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Catastrophe «dite» de Courrières : 110 ans après, la mémoire meurtrie des «enfants de la mine»

Publié le par REVEL Stephane

Ce qui frappe toujours, dans cette clairière recrée qu’est le Silo de Méricourt, c’est la densité du silence qui nimbe sempiternellement les manifestations jalonnant le calendrier du souvenir.

Un lieu « sacré » que ce Verdun de l’épopée minière, dont l’effroyable bilan est toujours égrené avec autant d’émotion face au monument de la nécropole : une cicatrice qui ne se refermera jamais que ces 1099 victimes de ce qui fut bien plus qu’un simple coup de grisou dont 404 Méricourtois, 304 Sallauminois et 114 Billysiens…

À l’ombre des trois magnifiques cèdres, 272 corps non identifiés dorment à jamais dans une fosse commune auprès de laquelle, ce jeudi, 110 ans après l’horreur qui a endeuillé les populations de vingt-neuf communes environnantes, les hommages se sont multipliés

Et c’est toujours avec beaucoup d’émotion que l’on assiste au ballet incessant des dépôts de gerbes des innombrables collectivités et associations au rendez-vous de la mémoire meurtrie.

Une succession de recueillements conclue par quelques mots forts de Raymond Frackowiak, le pugnace secrétaire général CGT-FNSS-FSM qui, après avoir rappelé ces terribles chiffres dont le détail fait toujours autant froid dans le dos, fit inévitablement le lien avec les luttes actuelles.

Un parcours qui vieillit mal

Comme vingt-et-une pierres levées des temps modernes, des bornes métalliques jalonnent un circuit, inauguré en mars 2006, redessinant à la « surface » le périple souterrain des rescapés de la catastrophe, vingt jours (et autant de nuits) durant. Un kilomètre de chemin de croix ô combien symbolique, qui zigzague entre le Silo de Méricourt et l’ancienne Fosse 2 de Billy-Montigny, chaque « station » narrant une page de cette effroyable course contre la mort.

Une initiative de la CALL qui a aménagé ce « parcours des rescapés » pour faire entrer l’effroyable drame humain mais aussi social dans l’éternité.

Sauf que, dix ans après cette initiative, le parcours a bien triste mine. Si joggeurs et promeneurs en ont fait un « spot » idéal, loin du tumulte de la ville en un paysage étonnamment figé, les vingt-et-une bornes sont en piteux état. Impitoyablement rongées par la rouille et fortement écaillées pour certaines, elles ont parfois également été victimes d’exactions à travers quelques inscriptions bien indignes du devoir de mémoire qui les a fait naître !

Les Amis de la Fosse 10 veulent créer une « route de la commémoration

Sébastien Glaubert était bien évidemment présent ce jeudi, même s’il avait déjà organisé, quelques jours auparavant, une première cérémonie avec ses « Amis de la Fosse 10 » de Billy-Montigny après avoir arpenté le chemin des Rescapés. Un président d’association qui rêve désormais de la naissance d’ « une route de la commémoration avec des repères physiques sur l’emplacement des trois fosses concernées, par exemple un mur en briques où l’on poserait un panneau pour expliquer en détail l’histoire de la fosse et le nombre de victimes par puits... » Une métamorphose qui se prolongerait par l’aménagement de la Fosse 10 de Billy-Montigny en musée du charbon et de la catastrophe, fort de reconstitutions de lampisterie et diverses salles et équipements de l’époque.Une idée folle couchée dans une pétition « pour la sauvegarde de la salle des machines et l’aménagement du parcours commémoratif » en cours de circulation.

PUBLIÉ LE 11/03/2016

La Voix du Nord

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Mine de Salau : 1 600 signatures en faveur du projet d'étude et de recherche

Publié le par REVEL Stephane

L'annonce de la réouverture possible de la mine de Salau a été l'élément moteur de la création de l'association PPERMS (Pour le projet d'étude et de recherche de la mine de Salau). En Couserans, nombreux sont ceux qui ont connu la prospérité qu'apportaient l'entreprise et ses 130 emplois à la vallée et qui désirent le retour des mineurs en haut Couserans. Dans notre édition du 15 janvier, Annie Thébaud-Mony sociologue, chercheur honoraire à l'Inserm, expliquait que «la présence d'amiante est avérée à Salau». Voici trente ans, elle a mené une enquête, en collaboration avec Henri Pezerat (chercheur et chimiste qui a contribué à faire interdire l'amiante en France) auprès de mineurs atteints de cancers professionnels.

Si PPERMS n'est pas forcément pour la réouverture du site, l'association souhaite pour autant que le projet d'étude puisse être mené à bien.

L'association dit compter à ce jour 600 adhérents et 1 600 signatures ont été collectées par l'intermédiaire d'une pétition papier. Une copie a d'ailleurs été adressée à Marie Lajus, préfète de l'Ariège ; à Ségolène Royal, ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie ; à Emmanuel Macron, ministre de l'Économie et des Finances, et aux élus locaux. «Nos adhérents et nos signataires sont essentiellement des locaux, ce qui démontre bien leur attachement au pays Couserans, à son essor économique et à son environnement», poursuivent les représentants de l'association. Ils indiquent également que deux chercheurs ayant effectué les analyses des prélèvements sur le site donneront prochainement leurs conclusions. «Lorsque le permis exclusif de recherche sera accordé, de nouveaux prélèvements pourront être effectués sur les gisements», indique l'association.

Cette dernière organise une réunion publique le vendredi 18 mars, au Parc des expositions de Saint-Girons, à 20 h 30. Elle a invité à cette soirée Michel Bonnemaison, directeur de la société Variscan Mines. L'objectif de PPERMS ? Que chacun puisse s'informer, questionner le porteur de projet sur le contenu et l'avancée du permis exclusif de recherche de la mine de Salau. L'association lance une souscription afin de financer les frais d'organisation et de logistique (location de la salle, des chaises, installation de la sono…) de cette soirée qui s'élèvent à 1 685 euros.

Les dons sont à transmettre par chèques établis à l'ordre de PPERMS, 5, chemin des Trésors, BP 12, 09140 Seix.

La Dépêche du Midi Publié le 22/02/2016

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VIDÉO. Brumaire : œuvre engagée sur les héritiers de la mine dans le Bassin houiller

Publié le par REVEL Stephane

Avant-première, lundi au musée Les Mineurs, de Brumaire. Ce documentaire sur les héritiers de la mine, présenté par son réalisateur Joseph Gordillo, confronte le quotidien de Lætitia, 28 ans, au passé de mineur de Lucien. Voir la bande-annonce...

Toutes les valeurs, tout ce que les mineurs ont fait de merveilleux, je pense qu’on les a oubliées. On les a rangées dans une boîte », constate, non sans amertume Lætitia Clémot.

Ce triste état des lieux, cette jeune femme de 28 ans, fille et petite-fille de mineur, le résume, en ouverture de Brumaire, le documentaire réalisé par les journalistes Joseph Gordillo et Lætitia Giroux.

Présentée en avant-première, lundi soir au musée Les Mineurs Wendel de Petite-Rosselle, cette œuvre artistique sur les héritiers de la mine, est produite par France 3 Lorraine. Sa diffusion sur la chaîne à une heure très tardive, minuit trente, était également programmée le même jour.

« Ce film a commencé il y a cinq ans », rappelle Joseph Gordillo, en revenant sur la genèse de Brumaire, conçu à partir des images de son livre de photos Passion Charbon , paru en 2001 aux Éditions Serpenoise.

Le réalisateur est parti de ses clichés en noir et blanc, pris au fond durant un an et demi pour raconter une histoire. « Celle des héritiers de la mine, de la transmission des valeurs après la fin de cette épopée industrielle. »

Pour témoigner de ce passé minier, le réalisateur a fait appel à Lucien, « un coriace », syndicaliste CFDT, rencontré il y a quinze ans lors des manifestations de mineurs à Merlebach. Son second témoin, Lætitia, agent de service hospitalier dans une maison de retraite, raconte son quotidien. Celui d’une travailleuse isolée « privée de force collective » tentant tant bien que mal de survivre dans une région sinistrée. « Sans aucun avenir pour notre géneration », regrette-t-elle.

« Tous deux ont eu le courage de témoigner , remarque Joseph Gordillo, Leur parole est essentielle pour comprendre le monde dans lequel Lucien travaillait avant et celui dans lequel Lætitia évolue aujourd’hui. »

Film engagé, Brumaire s’adresse aux jeunes qui n’ont pas connu la mine en exercice. Comme le souligne le délégué régional de France 3 Lorraine, Olivier Brumelot, « les auteurs ont quelque chose à dire. Il y a un point de vue dans ce projet artistique et c’est pour cette raison que nous l’avons soutenu. »

Avant lundi soir, Lucien Rezzadore et Lætitia Clémot ne s’étaient jamais rencontrés.

« C’est la surprise », sourit la jeune Stiringeoise, découvrant le second visage de Brumaire. Fière d’avoir participé à cette aventure peu commune, la jeune femme a bien voulu dévoiler son intimité « pour rendre hommage au métier » de son père et son grand-père. Acceptant que la caméra la suive chez elle, à son travail, Lætitia nous livre son ressenti par rapport à sa vie de tous les jours.

Lucien, lui, veut faire passer un message. « Même s’il n’y a plus de valeurs du travail à transmettre faute d’emplois, la jeunesse doit se créer un avenir et il faut lui redonner espoir et surtout ne pas se laisser attirer par les partis politiques extrêmes. »

Heureux de sa participation à ce film « politique », le mineur retraité garde la flamme de militant. « Je ne suis pas nostalgique, mais ce nouveau monde est devenu impersonnel, individualiste. Rien à voir avec la mine, avec sa grande solidarité et son entraide. »

Lucien a l’impression que l’histoire s’est mal terminée. Il n’est pas le seul : « Il n’y a aucun espoir », affirme Lætitia.

Ce film, « c’est notre vécu », assure le duo. Une vision du Bassin houiller qui peut choquer. Mais sans fard et sans concession.

Josette BRIOT.Le Republicain Lorrain

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Douaisis : « Charbon : c’est la fin... », vingt-cinq ans après, les mineurs racontent

Publié le par REVEL Stephane

« Charbon : c’est la fin... place à l’avenir », titrait « La Voix du Nord » le 22 décembre 1990 pour annoncer la fermeture des Houillères du Nord - Pas-de-Calais. La fin d’une industrie et d’une époque. Trois mineurs du Douaisis racontent leur reconversion professionnelle, l’après et l’empreinte indélébile laissée par les mines.

Montigny-en-Ostrevent : mineur de fond, porion, restaurateur, guide… le choix d’une vie

Daniel Francke est descendu au fond pour la dernière fois en 1987, c’était à la fosse Ledoux de Condé-sur-Escaut. L’extraction y a été stoppée le 30 décembre 1988 et les Houillères du Nord - Pas-de-Calais ont fermé leur dernier puits deux ans plus tard. « Aujourd’hui, je continue mon métier de mineur », assure le retraité rieur. Tous les ans de février à novembre, Daniel « descend » au fond de la fosse Delloye de Lewarde. Depuis 1999, il est guide au Centre historique minier. Tout sourire, il raconte la joie ressentie à son retour au fond onze ans après son départ de Condé. Mais se souvient de la claque qu’il a prise : « J’étais mis devant le fait accompli, j’ai réalisé le travail qu’on effectuait et dans quelles conditions. Toute la journée à genoux à soulever du matériel de 50 kilos. » Un travail usant et dangereux, « j’essayais de ne pas y penser ».

Fils de mineur, Daniel Francke a grandi entre les cités de Montigny et de Pecquencourt. «J’avais pas 15 ans quand j’ai rejoint la fosse Barrois (Pecquencourt). C’était un choix, pas une obligation. Je voulais faire comme tout le monde. » En 1964, il signe un contrat d’apprentissage de trois ans au terme duquel il obtient son CAP. Plus de cinquante ans après, il revit sa première descente au fond : « On était tous dans une cage et soudain, ça part. Il mime la scène. J’ai le cœur qui remonte et les oreilles qui sifflent tellement ça va vite. J’ai cru que j’allais mourir. » À Barrois, la cage descend à 16 m par seconde, à 480 m de profondeur. Il fait ses preuves à l’abattage et devient chef d’équipe.

En 1980, il suit une formation pour devenir agent de maîtrise, « porion, en langage familier », sourit Daniel. Un an après il est muté à Condé-sur-Escaut. À l’époque, les fermetures des puits ont déjà commencé dans la région. « Dès le milieu des années 60, on embauchait moins de jeunes. Après le premier choc pétrolier de 1971, on a voulu relancer une campagne d’embauches. En 1974, les patrons disaient : si on embauche un jeune aujourd’hui, il aura fait ses vingt-cinq ans de service à la fermeture des mines. Ils se sont trompés. » Daniel Francke se souvient d’une nouvelle jeunesse qui avait fait des études et rêvé d’autre chose. « Allez dire à un jeune qui a fait mai 68 de venir travailler dans les mines… »

Avant la fermeture de la fosse Ledoux en 1988, Daniel anticipe sa reconversion et en septembre 1987, il devient patron d’un hôtel-café-restaurant à Valenciennes. En 1999, il revend son commerce et apprend le métier de guide qu’il exerce depuis au CHM. Il y anime des visites plusieurs fois par semaine lors desquelles il porte son casque d‘éternel mineur.

Masny : « Les mines ont eu mon père, elles ne m’auront pas moi »

À le voir porter son casque, on pourrait croire que Jean Jedrejewski dit Jeannot (photo ci-contre), est un mineur dans l’âme. Il n’en est rien. Ce fils d’immigré polonais, élevé dans les cités minières, ne voulait pas travailler dans les mines. « Je me disais, elles ont eu mon père(mort de la silicose), elles ne m’auront pas moi. »

En 1959, il rejoint pourtant la fosse Delloye de Lewarde. Il se souvient de sa première journée. « J’étais un petit galibot. Un ancien m’a dit : C’est ton premier jour ? T’en as pour trente ans. » Avant, Jeannot a suivi des cours complémentaires dirigés par les Houillères. « C’était le plein-emploi. Pour intégrer une entreprise, il fallait se faire parrainer. Les employeurs me disaient :Votre père travaillait aux mines, alors vous aussi. » À la fosse Delloye, il devient électro-mécanicien. On parle de plus en plus de la fin des mines. « Dès 1962 j’ai préparé ma reconversion. » Comme d’autres qui sentent le vent tourner, il suit des cours au lycée technique de Douai et au lycée Baggio de Lille.

Après onze ans à Lewarde et trois à Dechy, il quitte les mines. « En 1974, les Houillères ont stoppé les reconversions en arrêtant de fournir du personnel. Elles espéraient relancer l’exploitation. » Cette même année, il intègre l’imprimerie nationale à Flers-en-Escrebieux et les Houillères n’évitent pas la fermeture progressive des puits. Jeannot retrouve finalement la fosse de ses débuts, en 1995, à l’ouverture du Centre historique minier. « J’ai quitté ce milieu pendant vingt-cinq ans et à mon retour, la culture minière n’avait pas changé », confie l’ancien guide. Toujours attaché à l’environnement dans lequel il a grandi, il organise plusieurs fois par an des expositions. « J’ai emprunté les plans de la fosse Delloye et j’ai fabriqué une maquette avec de la récup’. »

Écaillon : mineur jusqu’au dernier jour

Pierre Pietrucha a passé toute sa carrière dans les mines du Douaisis. En 1962, il a 17 ans et intègre la fosse Barrois de Pecquencourt comme apprenti. Il se prépare à devenir géomètre lorsqu’il est victime d’un accident au fond. « J’ai vu passer le film de ma vie », assure l’ancien mineur en décrivant l’événement le plus marquant de sa carrière. Pierre Pietrucha a passé toute sa jeunesse à la cité minière De Sessevalle à Somain. « À l’époque, je dirais qu’on était environ 5 000 à y vivre. »

Il reste marqué par l’esprit de camaraderie qui a bercé son enfance. « On se connaissait tous, on s’invitait au mariage des enfants. C’était magnifique. » Travailler dans les mines ? « Ça ne m’a jamais dérangé. » L’apprenti boucle son cursus et devient géomètre. En 1978, il rejoint la fosse 9 de l’Escarpelle à Roost-Warendin. « Je devais remettre le fond au jour sur des plans, notamment pour gérer les courants d’air qui provoquent des coups de grisou. Notre fond était classé franchement grisouteux. » Il reste à Roost-Warendin jusqu’à sa fermeture le 26 octobre 1990. « En 1981, François Mitterrand a voulu relancer le charbon mais ça n’a pas marché. » Les mines ne sont plus rentables. « Le but était de faire fonctionner les mines encore une dizaine d’années. »

Les fermetures de puits sont inévitables et Roost-Warendin n’y échappe pas. La fosse 9 ferme quelques semaines avant les Houillères du Nord – Pas-de-Calais, le 21 décembre 1990. Pierre Pietrucha doit encore travailler deux ans pour toucher une retraite complète. Il rejoint alors Billy-Montigny et est chargé de rechercher les anciennes fosses du bassin. « Nous devions créer des liaisons pour les dégazer. » Pierre Pietrucha aurait pu, comme Daniel Francke et Jean Jedrejewski, devenir guide au CHM, mais il a décliné l’offre. « J’ai travaillé trente ans dans les mines, c’est suffisant. »

Les puits dans le Douaisis

Les premiers puits creusés sont ceux de Fressain en 1773, ils appartenaient à la concession d’Aniche. L’année suivante, le puits de Monchecourt est à son tour creusé. Le plus récent est le puits du midi à Sin-le-Noble, dont le creusement s’est effectué à 1947.

Sa fermeture a été prononcée en octobre 1972. Le dernier puits en activité dans le Douaisis était celui de Roost-Warendin, qui a fermé le 26 octobre 1990.

Les échos de la mine

La mer, repère des mineurs

Tous les puits sont creusés au même niveau, peu importe la mine : celui de la mer. «Comme ça, lorsqu’il fallait creuser une galerie entre deux puits, on savait exactement à quel niveau travailler. Et on ne s’est jamais trompé », confie Daniel Francke.

Big Brother

Dans les cités minières, le paternalisme était roi. « Le porion surveillait même la vie des mineurs chez eux », se souvient Jean Jedrejewski. Il raconte que le dimanche matin, l’ingénieur de la mine et ses porions se trouvaient sur le parvis de l’église et pointaient les mineurs qui assistaient à la messe.

À chaque maison sa lettre

Sur les portes des maisons de mineurs, on trouvait des lettres pour indiquer au porteur quel journal déposer. Un « L » pour Liberté, un « N » pour Nord matin et un « V » pour La Voix du Nord.

270

C’est le nombre d’années qu’a duré l’aventure des Houillères du Nord et du Pas-de-Calais. Le premier puits a ouvert à Anzin en 1720 jusqu’à la fermeture du dernier puits à Oignies en 1990.

PUBLIÉ LE 22/12/2015 PAR AMÉLIE LAROZE La Voix Du Nord

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Les mines de sel de Wieliczka

Publié le par REVEL Stephane

Cette extraordinaire cathédrale de sel souterraine, exploitée depuis le XIIIe siècle, regorge de chapelles, de scènes religieuses, de sculptures — saints, gnomes et Polonais célèbres —, taillées par les mineurs. Spectaculaire !

Durant 400 ans, les mineurs n’extrayaient de la mine de Wieliczka que le sel gemme.

Puis, un beau jour, ces ouvriers de père en fils sont devenus des artistes, créant dans les entrailles de la mine profonde de 327 mètres un fabuleux monde souterrain, entièrement sculpté dans le sel.

L’itinéraire de 2,5 kilomètres mène du niveau 1, à 64 mètres de profondeur, jusqu’au niveau 3, à 135 mètres, où sont sculptés des autels, des statues, des bas-reliefs et des figurines qui racontent l’histoire de la mine, célèbrent ses légendes et rendent un hommage patriotique à la Pologne.

La chapelle Sainte-Kinga, à 101,4 mètres de profondeur, est stupéfiante. Longue de 54 mètres, large de 15 à 18 mètres et haute de 12 mètres, elle a été fondée en 1896 dans un endroit formé après l’extraction d’un énorme bloc de sel vert. La riche décoration a été complétée sur 70 ans.

Le 24 décembre 2015 |Hélène Clément

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La dernière mine de charbon britannique va fermer

Publié le par REVEL Stephane

Vendredi 18 décembre, le Royaume-Uni fermera sa dernière mine de charbon. Retour sur une industrie qui a marqué l'histoire économique et politique du pays.

C'est une page de l'histoire britannique qui se tourne. Vendredi 18 décembre, la dernière mine de charbon du Royaume-Uni fermera. Avec elle, s'en va un secteur industriel qui a longtemps été le plus important du pays.

Celui-ci avait donné naissance au mouvement syndicaliste et inspiré l'idéologie marxiste. Retour sur cette industrie, qui a également été, dans les années 1980, le symbole de l'opposition à l'ultra-libéralisme de la Première ministre Margaret Thatcher.

Localisation



Les veines de charbon couraient à travers le pays de l'Ecosse (nord) au Pays de Galles (ouest), avec des poches dans les Cornouailles (sud-ouest) et le Kent (sud-est). Une grande partie de l'histoire minière du pays s'est déroulée dans les comtés de Yorkshire, Lancashire, Northumberland et Durham, dans le nord de l'Angleterre.

Emplois



Les mines de charbon faisaient travailler jusqu'à 1,2 million de personnes en 1920, quand le secteur était à son apogée. Les effectifs ont ensuite chuté dans la deuxième partie du XXe siècle, pour finalement tomber à 4.000 employés en 2014, alors que la consommation de houille a atteint des bas niveaux records, finissant par être dépassée par les énergies renouvelables.

Production



L'extraction de charbon est montée jusqu'à 292 millions de tonnes en 1913, tandis que 1.330 mines étaient exploitées dans les années 1950.

Bouleversements



Le secteur a été nationalisé après la Deuxième Guerre mondiale, avant de subir une grave crise pendant les années Thatcher. La Dame de Fer ferme de nombreuses mines, les mineurs se lancent dans une grève longue d'une année en 1984-85 et la production s'effondre.

Le secteur surmonte malgré tout ses difficultés, sans toutefois parvenir à enrayer un déclin inéluctable, et de nombreux sites miniers restent sinistrés par le chômage.

Les mines dans la culture

«Billy Elliot», une des plus célèbres comédies musicales à l'affiche à Londres, a pour toile de fond les mines de charbon. La houille est également évoquée dans la série télévisée "Poldark" (2015) ou le film "Les virtuoses" (1996). Les conditions de travail dans les mines ont inspiré les auteurs allemands Friedrich Engels et Karl Marx.

Histoire



Le charbon alimentait les nouveaux moteurs à vapeur qui équipaient trains et bateaux de la révolution industrielle et les innovations technologiques du secteur minier britannique ont essaimé dans le monde entier.

La mine est également liée au droit du travail. Après un accident meurtrier qui tua 26 enfants en 1838 dans le Yorkshire, la reine Victoria ordonna une enquête dont les conclusions aboutirent en 1842 à l'interdiction du travail des femmes et des enfants de moins de dix ans dans les mines de charbon.

Le Parisien le 17/12/2015

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Une cavité de 44 mètres de profondeur et des galeries souterraines

Publié le par REVEL Stephane

La cavité qui s'est formée dans le jardin d'une maison de Beaune-Les-mines est bien plus importante qu'on ne le pensait : 44 mètres de profondeur. Des galeries adjacentes passent sous les maisons du lotissement, d'où l'inquiétude des riverains.

Le 21 Novembre dernier au petit matin, un trou béant s’est formé dans le jardin de cette maison de Beaune-Les-Mines. Il correspond à l’entrée d’une mine d’or qui a étéexploitée jusqu’en 1932.

La bonne nouvelle est que les expertises ont conclu qu'il existait des solutions techniques pour le reboucher et stabiliser la maison toute proche.

Mais, un puits de mine sert à accéder à des galeries souterraines. L'une d'entre elles passerait sous les maisons du lotissement. Elle mesurerait 100 mètres de long, 2 mètres de haut et se situerait à 44 mètres de profondeur. Le risque semble donc tout relatif.

Principe de précaution

La mairie de Limoges appliquera désormais un principe de précaution quand on lui demandera un permis de construire dans ce secteur tant qu'un plan de prévention des risques miniers n'aura pas été établi par les services de l'état. Elle n’envisage pas l’évacuation des habitants.

La semaine prochaine, le bureau de recherche et géologie minière (BRGM) examinera la cavité pour la reboucher au mieux.
Restera ensuite à répertorier précisément tous les tunnels ou entrées de puits.

  • Par Franck Petit
  • Publié le 11/12/2015 France 3 Limousin

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Mazicou : une grosse maison de la mine va être rasée

Publié le par REVEL Stephane

Avouons-le franchement : l'esthétique de l'avenue de Pélissier a tout à y gagner. Formant un bloc cubique, cette grosse maison est une des plus moches de cet axe au nord d'Albi, qui relie la gare de la Madeleine à la déchetterie de Gaillaguès. «C'est votre avis. Il est vrai qu'il y en a des plus belles dans l'avenue», répond sans s'engager la représentante de Neolia à Carmaux. Ce n'est bien sûr pas pour des raisons d'agrément que cette société qui a repris le patrimoine immobilier des Houillères de bassin du Centre et du Midi (HBCM) va raser cet immeuble, sis au 41, 43, avenue de Pélissier. «Un des deux logements s'est retrouvé vacant. Il y avait trop de travaux pour remettre la bâtisse aux normes de confort, par rapport à ce qui se fait aujourd'hui. Rien n'avait été fait dessus, depuis la construction à la fin des années 50 je suppose. Mais ce qui l'a emporté, c'est l'écueil de l'amiante, en particulier sur la toiture.»

Néolia a préféré carrément démolir cette maison de 200 m2 au sol. A priori confiée à Bénezech TP, l'opération devrait être menée début 2016. Des travaux eux-mêmes «compliqués» par la présence de l'amiante et la nécessité de tout trier. «Cela se prévoit longtemps à l'avance.»

Ce sera une «démolition sèche» : Néolia n'a rien prévu pour l'heure sur ce grand terrain de 2000 m2 qui se prolonge vers la voie de chemin de fer Toulouse-Rodez.

Encore fois, insiste-t-on chez Néolia, «on le fait à contrecœur. Ce n'est pas par plaisir. Surtout àAlbi, où il y a une forte demande locative.»

Publié le 11/12/2015 La Depeche

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Sainte-Barbe : plongée au cœur de la mine à Rumelange

Publié le par REVEL Stephane

Pour la Sainte-Barbe, la commune de Rumelange et le musée national des Mines de fer luxembourgeoises (MNM) ont décidé de faire (re)découvrir leur passé minier en proposant des visites au cœur même des entrailles de la ville, à la mine de Rumelange.

Sainte Barbe est une sainte de l’Église catholique romaine et de l’Église orthodoxe que l’on fête le 4 décembre, mais c’est également la patronne des mineurs (ainsi que des pompiers, des architectes et des géologues). Pour l’occasion, la commune de Rumelange, qui a un important passé dans le secteur minier, a proposé une série d’évènements invitant à découvrir les centaines de galeries souterraines où nos aïeux gagnaient quelques francs en récoltant du minerai de fer.

Déjà le week-end passé, les 28 et 29 novembre, il était possible de participer à des randonnées souterraines de la mine Walert qui compte pas loin de 40 kilomètres de galeries sur les 40 000 km du bassin minier de la région, le tout éclairé comme au début des années 1900, aux lampes à carbure. Dimanche, plusieurs groupes ont pu prendre le petit train jaune de la mine de Rumelange pour s’engouffrer dans la mine. Le début de la visite commence par une vue sur l’inquiétante porte ouvrant sur un dénivelé de 600 mètres.

« On va travailler à la mine », s’exclame une fillette équipée de son casque jaune en prenant place dans ce petit train. Par groupe d’une petite trentaine de personnes, dont beaucoup d’enfants accompagnés de leurs parents, les visiteurs se sont installés dans les deux wagons les emmenant 200 mètres sous terre avant d’arpenter à pied les galeries intactes de la mine.

Presque unique en Europe

« Le tour normal dure habituellement deux heures, mais aujourd’hui, ce sera un petit tour », explique Alain, le guide, avant de montrer le premier geste que les mineurs de l’époque faisaient, « vérifier le toit de la mine, c’est-à-dire le plafond, à l’aide d’une tige de fer ». Entre explication de la vie quotidienne des anciens mineurs, qui passaient pas moins de douze heures par jour à la mine pour un salaire de 30 francs par an (on estime à 40 francs l’ensemble des dépenses pour vivre une année peu avant 1900), et anecdotes, les visiteurs, petits et grands, sont intrigués. « Au début, il n’y avait pas de toilettes dans les galeries et les mineurs faisaient leurs besoins dans des coins », explique Alain, devant une poignée d’enfants, avant d’expliquer : « Cela faisait le bonheur des mineurs, car cela attirait les rats qui, tous les jours, mangeaient tout et faisant office de police de l’hygiène. »

« Ce n’est pas tous les jours que l’on peut se rendre compte de la difficulté du travail de mineur il y a plus de 100 ans, et en même temps, cela permet à nos enfants de découvrir un métier qu’ils ne feront sûrement jamais de leur vie », souligne une maman présente dans le groupe avec sa famille. Le côté éducatif est présent par le fait que la mine est présentée dans le même état qu’à l’époque, avec les machines, les wagons, les poutres. « C’est une des seules mines en Europe qui a gardé son aspect d’antan », souligne après la visite George Putz, frère d’Alain et également guide. Grâce aux visiteurs, la mine retrouve une certaine vie, elle qui a vu défiler des milliers de mineurs jusqu’en 1963.

Un aperçu d’une expérience enrichissante et marquante, surtout lorsque l’on voit les conditions de travail de l’époque, dans la mesure où la visite complète du site se fait en train, qui traverse le carreau de la mine à ciel ouvert, puis entre sous la terre par la galerie Langengrund, et une partie à pied dans la galerie Walert. Petit détail important, la température moyenne dans la mine est de 10 °C et ce toute l’année, donc si le casque est obligatoire, des vêtements chauds le sont tout autant.

Jeremy Zabatta

Le Quotidien le 07/12/2015

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La ville a rendu hommage aux victimes de la mine

Publié le par REVEL Stephane

La ville de Carmaux a rendu un vibrant hommage aux 12 mineurs victimes d'un «coup de poussier», au puits de la Tronquié, le 24 novembre 1965 (notre édition du 25 novembre).

Elus de Carmaux, du département et de la région, le député, les représentants d'associations, dont l'ASPICC (association de sauvegarde du patrimoine industriel de Carmaux-Cagnac), LGNI (Les Gueules Noires d'Inde), le syndicat des mineurs du Carmausin, les familles des mineurs et de nombreux habitants, étaient présents devant la stèle du mineur pour se souvenir et rendre hommage.

«50 ans après, Carmaux se souvient, et rend hommage aux 12 victimes de cette catastrophe, sans oublier les autres victimes, qui doivent être elles aussi reconnues dans cette journée de commémoration et de souvenir», soulignait Alain Espié, maire de Carmaux, après avoir rappelé l'Histoire.

Le jour de cette tragédie, Patrick Garcia, ex-mineur et président de l'ASPICC, avait 8 ans : «J'étais à l'école, on nous a libérés à 10h. Mon père travaillait à la Tronquié. C'est un bel hommage rendu à tous les mineurs victimes de la mine, car il y a eu d'autres victimes, avant, et après, 2 en Inde, et 4 en 1983, à ste-Marie et à la Tronquié. Mais à l'époque, on ne parlait jamais de l'accident, car on savait qu'on allait y retourner. Les mineurs sont pudiques et modestes».

Après lecture des noms des 12 victimes, Alain Espié rappelait l'allocution du maire Jean-Vareilles et des secrétaires des syndicats des mineurs, dont Jean Coutouly, délégué mineur du puits de la Tronquié, lors des obsèques le 27 novembre 1965.

Et concluait avec la lecture du témoignage d'Eric Serieys, qui avait 3 ans en 1965. Son père, Robert Serieys, 28 ans, aide-piqueur, était le plus jeune de l'équipe de nuit (extrait) : «Dans le souvenir, restera le sacrifice de douze copains, morts par la trahison d'un sous-sol que l'on croyait pourtant paisible.

Pour cette profession, trop souvent endeuillée, mais qui par son travail au milieu des ténèbres croyait à la lumière, à la justice, à la fraternité, mais aussi pour toutes les victimes du travail, le souvenir doit demeurer. Car rien ne vaut que le respect de la dignité de l'homme».

La Depeche publié le 06/12/2015

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