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Chronique de la mine : être chef à la centrale électrique

Publié le par REVEL Stephane

Avant-dernière de la série, la petite chronique de la mine livre ce dimanche le témoignage de Roger Lenet, né en 1922, qui se souvient du parcours de son beau-père qui était responsable de la centrale électrique.

« Mon beau-père était responsable de la centrale électrique. Il était de Ressille, il travaillait à la mine mais il n’a jamais voulu descendre au fond. Il était au jour. Et puis, il est parti à la guerre. Quand il est revenu, il s’est dit : « Je ne vais pas continuer à la mine d’Épinac, moi, j’ai point d’avenir ici ». C’était un type intelligent, il avait 11 ans quand il a quitté l’école avec son certificat d’études et après, il a été placé en « champs les vaches » à Morlet. Il ne voulait pas continuer cette vie-là. Il avait assez de “bagages”. Alors, il avait fait une demande aux Chemins de fer.

Et les Chemins de Fer, quand ils ont vu ça, son écriture, la façon qu’il avait de s’exprimer, ils ont dit : « C’est pas n’importe qui, çà ». Alors, ils ont téléphoné au directeur de la mine à Épinac et ils ont dit : « Qui c’est ce Thomas qui veut venir chez nous ? ». Alors le directeur a dit : « Ben, c’est untel ». « Bon, eh bien, c’est bon ! ». Alors le directeur de la mine, qui était Destival à cette époque-là, a convoqué un jour mon beau-père, il lui a dit : « Thomas, vous voulez quitter Épinac ? » Mon beau-père lui a répondu : « Oui, j’ai pas d’avenir ici, moi ! ».

Destival lui a dit : « Je vais vous en donner. Vous voulez du boulot ? Je vais vous en donner. Je vais vous mettre responsable de la centrale électrique ». Alors, mon beau-père il a dit : « Eh bien si c’est comme ça… ».

Il avait 80 gars sous lui. Il s’occupait des chaufferies, de l’entretien, un peu de tout… La centrale, elle alimentait tous les pays aux alentours : Couches, tout ça… Il était responsable de l’entretien des machines. Il commandait ! Fallait faire les postes parce que la chaufferie ne s’arrêtait jamais. Il y avait trois postes, les trois huit qu’il disait. Il fallait donner les journées de congés, tout ça. Alors c’était un casse-tête quand même ! »

le 14/04/2013 à 05:00 par Chantal Pitelet (CLP) avec Évelyne Gaudin et la CCVD

Le journal de Saone et Loire

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