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La Coopérative des Mines dans le panier du patrimoine mondial de l'UNESCO

Publié le par REVEL Stephane

Parmi les 353 éléments retenus pour apparaître sur la liste du Bassin minier tel qu'inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, figurent huit sites noeuxois(*). L'un d'entre eux, toutes les familles de mineurs l'ont un jour fréquenté : c'est la Société coopérative.

Quand elle est fondée en 1876, son but est de procurer aux « gueules noires » et à leurs familles toutes les denrées alimentaires et tous les objets courants à des prix modérés. Pour se fournir dans les magasins, il faut posséder au moins une action de la société (50 francs). Si la comparaison avec les supermarchés actuels n'est pas possible, la coopérative est déjà le rendez-vous incontournable des femmes de mineurs.

Évelyne Vassalle a travaillé pendant huit ans aux magasins généraux, situés au 421 de la rue Nationale. « La carte bleue à débit différé n'existait pas encore, mais les clientes utilisaient déjà un carnet pour acheter leurs achats à crédit. Elles payaient deux fois par mois lorsque la "quinzaine" était versée à leur mari. Elles bénéficiaient également de "timbres ristournes". Des points qui, cumulés, permettaient de s'offrir du linge, de la vaisselle ou encore des casseroles. » Évelyne a d'abord été embauchée à la « rincerie » : « Je lavais des bouteilles puis je les remplissais de vin qui arrivait par la voie ferrée toute proche. » D'autres employées effectuaient la même opération avec du rhum. Certaines étaient chargées d'emballer le beurre qui était livré par grandes mottes. Dans le bâtiment occupé actuellement par Noeux Environnement, ça sentait bon le pain chaud : la boulangerie fournissait toute la région. À côté, c'est la brûlerie qui laissait échapper sa douce odeur de café.

La coopérative, qui s'appelle alors SO.CO.MI.NE, ferme ses portes en 1971, tout comme les puits de mine. François Le Loarer rachète alors les locaux désaffectés pour les consacrer en partie à son commerce de bricolage et à son musée de la Moto. Aujourd'hui, même si l'on croise encore des clientes dans le secteur, c'est surtout pour fréquenter une solderie (Noz). Le reste de ces murs usés par le temps est en vente. Leur classement par l'UNESCO va peut-être leur sauver la vie ?  •  RICHARD ATTAGNANT (CLP)

(*) Voir aussi l'église Sainte-Barbe, le Fonds de Sains, les Grands Bureaux des compagnies des mines, les bâtiments de la fosse 1 et 1 bis ainsi que le garage en béton, la pharmacie centrale coopérative des ouvriers mineurs.

La Voix Du Nord

Publié le 22/07/2012

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