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Les mines stéphanoises étaient plus dangereuses que celle de San José

Publié le par REVEL Stephane

Chaque fois qu'une catastrophe touche une mine dans le monde, les anciens mineurs du bassin stéphanois ne peuvent rester insensibles. Alors bien sûr ils ont suivi ce qui s'est passé à la mine de San José au Chili.

Pour eux « ce n'est pas comparable avec des accidents que nous avons pu connaître dans les puits de la région », précise Jean Meyer qui a connu la fermeture du dernier puits de mine, le puits Pigeot à La Ricamarie, en 1983. Dans leur galerie, les mineurs chiliens avaient beaucoup d'espace, « rien à voir avec les galeries de notre bassin, qui étaient plutôt exiguës ».

La mine stéphanoise a surtout été touchée par de nombreux coups de grisou. Ce gaz émanant de la houille est dangereux lorsqu'il se trouve concentré, à un endroit, en quantité importante.

Mais c'est le coup de poussières qui suit qui fait de nombreuses victimes.

Ce phénomène ressemble à de véritables explosions qui provoquent des ondes de choc. Les mineurs meurent brûlés et asphyxiés.

Henri Delorme, ancien mineur, a recensé les nombreuses catastrophes qui ont endeuillé les mines stéphanoises.

Au XIXe siècle, les coups de grisou ont fait 5 000 victimes, dont le plus important a eu lieu en juillet 1 889 au puits de Verpilleux avec 207 morts. Au XXe siècle c'est le coup de grisou du puits de la Chana à Villars qui a été le plus meurtrier : 68 mineurs y perdaient la vie. Le dernier coup de grisou dans les mines du bassin stéphanois se produisait en mai 1968 au puits Charles à Roche-la-Molière. Le bilan faisait état de six morts. Des catastrophes qui ont hanté les esprits des mineurs et de leurs familles. Fernand Fraisse se souvient que sa femme connaissait ses heures de sortie de la mine. « Dès que j'avais un peu de retard, elle s'inquiétait. Il y avait toujours une angoisse dans les familles, qui pensaient au pire. Un jour, je me suis blessé au fond. Mon épouse a vu arriver le garde des houillères qui est venu lui annoncer la nouvelle. Elle a craint le pire ».

Le Progres le 12 octobre 2010

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