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Il y a près d'un siècle, le président de la République Raymond Poincaré descendait au fond de la fosse 5 de Bruay

Publié le par REVEL Stephane

À l'image du Général de Gaulle, descendu bien après lui à la fosse 6 d'Haillicourt pour lancer, le 25 septembre 1959, la fameuse « bataille du charbon » ...

 

, un autre président de la République, Raymond Poincaré, a foulé le sol mineur pour exhorter les gueules noires du Bruaysis à « produire plus ». C'était il y a 98 ans.

 

Le 3 novembre 1914 en effet, Raymond Poincaré (1860-1934) se rend à Bruay et Auchel, trois mois jour pour jour après que l'Allemagne a déclaré la guerre à la France.

L'ennemi prussien occupe alors Lens et met le grappin sur Bully le 6 octobre. Le front n'est stabilisé que depuis peu de temps. Alors que l'offensive allemande progresse, la situation est critique à Bruay. Des milliers de réfugiés belges, du nord de la France, et de la région de Lens, en fuite, passent par la ville. Certains s'y arrêtent. Seules les mines situées à l'ouest de Lens, dont celles du Bruaysis, restent alors sous contrôle français.

C'est dans ce contexte que le président de la République descend au fond de la mine, à la fosse 5 de Bruay, à Divion, au retour d'une visite au front.

Ce jour-là, Poincaré fait appel au patriotisme des mineurs en leur demandant de « produire encore plus » de charbon afin de compenser la perte de nombreux puits de mines passés sous contrôle ennemi. Après avoir réuni à Bruay les présidents des compagnies minières, des décisions sont prises. La main d'oeuvre sera puisée parmi les réfugiés et encadrée par des agents de maîtrise.

Les trains de charbon remonteront vers Calais pour emprunter la ligne du littoral. En accord avec les syndicats, réunis sous la présidence d'Henri Cadot - fondateur du syndicat des mineurs du Pas-de-Calais et futur maire de Bruay - la durée du travail est portée de 8 à 9 heures. En quelques mois, la situation s'améliore. La reprise de la commune voisine de Vermelles en décembre, celle de Loos ensuite, permet de remettre en marche quelques fosses proches de la ligne de front et d'éloigner l'ennemi.

En tenue de mineur

Le travail reprend toutefois avec d'infimes précautions. Les mineurs descendent dans les puits la nuit par les échelles et remontent avant le lever du jour pour ne pas éveiller les soupçons. Rien ne doit laisser apparaître la moindre activité.

À la surface, les ateliers continuent de réparer le matériel de la mine malgré les duels d'artillerie entre Français, installées sur les carreaux des fosses, et Prussiens. Pour avoir une idée de l'ampleur des combats, la fosse 10 de Sains-en-Gohelle subit à ce moment-là quelque 23 bombardements.

Le président Poincaré, photographié en tenue de mineur sur le carreau de la fosse 5 ce jour-là, était équipé d'une lampe de sécurité à flamme Marsaut. Une fois remonté, il avoua avoir été fortement impressionné par les mineurs oeuvrant dans des conditions d'exploitation particulièrement pénibles. •

Sources : histoires-de-chtis.com et Pas-de-Calais62.fr

jeudi 03.11.2011, 05:06  - La Voix du Nord

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