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PARLACHES Mémoire du fond : les gardiens de la mémoire de la mine

Publié le par REVEL Stephane

Trente ans après la fermeture du dernier puits de mine, la mémoire a des défaillances et déjà circulent des affirmations des plus fantaisistes « à caire sus l'daine ». Raoul Briquet (1875-1917) aurait inventé le briquet du mineur, ceux du Pas de Calais seraient des « boïaux rouches » parce qu'ils buvaient du vin… L'association Mémoire du Fond, basée à Liévin, a pour but de sauvegarder et transmettre la mémoire de la mine et des mineurs et organise des circuits en car d'une journée sur différents sites miniers où le public a l'occasion de mettre ses pas dans les pas des mineurs et de faire connaissance avec l'histoire de la région.
« I bafelle et i dit qu'i pleut », dit un vieux proverbe pour désigner celui qui parle sans savoir ! On a oublié, qu'avant les progrès sociaux, les mineurs « saquaient d'dins » durant 14 heures au fond !
Un règlement de la Compagnie d'Aniche du 4 mai 1802 précise que le travail débute à 5 heures le matin pour se terminer à 7 heures du soir et que trois pauses sont prévues « pour déjeuner, dîner et goûter ». En 1885, Zola écrivait dans Germinal « C'était le briquet du mineur, la double tartine emportée chaque matin à la fosse » : cette année-là, Raoul Briquet est encore en courtes culottes !
Dans son livre Les Mots de la mine, Béatrice Turpin, membre du conseil scientifique du Centre historique minier de Lewarde, ne craint pas d'écrire que le terme « boïau rouche » viendrait de la couleur politique des travailleurs de la région…et pourrait venir du fait que les mineurs aimaient beaucoup le vin rouge !!! D'après cette spécialiste, seuls les mineurs du Pas-de-Calais étaient communistes et ivrognes !!! « Y a d'quo grimper à molettes ! » Car, c'est ignorer qu'au cours des guerres de succession d'Espagne, l'Artois était complètement dévasté, que les Artésiens étaient réticents au rattachement de leur province à la couronne de France et que pour gagner leur confiance le roi les avait exemptés de l'impôt sur le sel, la gabelle. Ce privilège permettait de garder la viande au saloir à moindre frais et déclenchait la jalousie des provinces voisines qui se moquaient des ulcères sanguinolents (« ches fameux boïaux rouches ») que pouvait occasionner l'excès de sel.
Pour la préservation du souvenir, l'association Mémoire du Fond propose quatre circuits en car en compagnie de guides expérimentés, chtis confirmés, et au contact d'anciens mineurs. Le 20 mars, embarquez pour le circuit du Pas-de-Calais, les 10 avril et le 22 mai se déroule le circuit Nord jusqu'à la frontière belge, et le 25 septembre, au cours du circuit belge les participants ont l'occasion de dévaler réellement et d'aller au « carbon » dans des galeries d'une mine.
Dans un autre style, l'association Pour que vivent les chtimis organise un cabaret patoisant à Vendin-le-Vieil le 3 avril avec spectacle et briquet du mineur : trois heures avec Patrick Collon, Chti Robert, Marie-Laurence Delille, Mauricette Tanière, Claudine et Alain Lempens. Là, également, il sera question des traditions de la mine, en chanson et en poésie, mais aussi avec beaucoup d'humour. •  GUY DUBOIS.

Mémoire du Fond : 10, square du Grand Condé, 62 800 Liévin, 03 21 45 61 36 et/ou memoiredufond@orange.fr.
Info et réserv. spectacle : 4 rue Facq 62880 Vendin le Vieil. 03 21 28 51 13.

 

Nord Eclair dimanche 6 mars 2011

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