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La France souhaite rouvrir des mines... mais pas comme au XIXe siècle

Publié le par REVEL Stephane

Il faut "donner une nouvelle ambition à la France, celle de redevenir un pays dans lequel on peut exploiter des mines, comme le font de nombreux pays européens", a déclaré mardi le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg. - THOMAS SAMSON

Le gouvernement souhaite que la France redevienne un pays minier pour sécuriser ses approvisionnements en métaux stratégiques, assurant qu'il s'agit d'exploiter des mines "propres", bien loin des mines de charbon décrites par Emile Zola.
Il faut "donner une nouvelle ambition à la France, celle de redevenir un pays dans lequel on peut exploiter des mines, comme le font de nombreux pays européens", a déclaré mardi le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg.

Le ministre n'entend pas rouvrir les mines de Lorraine avec leurs "gueules noires" mais plutôt des mines de métaux de base ou stratégiques (cuivre, plomb, zinc, étain, Tungstène, antimoine ou encore Germanium) et autres terres rares, très utilisées dans l'électronique.

Il entend ainsi s'attaquer à l'un des grands chantiers affichés par le ministère, à savoir, "la souveraineté de la Nation sur les matières premières".

Il faudra, dans un premier temps, faire un inventaire précis des ressources contenues dans le sous-sol français. Le dernier en date, mené il y a environ trente ans par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), un établissement public à caractère industriel, ne concernant en effet qu'une partie du territoire français et se limitant à certains métaux de base (cuivre, plomb, zinc).

Le BRGM procède aujourd'hui au retraitement de ces données, pour déduire l'éventuelle présence d'autres métaux, plus stratégiques. Mais il faudra cependant faire de nouvelles collectes.

Rouvrir des mines nécessitera en outre de démontrer qu'exploiter une mine n'est pas nécessairement un processus destructeur des paysages et des écosystèmes et que son impact social peut être positif.

Pour se faire, M. Montebourg compte sur la réforme du Code minier, qui devra "à la fois tenir compte des problèmes d'acceptabilité sociale et en même temps rendre effective la possibilité de l'exploitation minière".

 

Respect de l'environnement 

 

Il mise également sur la construction d'un "démonstrateur de mine", une installation témoin destiné à démontrer la faisabilité de l'exploitation de mines respectueuse de l'environnement.

"L'idée serait de rassembler les parties prenantes (...) pour définir une sorte de cahier des charges de ce que serait une mine acceptable en France aujourd'hui", souligne Jean-Claude Guillaneau, directeur des géoressources au BRGM, favorable à ce projet.

Ce cahier pourrait s'inspirer des mines ouvertes récemment en Irlande, en Grande-Bretagne et dans les pays d'Europe du nord, explique-t-il.

"On peut démontrer aujourd'hui que l'exploitation minière n'est pas à l'image de celle qu'a colportée la première Révolution industrielle dans notre imaginaire, mais est une forme de technologie moderne, nouvelle, à taille humaine", estime Arnaud Montebourg.

"Il ne faut pas imaginer les mines de charbon ou de fer (...). Ca va être quelques dizaines, quelques centaines d'emplois pour des activités hautement mécanisées et très automatisées", renchérit M. Guillaneau, évoquant des "PME", plutôt que "des grandes mines à ciel ouvert".

La France métropolitaine compte seulement deux mines de bauxite, une de fluorine, une de schiste bitumineux et quelques-unes de sel.

Mais plusieurs titres miniers d'exploration pour des métaux sont en cours d'instruction au ministère de l'Ecologie, dont cinq déposés par la société Variscan Mines pour des métaux de base et métaux associés.

Son président, Jack Testard, est lui aussi très favorable à un démonstrateur. "On veut faire la démonstration qu'on peut faire une mine propre", insiste-t-il.

Le processus menant à l'ouverture de mines s'étale en général sur au moins 10 à 15 ans, pour un investissement de plusieurs centaines de millions d'euros.

AFP

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