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Roubaix, ville des... chercheurs d'or

Publié le par REVEL Stephane

Ne cherchez pas ! Ça n'est même plus sur la carte. Il n'y a rien si ce n'est un petit lac que l'on dit poissonneux, un cimetière avec quelques tombes. Roubaix est une « ghost town » autrement dit une ville fantôme. Pour votre Noël, on vous offre une virée dans le Dakota du sud pour vous raconter une bien étrange aventure.

Les Wibaux ! Dans notre édition du 31 octobre, nous avions fait connaissance avec les fondateurs de la dynastie, Désiré et Félicité, premiers résidants du cimetière de Roubaix où l'on peut encore observer leurs croix rouillées.
Pionnier également Pierre Wibaux, petit-fils de Désiré. Au lieu de s'intéresser à l'industrie lainière, l'activité familiale, lui a choisi de traverser l'Atlantique devenant cow-boy dans le Montana puis chercheur d'or dans le Dakota. Et comme Pierre avait le sens des affaires, il a par deux fois fait fortune.
Né en 1858, Pierre Wibaux émigre au Nouveau Monde en 1883 avec 50 000 F en poche. Il achète son premier troupeau. Marié avec Nelly Cooper, il devient l'un de ces « cattle barons », énormes possesseurs terriens qui ont forgé la légende de l'Ouest américain et inspiré nombre de westerns. Sept ans après son arrivée, il possède plus de 50 000 têtes de bétail. Le Roubaisien est si puissant qu'il se lie d'amitié avec Théodore Roosevelt qui deviendra président des États-Unis après l'assassinat, à Buffalo, de McKinley. Il fait venir le chemin de fer près de son ranch, crée sa propre banque.

Un effondrement dans la mine
Mais le vent tourne : l'entrée en vigueur du homestead act de Lincoln incite Wibaux à changer son fusil d'épaule. Il sera chercheur d'or. Non comme Charlie Chaplin mais comme propriétaire d'une mine, la Uncle Sam mine, découverte en 1878, qu'il a rachetée à un prospecteur en difficulté.
Le filon se situe dans le Lawrence County, non loin de Deadwood dans le South Dakota. Là encore la fortune sourit au Roubaisien. La Clover leaf gold mining company, dont il a pris la tête, emploie des centaines de mineurs. On crée en catastrophe une bourgade. Cinq cents habitants se regroupent dans ce village qui dispose d'une église, d'une poste, d'hôtels, d'une mairie, d'un journal et sans doute de quelques saloons.
Son filon rapportera un million de dollars or jusqu'en 1905, année où à la suite d'un effondrement, les galeries se retrouvent inondées. La mine est abandonnée.
Pierre Wibaux n'a jamais oublié le Roubaix de son enfance. Il apporte son écot à la construction de l'hôpital de la Fraternité et finance l'oeuvre de « la goutte de lait » instaurée en 1904.
Dans les Black Hills
À 55 ans, à la suite d'une intervention chirurgicale, Pierre Wibaux décède à Chicago. Son fils Cyril fera le chemin inverse. Il quitte les États-Unis pour s'installer à Paris.
De cette épopée aux allures de conte, subsistent deux noms de localité. Il y a au Montana, Wibaux, agglomération qui s'est constituée autour du ranch de Pierre où vivent encore un millier de personnes, où on peut admirer une statue géante du pionnier français et visiter sa maison transformée en musée.
Il y a aussi au South Dakota dans la région des Black Hills, Roubaix, une ville dont ne subsistent que quelques bâtiments et un cimetière avec 266 tombes.
Un endroit reposant s'il en est. Et puis aussi un lac dit de Roubaix flanqué de quelques aires de parking vers les berges duquel convergent ceux qui aspirent au calme et à la solitude.w Une excellente étude a été rédigée sur Pierre Wibaux par le groupe des Veilleurs en juillet 2007.

Publié le samedi 25 décembre 2010 à 06h00 Nord Eclair

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