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Sauver une chaufferie des Mines

Publié le par REVEL Stephane

C'est « sans doute la dernière chaudière du genre ». Une association lutte pour que la chaufferie des anciens établissements Foulon, rue Evrard, soit préservée.


«on ne veut surtout pas qu'elle parte à la ferraille, comme on peut le voir sur d'autres sites miniers ». Sébastien Glaubert croise les doigts : il a soumis à la Drac (Direction régionale des affaires culturelles) une demande de classement aux monuments historiques. Un dossier visant à sauvegarder une ancienne chaufferie des Mines située sur le site des établissements Foulon à Bruay. Président de l'APPHIM (Association pour la protection du patrimoine historique industriel et minier), il se passionne pour tout ce qui touche au bassin minier, qu'il s'agisse d'éléments du patrimoine ou d'architecture. « Cette chaudière date de la fin du 19e siècle, elle est quasi-unique », affirme l'intéressé. Installée dans ce qu'on appelait à l'époque les "ateliers centraux", elle faisait partie du service d'entretien de la compagnie des Mines de Bruay. Les établissements Foulon ont ensuite racheté les lieux. Mais ils ont fermé au début des années 2000, d'où l'état d'abandon. « Aujourd'hui, ce site de quatre hectares, pourtant fermé, est régulièrement vandalisé, y compris le matériel resté sur place.
On craint que l'EPF (Établissement public foncier), propriétaire, ne décide de démolir ».
D'où l'urgence d'intervenir, estime Sébastien Glaubert : « Cette chaudière de cinq mètres sur sept comprend deux réservoirs d'eau et deux trappes. Un "chauffeur" était chargé de mettre du charbon dans le foyer, ça servait à chauffer l'eau des réservoirs dont la vapeur, via les tuyaux, permettait de chauffer les bureaux et des machines comme les perceuses ou les perforatrices. C'est sûrement la dernière du genre ». Conscient du coût d'entretien du patrimoine minier, le jeune président propose deux solutions en cas de non-classement : « On peut la laisser sur place, ou alors la démonter et la remonter, pourquoi pas pour l'exposer. On a d'ailleurs un projet de musée sur le traitement industriel du charbon et sur son devenir après extraction. C'est volontiers que l'on peut acquérir cette chaudière exceptionnelle. Au pire, on essayera d'en faire une reproduction... »
Un riche patrimoine local
Sébastien Glaubert espère être soutenu dans son combat : « Bruay a un riche patrimoine minier, avec son musée de la mine et son dépôt d'explosifs, récemment découvert. » De son côté, Alain Wacheux, maire, est également sensible à la préservation du patrimoine minier. « Je ne savais pas que cette chaudière était menacée et qu'une association luttait pour sa sauvegarde. » Le maire pense que l'obtention du classement « va être difficile. On a déjà des sites classés, comme la Cité des Électriciens, l'Hôtel de ville, ou encore l'ensemble art déco du Stade-parc et de la piscine Salengro. Ce ne sera pas évident d'allonger la liste ». Quant au démontage et remontage de la chaudière, il n'y croit guère plus : « Sous réserve d'une étude technique de faisabilité, il est peut-être préférable de la maintenir sur place et de l'intégrer au projet urbain qui sera un jour engagé sur le site ». Un site industriel qu'il faudra sans doute dépolluer et dont certains éléments devront disparaître : « Les bâtiments vieux et dégradés seront forcément détruits, mais on évitera que la chaudière ne le soit également ».

Christine CERDEIRO

 

L'avenir de l'Artois jeudi 10.11.2011, 14:00 Bruaysis

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