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Visite dans les entrailles de la terre

Publié le par REVEL Stephane

Robert Durand, ancien cheminot, est une mine de savoirs.

En 1999, il rencontre Émile Skarka. « Il souhaitait mon avis pour dresser un plan des mines des Hurtières. J’ai alors découvert un patrimoine insoupçonné. » Il s’agit d’une des plus grandes mines de fer de Savoie. Elle est constituée d’un labyrinthe de 22 kilomètres et de 700 carrefours.

« J’ai réalisé que la Savoie renfermait des centaines d’exploitations anciennes », souligne le spéléologue.

Il commence alors la découverte du Grand Filon, sur les hauteurs de Saint-Georges-d’Hurtières. Il participe à l’ouverture des mines des Hurtières au public. « Il a fallu concilier sécurité, intérêt, technique. La galerie Sainte-Barbe présentait le compromis optimal entre toutes les contraintes », indique-t-il.

Prévue pour 2014, l’ouverture de cette section souterraine représente plus qu’une performance technologique. « Nous entrons dans le monde des mineurs, alors que la galerie Saint-Louis, actuellement ouverte à la visite, était, à l’époque, un site d’exploration et de recherche. » Le site permet de découvrir également le Musée de l’école et la chapelle des mineurs.

Dans cette descente sous terre, Robert Durand décroche un sourire : «Il faut bien sûr bannir la claustrophobie». Quant à se perdre, c’est difficile. « En spéléo, il y a des combines. À un carrefour, on se retourne et on photographie mentalement l’endroit. On peut, sinon, réaliser une flèche. »

Sur les parois, le fléchage historique cohabite avec le plan des mines réalisé en 1964 par le thésard et spéléologue Bruno Chabrol. Les précautions restent cependant de mise : prévenir un membre de son parcours, s’assurer de la météo pour éviter les montées intempestives des eaux car, si l’accès aux cavités naturelles est libre, celui des mines est interdit, « sauf autorisations dûment complétées ».

La découverte des Hurtières minières n’est pas sans émotion. Outre l’abondance de stalagmites cuivreuses ou ferreuses, qui rappelle que la nature reprend vite ses droits, les vestiges sont partout présents. Vêtements, ustensiles de cuisine, outillages à main : deux siècles d’exploitation racontent la vie de ceux qui sont venus là.

« C’est étonnant, comme si l’exploitation s’était arrêtée soudainement. Pourtant, une cafetière, une pelle, un outil, c’étaient des accessoires utiles. » Autant de traces, de témoignages qui seront visibles ici dès l’été prochain.

Robert Durand sera de l’inauguration de “Sainte-Barbe”, juste pour revivre une nouvelle fois l’ambiance. « Le circuit part du site minier pour mieux se rendre compte de la marche d’approche. Le touriste reprendra ainsi l’itinéraire pénible du mineur qui montait par toute météo travailler dans l’obscurité, à la lueur de la bougie. » Une mise en situation unique en Savoie !

le 04/08/2013
Dauphine Libere

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