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Quand les houillères de Ronchamp exploitaient les mines de charbon

Publié le par REVEL Stephane

Le Musée de la mine Marcel-Maulini, ouvert en 1976 à Ronchamp, retrace toute l’histoire de l’exploitation du charbon. Retour sur ce passé industriel qui a façonné la commune.

Liliane Frahier, adjointe au patrimoine de Ronchamp, travaille au Musée de la mine depuis 1992, c’est-à-dire depuis l’intégration au réseau des Musées techniques et cultures comtoises. Petite-fille de mineur, elle est la mémoire de l’histoire des houillères à Ronchamp. Elle est chargée également des visites guidées du musée. La mine a fermé en 1958, mais son grand-père, chef mineur appelé « porion », lui racontait tout ce qui se passait au fond du trou.

À Ronchamp, les houillères exploitaient le charbon, notamment pour les locomotives à vapeur et pour le chauffage. À la belle époque, les mines employaient 1500 personnes et les mineurs sortaient 200 000 tonnes de charbon par an. Pendant deux siècles, l’exploitation des mines de charbon a façonné le paysage et rythmé la vie de Ronchamp et de ses environs. Dès 1906, des difficultés techniques et la baisse de la rentabilité -le charbon était moins cher dans les pays de l’Est, précise Liliane Frahier- affectent l’avenir de l’exploitation des houillères.

En 1958, les houillères et la centrale électrique s’arrêtent définitivement. C’est durant cette période que le Dr Marcel Maulini, médecin des mineurs de 1946 jusqu’à la fermeture des houillères, qui a mené de nombreux travaux sur la silicose, décide de construire une « maison de la mine » pour conserver la mémoire de cette époque en retraçant les 200 ans d’activité minière. En septembre 1976, le musée devient la propriété de la municipalité de Ronchamp.

La visite du musée s’effectue sur trois niveaux. Selon Liliane Frahier, « le musée abrite des collections uniques au monde, comme les coupes de poumons de mineurs décédés des suites de la silicose », ou encore une remarquable collection de lampes de mineurs. Compagne indispensable du mineur, la lampe de mine lui assure la lumière artificielle et lui garantit la sécurité en repérant la présence du grisou. Le matériel exposé permet de comprendre l’évolution, depuis les chandelles de suif jusqu’aux lampes en fer ou en bronze. À partir de 1920, les lampes à flamme sont progressivement remplacées par la lampe électrique à accumulation ou à pile. La plupart des objets exposés proviennent de dons des mineurs eux-mêmes. La salle du 1 er étage contient des témoignages de la présence d’une communauté polonaise à Ronchamp et, plus largement, évoque la vie quotidienne des mineurs des XIX e et XX e siècles.

Aujourd’hui encore, Ronchamp célèbre la Sainte-Barbe, patronne des mineurs, qui rassemble les amis du Musée de la mine et les anciens mineurs, en général ceux qui travaillaient dans les bureaux, car les mineurs de fonds sont pour la plupart décédés. Liliane Frahier espère que dans les années à venir, les salles d’exposition seront restructurées et que des vitrines modernes permettront de mieux mettre en valeurs les outils utilisés par des générations de mineurs.

le 12/07/2012 à 05:00 par Jean Becker

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