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Quand la fonderie crachait route de Saint-Gilles Beaucaire

Publié le par REVEL Stephane

La cimenterie Calcia   - qui s'appelait naguère les Ciments Français - a succédé à une autre industrie qui s'est maintenue à Beaucaire pendant quarante ans : les hauts-fourneaux.
Sur une surface qui incluait non seulement la cimenterie actuelle mais aussi l'emplacement de l'ancienne Compagnie commerciale et industrielle du Midi (CCIM), aujourd'hui occupée par une entreprise de transport, et d'autres parcelles plus au sud, la fonderie des Forges et ateliers de Châtillon et Commentry s'installe à partir de 1873.
Pourquoi à cet endroit ? Parce que la voie de chemin de fer et le canal de navigation passent à proximité.
Le charbon du bassin houiller de La Grand Combe - alors en exploitation -, arrive par le premier et le minerai par le second. Ce qui nécessite la
création d'un port et d'un embranchement ferroviaire.
La fonderie produit notamment des rails et des baignoires en fonte émaillée. Les hautes cheminée en briques ont disparues depuis longtemps, mais des blocs de mâchefer et les vestiges du réseau de ventilation des fours existent encore par endroits dans le sol.
La fonderie fonctionne jusqu'au début des années 1900. Elle n'est plus en service quand ses propriétaires la vendent en 1913 à la Société des produits électro-chimiques d'Alès et de Camargue. En 1921, c'est la Compagnie commerciale et industrielle du Midi qui s'établit sur ces terrains, dont elle cède une bonne partie à la cimenterie nouvellement créée.
Les cimentiers ont prit la suite d'une industrie autrefois florissante ici : celle de la pierre de taille, la fameuse "pierre de Beaucaire".
Les carrières beaucairoises, anciennement pourvoyeuses de cette pierre de construction réputée, fournissent donc un calcaire excellent pour la production de ciment. Les aménagements (rail, canal), qui avaient facilité l'installation de la fonderie, ont été tout aussi déterminants pour la mise en place de la cimenterie, qui compte, à l'heure actuelle, plus de quatre-vingts ans d'existence à cet endroit.
Elle a heureusement résisté jusqu'à ce jour à la vague de fermetures qui a frappé de plein fouet le tissu industriel beaucairois pendant la seconde moitié du XXe siècle, avec la disparition des structures anciennes telles la CCIM, les produits chimiques ou les brasseries du Sud-Est. 

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