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Vicat veut exploiter une mine souterraine dans l'Hérault

Publié le par REVEL Stephane

Ce gisement de bauxite est l'un des derniers en Europe.
Ce minerai servira à produire un ciment provoquant moins d'effet de serre.

e cimentier Vicat se lance dans l'exploitation souterraine de sa mine de bauxite française. Pour sécuriser son approvisionnement dans cette matière première du ciment, Vicat a pris une participation minoritaire en 2008 au capital de Sodicapei, qui exploite les mines des Usclades, à Villeveyrac, dans l'Hérault. Cette société fondée en 1986 avait repris l'exploitation à ciel ouvert de ce site abandonné par Pechiney.

 
 

Afin d'accroître la production de ce gisement, l'un des derniers en Europe, Vicat prépare un dossier pour son exploitation souterraine, après que Sodicapei a obtenu en 2012 une nouvelle concession de vingt-cinq ans. L'objectif est de déposer une demande de permis d'exploitation en fin d'année. Compte tenu du délai d'instruction de ce permis, les nouvelles galeries souterraines pourraient être opérationnelles dans le courant de 2015. « Ce projet nécessitera des investissements importants, d'un montant de plusieurs millions d'euros, notamment pour la construction des infrastructures souterraines », note Raoul de Parisot, directeur général délégué de Vicat, attentif à la dimension sociale de ce dossier. Près d'un tiers des 40 salariés employés sur le site de Villeveyrac ont un handicap.

Un nouveau ciment en test

Les réserves de ces mines de bauxite sont estimées entre 10 et 25 millions de tonnes et représentent un gisement important pour le groupe français qui vient d'effectuer un test de production d'un nouveau ciment bas carbone dans son usine de Créchy (Allier). Ce ciment, qui utilise une quantité « relativement importante » de bauxite, a fait l'objet de huit années de recherche dans ses laboratoires de l'Isle-d'Abeau (Isère). Sa cuisson à plus faible température, de l'ordre de 1.300 degrés, et une moindre composition en calcium permettent de réduire de 30 % les émissions de gaz carbonique au cours du processus de décarbonatation et de sa fabrication, sans altérer ses performances mécaniques équivalentes à celles de produits plus classiques. Une première réalisation à base de ce ciment a été testée de manière probante sur une rampe d'accès sollicitée par des engins de carrière de 100 tonnes sur le site de Vicat à Montalieu (Isère).

En attente de certification, ce nouveau ciment pourra être mis en oeuvre sur des ouvrages d'art, des autoroutes ou des pistes d'aéroport. De 100.000 à 150.000 tonnes pourraient être produites pour le marché français à terme. De quoi relancer l'activité en France de Vicat, qui n'attend pas de reprise d'ici à fin 2013, faute du lancement de grands travaux. « Nous sommes un peu plus optimistes pour 2014 ou 2015 », indique Raoul de Parisot. « Ce que nous attendons en particulier, c'est la ligne à grande vitesse Lyon-Turin », observe-t-il. Jusqu'à présent, le cimentier « n'a pas licencié, ni fermé de sites », observe le dirigeant. Il mise sur des marchés matures comme l'Inde, où il disposera bientôt d'une capacité de production de 10 millions de tonnes.

Vincent Charbonnier le 06/08 Les Echos

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