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Decazeville. L'histoire oubliée du cheval dans les mines du Bassin

Publié le par REVEL Stephane

Les chevaux ont accompagné les hommes et les femmes dans les grandes étapes de l’histoire mondiale. Un des plus anciens témoignages relatant l’utilisation d’équidés dans les exploitations minières du Bassin a été retrouvé par Yves Lacout, à Cransac : «En 1857, à la mine de Campagnac, une douzaine d’ouvriers travaillait avec l’aide d’un seul cheval». Progressivement, le travail de roulage se planifie et les galeries deviennent suffisamment hautes pour permettre le passage des équidés. En général, le travail consiste à faire circuler les berlines (ou wagonnets) sur deux voies : dans un sens les berlines pleines vers l’ascenseur, dans l’autre les berlines vides vers le chantier. Chaque convoi est formé de 8 à 15 berlines suivant la force et la race de l’animal.

Une anecdote, souvent racontée, stipule que les chevaux savaient compter le nombre de wagonnets (c’est-à-dire le bruit provoqué par les enclenchements successifs des crochets au démarrage du convoi) et que si les mineurs en rajoutaient un, ils n’avançaient pas. Fernand Pellaprat, qui a connu les mines de Decazeville au temps des chevaux, tempère une telle affirmation : «Pour tromper l’animal, on aidait au démarrage de la dernière berline en la poussant. Pas de choc et donc pas de ruade».

Ânes et mulets

Un ancien document administratif des mines de Campagnac mentionne un effectif de 53 chevaux au fond, 19 aux services et 5 ânes. Outre la houille, les bêtes tractaient également les outils, le bois de soutènement et divers autres matériels. Les ânes et les mulets ont été attelés à la tâche dans certaines galeries étroites et dans des endroits inaccessibles aux machines. Une photo de 1958 montre un muletier dans la mine de la Bouyssonie. Le mulet a de grandes oreilles et le pied sûr comme son père (l’âne) ainsi que la puissance et la vivacité de sa mère (la jument).

Le machinisme triomphant (et galopant) métamorphose la profession des «soldats de l’abîme». Et, à partir des années 1950, les chevaux sont délaissés. Fernand Pellaprat se rappelle avoir descendu Jockey, le dernier cheval minier, à la Bouyssonie, en 1958.

Dans un prochain article, nous parlerons du lien qui unissait les mineurs à leurs chevaux.

Publié le 06/10/2013 La Depeche.fr

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