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Le ressuage

Publié le par REVEL Stephane

Le ressuage, c’est ainsi qu’on nomme l’opération par laquelle le cuivre doit passer pour achever de se dégager du plomb qui peut être resté avec lui au sortir du fourneau de liquation. Après que le plomb chargé d’argent s’est séparé par la liquation du cuivre, les gâteaux ou pains de liquation se sont affaissés, ils sont devenus entièrement poreux et spongieux, il y reste encore une portion de plomb qu’il est nécessaire d’achever d’en séparer, avant que de raffiner le cuivre.

On se sert pour cela d’un fourneau construit de la manière suivante.

On commence à former des évents en croix pour dégager l’humidité ; le sol du fourneau doit aller en pente par-devant, et être garni de carreaux ou de briques ; on forme plusieurs rues ou voies par des murs parallèles placés près les uns des autres, traversés par des barres de fer, de fonte, destinées à soutenir les pièces de liquation qui doivent ressuer.

Ces murs sont recouverts par une voûte, ce qui fait un fourneau de réverbère dont le devant se ferme avec une porte de tôle que l’on enduit intérieurement de terre grasse.

On place de champ sur ces murs et ces barres les pièces ou les pains de liquation ; on les chauffe jusqu’à ce que le cuivre rougisse obscurément sans se fondre ; par cette opération qui dure vingt-quatre heures, le cuivre achève de se dégager du plomb et de l’argent avec qui il était encore joint.

On appelle épines de ressuage, les scories qui se forment du cuivre dans cette opération : en se servant de bois pour faire la liquation, et en la faisant dans un fourneau de réverbère, on se dispensera de faire passer le cuivre par l’opération du ressuage.

Au sortir du ressuage le cuivre est porté au fourneau de raffinage.

Le ressage servait aussi pour extraire l'argent des creusets.

Quand un creuset de fer n’est plus en état de servir, on le met le fond en haut, sur les barreaux d’un fourneau à vent ; et on fait grand feu, afin de faire fondre l’argent qui est attaché au creuset ; ce que l’on appelle faire ressuer le creuset.

Après quoi on le retire tout rouge du feu, et on l’exfolie à coup de marteau ; c’est-à-dire, que l’on en fait tomber la superficie, en feuilles que l’on pile ensuite, pour en faire les lavûres, afin d’en retirer jusqu’aux moindres parties d’argent.

Quand on veut séparer les métaux des culots, ce que l’on appelle faire ressuer les culots, on fait un feu de charbon pour bien recuire la casse, on fait une grille au-dessous du ressuage : cette grille n’est pas de fer, parce que l’ardeur du feu ferait que le cuivre du culot s’y attacherait.

On met les culots sur cette grille : on fait un feu clair dessous, qui fait allumer le charbon qui est lardé entre les pavés dont le ressuage est composé, et on modère le feu clair autant que l’on peut ; car bien que le cuivre soit plus difficile à fondre que l’argent et le plomb, il pourrait être aussi fondu ; et ainsi ces trois métaux que l’on veut séparer, se trouveraient mêlés dans la casse.

Quand les culots sont bien échauffés, le plomb et l’argent fondent presque en même temps, et coulent dans la casse.

Mais comme le cuivre est plus difficile à fondre, il reste sur la grille, et on voit les restes des culots percés comme des éponges aux endroits dont le plomb et l’argent ont été détachés par l’action du feu.

On retire après cela les restes des lingots, on les fait fondre, et on les met en lingots.

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