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Catastrophe «dite» de Courrières : 110 ans après, la mémoire meurtrie des «enfants de la mine»

Publié le par REVEL Stephane

Ce qui frappe toujours, dans cette clairière recrée qu’est le Silo de Méricourt, c’est la densité du silence qui nimbe sempiternellement les manifestations jalonnant le calendrier du souvenir.

Un lieu « sacré » que ce Verdun de l’épopée minière, dont l’effroyable bilan est toujours égrené avec autant d’émotion face au monument de la nécropole : une cicatrice qui ne se refermera jamais que ces 1099 victimes de ce qui fut bien plus qu’un simple coup de grisou dont 404 Méricourtois, 304 Sallauminois et 114 Billysiens…

À l’ombre des trois magnifiques cèdres, 272 corps non identifiés dorment à jamais dans une fosse commune auprès de laquelle, ce jeudi, 110 ans après l’horreur qui a endeuillé les populations de vingt-neuf communes environnantes, les hommages se sont multipliés

Et c’est toujours avec beaucoup d’émotion que l’on assiste au ballet incessant des dépôts de gerbes des innombrables collectivités et associations au rendez-vous de la mémoire meurtrie.

Une succession de recueillements conclue par quelques mots forts de Raymond Frackowiak, le pugnace secrétaire général CGT-FNSS-FSM qui, après avoir rappelé ces terribles chiffres dont le détail fait toujours autant froid dans le dos, fit inévitablement le lien avec les luttes actuelles.

Un parcours qui vieillit mal

Comme vingt-et-une pierres levées des temps modernes, des bornes métalliques jalonnent un circuit, inauguré en mars 2006, redessinant à la « surface » le périple souterrain des rescapés de la catastrophe, vingt jours (et autant de nuits) durant. Un kilomètre de chemin de croix ô combien symbolique, qui zigzague entre le Silo de Méricourt et l’ancienne Fosse 2 de Billy-Montigny, chaque « station » narrant une page de cette effroyable course contre la mort.

Une initiative de la CALL qui a aménagé ce « parcours des rescapés » pour faire entrer l’effroyable drame humain mais aussi social dans l’éternité.

Sauf que, dix ans après cette initiative, le parcours a bien triste mine. Si joggeurs et promeneurs en ont fait un « spot » idéal, loin du tumulte de la ville en un paysage étonnamment figé, les vingt-et-une bornes sont en piteux état. Impitoyablement rongées par la rouille et fortement écaillées pour certaines, elles ont parfois également été victimes d’exactions à travers quelques inscriptions bien indignes du devoir de mémoire qui les a fait naître !

Les Amis de la Fosse 10 veulent créer une « route de la commémoration

Sébastien Glaubert était bien évidemment présent ce jeudi, même s’il avait déjà organisé, quelques jours auparavant, une première cérémonie avec ses « Amis de la Fosse 10 » de Billy-Montigny après avoir arpenté le chemin des Rescapés. Un président d’association qui rêve désormais de la naissance d’ « une route de la commémoration avec des repères physiques sur l’emplacement des trois fosses concernées, par exemple un mur en briques où l’on poserait un panneau pour expliquer en détail l’histoire de la fosse et le nombre de victimes par puits... » Une métamorphose qui se prolongerait par l’aménagement de la Fosse 10 de Billy-Montigny en musée du charbon et de la catastrophe, fort de reconstitutions de lampisterie et diverses salles et équipements de l’époque.Une idée folle couchée dans une pétition « pour la sauvegarde de la salle des machines et l’aménagement du parcours commémoratif » en cours de circulation.

PUBLIÉ LE 11/03/2016

La Voix du Nord

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Mine de Salau : 1 600 signatures en faveur du projet d'étude et de recherche

Publié le par REVEL Stephane

L'annonce de la réouverture possible de la mine de Salau a été l'élément moteur de la création de l'association PPERMS (Pour le projet d'étude et de recherche de la mine de Salau). En Couserans, nombreux sont ceux qui ont connu la prospérité qu'apportaient l'entreprise et ses 130 emplois à la vallée et qui désirent le retour des mineurs en haut Couserans. Dans notre édition du 15 janvier, Annie Thébaud-Mony sociologue, chercheur honoraire à l'Inserm, expliquait que «la présence d'amiante est avérée à Salau». Voici trente ans, elle a mené une enquête, en collaboration avec Henri Pezerat (chercheur et chimiste qui a contribué à faire interdire l'amiante en France) auprès de mineurs atteints de cancers professionnels.

Si PPERMS n'est pas forcément pour la réouverture du site, l'association souhaite pour autant que le projet d'étude puisse être mené à bien.

L'association dit compter à ce jour 600 adhérents et 1 600 signatures ont été collectées par l'intermédiaire d'une pétition papier. Une copie a d'ailleurs été adressée à Marie Lajus, préfète de l'Ariège ; à Ségolène Royal, ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie ; à Emmanuel Macron, ministre de l'Économie et des Finances, et aux élus locaux. «Nos adhérents et nos signataires sont essentiellement des locaux, ce qui démontre bien leur attachement au pays Couserans, à son essor économique et à son environnement», poursuivent les représentants de l'association. Ils indiquent également que deux chercheurs ayant effectué les analyses des prélèvements sur le site donneront prochainement leurs conclusions. «Lorsque le permis exclusif de recherche sera accordé, de nouveaux prélèvements pourront être effectués sur les gisements», indique l'association.

Cette dernière organise une réunion publique le vendredi 18 mars, au Parc des expositions de Saint-Girons, à 20 h 30. Elle a invité à cette soirée Michel Bonnemaison, directeur de la société Variscan Mines. L'objectif de PPERMS ? Que chacun puisse s'informer, questionner le porteur de projet sur le contenu et l'avancée du permis exclusif de recherche de la mine de Salau. L'association lance une souscription afin de financer les frais d'organisation et de logistique (location de la salle, des chaises, installation de la sono…) de cette soirée qui s'élèvent à 1 685 euros.

Les dons sont à transmettre par chèques établis à l'ordre de PPERMS, 5, chemin des Trésors, BP 12, 09140 Seix.

La Dépêche du Midi Publié le 22/02/2016

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VIDÉO. Brumaire : œuvre engagée sur les héritiers de la mine dans le Bassin houiller

Publié le par REVEL Stephane

Avant-première, lundi au musée Les Mineurs, de Brumaire. Ce documentaire sur les héritiers de la mine, présenté par son réalisateur Joseph Gordillo, confronte le quotidien de Lætitia, 28 ans, au passé de mineur de Lucien. Voir la bande-annonce...

Toutes les valeurs, tout ce que les mineurs ont fait de merveilleux, je pense qu’on les a oubliées. On les a rangées dans une boîte », constate, non sans amertume Lætitia Clémot.

Ce triste état des lieux, cette jeune femme de 28 ans, fille et petite-fille de mineur, le résume, en ouverture de Brumaire, le documentaire réalisé par les journalistes Joseph Gordillo et Lætitia Giroux.

Présentée en avant-première, lundi soir au musée Les Mineurs Wendel de Petite-Rosselle, cette œuvre artistique sur les héritiers de la mine, est produite par France 3 Lorraine. Sa diffusion sur la chaîne à une heure très tardive, minuit trente, était également programmée le même jour.

« Ce film a commencé il y a cinq ans », rappelle Joseph Gordillo, en revenant sur la genèse de Brumaire, conçu à partir des images de son livre de photos Passion Charbon , paru en 2001 aux Éditions Serpenoise.

Le réalisateur est parti de ses clichés en noir et blanc, pris au fond durant un an et demi pour raconter une histoire. « Celle des héritiers de la mine, de la transmission des valeurs après la fin de cette épopée industrielle. »

Pour témoigner de ce passé minier, le réalisateur a fait appel à Lucien, « un coriace », syndicaliste CFDT, rencontré il y a quinze ans lors des manifestations de mineurs à Merlebach. Son second témoin, Lætitia, agent de service hospitalier dans une maison de retraite, raconte son quotidien. Celui d’une travailleuse isolée « privée de force collective » tentant tant bien que mal de survivre dans une région sinistrée. « Sans aucun avenir pour notre géneration », regrette-t-elle.

« Tous deux ont eu le courage de témoigner , remarque Joseph Gordillo, Leur parole est essentielle pour comprendre le monde dans lequel Lucien travaillait avant et celui dans lequel Lætitia évolue aujourd’hui. »

Film engagé, Brumaire s’adresse aux jeunes qui n’ont pas connu la mine en exercice. Comme le souligne le délégué régional de France 3 Lorraine, Olivier Brumelot, « les auteurs ont quelque chose à dire. Il y a un point de vue dans ce projet artistique et c’est pour cette raison que nous l’avons soutenu. »

Avant lundi soir, Lucien Rezzadore et Lætitia Clémot ne s’étaient jamais rencontrés.

« C’est la surprise », sourit la jeune Stiringeoise, découvrant le second visage de Brumaire. Fière d’avoir participé à cette aventure peu commune, la jeune femme a bien voulu dévoiler son intimité « pour rendre hommage au métier » de son père et son grand-père. Acceptant que la caméra la suive chez elle, à son travail, Lætitia nous livre son ressenti par rapport à sa vie de tous les jours.

Lucien, lui, veut faire passer un message. « Même s’il n’y a plus de valeurs du travail à transmettre faute d’emplois, la jeunesse doit se créer un avenir et il faut lui redonner espoir et surtout ne pas se laisser attirer par les partis politiques extrêmes. »

Heureux de sa participation à ce film « politique », le mineur retraité garde la flamme de militant. « Je ne suis pas nostalgique, mais ce nouveau monde est devenu impersonnel, individualiste. Rien à voir avec la mine, avec sa grande solidarité et son entraide. »

Lucien a l’impression que l’histoire s’est mal terminée. Il n’est pas le seul : « Il n’y a aucun espoir », affirme Lætitia.

Ce film, « c’est notre vécu », assure le duo. Une vision du Bassin houiller qui peut choquer. Mais sans fard et sans concession.

Josette BRIOT.Le Republicain Lorrain

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