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Le 24 avril 2004, la dernière mine de charbon française fermait en Lorraine

Publié le par REVEL Stephane

Il y a six ans, Nord Éclair titrait « L'adieu des mineurs ! » : la dernière « gaillette » de charbon français était remontée du puits de la Houve, à Creutzwald, en Moselle.
Une cérémonie scellait trois siècles d'histoire charbonnière en France.
À 21 h 20, sous le chapiteau dressé sur le carreau de la Houve, à Creutzwald. Le dernier bloc de charbon français fait son apparition sur la scène, éclairé des seules lampes frontales d'une poignée de mineurs, scellant ainsi à jamais l'histoire charbonnière du pays. L'émotion est alors à son comble, les yeux brillent dans la salle où 2 500 invités ont pris place. Quelques larmes perlent pudiquement sur les dernières « gueules noires ». L'hommage voulu par Charbonnages de France pour marquer la fin de l'extraction du charbon en France a trouvé son point d'orgue dans ce moment digne et solennel où les derniers mineurs français, accompagnés de quelques enfants, ont dit adieu à la mine.
La soirée avait démarré vers 19 h 30 avec l'arrivée du ministre délégué à l'Industrie Patrick Devedjian. Une minute de silence avait été observée en hommage aux nombreuses victimes des accidents de la mine . « Au fond, j'ai ressenti des choses qu'on ne peut pas ressentir à la surface et j'ai compris le changement qui peut s'opérer entre les hommes lorsque l'on est dans cette situation » , a déclaré Patrick Devedjian, invité à descendre dans le puits de la Houve, à 500 m sous terre. La soirée devait se poursuivre par un spectacle vivant, préparé par des mineurs et leur famille sur le thème de l'aventure du charbon. « Le spectacle est une façon pour nous de donner la parole aux mineurs » , a estimé Philippe de Ladoucette, président de Charbonnages de France. Quelques mineurs ont évoqué avec nostalgie leurs années de mine. « C'est vrai que c'était dur. Plusieurs fois, je suis remonté blessé. Mais pour rien au monde je n'aurais voulu faire autre chose de ma vie » , assure Daniel Kocevar, un mineur retraité venu soutenir ses derniers camarades.

 « Un vrai gâchis »
Louis Gauthier, ancien chef porion (contremaître) à la Houve, est amer : « Jamais cette mine n'aurait dû fermer, elle était performante et technologiquement en pointe. C'est un vrai gâchis » . D'autres déçus de la fermeture, les mineurs de la CGT, dont le syndicat n'avait pas signé le pacte charbonnier en 1994, ont manifesté leur désaccord en distribuant des tracts à l'entrée du site.
L'hommage doit se poursuivre ce week-end sur le site de la Houve. Des expositions seront présentées aux visiteurs : portraits de mineurs de toutes les époques, clichés signés Jacques Grison présentant le travail du mineur au fond, sélection de photos anonymes des familles de mineurs. Demain matin, une messe sera célébrée sous le chapiteau par l'évêque de Metz, Mgr Raffin, en hommage à la mine... et aux mineurs.

Publié le mardi 21 décembre 2010 à 06h00 Nord Eclair

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