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Retour sur le passé. Le tunnel du Tracol : de la voie ferrée à la voie verte !

Publié le par REVEL Stephane

Un temps cave d’affinage de fromages puis ancienne champignonnière, le souterrain va trouver une nouvelle vocation touristique

Sous la ligne de crête des Cévennes qui barre les bassins de la Loire et du Rhône, il est un souterrain jusqu’alors oublié dont l’existence est en passe de s’inverser. Il s’agit du tunnel du Tracol, abandonné par le rail depuis un demi-siècle, mais qui devrait conquérir une destinée verte avec son acquisition par la communauté du Pays de Montfaucon (lire par ailleurs).

Construit entre 1880 et 1884 sur la ligne ferroviaire Firminy-Saint-Rambert-d’Albon, via Dunières, Riotord, Bourg-Argental et Annonay, l’ouvrage de 2 392 mètres de long a été un véritable trait d’union économique et démographique entre la vallée du Rhône, le Pilat et le Haut Velay.

Le « souterrain » (terme technique ferroviaire utilisé à l’époque) du Tracol c’est 1,4 km sous le territoire de la Haute-Loire, dans la partie forézienne de la commune de Riotord, et 1 km environ dans la Loire, essentiellement sur la commune de Saint-Sauveur-en-Rue et quelques mètres sur celle de Saint-Régis-du-Coin. Il possède deux cheminées d’aération, une de chaque côté, et il est un des rares à avoir un drainage en son milieu au lieu des deux côtés habituellement. Ce qui fait que certaines eaux destinées à la Loire, se déversent dans le Rhône !

Le versant rhodanien était très pentu avec une boucle intégrale sur Burdignes afin d’atténuer la déclivité. La rampe depuis Bourg-Argental en direction de la Haute-Loire, de l’ordre de 30 mm/mètres, nécessitait une double traction de convoi jusqu’à la sortie du tunnel versant Dunières. Là, une voie d’évitement permettait aux machines de repartir en sens inverse pour freiner à leur tour les trains qui descendaient sur Bourg-Argental. D’où la large plateforme à l’entrée du tunnel côté Riotord qui permettait de garer les locomotives d’appoint.

C’est là, à 920 mètres, le point culminant de la ligne de ce tronçon entre Bourg-Argental et Riotord qui fut fermé aux voyageurs dès 1940 : par mesure d’économie et à titre provisoire… Mais il n’y eut jamais de reprise et le trafic de marchandise, concurrencé par la route, était définitivement stoppé en 1953 : la dépose de la voie ferrée sur 18 kilomètres devait intervenir fin 1954 et début 1955. L’arrêt concernera ensuite la section Riotord-Dunières le 31 mai 1959. Un temps, on avait envisagé d’ouvrir le tunnel au trafic routier avec un système d’alternance. Mais des particuliers l’avaient acheté pour l’utiliser comme champignonnière. Ils avaient envisagé un projet de chai pour faire vieillir du vin, puis affiner du fromage, mais elle redevint champignonnière.

La galerie demeure en bon état, sauf à l’entrée de Saint-Sauveur, où des pierres ont été récupérées au fil du temps, prélèvements qui ont entraîné des infiltrations.

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