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Presque un siècle d'Histoire au fond des mines dans l’Orne

Publié le par REVEL Stephane

Début 1900, les premiers coups de pioches résonnent dans l’Orne et les premières volutes de fumée s’échappent au-dessus des trois concessions accordées à l’époque.

À Saint-Clair-de-Halouze, Larchamp et la Ferrière-aux-Etangs, l’activité se poursuivra ainsi jusqu’en 1978, pour la dernière mine, où la concurrence avec les mines d’Afrique de l’Ouest fit perdre toute compétitivité aux mines ornaises et la dernière mine en activité, à Saint-Clair-de-Halouze, mit la clef sous la porte.

Aujourd’hui, il ne s’agit plus que de sites historiques, avec des routes touristiques et des panneaux d’explication qui jalonnent les parcours.

Le secteur minier a eu un fort impact sur le département pendant près d’un siècle, maintenant il ne reste que des souvenirs et quelques lieux à visiter.

L’enfer de la mine

L’Histoire commence par un besoin. Nous sommes au début du XXe siècle et il est nécessaire d’accroître la production de fer afin de construire les réseaux de chemins de fer, de mécaniser les usines et pour toutes sortes de constructions. Pour y arriver, les hauts fourneaux du Nord-Pas-de-Calais tournent à plein régime.

Une fois que les sondages géologiques eurent révélé la présence de fer sous le Bocage ornais, les trois concessions commencèrent à être exploitées. La production est envoyée dans le nord.

Les premiers puits sont forés jusqu’à 100 ou 200 m de profondeur. Les plus récents, après les années 50, descendent jusqu’à 400 m dans la couche terrestre.

Les mineurs doivent descendre au fond, placer de la dynamite et récupérer le minerai en vrac une fois l’explosion passée. Le tout est ensuite chargé à coups de pelles dans des wagonnets qui seront tirés par des petites locomotives jusqu’aux fours de calcination, notamment ceux de la Butte Rouge.

Les « ouvriers au fond », comme on les appelle, subirent de nombreuses conséquences physiques dues à la pénibilité et la précarité de leur travail : problèmes de dos, défaut respiratoire, surdité…

Une fois le minerai arrivé en haut des fours de calcination, les « ouvriers au jour »prennent le relais. Après avoir concassé, criblé et lavé le minerai, ils versent la totalité du contenu des wagonnets dans un brasier chauffant jusqu’à 800 °C. Le minerai ainsi traité était calciné pour augmenter sa teneur en fer et diminuer son poids, ce qui représente un avantage en terme de coût de transport, puisque le prix est fixé en fonction du poids des marchandises. Le minerai est ensuite chargé dans les wagons de trains installés au pied des fours.

Les « ouvriers au jour » n’avaient pas des conditions de travail plus enviable qu’au fond de la mine. La pluie, le froid, la poussière de minerai et les émanations de soufre ont provoqué de désastreuses conséquences physiques.

Acquis sociaux adoucissants

Dans les premières années d’exploitation, la main-d’œuvre embauchée est essentiellement locale. La production ne suffisant plus, les dirigeants font appel au travail de populations d’immigrés. On retrouve jusqu’à 42 nationalités différentes : Italiens, Espagnols, Polonais, Russes, Chinois… « Jusqu’à la fin 1930, un mineur sur deux est d’origine étrangère », explique Michaël Herbulot, agent de développement de l’association le Savoir & le Fer.

La plupart des mineurs sont des jeunes célibataires. Ils gagnent un peu de sous et repartent ensuite. Le turn-over est énorme et pose problème aux compagnies minières. C’est à partir de ce constat que se développent les premières cités minières : au Gué-Plat et à Saint-Clair-de-Halouze, entre autres.

Le travail est si pénible et difficile qu’une forte solidarité s’installe entre les mineurs, soudés face à l’adversité.

En plus d’être peu payé, la tâche est dangereuse. Les mouvements syndicaux de mineurs et l’essor du paternalisme permettent de palier à cette difficulté pendant un temps. Les mineurs obtiennent des équipements sportifs, du charbon pour se chauffer, des logements gratuits, des médecins, des écoles et des coopératives pour acheter quelques biens moins cher.

Des clichés et des blagues tournent autour de la communauté de mineurs de l’époque telle que : « pour pousser un wagonnet de minerai, il faut un russe, deux Français ou quatre chinois. »

Finalement, le travail de mineur devient intéressant dans les années 50. Entre le salaire et les avantages sociaux, il y a de quoi tirer son épingle du jeu. « Ce sont d’ailleurs les mineurs qui, les premiers, auront une voiture », ajoute Michaël Herbulot.

Dans les campagnes, les paysans sont « jaloux » de la réussite des mineurs et considèrent que les mineurs sont des « gens bizarres ». Pourtant, lorsque le recrutement étranger s’arrête, ce sont les fils de paysans et d’artisans qui se lancent dans l’aventure.

« Le métier finit par attirer ! », conclu Michaël Herbulot.

La fin d’une époque

Dans les meilleures années, il y a 12 mines actives en Normandie. La fin des exploitations minières françaises sonne dès lors qu’une production à moindre coût est mise en place à l’étranger.

Pour le cas Normand, c’est notamment l’exploitation des mines en Mauritanie (Afrique de l’Ouest) qui provoque la fin de cette époque. La mine est à ciel ouvert, la main-d’œuvre est moins chère et le transport aussi. L’exploitation des populations peu développées permet l’enrichissement des compagnies minières, alors que la Mauritanie subit coups d’État et putschs.

Les trois sites miniers ornais sont démantelés, provoquant un « grand traumatisme »dans les communes : des recettes en moins et du chômage élevé. « Il ne reste plus que le patrimoine qui raconte une belle histoire », conclu Michaël Herbulot.

Saint-Clair-de-Halouze est le seul chevalement encore debout. À sa fermeture, un groupe de mineur a installé une champignonnière dans la mine. « Il provient d’une mine allemande, nous recherchons laquelle et dans quelles circonstances il est arrivé à Saint-Clair », précise l’agent de développement de l’association le Savoir & le Fer. Il s’agit d’un « témoin majeur du passé, construit avec la même technique que la Tour Eiffel : des poutrelles rivetées à chaud. »

Les fours de la Butte Rouge sont laissés en friche jusqu’à leur restauration complète entre 2012 et 2016. Il ne reste a priori que « 3 fours du même type » : un en Isère, un dans le nord de l’Espagne et un dans les pays Basques.

L’association le Savoir & le Fer a centralisé toutes les informations sur ce passé au point d’accueil de la Maison du fer à Dompierre. Pour « redonner l’occasion de découvrir le patrimoine et attirer les touristes » de nombreux aménagements ont été faits. Trois circuits touristiques ont été mis en place : le circuit des forges et des mines (34 km), à faire en voiture, et puis deux circuits de randonnées. « Tous les sites sont en accès libre toute l’année », explique l’agent de développement de l’association.

Aujourd’hui, il reste toujours d’importants gisements de fer qui dorment sous le sol ornais. Ils portent en eux la trace d’un passé florissant, partagé entre de nombreuses nationalités.

E.B.D.B. L'orne Combattante le 01/09/2016

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Chantonnay. La mine de la Marzelle sera ouverte au public

Publié le par REVEL Stephane

Pour la première fois, le site de la mine de la Marzelle, dont on a commencé à extraire du charbon à la fin du XIXe siècle, sera ouvert au public pour les journées du patrimoine.

L’exploitation de la mine a débuté en 1878. En 1881, on pouvait dénombrer un puits de 50 m et un de 207 m, quelques centaines de mètres de galeries, et deux machines à vapeur pour remonter les bennes, et divers bâtiments. 53 ouvriers travaillaient sur le site et huit chevaux servaient au transport des bennes.

En août 2014, des jeunes de Familles rurales ont participé à la restauration du mur et des piliers d’entrée, envahis par la végétation. Jointoiement, enduit et couronnement ont été réhabilités à l’identique.

Samedi 17 septembre, de 14 h à 18 h, et dimanche 18 septembre, de 10 h à 18 h, la mine de la Marzelle sera ouverte au public.

Ouest France Chantonnay - Publié le 15/09/2016

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Ils ont retrouvé l’entrée de la mine du Claray

Publié le par REVEL Stephane

Aux Rendez-vous d’automne, le 1er octobre, l’Association rurale culturelle sionnaise évoquera les anciennes mines. La balade expo sur les lieux d’extraction sera suivie d’un repas champêtre.

PatrimoineComme son nom l’indique, la commune, riche en minerai de fer, a abrité, par le passé, des exploitations minières. « Il faut distinguer les descenderies constituées de galeries sous terre, et les minières à ciel ouvert », explique Pierre Roul, membre de l’association.Les minières exploitées de la fin du XIXe au début XXe étaient situées à la Haute-Noë. On retrouve trace des souterraines au Puits-Camus, près des éoliennes ou à Limèle, où subsistent encore les anciens bâtiments. Cette dernière mine a été ouverte de 1912 à 1914, puis a refonctionné de 1928 à 1931, avant sa fermeture définitive.

Samedi 1er octobre, balade exposition à 16 h, salle du Breil. À 20 h, repas. Tarifs : adulte, 13 € ; enfants, 6,50 €. Réservations au 02 40 28 98 96 ou au 02 40 07 84 16.

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LE CREUSOT : Conférence sur les dangers de la mine à l'Ecomusée

Publié le par REVEL Stephane

Dans le cadre du cycle de conférences de l’Écomusée Creusot Montceau, Jean-Philippe Passaqui, enseignant et chercheur, proposera une conférence sur les dangers de la mine, mercredi 21 septembre à 2016 au château de la Verrerie, au Creusot.
Au milieu du XIXe siècle, la transformation des techniques minières est frappante, pour ce qui concerne les grandes houillères de charbon comme Blanzy, Le Creusot, voire Épinac. Pour autant, les dangers auxquels sont confrontés les mineurs sont loin de diminuer. Face à la répétition des drames, l’administration des Mines mène des enquêtes rigoureuses qui débouchent sur la création des procès-verbaux d’accidents, source remarquable pour aborder les risques du monde minier, leur renouvellement, ainsi que l’efficacité croissante de la surveillance à l’encontre des exploitants. Loin de rester de simples constats d’accident, ils conseillent l’exploitant et permettent à l’administration de proposer des mesures préventives. La question du respect du mineur figure en bonne place dans les traités, comme l’atteste cette citation extraite d’un ouvrage d’Étienne Dupont, un des grands acteurs de la formation des ingénieurs : « La vie de l’ouvrier mineur est un long combat, et les périls de son existence laborieuse imposent aux concessionnaires de mines des devoirs spéciaux ».

Jean-Philippe Passaqui est enseignant et chercheur affilié au Centre d’histoire des techniques-Institut d’histoire moderne et contemporaine-Paris I Panthéon-Sorbonne, ENS, CNRS.

Informations pratiques
Mercredi 21 septembre à 18h30
Salle à manger du château de la Verrerie – Le Creusot

Renseignements : 03 85 73 92 00 - www.ecomusee-creusot-montceau.fr

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