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Pour la fête de Sainte-Barbe, les mineurs bravaient l'interdit au fond de la mine

Publié le par REVEL Stephane

OIGNIES

Le vendredi 2 décembre à la salle Pasteur, un briquet (1) va réunir les Amis de la mine pour honorer Sainte-Barbe, patronne des mineurs.

 

André Hédin, président, et Émile Bossu, animateur de l'association, font remonter à la surface des souvenirs de cette journée à nulle autre pareille au fond de la mine.

 

« Sainte-Barbe fait partie de ces saints que l'on connaît si mal, mais que l'on arrose si bien. » Il y a plus de trois décennies, le slogan sanitaire À consommer avec modération n'était pas encore entré dans les moeurs. Pour André Hédin, la formule que lui a apprise Richard Ordynski, un de ses maîtres d'apprentissage de son métier de mineur à la mine-image de la fosse 2, résume bien la particularité de cette journée. Chaque corps de métier de la mine organisait une réception en l'honneur de la sainte patronne des mineurs. Aujourd'hui, il y a prescription, mais il faut savoir que, pour d'évidentes questions de sécurité, l'introduction de boissons alcoolisées était formellement interdite sur le lieu de travail, notamment au fond.

« Mais pour fêter Sainte-Barbe sur le tas, les mineurs bravaient l'interdit et prenaient leurs précautions les jours précédents. »

« Sainte-Barpe, alle est pas morte... »

« Car le jour même, on savait que les musettes auraient fait l'objet, avant la descente au fond, d'un contrôle rigoureux de la part des gardes des Houillères », se souvient André, ancien électricien du fond. « Chacun apportait sa bouteille qui était dissimulée dans les schistes. La bière, par exemple demeurait fraîche puisque l'on arrosait régulièrement les paquets de terre pour éviter l'envol de poussières », raconte Émile Bossu, ancien agent de maîtrise de creusements. Le copieux repas pris au fond était généralement suivi par un autre au jour. Par exemple, des moules frites dégustées au son d'un bandonéon dans l'un des nombreux mastroquets qui existaient à l'époque autour des puits. Une nouvelle occasion de reprendre en choeur jusqu'au bout de la nuit, le sempiternel refrain : « Ah bin non non sainte-Barpe, alle est pas morte car alle cante encore, car alle cante encore. » • SERVAIS FLANQUART (CLP)

(1) Casse-croûte du mineur.

La Voix du Nord le dimanche 27.11.2011

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