de le vendre à cause des projets de mines de lignite : les hommes politiques et les représentants du lobby du lignite promettent de creuser des puits, de construire une nouvelle centrale, de créer de la richesse, mais les petits investissements ne sont pas autorisés.“

Anna Dziadek croit encore pouvoir empêcher l’entreprise minière polonaise PGE de détruire leurs villages. La construction d’une mine et d’une centrale coûterait sept milliards d’euros d’après la jeune femme. Mais l’argent n’est pas là, le soutien des habitants non plus d’ailleurs. “En 2009, on a eu deux référendums locaux. Les gens ne veulent plus qu’on investisse dans le lignite, indique Anna Dziadek, tôt ou tard, le lobby du lignite devra arrêter ces projets de malheur.“

Sortons de l‘énergie fossile dès maintenant ! Laissons le charbon là où il est et cessons d’investir dans des sources d‘énergie polluantes ! Ce sont les messages que veulent faire passer les militants de 350.org. Et ils sont notamment entendus par de grands acteurs : la famille Rockefeller ou encore des sociétés d’assurance allemandes et françaises. “On a déjà convaincu de gros investisseurs de renoncer comme le fonds souverain norvégien qui est l’un des fonds de ce type parmi les plus importants au monde, déclare Melanie Mattauch, représentante de l’organisation, actuellement, il est en train de retirer son argent de l’industrie du charbon.“

Quels résultats à la Conférence sur le climat ?

En attendant des avancées d’ampleur, des villageois vivent toujours sous la menace de voir leur environnement détruit. Mais, à Rohne, la famille Penk garde espoir : elle appelle les dirigeants du monde entier réunis actuellement à Paris à mettre un terme à l’exploitation du lignite. “Si à cette conférence sur le climat, les décideurs commencent à céder devant les intérêts des industriels, alors nos perspectives d’avenir seront sombres pour le climat, comme pour nous, indique Edith Penk. Si on ne se bat pas, le combat est perdu d’avance, je vais continuer de lutter pour mes droits, de me battre pour stopper les projets d’extraction minière,“ ajoute-t-elle.

Pour les riverains de ces mines, l’Allemagne a certes pris un virage radical en matière d‘énergies renouvelables, mais elle doit encore décider d’une sortie du charbon avant de vouloir montrer l’exemple au sommet sur le climat.

Euronews le 01/12/15

Par Hans von der Brelie | Avec STéPHANIE LAFOURCATèRE

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De Beers vend sa plus ancienne mine de diamants

Publié le par REVEL Stephane

Epicentre de la ruée vers les diamants en Afrique du Sud au XIX e siècle, le site de Kimberley a été cédé pour 7,2 millions de dollars.

C’est une vente qui marque la fin d’une histoire longue de 127 ans. Le producteur de diamants bruts De Beers a annoncé mardi la cession de ses derniers actifs sur le site minier de Kimberley, en Afrique du Sud. La filiale du groupe Anglo American, qui cherchait un repreneur depuis le printemps, a signé un accord avec Petra Diamonds et Ekapa Mining.

Les deux producteurs regroupés en consortium, qui prennent le premier 49,9%, le second 50,1%, vont débourser environ 7,2 millions de dollars pour racheter notamment « un certain nombre » d’amas de résidus. Ces déblais, les sociétés vont les exploiter car ils contiennent encore, selon Petra Diamonds, 2,8 millions de carats. Et il y aurait la possibilité d’extraire de ces « déchets » miniers 4,4 autres millions de carats, assure le producteur. Le consortium compte ainsi produire 700.000 carats de diamants par an au cours des trois premières années, avec un revenu escompté de 65 millions de dollars.

Un site historique

De Beers avait cessé il y a neuf ans de creuser sur le site de Kimberley, qui fût au cœur de la ruée vers les diamants sud-africains à partir de la fin du XIXe siècle. Il n’en exploitait depuis que les résidus. L’an passé, la production a atteint 722.000 carats, ce qui en faisait encore la source de gemmes la plus importantes pour De Beers en Afrique du Sud après le site de Venetia. Le groupe rappelle qu’il avait étudié ces dernières années différentes options pour prolonger la durée de vie de la mine de diamants au-delà de 2018.


En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/industrie-services/industrie-lourde/021524871121-de-beers-vend-sa-plus-ancienne-mine-de-diamants-1180500.php?wBry6ScKrGlfi4jp.99

Les Echos Le 01/12 Muryel Jacque

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